Pyramide de Falicon et grotte de la Ratapignata

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Pyramide de Falicon et grotte de la Ratapignata
Image dans Infobox.
La pyramide de Falicon et le mont Chauve en arrière-plan.
Présentation
Type
Construction
entre 1803 et 1812
Patrimonialité
Localisation
Adresse
La BastideVoir et modifier les données sur Wikidata
Flag of France.svg France
Coordonnées

La pyramide de Falicon est un monument en forme de pyramide situé sur la commune de Falicon, au nord de Nice, dans le département des Alpes-Maritimes. Cet édifice, aujourd'hui presque en ruines, marque l'entrée de la grotte de la Ratapignata (en niçois, « grotte de la chauve-souris ») ou grotte des Ratapignatas.

Ce monument fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1].

Découverte[modifier | modifier le code]

Au début du printemps 1803, Domenico Rossetti, avocat siennois de passage dans la région, apprend l'existence d'un trou très profond vers le sommet de la montagne d'où s'échappent à la tombée du jour, des chauves-souris : nommées Ratapignate en niçois. Arrivé sur les lieux, un rayon de soleil lui révèle les profondeurs du gouffre. Rossetti, transporté par cette vision, est frappé d'une « stupeur inexprimable », il décide aussitôt de descendre et c'est ainsi qu'il découvre la grotte.

Domenico Rossetti s’intéresse tant à ce qu’il appelle la « grotte du mont chauve » (La grotta di Monte Calvo) qu’il lui dédiera, en 1804, un poème de 1 300 vers. On retiendra la valeur symbolique d’un tel nombre. Son intérêt penchera vers l’étrange gouffre fermé par la pyramide. Il décrit, avec emphase, les concrétions calcaires découvertes dans la grotte « blanche comme neige. »

« Lorsque nous nous sommes retrouvés dans la grande salle, nous avons tous été stupéfaits par la beauté des colonnes, la superbe voûte, les magnifiques parois ». Par la suite il explore la seconde grotte[pas clair], au péril de sa vie, dit-il. Cette aventure lui inspire le long poème, publié en italien à Turin l'année suivante, qui fait beaucoup pour la renommée du site : La grotta di Monte Calvo (la grotte du mont chauve).

La grotte du mont Chauve sera décrite dans de multiples ouvrages touristiques des années 1800 ainsi qu’au début du XXe siècle. Nombre d’érudits se pencheront sur cette curiosité naturelle : en 1812, Melle Boquet ; puis en 1823, Marius Nodarier ; en 1835, le chevalier Paul-Guillaume Barbere, et en 1843, Roubaudi ; en 1859, c'est le tour des abbés Dunier et Monveraul ; en 1870, du docteur Roger Baraul.

C’est en 1898 qu’aura lieu, sous l’initiative du professeur Jean-Robert Salifard, la première véritable exploration du réseau souterrain accessible par le gouffre de la pyramide. Le compte-rendu fut riche de 657 pages manuscrites dont 174 planches, cartes, croquis et tracés.

Description[modifier | modifier le code]

L’ouverture de la grotte, surmontée d'une pyramide, est presque orientée plein sud, et sept marches – nombre marquant traditionnellement le passage entre l’humaine condition et le divin sont sculptées dans le roc. Dans la caverne, on peut voir un pilier formé par la rencontre d’une stalagmite et d’une stalactite dont, par un singulier caprice de la nature, semble sortir un semblant ou fantôme de visage. Ce pilier qu’on croirait habité par un être figé dans la pierre ne peut qu’impressionner ceux qui l’approchent.

Débat sur la pyramide[modifier | modifier le code]

Depuis le XIXe siècle, diverses théories quant à l'origine de la pyramide ont été évoquées : on a parlé d'un ancien temple gallo-romain (la ville de Nice toute proche comptait en effet une colonie romaine, Cemenelum), ou encore d'un monument de l’ordre du Temple[réf. nécessaire].

Henri Broch a évoqué un temple de Mithra, et fait un rapprochement entre les sept marches de l'escalier dans la grotte et les sept grades de l'initiation de Mithra ; or Rossetti, dans son poème, ne mentionne pas cet escalier et on ne retrouve pas la structure classique d'un mithraeum, « une allée centrale bordée de banquettes avec, au fond, l'image peinte ou sculptée de Mithra »[2]. De plus, il reprend la légende des « Templiers qui ont occupé la Bastide » et « connaissaient l'existence d'un souterrain menant à une salle du gouffre » où ils « ont enfoui un butin ».

De nombreux ouvrages ont d'ailleurs été écrits au sujet de cet édifice. Toutefois, selon une enquête de l'Institut de préhistoire et d'archéologie Alpes Méditerranée[3], qui a permis d'aboutir à l'inscription aux monuments historiques de l'édifice le [1], la pyramide aurait été édifiée entre 1803 et 1812 afin de marquer l'entrée de la grotte que Domenico Rossetti appelait la « grotte du mont chauve »[4].

Les propriétaires de la pyramide[modifier | modifier le code]

Des propriétaires épris d’ésotérisme[modifier | modifier le code]

La propriété, vendue comme bien national, appartenait depuis la fin du XVIIIe siècle à la famille Peyre de la Coste[réf. nécessaire] dont plusieurs des membres appartenaient, selon Marcelin Rodange, à certaines sociétés qualifiées de « discrètes » : Franziot et Jean Marotti, affiliés l’un à « La Vraie Fraternité des Frères Antiques », l’autre à « Les Sectateurs de la Vertu » ; Carles, membre avec son oncle Robert, de « La Fraternité Blanche » d’Avignon. Il semble, d’ailleurs, que ce site soit toujours resté entre les mains de familles à propos de connaissances hermétiques[pas clair], c’est ainsi que les prédécesseurs des Peyre de la Coste, au XVIe siècle, étaient les Tonduti de l’Escarène, seigneurs de Falicon[réf. nécessaire].

Aujourd'hui, la pyramide et la grotte appartiennent à la copropriété privée « le Hameau de la bastide de Falicon[1] ».

Les armes parlantes de la famille des comtes de l'Escarène[modifier | modifier le code]

Les armes parlantes personnelles du sire Canoran Pietro de l’Escarène portaient, outre le blason familial, un carré magique représenté entre deux chimères, surmonté d’une pyramide à ouverture.

Cet héraldisme se trouve toujours, avec quelques documents[pas clair] faisant état du passé chevaleresque des terres de Falicon, et de seigneurs notoires du XIVe siècle, lié à de très anciennes traditions de cultes : règles initiatiques très hermétiques concernant des rites chthoniens d’origine orientale, et d’un culte attenant au souvenir d’une créature gigantesque maintenue dans une tombe-prison dont l’accès était contrôlé, et fermé, par les bâtiments propriétés de la famille de l’Escarène.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Notice no PA06000029, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. http://orion.creation.free.fr/orion0.html
  3. « Institut de Préhistoire et d'Archéologie Alpes Méditerranée », IPAAM, 2008 (2009) (consulté le )
  4. L'ouvrage publié sur la pyramide de Falicon en 2016 par Pierre Bény, insiste sur la dimension maçonnique vraisemblable de la pyramide.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Domenico Rossetti, La grotta di Monte Calvo, 1804
  • Maurice Guinguand, Falicon, Pyramide Templière, l'auteur, 1970
  • Henri Broch, La mystérieuse pyramide de Falicon, éditions France-Empire, 1976
  • Catherine Ungar, Pierre Bény, Yann Duvivier, 2009, "La pyramide de Falicon et la grotte des Ratapignata", Mémoires de l'IPAAM, tome L, 2008, 318 p.
  • Pasquale Spadaccini, Domenico Rossetti e la Grotta di Monte Calvo, tra mistero e leggenda, éditions Il Torcoliere, 2014, 40 p.
  • Pierre Bény, La Pyramide de Falicon - Une Vue de l'esprit, Michel Moutet / Créatis, 2016, 214 p.
  • Christian Maria, "Le mystère de Falicon", 2017 (il s'agit d'un roman dans lequel la pyramide et la grotte occupent une place importante).
  • Jean-Michel Bessi, Pyramide et sociétés secrètes, in Lou Sourgentin, n° 226, avril-, p.5.

Liens externes[modifier | modifier le code]