Pylore

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Pylorus.

Le pylore (du grec πυλωρός, pylôros, « qui garde la porte, portier ») est la région de l'estomac qui connecte ce dernier au duodénum, on parle de région pylorique ou de jonction gastroduodénale. Il est divisé en deux parties : l'antre du pylore (contractile[1]), qui le connecte au corps de l'estomac, et le canal du pylore, qui le connecte au duodénum. Le sphincter du pylore, ou valve, est un anneau puissant de muscles lisses à la fin du canal du pylore ; dans le contexte de la mobilité gastrique[2], il contrôle le passage du bol alimentaire de l'estomac au duodénum.

Le pylore est moins tonique chez les ruminants (caractérisé par un système prégastrique ; le rumen) que chez les autres mammifères[3].

Histoire scientifique[modifier | modifier le code]

Le pylore est connu des anatomistes depuis des siècles, mais il faut attendre 1898 pour l'observer, ainsi que l'estomac, in vivo, au moyen des rayons X[4].

Fonctions[modifier | modifier le code]

Le pylore est un sphincter constitué d'un muscle constricteur non striés, entièrement involontaires. Mais il n'est pas qu'un verrou du système gastro-intestinals régulant le passage d'aliments prédigérés de l'estomac vers le duodénum ; il abrite aussi des cellules neuroendocrines dispersées (dont les cellules D, qui sécrètent la somatostatine[5], hormone responsable de l'arrêt de la sécrétion d'acide (et qui active une population de cellules hormonosensibles près du fond d'œil).

Pathologies[modifier | modifier le code]

Chirurgie[modifier | modifier le code]

  • La pyloroplastie consiste à modifier le pylore[7].
  • La pyloromyotomie consiste à inciser les muscles longitudinaux et circulaires du pylore pour traiter la sténose pylorique hypertrophique[8] ; cette opération est aussi dite Opération de Ramstedt (d'après Conrad Ramstedt qui a effectué la procédure en 1911 bien que ce soit Harold Stiles qui a le premier ainsi procédé en 1910[9]).

Allusion littéraire[modifier | modifier le code]

Dans le roman La Conjuration des imbéciles, prix Pulitzer en 1981, le héros, Ignatius Reilly, ne cesse de mentionner son anneau pylorique, véritable boussole de ses états d'âme [10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Flot J (1958) Étude radiologique de la morphologie des contractions antrales. Thèse Paris
  2. Abrahamsson N (1973) Studies on the inhibitory nervous control of gastric mobility. Acta Physiol Scand (suppl) 390: 1–38
  3. Charles-Henri Malbert, Rôle du pylore dans le transit gastro-intestinal, INPT, Toulouse (résumé en ligne sur theses.fr)
  4. Cannon WB (1898) The movement of the stomach studied by means of Roentgen rays. Am J Physiol 1: 359–382
  5. Deakin, Barbara Young; et al. (2006) Wheater's functional histology : a text and colour atlas (5th ed.). Churchill Livingstone/Elsevier. p. 273. (ISBN 978-0-443-068-508)
  6. Dobremez, E., Leflot, L., Lamireau, T., Meymat, Y., & Bondonny, J. M. (2005) Sténose hypertrophique du pylore. EMC-Pédiatrie, 2(4), 287-295 (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1762601305000194 résumé).
  7. Maki T (1968) Significance of pyloroplasty and pyloromyotomy. Seminar on clinical application of smooth muscle electromyography. Honolulu, Hawaï, 16–20 december 1968
  8. Sriram Bhat, SRB manual of Surgery, New Delhi, Jaypee Publications, , p. 877
  9. (en) Klaas M. A. Bax, Keith E. Georgeson et Steven S. Rothenberg, Endoscopic Surgery in Infants and Children, Berlin/New York, Springer, , 833 p. (ISBN 978-3-540-49910-7, lire en ligne), p. 281
  10. Aurélien Le Genissel, « Trente ans après, «La Conjuration des imbéciles» est toujours moderne », sur Slate.fr, (consulté le 27 octobre 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Allen GL, Poole EW, Code CF (1964) Relationships between electrical activities of antrum and duodénum. Am J Physiol 207: 906–910 (résumé).
  • Andersson S, Grossman MI (1965) Profile of pH, pressure, and potential difference at gastroduodenal jonction in man. Gastroenterology 49: 364–371.
  • Atanassova E (1969) The role of the gastroduodenal junction in correlating the spike activities of the gastric anal duodenal wales. CR Acad Bulg Sci 22: 947–949.
  • Bass P, Code CF, Lambert EH (1961) Electrical activity of gastroduodenal junction. Am J Physiol 201: 587–592 (résumé).
  • Bortoff A, Weg N (1965) Transmission of electrical activity throug the gastro duodenal junction. Am J Physiol 208: 531–536 (résumé).
  • Bortoff, A., & Davis, R. S. (1968). Myogenic transmission of antral slow waves across the gastroduodenal junction in situ. American Journal of Physiology-Legacy Content, 215(4), 889-897 (résumé).
  • Malbert C.H (1987) Rôle du pylore dans le transit gastro-intestinal (Doctoral dissertation, Toulouse, INPT) ; résumé.
  • Millat B & Chevrel J.P (1981) Le pylore : étude anatomique et physiologique. Anatomia clinica, 3(2), 161-176 (résumé).

Articles connexes[modifier | modifier le code]