Purple drank

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Une cuillerée du sirop à base de prométhazine et de codéine, montrant sa couleur pourpre caractéristique.

Purple drank (ou syzzurp, lean, codé-sprite, tsikuni, syrup, Texas Tea...) est le nom donné au mélange de sirops à base de codéine et de prométhazine associés à un soda (comme Sprite ou Mountain Dew). La codéine est un opiacé, tandis que la prométhazine est un antihistaminique[1]. Ce mélange est parfois utilisé comme alternative à l'alcool, ou utilisé avec, mais sa consommation est risquée puisqu'elle peut conduire à une dépendance ou à un abus.

L'ordre national des pharmaciens a mis en garde contre la délivrance de ces médicaments, notamment aux adolescents[2]. Depuis le , grâce à un arrêté, les médicaments codéinés sont uniquement vendus par ordonnance[3]. Avant cela, les médicaments à base de codéine étaient en vente libre en pharmacie d'officine en France sous forme de sirops et en comprimés, si la dose ne dépassait pas 30 mg par comprimé[4]. Les médicaments à base de prométhazine ne sont quant à eux pas visés par cet arrêté et sont disponibles en ventre libre. Néanmoins, un pharmacien, par déontologie, peut refuser la délivrance de ces médicaments s'il le juge nécessaire[5].

Consommation[modifier | modifier le code]

Le mélange se prépare comme un cocktail, dans lequel du sirop ou des comprimés codéinés sont dilués par une autre boisson tel que du soda. Les consommateurs y ajoutent souvent de la grenadine ou des bonbons, donnant la couleur violette caractéristique de la boisson[6]. Ce mélange est parfois consommé avec de l'alcool ou du dextrométhorphane. Il est principalement consommé par un public jeune et inséré : lycéens, étudiants, jeunes actifs[6].

Cette boisson, très convoitée dans le milieu du rap américain, serait impliquée dans le décès des américains Pimp C, DJ Screw, ainsi qu'ASAP Yams[7]. La boisson est aujourd'hui considéré comme un problème de santé publique aux États-Unis où la pratique est popularisée depuis les années 1990 par des rappeurs américains comme Lil Wayne ou Ludacris[1],[6].

En France, depuis 2013 environ, le purple drank est de plus en plus populaire auprès des adolescents[8]. De plus, l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies a détecté des « demandes suspectes de délivrance de codéinés, des cas d’abus, voire de dépendance, ainsi que des signalements avec une multiplication de cas à partir de 2015 »[6].

Effets[modifier | modifier le code]

L'OFDT indique que la boisson provoque « une impression de légèreté, comme de voler » et un sentiment de bien être grâce à la codéine. Les effets indésirables dus à l'opiacé sont nombreux, c'est pourquoi l'antihistaminique est associé à la prométhazine afin de diminuer les démangeaisons et les vomissements. Malgré cela, cette drogue peut donner lieu à d'autres troubles :

  • altération du sommeil ;
  • problèmes de transit ;
  • dépendance ;
  • overdose pouvant entraîner la mort.

De même que l'association de codéine et de paracétamol peut, à grande dose, être toxique et endommager le foie[6].

Prévention en France[modifier | modifier le code]

Le lancement d’une pétition par la mère de Pauline, 16 ans, morte le à la suite d’une overdose de médicaments codéinés a provoqué une prise de conscience autour des problèmes que pose ce mélange[9]. Ainsi, la prévention contre ce cocktail a été renforcée par un arrêté le , de la Ministère de la Santé, Agnès Buzyn, qui a inscrit les médicaments à base de codéine sur la liste des produits délivrés sur ordonnance[3].

Mortalité[modifier | modifier le code]

Le nombre de morts causé par ce mélange chaque année est incertain ou en tout cas sous estimé d'après Nathalie Richard, directrice adjointe du service Médicaments du système nerveux central à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, car « il y a une sous-notification des cas déclarés à l'Agence du médicament »[10]. C'est pour cela que l'Agence préconise le refus de la vente des médicaments à base de codéine si un pharmacien a le moindre doute.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b ANSM, « Usage détourné de médicaments antitussifs et antihistaminiques chez les adolescents et les jeunes adultes », Point d'Information, 2016
  2. « "Purple drank" : ces ados qui se droguent avec du sirop pour la toux », RTL.fr,‎ (lire en ligne)
  3. a et b « Arrêté du 12 juillet 2017 portant modification des exonérations à la réglementation des substances vénéneuses », sur legifrance.gouv.fr, (consulté le 3 août 2017)
  4. « Risque d'addiction : ordonnance désormais obligatoire pour les médicaments à la codéine », Europe1,‎ (lire en ligne)
  5. « Quand le sirop pour la toux devient une drogue pour les jeunes », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  6. a, b, c, d et e Rédaction Snapchat-Le Monde, « La codéine, « drogue des ados », en 5 questions », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  7. « Les causes du décès d'ASAP Yams révélées » (consulté le 20 mars 2015)
  8. lefigaro.fr, « Ces ados qui transforment le sirop contre la toux en drogue », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  9. Hélène Assekour et Mattea Battaglia, « Codéine sur ordonnance : dans les pharmacies, un certain « flottement » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  10. « Les médicaments à la codéine désormais interdits à la vente libre », Franceinfo,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]