Purge (occupation du Japon)

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La purge durant l'occupation du Japon désigne l'interdiction faite à des personnalités japonaises de s'engager dans le service public, par ordre du commandant suprême des forces alliées (CSFA) après la défaite du pays à l'issue de la Seconde Guerre Mondiale. Elle se termine avec l'indépendance du Japon en 1952.

Description générale[modifier | modifier le code]

L'ordonnance no 109 publiée au nom de l'empereur du Japon interdit aux prisonniers de guerre, aux collaborateurs de la Seconde Guerre mondiale, aux membres du Dai Nippon Butokukai, du Taisei Yokusankai et du Gokokudoshikai d'être employés dans le service public en 1946. En 1947, l'éventail des postes interdits s'élargit et comprend les entreprises privées. Plus de 200 000 personnes sont écartées. Un comité de qualification des mises à l'écart est créé pour répondre aux recours entre mars 1947 et mars 1948 et la procédure est reprise en février 1949. L'ordonnance n ° 109 est abolie par la loi no 94 en 1952 après l'indépendance. En 1948, 148 personnes, dont les politiciens Wataru Narahashi et Shigeru Hori, se voient refuser la levée de leur mise à l'écart et quatre personnes, dont Takeru Inukai, sont relevées de leur exclusion.

Effets de la purge[modifier | modifier le code]

Des personnalités du monde politique disparaissent et la nouvelle génération accède au pouvoir. Les gauchistes et les sympathisants communistes occupent des postes de responsabilité, notamment dans l'éducation et les communications de masse, ce qui est contraire à la volonté des autorités d'occupation. Néanmoins, la purge des responsables gouvernementaux, y compris les juges et ceux appartenant au Tokubetsu Kōtō Keisatsu, est moins sévère; ces derniers sont affectés à d'autres postes. Quatre-vingt pour cent des membres de la Chambre des représentants sont écartés, mais leurs familles se présentent aux élections pour préserver leurs sièges. La politique des autorités d'occupation est modifiée par la grève générale prévue pour le 1 février, mais celle-ci est empêchée sur ordre du CSFA et avec le début de la guerre de Corée de 1950, et ceux qui sont écartés deviennent gauchistes sous l'appellation de purge rouge ou peur rouge.

Fin de la purge[modifier | modifier le code]

En 1950, la mise à l'écart de certaines personnes, dont des membres de l'armée et de la marine, est levée. En mai 1951, le général Matthew Ridgway déclare que la politique d'exclusion sera généralement adoucie et le pouvoir transféré au gouvernement japonais. En 1951, plus de 250 000 personnes sont libérées de leur mise à l'écart. À la fin, Nobusuke Kishi et 5500 autres personnes restent écartées.

Politiciens concernés[modifier | modifier le code]

  • Satoshi Akao, politicien d'extrême droite également appelé Akao Bin.
  • Ikeda Shigeaki, également connu sous le nom Seihin Ikeda, homme d'affaires et politicien. Directeur de la banque Mitsui de 1909 à 1933, il est nommé gouverneur de la Banque du Japon en 1937, et sert comme ministres des finances dans le cabinet du premier Ministre Fumimaro Konoe de 1937 à 1939.
  • Tanzan Ishibashi, journaliste et politicien.
  • Kanji Ishiwara, général de l'armée impériale japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Fusae Ichikawa, féministe, politicienne et chef de file du mouvement pour le suffrage des femmes.
  • Taketora Ogata, journaliste, vice-président du journal Asahi Shimbun devenu politicien par la suite.
  • Masatsune Ogura, politicien et homme d'affaires.
  • Keizō Shibusawa, homme d'affaires, banquier central et philanthrope. Il est le 16e gouverneur de la Banque du Japon.
  • Ichiro Hatoyama, politicien, 52e, 53e et 54e premier ministre du Japon.
  • Prince Naruhiko Higashikuni, 43e premier ministre du 17 août 1945 au 9 octobre 1945.
  • Jiichirō Matsumoto, célèbre politicien et homme d'affaires japonais. Il est chef du mouvement de Libération burakumin à son début et appelé « Père de la libération Buraku » dans la ligue de libération Buraku.

Hommes d'affaires concernés[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

  • Shigeyoshi Matsumae, ingénieur électrique, inventeur du système de support par câble non chargé, politicien et fondateur de l'université Tōkai. Matsumae, actif dans l'association de soutien à l'autorité impériale se trouve à la tête du Ministère des Communications (Teishin-in), du 30 août 1945 au 8 avril 1946).
  • Kan Kikuchi, également connu sous le nom Hiroshi Kikuchi, auteur japonais fondateur de la société d'édition Bungeishunjū, du magazine mensuel éponyme, de l'association des écrivains japonais et des prix littéraires Akutagawa et Naoki. Il préside également la Daiei Motion Picture Company (aujourd'hui Kadokawa Herald Pictures).
  • Matsutarō Shōriki, criminel de « classe A » après la guerre. Il est également connu comme le père du baseball professionnel japonais. Magnat des médias, propriétaire du Yomiuri Shimbun, l'un des principaux quotidiens du Japon, il fonde la première station de télévision commerciale du Japon, Nippon Television Network Corporation. Il a également été élu à la Chambre des représentants, nommé à la Chambre des Pairs et fut l'un des maîtres de judo ayant le plus de réussite.
  • Tokutomi Sohō, nom de plume d'un journaliste et historien actif à partir de la fin de l'ère Meiji jusqu'au milieu de l'ère Shōwa. Son nom véritable est Tokutomi Iichiro.
  • Tetsuzō Iwamoto, l'un des meilleurs as de l'aviation de chasse de l'Empire du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Eiji Tsuburaya, réalisateur d'effets spéciaux de nombreux films de science-fiction japonais, y compris la série Godzilla. Aux États-Unis, il est aussi connu comme le créateur de Ultraman.
  • Masahiro Yasuoka, lettré du yangmingisme qui, par sa philosophie, aurait influencé de nombreux politiciens japonais, y compris les premiers ministres d'après-guerre du Japon. Il a été considéré comme un négociateur de pouvoir en coulisses ou éminence grise.
  • Dairoku Harada, archéologue dans la région de Fukuoka. Incorporé dans l'armée, il est envoyé en Chine.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • GHQ Japan Occupation History, Vol. 6. Purge, Explanation by Hiroshi Masuda, translated by Hiroshi Masuda and Reiko Yamamoto, Japan Book Center, 1996. (ISBN 978-4-8205-6275-7)
  • Purge from Public Service; Studies on Three Political Purges. Hiroshi Masuda, University of Tokyo Press, 1996 (ISBN 978-4-13-030104-6)
  • A Study on Purge from Public Service, Hiroshi Masuda, Iwanamo Shoten 1998 (ISBN 978-4-00-002914-8)
  • Sakamoto Mamoru, Shishifunjin - the Story of Shigeyoshi Matsumae Nishinippon Shimbun, 1983, (ISBN 4-8167-0049-8).

Source de la traduction[modifier | modifier le code]