Punk français

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Les Bérurier Noir, un des groupes phares de la scène punk française.

Le punk français désigne la culture et la musique punk rock en France. Le punk français émerge en 1976, inspiré par les groupes du genre américains comme les Stooges. La vague punk prend de l'ampleur avec la chanson Ça plane pour moi de Plastic Bertrand. Dès les années 1980, la vague punk se popularise et se médiatise significativement en France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines et débuts (1976-1980)[modifier | modifier le code]

La scène punk rock émerge à Paris dès 1974[réf. nécessaire], inspirée par Lou Reed, les Stooges, les Flamin' Groovies ou les New York Dolls[réf. nécessaire]. Le journaliste Yves Adrien ou le producteur Marc Zermati, fondateur du label Skydog et manager de Bijou, en sont une des figures influentes, notamment grâce à leur magasin de disques l'Open Market. Le genre est représenté par des formations éphémères, comme les Young Rats ou les Lou's, groupe exclusivement féminin[réf. nécessaire].

En 1976 et 1977, Marc Zermati organise les deux premières éditions du festival punk de Mont-de-Marsan dans les Landes[1]. Le premier réunit surtout des figures du pub rock britannique : Eddie and the Hot Rods, Dr. Feelgood, Brinsley Schwarz, Pink Fairies, et quelques groupes français dont Little Bob Story, Bijou, et Kalfon Roc Chaud. The Damned est la seule vraie formation punk[2]. Le second accueille The Damned, The Clash, Dr. Feelgood, The Police, Little Bob Story, Asphalt Jungle, Shakin'Street ou Marie et les Garçons. Les 3 et 5 septembre 1976, les Sex Pistols donnent leurs deux seuls concerts en France au Chalet du Lac.

Des formations comme Asphalt Jungle, Bijou, Starshooter, Métal Urbain, Stinky Toys, Bulldozer[3], et les Olivensteins sont les premiers groupes populaires de punk francophone. Ils s'inspiraient directement de la vague punk anglaise qui défrayait la chronique avec des groupes tels que The Clash, les Sex Pistols, Crass, et de nombreux autres moins connus[4]. Le Gibus à Paris, programme fréquemment des groupes punks anglais (comme The Slits en janvier 1978), ainsi que la scène française émergente. Toujours en 1978, un grand nombre d'artistes et groupes surfent sur la vague Ça plane pour moi de Plastic Bertrand[3]. C'est en 1979 que se forme le groupe La Souris Déglinguée qui marquera profondément les scènes punk, oi! et rock françaises pendant toutes les années 1980.

La scène punk française est également immortalisée par des films comme La Brune et Moi de Philippe Puicouyoul en 1979[5].

Popularisation (1980-1990)[modifier | modifier le code]

C'est durant les années 1980 que le punk se popularise en France, dans la scène underground. À cette période, les Bérurier Noir, issus des Lucrate Milk, font partie de ceux ayant marqué le genre punk français. Très engagé politiquement et militant, le groupe ouvre la voie au rock alternatif francophone (à ne pas confondre avec le terme « alternative » anglo-saxon). Ils opposent au « no future punk », le « yes future » et au côté destroy[Quoi ?], un esprit festif et des déguisements de clowns sur scène. En plus d'un public punk et red skin (dont certains groupes sont emblématiques tels que Brigada Flores Magon, Les Kamionërs du suicide, ou encore The Brigades), le groupe parvient ainsi à fédérer une large « partie de la jeunesse » avec des slogans tels que « La jeunesse emmerde le Front National » après la percée du parti aux élections de 1988, ce qui en fera probablement le groupe punk français le plus populaire[6],[7].

Dans leur sillage et celui du rock alternatif, il existe certain nombre de groupes pas forcément punk rock mais ayant marqué les années 1980 et les punks de cette époque tels que la Mano Negra, Parabellum, Warum Joe Gogol Premier, Les Garçons bouchers, Les Porte-Mentaux, Les Négresses vertes, Les Wampas et Ludwig von 88[8] dans un registre plus fun, Wunderbach du punk du vrai, Washington Dead Cats dans un registre plus psycho. Parmi les groupes à la limite du punk et du rock de cette époque, il faut également citer : Oberkampf qui ont variés de la new wave au punk[9], OTH de Montpellier, une autre légende du rock français (qui donneront plus tard les Naufragés), Les Sheriff et Les Rats avec leur rock banlieusard, Les Cadavres et leur côté un peu élitiste. Il est également important de retenir le nom de Géant-Vert parolier qui est à l'origine de superbes textes de Parabellum et des Rats.

Concernant la scène underground, dans cette France où le rock est censé être anglo-saxon ou à la limite parisien, une bande d'orléanais décide de monter Chaos Production, un label qui ne souhaite promouvoir que les groupes de province qui fleurissent déjà aux quatre coins de l'hexagone. Sortent alors en 1983, puis en 1984, les deux compilations Chaos en France volume 1 et 2. Souvent décrié par les anarcho-punks comme ayant des textes trop « beauf ». Il n'en reste pas moins qu'une majorité des groupes présents sur ce label constituent ce qu'était pour beaucoup, l'authentique scène punk française des années 1980. Citons entre autres : Camera Silens de Bordeaux, une réelle référence qui aurait mérité d'aller beaucoup plus loin, les bretons de Collabos et d'Al Kapott (Brest) et les Trotskids (Rennes), les orléanais fondateurs du label Komintern Sect et Reich Orgasm, Kambrones de Castres, Kidnap de Blois, sans compter No Class de Longwy qui, comme beaucoup d'autres, auraient mérité de nous sortir bien plus qu'un 45 tours de légende. En 1985, sortira la compilation Chaos en Europe regroupant des groupes venant notamment de France, d'Allemagne, d'Italie, et d'Espagne. Preuve supplémentaire que le punk n'a jamais été que le fait des groupes américains ou anglais, mais bien un mouvement musical international. N'en déplaise aux adeptes de la vision binaire des majors et des médias.

Dans le même esprit, poursuivons encore plus dans l'underground avec le fanzine New Wave (rien à voir avec le style musical du même nom) et surtout son label New Wave Records qui nous aura sorti quatre compilations aux accents là aussi très internationaux (les compilations et les fanzines ont toujours été les vecteurs de diffusion des groupes punk) : 1984: The First Sonic World War en 1984, 1984: The Second en 1985, 1984: The Third en 1987, et 1984: The Fourth en 1990. Pour ne citer que certains des groupes français présents sur ce label et/ou compilations : Les Cadavres, Verdun avec son anarcho-punk, Brainwash de Caen, 13ème Section, DEM qui donnera naissance à Flitox, Haine Brigade de Lyon. Ils font aussi participer des groupes précurseurs du punk hardcore/thrashcore français dès le milieu des années 1980 comme Final Blast qui sortira un split-LP d'anthologie avec Pariapunk, Butcher, Heimatlos, et Kromozom 4 qui sortiront également un split ensemble, les très engagés et décapants Scraps dont le chanteur rejoindra les belges de Nations on Fire par la suite.

Scène contemporaine[modifier | modifier le code]

Dès le milieu des années 1990 c'est l'arrivée en France des groupes de punk hardcore, Tagada Jones fait partie d'une des premières formation à jouer un punk rock énervé et engagé, de même que Les Sales Majestés. Une nouvelle vague voit aussi le jour, influencée musicalement par la scène punk de Californie comme Burning Heads ou Seven Hate. Ils seront suivis par Dead End, Paris Violence, Les Vieilles Salopes, Uncommonmenfrommars, Zabriskie Point (groupe de François Bégaudeau) ou encore Guerilla Poubelle. D'autres ont des influences punk et crust punk comme Pourriture avec Fjord de Dissiped. Plus mélodiques et inventifs, Les Salauds de pauvres mélangent le pounk de 1977 et l'influence de groupes d'emocore comme Fugazi.

En 2006, le Département Musique de la Bibliothèque municipale de Lyon publie un article intitulé Le Punk : 30 ans et toujours sur la crête[10].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Caroline de Kergariou, No Future. Histoire du punk, (ISBN 2262072442).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La scène punk en France (1976-2016) Quarante ans d'histoire » [PDF], sur calenda.org (consulté le 8 août 2017).
  2. One Chord Wonders : Samedi 21 août 1976 - Premier festival punk de Mont-de-Marsan.
  3. a et b « Les pires ratés du punk français », sur Télérama, (consulté le 8 août 2017).
  4. « Le meilleur du punk français », sur Le Parisien, (consulté le 8 août 2017).
  5. « « La Brune et Moi » : Le film culte du punk français que personne n'a vu », sur greenroom.fr (consulté le 8 août 2017).
  6. « Présidentielle : un Bérurier noir en première ligne contre le FN », sur Le Figaro (consulté le 8 août 2017).
  7. « La Jeunesse Emmerde Le FN : l'histoire du plus célèbre slogan punk français », sur Greenroom (consulté le 8 août 2017).
  8. Didier Zacharie, « Ludwig Von 88, une histoire du punk français », sur Le Soir, (consulté le 8 août 2017).
  9. « 1975--1985 - Du Punk à la New Wave » [PDF], sur acim.asso.fr (consulté le 8 août 2017).
  10. « Le Punk : 40 ans et encore sur la crête ? », sur linflux.com, (consulté le 8 août 2017).