Puits de l'Étançon

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Puits de l'Étançon
no 13 bis
Le puits de l'Étançon en activité dans les années 1950.
Le puits de l'Étançon en activité dans les années 1950.
Puits no 13 bis
Coordonnées 47° 42′ 33″ nord, 6° 38′ 46″ est
Début du fonçage 1949
Mise en service 1950
Profondeur 44 mètres
Diamètre 3,2 mètres
Étages des accrochages 38 mètres
Arrêt 1958
Remblaiement ou serrement 1959
Administration
Pays France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Haute-Saône
Commune Ronchamp
Caractéristiques
Compagnie Houillères de Ronchamp
Groupe Électricité de France
Ressources Houille

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Puits de l'Étançon no 13 bis

Géolocalisation sur la carte : Bourgogne-Franche-Comté

(Voir situation sur carte : Bourgogne-Franche-Comté)
Puits de l'Étançon no 13 bis

Géolocalisation sur la carte : Haute-Saône

(Voir situation sur carte : Haute-Saône)
Puits de l'Étançon no 13 bis

Géolocalisation sur la carte : Bassin minier de Ronchamp et Champagney

(Voir situation sur carte : Bassin minier de Ronchamp et Champagney)
Puits de l'Étançon no 13 bis

Le puits de l’Étançon (ou puits no 13 bis) est l'un des principaux puits des houillères de Ronchamp, sur la commune de Ronchamp, dans la région française de Bourgogne-Franche-Comté. Il est le seul puits du bassin minier creusé au XXe siècle et également le seul creusé par Électricité de France. Il a fonctionné de 1950 à 1958, lorsque les affleurements ont été remis en exploitation. En prolongeant l'exploitation du bassin d'une dizaine d'années, il a permis une reconversion plus aisée des mineurs.

Après sa fermeture, il est démantelé puis laissé à l'abandon avant d'être intégré en 1997 au sentier pédestre des affleurements. Le site est déblayé de 1999 à 2000 par une association avant de devenir un site de tourisme industriel au début du XXIe siècle.

Situation avant le fonçage[modifier | modifier le code]

Lors de la nationalisation des houillères françaises en 1946, le bassin minier de Ronchamp est confié à Électricité de France, car trop éloigné des autres grands bassins miniers et possédant une importante centrale thermique[1]. L'appauvrissement du gisement et sa faible rentabilité conduisent à effectuer des recherches aux affleurements de charbon, notamment à l'endroit où une première couche avait déjà été exploitée par de vieux travaux avec galeries, mais où une deuxième avait été dédaignée par manque de moyens techniques. C'est ainsi que la décision de creuser le puits de l’Étançon a été prise[2].

Fonçage[modifier | modifier le code]

En juin 1947, quatre sondages sont réalisés dans le secteur de l'Étançon et permettent d'identifier la deuxième couche de houille entre 10 et 20 mètres de profondeur. En juillet 1949, le creusement d'un puits de mine à l'Étançon est nécessaire car les descenderies qui exploitent le secteur sont de plus en plus longues et profondes. La compagnie creuse alors le sondage no 13 pour identifier un terrain favorable au creusement du puits mais il ne rencontre que de vieux travaux, le sondage voisin, no 13 bis, rencontre une couche composée de bancs de 50 et 30 cm[3],[i 1].

Le fonçage du puits en lui-même dure de 1949 à 1950. Le maçonnage du puits commence en janvier 1950, il possède une section circulaire de 3,2 mètres de diamètre. La recette est établie à 38 mètres de fond, la profondeur totale du puits est de 44 mètres avec un puisard de 5 mètres[4],[5],[6].

Installations de surface[modifier | modifier le code]

Plan schématisant les installations du puits comportant des réservoirs d'air comprimé, le local des compresseurs, le local du treuil et le chevalement accompagné du bâtiment de recette au-dessus du puits.
Plan des installations du puits :
1. réservoirs d'air comprimé ;
2. bâtiment des compresseurs ;
3. bâtiment de la machine d’extraction ;
4. recette ;
5. puits ;
A. compresseurs ;
B. machine d’extraction ;
C. chevalement.

Le puits est d'abord équipé d'un chevalement en bois équipé d'un cuffat[7].

C'est en juin 1950 qu'est construit le chevalement métallique définitif. Il est équipé des molettes et de la machine d'extraction (treuil électrique) provenant du puits Sainte-Marie. Deux bâtiments entourent le puits : celui du treuil et celui des deux compresseurs à air (l'un des deux provenant du puits du Chanois, en fin d'activité). Un autre bâtiment situé plus au nord près de plusieurs entrées de galeries abrite les vestiaires, les douches et la forge. En novembre 1955, l'évite-molette du puits du Chanois est ajouté ainsi qu'un indicateur de position des cages[6],[7].

Exploitation[modifier | modifier le code]

Une pompe électrique assure l'exhaure des eaux qui ont envahi le fond du puits et qui empêchent le début des travaux. Une fois les chantiers dénoyés une bowette est creusée en direction du fonçage de l'Est et de la galerie Fourchie (deux descenderies)[7].

Le se produit le dernier accident mortel de la mine dans la galerie de base des travaux en Fourchie. Cette catastrophe fait quatre morts. La liaison avec cette galerie n'est pas terminée au moment de l'accident. Celle-ci est achevée en 1951, lorsque commence le creusement d'une bowette descendante dite « Jolain »[6],[7].

Le charbon extrait dans le puits et les galeries affleurantes voisines est acheminé au centre du Chanois par des camions-bennes[i 2].

Le puits cesse finalement l’extraction en . En prolongeant l'exploitation sur une dizaine d'années, le puits de l’Étançon a permis une reconversion plus facile des mineurs en offrant plus de délais pour leur reclassement ou leur mise à la retraite dans le cadre de l'arrêt progressif de l'exploitation des Houillères de Ronchamp[8].

Reconversion[modifier | modifier le code]

Le remblayage du puits en 1959.

Le puits ferme définitivement en septembre 1958 et est remblayé l'année suivante. Comme pour les autres puits du bassin minier, une dalle en béton est ensuite coulée avec une borne indiquant le nom, le diamètre utile et la profondeur[5],[9],[i 3]. Les installations sont démantelées et les bâtiments détruits avant que la végétation ne reprenne ses droits. En 1997, le site du puits est retrouvé et intégré au circuit historique et minier des affleurements de l'Étançon[10]. Il fait également partie du sentier pédestre de l’Étançon et des cités minières créé par le parc naturel régional des Ballons des Vosges[5].

De 1999 à 2000, le site du puits est défriché par les amis du musée de la mine. Les fondations des anciens bâtiments du carreau sont remises à jour et le puits est recreusé sur quelques mètres. Une stèle rendant hommage aux quatre victimes de l’Étançon est érigée. Les lieux deviennent alors un lieu de mémoire et de tourisme industriel[i 4]. En 2007 puis en 2008, le site accueille de nouveaux aménagements (une locomotive, des berlines ainsi que deux ventilateurs restaurés et repeints provenant des mines de gypse de Grozon)[11].

Le terril[modifier | modifier le code]

47° 42′ 32″ N, 6° 38′ 44″ E

Le puits de l’Étançon est entouré par un petit terril plat, formé en longueur sur le flanc d'un vallonnement naturel.

Au cours des années 2000, l'association SMPM effectue un inventaire de la mycoflore sur les terrils des puits du Chanois et de l’Étançon. Elle y découvre plusieurs espèces rares telles que le Pisolithus arhizus, le Lactarius fuscus et le Stropharia rugosoannulata démontrant l’intérêt de conserver ces terrils. Le , le conseil municipal de Ronchamp annonce officiellement la conservation du terril de l’Étançon ainsi que de la partie nord-ouest des terrils de la plaine du Chanois[12],[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Parietti 2001, p. 73.
  2. Parietti 2001, p. 75.
  3. Parietti 2017, p. 16.
  4. Parietti 2017, p. 16-17.
  5. a b et c PNRBV, p. 26.
  6. a b et c « Histoire des puits de Ronchamp », sur http://www.abamm.org/.
  7. a b c et d Parietti 2017, p. 17.
  8. Parietti 2010, p. 71.
  9. Parietti et Petitot 2005, p. 12.
  10. « Le sentier des affleurements de l’Étançon », sur http://www.abamm.org/.
  11. « Aménagements du puits de l’Étançon », sur http://www.abamm.org/.
  12. Les terrils de Ronchamp : de la banalisation au sentier d’interprétation, SMPM (lire en ligne).
  13. [PDF] Liste rouge des champignons supérieurs de Franche-Comté, DREAL Franche-Comté, (lire en ligne), p. 18.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Jacques Parietti, Les Houillères de Ronchamp, vol. 1 : La mine, Vesoul, Éditions Comtoises, , 87 p. (ISBN 2-914425-08-2, notice BnF no FRBNF39116001). 
  • Jean-Jacques Parietti, Les Houillères de Ronchamp, vol. 2 : Les mineurs, Franche-Comté culture & patrimoine, (ISBN 978-2-36230-001-1). 
  • Jean-Jacques Parietti, Le puits de l’Étançon, Ronchamp, Association des amis du musée de la mine, coll. « Les dossiers de la Houillère » (no 6), . 
  • Jean-Jacques Parietti et Christiane Petitot, Géomètre aux houillères de Ronchamp, Association des amis du musée de la mine, . 
  • PNRBV, Le charbon de Ronchamp, Déchiffrer le patrimoine, Parc naturel régional des Ballons des Vosges (ISBN 2-910328-31-7). 
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