Psychoéducation

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La psychoéducation est une discipline faisant partie de la famille des sciences sociales. Cette pratique est née au Québec au milieu des années 1950 mais est officialisée en tant que profession et discipline distincte de la psychologie par sa reconnaissance universitaire en 1971[1]. Les psychoéducateurs interviennent auprès de personnes aux prises avec des difficultés d'adaptation se reflétant sur le plan comportemental, peu importe l'environnement dans lequel vit la personne[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Boscoville[modifier | modifier le code]

La psychoéducation a émergé à la suite de la nécessité d'intervenir d'une façon spécifique auprès des enfants et des adolescents présentant des problématiques particulières[1]. C'est par la fondation de Boscoville, au début des années 1940, que l’embryon de la psychoéducation a été formé. Deux religieux de la Congrégation des Pères de Sainte-Croix, Albert Roger et Maurice Lafond fondent initialement un camp d'été dans le but d'offrir des vacances de plein-air à de jeunes garçons considérés comme délinquants et vivant dans des quartiers défavorisés de la Ville de Montréal. Puis, inspiré du film Boys Town, le père Lafond décide de transformer le camp en véritable communauté citadine dans laquelle les jeunes en seront les citoyens. Le projet se concrétise et le nomme Boscoville en l'honneur de Don Bosco (St-Jean Bosco). Les jeunes exercent les responsabilités nécessaires au bon fonctionnement de la communauté; pompiers, gendarmes, échevins, magistrats et même maire. Au fil du temps, le projet prend de l'expansion jusqu'en 1954 où il devient un centre permanent pouvant accueillir 75 jeunes répartis dans 6 "quartiers". Dans les années 1960, sa capacité monte à 180 jeunes.

En 1997, après deux décennies de remise en question et suite à certaines études mettant en doute l'efficacité de ses méthodes ainsi qu'à l'arrivée de structure mis en place par l'État, le Ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec ferme Boscoville. La rééducation des jeunes délinquants est alors confié aux Centres jeunesses de Montréal.

C'est l'approche thérapeutique du vécu relationnel de Boscoville qui jette les bases de la psychoéducation et rend le centre distinct des pratiques des écoles de réforme traditionnelles. Cette distinction et son innovation lui apportera une réputation nationale et internationale[3].

Développement de la profession[modifier | modifier le code]

Les premiers psychoéducateurs ont développé des techniques pour intervenir auprès d'enfants éprouvant des troubles affectifs graves, d'adolescents délinquants incarcérés jusque dans les prisons pour adultes, ou d'enfants abandonnés en institutions. Au fil des années, la discipline a développé ses moyens d’interventions, ce qui a permis à l'approche psychoéducative de graduellement être utilisée dans différents milieux, auprès d'une clientèle variée présentant des difficultés d'adaptations diversifiées. Le 29 septembre 2000, les psychoéducateurs ont intégré le système professionnel québécois en faisant partie de l'Ordre des conseillers et conseillères d'orientation et des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec. L'Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices existe au Québec depuis décembre 2010.

Assises Théoriques[1][modifier | modifier le code]

Le terme psychoéducation fait référence aux deux sources de la discipline; l'éducation et la psychologie.

La portion éducation fait référence à l'éducation spécialisée française, développé pendant et après la Deuxième Guerre Mondiale en réponse à la détresse chez les jeunes amplifiée par les bouleversements de l'époque tandis que la portion psychologie réfère à la psychologie américaine qui vise à réponde aux besoins des jeunes en difficultés dans un contexte résidentiel.

La validité de la psychoéducation comme discipline est lié au caractère distinct de ses paradigmes qui puisent dans diverses sources; des auteurs comme Erik Erikson, Jean Piaget, Sigmund Freud et d'autres psychanalystes du moi comme Rapaport et White, les expériences de Redl et Wineman pour la conception d'un milieu thérapeutique ainsi que Carl Rogers et son approche humaniste qui a influencé la définition de la relation éducative.

Ces auteurs ont fortement influencé ceux qui sont considérés comme les piliers de la psychoéducation, ceux qui ont façonné l'approche et la méthodologie psychoéducative : Jeannine Guindon, Gilles Gendreau et Euchariste Paulhus. L'originalité dont ils ont fait preuve réside dans le développement d'une discipline lié à une pratique éducative (l'intervention psychoéducative), modelé dans une approche de la rééducation (le modèle Guindon), privilégiant un contexte d'intervention (le modèle Gendreau), transmis dans une formation universitaire distincte débouchant sur une profession spécifique (les psychoéducateurs).

Le modèle Guindon[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une conception de la prise en charge des jeunes inadaptés, proposée par la première publication en psychoéducation ; Les étapes de la rééducation des jeunes délinquants… et des autres, publiée en 1970. Selon son modèle, cinq forces essentielles du moi sont à développer par le jeune durant la rééducation: l'espérance, le vouloir, la poursuite des buts, la compétence et la fidélité. Elle reconnait l'importance d'une alimentation convenable fournie par le milieu ainsi que les attitudes (savoir-être) des éducateurs. Quatre étapes sont aussi proposés : l'acclimatation, le contrôle, la production et la personnalité et supposent l'atteinte d'un état d'équilibre supérieur pour chaque étape.

Le modèle Gendreau[modifier | modifier le code]

L'intervention psychoéducative[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Un diplôme technique d'études collégiales en éducation spécialisée est offert dans plusieurs CÉGEP. Pour porter le titre de psychoéducateur et être membre de l'Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec, une personne doit avoir obtenu un diplôme universitaire de 2e cycle (maîtrise) en psychoéducation. La formation en psychoéducation est offerte dans plusieurs institutions d'enseignement à travers le Québec :

  • L'Université du Québec à Trois-Rivières
  • L'Université du Québec en Outaouais
  • L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
  • L'Université Laval
  • L'Université de Montréal
  • L'Université de Sherbrooke

Le doctorat spécialisé en psychoéducation a fait son apparition dans les universités québécoises en 2009. Il existait auparavant un doctorat en psychologie avec une option psychoéducation.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Renou, M. (2005). La psychoéducation: une conception, une méthode. Béliveau. 416 pages.
  2. Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec. La profession. http://www.ordrepsed.qc.ca/Psychoeducateur.aspx
  3. Université du Québec à Montréal, Se souvenir de Boscoville. Page web; boscoville.uqam.ca/historique