Pseudo-Geber

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Le Pseudo-Geber ou Geber latin est un alchimiste de la fin du XIIIe siècle identifié par William Newman comme Paul de Tarente, un moine franciscain d'Assise.

Alchimie[modifier | modifier le code]

Un ouvrage d’alchimie réputé, la Summa perfectionis, fut longtemps attribué à un auteur de langue arabe Jabir ibn Hayyan (721-815), dit « Geber » en latin. Marcellin Berthelot a démontré que les ouvrages latins de Geber ne pouvaient venir de Jâbir ibn Hayyân mais dataient de la fin du XIIIe siècle, car ils décrivent des substances chimiques, surtout des acides minéraux, inconnus des Arabes et qui relèvent de la fin du XIIIe siècle (La chimie au Moyen Âge, 1893, p. 336-350). Le plus illustre de ces livres d'alchimie est La somme de perfection suprême (Summa perfectionis magisterii)[1], rédigée vers 1270-1300.

Paul Kraus ne trouve aucun original arabe de la Summa. William Newman[1] a proposé en 1986 la théorie selon laquelle Paul de Tarente, moine franciscain à Assise, pourrait être l'auteur. Michela Pereira a révisé les textes à la lumière des éditions et des études menées au cours des 25 dernières années. Elle a trouvé des différences notables entre les textes de Paul et de la Summa perfectionis magisterii. Sa conclusion est que l'écriture correspond à un proche de lui, mais pas à Paul de Tarente lui-même[2].

Autres titres : La recherche de perfection, L'invention de la vérité, Le livre des fourneaux, Le testament.

La Somme de perfection est le grand classique de l'alchimie médiévale.

  • Le premier livre énumère les difficultés de l'art, les qualités requises de l'artiste, les arguments contre l'art, les hypothèses fausses puis les principes constitutifs de la matière.
  • Le deuxième livre traite du magistère et de ses opérations, du four, du combustible et des vaisseaux, des sublimations, descensions, distillations, calcinations, solutions, coagulations, fixions, cérations.
  • Le troisième livre expose les substances dont on peut tirer l’élixir : soufre, arsenic, mercure, marcassire, magnésie, tartre, l'essence des métaux et leur préparation pour recevoir la médecine.
  • Le quatrième livre traite de l'élixir ou de la médecine correspondant aux différents métaux, et de l'essai des métaux, c'est-à-dire des moyens de voir si l'or est bien pur ou n'est pas une falsification. L'auteur introduit un troisième élément, à côté du soufre et du mercure : l'arsenic, qui intervient pour justifier la couleur blanche de l'argent[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Testamentum Geberi, édi. in Manget, Bibliotheca chemica curiosa, vol I, p. 562-564 ; B. S. Jorgensen, Centaurus, 13 (1968), p. 113-116.
  • Jean Maugin de Richebourg, Bibliothèque des philosophes chimiques. Tome 1, ch. IV « La somme de la perfection de Géber », Cailleau, 1740 sur Gallica

Éditions récentes[modifier | modifier le code]

  • William R. Newman, The Summa Perfectionis of Pseudo-Geber. A Critical Edition, Translation and Study, Leyde : E. J. Brill, 1991 (Collection de travaux de l'Académie Internationale d'Histoire des Sciences, 35)
  • Mino Celsi (1514-1575?) Artis chemicae principes Avicenna atque Geber, (De anima in arte alchemiae faussement attribué à Avicenne et trois traités attribués à Geber dont De inventione veritatis (De la découverte de la vérité), et Liber fornacum (Le livre des fours) ) ; réédition avec préface de Didier Kahn, Manucius - Bibliothèque interuniversitaire de médecine, 2003

Études[modifier | modifier le code]

  • E. Darmstaedter, Die Alchemie des Geber, Berlin, 1922.
  • E. J. Holmyard, L'alchimie (1957), trad., Arthaud, 1979, p. 142-149.
  • William Newman, «New Light on the Identity of "Geber"», Sudhoffs Archiv, Bd. 69, H. 1 (1985), pp. 76-90 JSTOR

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b William R. Newman, The Summa Perfectionis of Pseudo-Geber. A Critical Edition, Translation and Study, Leyde : E. J. Brill, 1991 (Collection de travaux de l'Académie Internationale d'Histoire des Sciences, 35)
  2. MICHELA PEREIRA, (2012), “Paolo di Taranto al crocevia dell’alchimia medievale”, en: I francescani e le scienze: atti del XXXIX Convegno internazionale: Assisi, 6-8 ottobre 2011, CISAM, Spoleto, pp. 141-200.
  3. Robert Halleux, Les textes alchimiques, Brepols, Turnhout, 1979, p. 83, 140.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]