Protestantisme à Besançon

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'histoire de la communauté protestante locale. Il faut ici entendre les individus et les assemblées fidèles à la doctrine et aux rites de la Réforme, directement issus ou se réclamant de la Tradition luthérienne, diffusés et/ou réintroduis dans la ville à partir du XVIe siècle, et aujourd'hui institutionnellement représentés de manière exclusive par l'Église unie. Pour un traitement spécifique de courants qui en découlent mais en sont désormais distincts, autant parallèles (anabaptistes) que « récents » (évangélisme, pentecôtisme...), voir la section « autres mouvements religieux » et la page générale « christianisme à Besançon ».
Le temple du Saint-Esprit, affecté depuis 1842, marque l'importance historique de la communauté locale.
Martin Luther, initiateur de la Réforme, auteur des 95 thèses en 1517.

Le protestantisme à Besançon désigne l'ensemble des phénomènes historiques, culturels, et sociaux, issus et/ou se réclamant de la Réforme, au sein de la capitale comtoise et sa région. Le dogme apparaît formellement dés la afin des années 1530, lorsque d'illustres prêcheurs y auraient lancer les balbutiements d'une première communauté locale par l'adhésion d'une part de plus en plus large et influente de la population. Les habitants, des classes populaires à l'élite, sont alors très profondément ancrés dans un rite catholique déjà millénaire et régissant toutes les strates de la société ; mais grâce à un travail missionnaire opiniâtre, un contexte sociétal favorisant un regain de propositions éthiques et novatrices, ainsi que la proximité de la principauté de Montbéliard et de la Suisse venant de basculées, c'est face à la perspective d'un véritable bouleversement que les opposants aux Huguenots qualifiés « d'hérétiques » tentent de résister. Après des décennies d’expansion et d'incidents, la situation se conclue brutalement pendant une terrible bataille en 1575 entre les deux camps dans un Royaume et un Continent eux aussi en proie à la guerre civile. Le parti de l'Église romaine en sort nettement victorieux, et en profite pour définitivement confirmer sa suprématie imposant des conditions inflexibles aux dissidents : la conversion forcée ou l'exil.

Cette situation dure jusqu'à la Révolution française en 1789 où cette foi est reconnue, ouvrant l’émergence d'une formation officielle qui coïncide avec l'installation d'immigrés helvètes. Cette base solide et durable de fidèles s'organise autour d'un Temple et obtient un cimetière, continuant de prospérer au cours du XIXe siècle et XXe siècle par l'intégration aux réseaux nationaux d’obédience luthérienne, calviniste, et zwinglienne, et le développement de ses activités intra et inter paroissiales. Par ailleurs, plusieurs autres courants proches apparaissent, des origines communes comme les anabaptistes bien que plus fortement ancrés dans le nord de la Comté, aux plus récents tels que les Mormons arrivés à la fin des années 1920, en passant par les mouvances dites de Renouveau ou liées aux apports internationaux apparues après la Seconde Guerre mondiale, avec les pentecôtistes-mennonites, évangélistes, baptistes, adventistes, Témoins de Jéhovah, ou indépendants/libres, mais qui restent cultuellement distincts malgré des liens et contacts. La congrégation estimait ses membres à environ 2 000 personnes en 1999, chiffre honorable qui tranche pourtant avec certaine tradition de discrétion s'expliquant par un passé douloureux et des aspects sociologiques particuliers. À l'instar des Juifs et des musulmans, cette minorité religieuse a donc également durablement impacté la mémoire de la ville.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

La religion à Besançon[modifier | modifier le code]

Article principal : Christianisme à Besançon.
La cathédrale Saint-Jean, église mère et siège de l'archidiocèse de Besançon.

À partir de l'évangélisation de la Franche-Comté au IIIe siècle par les saints et martyrs Ferjeux et Ferréol, le christianisme de rite latin devient progressivement la religion quasi exclusive des habitants[1],[b 1]. Le catholicisme romain gagne toutes les strates de la société bisontine au cours des siècles sans obstacles majeurs en un temps où l'Église fait partie intégrante de la vie privée et publique[b 2]. On note néanmoins l'apparition au XIVe siècle d'une communauté juive locale, qui restera toujours en marge[2]. Après un millénaire de domination presque totale du catholicisme à Besançon s'amorce à partir des années 1520 la Réforme protestante. Elle se diffusera dans la région, même après le Concile de Trente. La capitale comtoise et le Doubs sont alors considérés comme des bastions du catholicisme face au protestantisme et les habitants, de fervents défenseurs des traditions catholiques et du clergé franc-comtois[3]. Il faudra une bataille féroce entre les deux communautés pour les départager.

La Réforme en France[modifier | modifier le code]

Article principal : Réforme protestante.

Dès 1520, les idées luthériennes se développent en France. Lors du synode de Chanforan de 1536, Guillaume Farel et les Vaudois, ralliés, obtiennent un budget pour imprimer la Bible en langue française[4]. À partir de 1540, la littérature protestante de plus en plus abondante, transmise oralement, se répand surtout après la publication en français de L'Institution chrétienne en 1541. Jean Calvin, depuis Genève, prend en charge l'organisation religieuse et unifie les protestants de France. À partir de 1555, les groupes, jusque-là autonomes, se structurent en assemblées dirigées par un consistoire. Calvin envoie des dizaines de missionnaires pour aider à l'édification de la nouvelle organisation. En 1560, on compte une quarantaine d'assemblées. Leur succès est très grand et fin 1561, il y a plus de six cent soixante-dix Églises réformées dans le royaume. On estime qu'à ce moment plus du quart de la population du royaume est protestante, essentiellement de confession réformée, avant que l'Église catholique ne réagisse marquant le début des guerres de religion.

La Réforme à Besançon[modifier | modifier le code]

Martin Luther, père du protestantisme.

Prémices et avènement[modifier | modifier le code]

Dans les années 1520, le chapitre catholique de Besançon enregistre officiellement l'existence de la Réforme dans ses acta capituli (« actes du chapitre »). Simultanément, il lance des actions préventives ou punitives contre les protestants communément désignés sous le terme péjoratif d'hérétiques[b 3]. Il est fait mention de mesures contra Lutheri en 1523 et contre les Paysans (en référence à la guerre des Paysans allemands) en 1525. En outre, il est interdit de parler aux luthériens dans la cité vers 1527[b 4], et l'empereur émet un mandement défensif en 1527 pour la Franche-Comté[b 3]. Ces décisions se soldent les années suivantes par une résistance concrète des Réformés, notamment lorsque Nicolas Perrenot de Granvelle fait exécuter préventivement un religieux, le moine Coquillard de Reims[b 4], suspecté en 1528 d'être un Réformé, de même qu'un certain Lambellin. Dans le même temps, Gauthiot d'Ancier est banni[5]. Néanmoins l'interdiction faite aux protestants en 1527 de fréquenter Besançon est levée le , sous la pression de certains notables de la ville. On note à la même période l’exécution d'un luthérien dont on éparpille les restes coupés en morceaux à travers la ville[6]. De nombreuses processions, prières collectives de rues et prêches publics sont également ordonnés afin de conserver la foi catholique[6]. En 1535, des maîtres d'école, des médecins, des humanistes sont poursuivis par des moines sous l'appellation « érasmiens ou mal sentants de la foy » ou même encore « lecteurs de mauvais livres[b 3]. » En fait, les Autorités mettent tout en œuvre pour éviter une situation « similaire à l'Allemagne » : menaces de saisie de biens et d'arrestation contre les individus qui tenteraient de dépénaliser l'hérésie. Ces mesures coercitives vaudront à la Municipalité des éloges de Charles Quint et de Marie-Thérèse d'Autriche, respectivement en 1534 et en 1537[6].

En 1537, l'archevêque Antoine Ier de Vergy accentue sans répit le combat contre la Réforme. De sa propre autorité, il interdit formellement de fréquenter des protestants ou d'en avoir comme domestiques, et il emprisonne les prédicateurs protestants[6]. Ses successeurs lui emboîtent le pas jusqu'à « la surprise de Besançon » en 1575[b 3]. Le Comté de Montbéliard bascule dans la Réforme notamment avec l'évangélisation de Guillaume Farel et de ses acolytes malgré l'opposition bisontine qui envoie plusieurs émissaires sur place et dote de moyens appropriés les églises catholiques locales, contribuant ainsi à transformer la ville en bastion[6]. Nombre d'exécutions capitales sont ordonnées à Besançon : un registre mentionne « Quentin Bussi, un Français, Pierre de Pradines, un Voyageur, deux curés de Saint-Amour, Jean Bobet, Étienne Servat, Louis Conot, un domestique, ainsi que Jean le Nid - libraire de Dole »[b 3]. D'autres mesures sont prises contre les protestants étrangers découverts dans la cité[6]. Le premier monétaire de Besançon, Pierre Duchemin, parvient à s'enfuir en 1537, alors que les autorités avaient retrouvé chez lui une Bible traduite en français, le premier des quatre exemplaires du genre publiés à Neuchâtel en 1535 par Pierre de Vingle, connu sous le nom de Bible d'Olivetan[b 3]. Mais le protestantisme commence réellement à trouver un écho très favorable près des populations à partir de 1538 malgré la répression, lorsque les théologiens Guillaume Farel, Théodore de Bèze[7], voire Jean Calvin selon certaines sources[8], viennent prêcher dans la ville, jusqu'en 1541 pour le premier, dans une maison à l'angle de la rue de la Vieille-Monnaie[a 1],[9]. En 1539, une grande partie des chanoines de Montbéliard se retirent de la ville chassés par le protestantisme triomphant qui célèbre le culte dans toutes les églises. Leur arrivée à Besançon provoque le trouble et la perplexité des autorités locales rendues inquiètes par la soudaineté et l'ampleur de l'événement[6].

Guillaume Farel, célèbre prédicateur calviniste qui prêcha à Montbéliard en 1524-1525, puis à Besançon vers 1540.

Expansion et premiers incidents[modifier | modifier le code]

Bien que la ville continue à célébrer le culte catholique romain, les Bisontins très proches de la Suisse et de la Principauté de Montbéliard s'intéressent de plus en plus aux nouveaux dogmes et finissent par pencher du côté de la Réforme[a 1],[7]. La communauté protestante mène alors une campagne féroce contre les dirigeants de l'Église et en particulier contre Mgr de Vergy. Les gouverneurs catholiques de la commune se montrent au début assez tolérants[a 1]. Des attentats iconoclastes sont perpétrés : des statues de la Vierge sont vandalisées et d'autres de saints, mutilées ; des verrières de la cathédrale Saint-Jean sont brisées[b 4]. Moins violemment, des chorales populaires se rassemblent en 1561 à Chamars[a 2] sous la protection d'arquebuses pour y entonner les psaumes de Théodore de Bèze et de Clément Marot. On assiste aussi à des manifestations publiques véhémentes et même à la lapidation de prêtres[b 4]. Le décède Antoine de Vergy. Son successeur Pierre de La Baume, évêque de Genève transféré par le pape à Besançon, poursuit la lutte engagée contre l'hérésie[6]. Un moment hésitant, il fait un discours éloquent lors de son investiture dans l'église Saint-Pierre de Besançon où il demande à la foule si elle le reconnaît pour archevêque. La réponse lui étant unanimement favorable, il est désigné comme « protecteur de la foi »[6]. Fort de cette confiance, les autorités ecclésiastiques font arrêter les protestants les plus en vue de la ville. En outre, on fait publier un décret d'excommunication contre toute personne soupçonnée d'hérésie[6]. Au printemps 1543, deux prêcheurs nommés Marin Mantel et Crespin Petit organisent la communauté et rallient une partie de la population à leur cause[6]. En 1544, à la suite du décès de Pierre de la Baume, le grand vicaire François Bonvalot est élu par le chapitre pour assurer l'intérim en attendant que le successeur désigné évêque coadjuteur par Pierre de la Baume, son neveu Claude de La Baume âgé de sept ans, ait atteint sa majorité[6]. Après plusieurs luttes intestines entre les partisans et les adversaires du nouvel archevêque à propos de sa légitimité, les autorités finissent par se mettre d'accord. François Bonvalot assure l'administration du diocèse en attendant que Claude de La Baume soit approuvé par le pape et l'empereur. La restauration radicale du dogme catholique et plus généralement la poursuite de la lutte antiprotestante peut donc reprendre sans être empêchées[6]. Il faut cependant attendre que Claude de la Baume ait accédé au siège épiscopal annoncé le , avec effet presque trois ans plus tard, pour envisager une totale cohésion[6]. Claude se révèle très combatif. Avant même que les décrets du concile de Trente ne soient officiellement signés, il se montre acharné à les faire appliquer au niveau local[6].

Le Massacre de Wassy en 1562 marque le début des Guerres de religion, véritable guerre civile qui ravage le Royaume de France[a 2]. La cité de Besançon est alors une République indépendante protégée par le Saint-Empire romain germanique, de ce fait relativement épargnée au début du conflit[a 2]. Le roi Philippe II demande à Marguerite de Parme de se hâter de faire appliquer le concile de Trente pour la Franche-Comté. Elle commence par consulter le gouverneur et le Parlement de la région afin de faire respecter au mieux les mesures préconisées[6]. Les luttes font rage au sein de la ville : deux conceptions du catholicisme s'affrontent sans cesser de tenter d'éradiquer la Réforme ; d'un côté l'archevêque et la hiérarchie ecclésiastique soucieuse de conserver ses privilèges ; de l'autre le Magistrat responsable de la Commune, allié de longue date avec des localités suisses passées au protestantisme, bien qu'il se fût déclaré hostile à toute conversion[b 3]. Ajouter à cela des dissensions internes au sein même de l'Église catholique sur des questions de successions, de propriété, d'application du dogme et du Concile[6]. L'Empereur et/ou ses représentants, désireux que le catholicisme triomphe en ses terres, essaie de les réconcilier pour que les coups ne frappent que les seuls hérétiques[b 3]. Quant aux quatorze co-gouverneurs de la ville, ils n'osent aucune répression, au risque de perdre une partie importante de leurs électeurs, allant parfois jusqu'à exercer des représailles sur leurs amis et leur famille[b 4]. Après des discussions longues et innombrables, l'ensemble des protagonistes arrivent finalement à trouver un accord de fond et décident d'appliquer à la lettre l'ensemble des mesures conciliaires[6]. Cependant les événements ont occasionné de tels troubles que la confusion a provoqué un retournement sensible dans une ville devenue majoritairement protestante avec l'arrivée, en 1568 de nombreux Réformés de France chassés par la guerre[a 2]. Nombre de Bisontins promettent allégeance au nouveau dogme[b 3]. Alors qu'au début le culte touche essentiellement les couches les plus pauvres de la société, mendiants et vagabonds qui n'ont rien à perdre à adopter la nouvelle foi, la Réforme gagne les gens de métiers et particulièrement les marchands et commerçants, ainsi que les adeptes de la démocratie[b 3] à commencer par les membres de la faction de Gauthiot d'Arcier[b 4].

Toutefois, même si l'expression « nouveau bastion protestant » peut se justifier à court terme, il semble impossible d'en dégager une certitude sur le long terme. En l'état, Besançon serait devenu un isolat religieux franc-comtois qui n'aurait pas tenu longtemps face au pouvoir de l'Empereur et de ses alliés catholiques[b 5]. Les réformés ne peuvent attendre d'aide utile que de la Suisse proche, chose rendue impossible à cause du traité de neutralité conclu entre cet État, l'Empereur et la France sur les affaires de la région. La rupture de cet accord entraînerait une guerre inéluctable avec la puissante voisine[b 5]. La cité ne peut donc devenir une ville de Réforme que très difficilement. Même si l'exemple contraire de Mulhouse permet de supposer l'issue possible, la situation serait restée fragile ou, au pire, menacée d'un dénouement précoce et tragique[b 5]. Les protestants les plus déterminés décident de fomenter des troubles insurrectionnels qui se révèlent sporadiques et anarchiques. En effet, plusieurs complots visant à attaquer des villes de la région sont déjoués, notamment en septembre 1543 à Saint-Claude[6], en 1557 et 1565 à Vesoul et en 1575 à Pontarlier[b 5]. Le Parlement ordonne un surcroît de vigilance aux officiers chargés de préserver la foi catholique. Les exécutions reprennent : le un cordelier est décapité pour avoir prêché la réforme[6]. Plusieurs localités tombent néanmoins, comme Héricourt en 1562, ainsi que Mandeure, Dampierre-sur-le-Doubs et Colombier-Fontaine en 1565[6]. Cependant l'idée d'un conflit qui tournerait en faveur des protestants ne se conçoit réellement qu'avec le passage des troupes de Wolfgang de Zweibrücken, arrivant par la Bourgogne, pillant et ravageant les cités catholiques et fournissant une aide précieuse aux Réformés[b 5]. Grandement favorisés par ce nouveau contexte et par l'aide éventuelle et secrète des Suisses, les protestants envisagent sérieusement la victoire de leur Église[b 5]. Finalement, les troupes allemandes s'en vont au grand désespoir de leurs alliés protestants, laissant le champ libre aux autorités civiles et religieuses catholiques. La reprise en main définitive de la Franche-Comté, passée la frayeur d'une défaite, est à nouveau possible[b 5].

Répression et Contre-Réforme[modifier | modifier le code]

Un climat de plus en plus délétère[modifier | modifier le code]

Philippe II, l'un des instigateurs de la reprise en main de la comté catholique face au protestantisme croissant.

En 1571, la situation change brusquement. Les incidents communautaires deviennent si importants que le Parlement de Dole fait intervenir Philippe II d'Espagne alors en lutte contre l'hérésie[b 5]. En effet, les sages de Besançon, devant l'inertie criante des autorités, craignent que la cité ne tombe durablement entre les mains des Huguenots[b 5]. Avec l'aide d'Antoine Perrenot de Granvelle, de Maximilien II du Saint-Empire et le concours de Fadrique Álvarez de Toledo y Enríquez de Quiñones, duc d'Albe de passage dans la région, Philippe II envoie trois commissionnaires la même année. L'archevêque Claude de la Baume fait poursuivre et châtier les hérétiques[b 5]. Le fait est que la ville est assaillie par les exactions commises par les protestants. Place Saint-Quentin (actuelle place Victor-Hugo) le , un protestant tire sur les statues de saint Ferjeux et de saint Ferréol. Cet outrage lui vaut d'être assassiné par des catholiques. En riposte, le camp protestant s'insurge et pille nombre d'habitations dont les occupants sont pour la plupart emprisonnés, d'autre tués[6]. On envoie d'abord le baron de Polewiller pour rétablir l'ordre. Devant le nombre important de protestants, le comte de Montfort et le colonel Roydenoz lui viennent en renfort[b 5]. Ils arrivent sur place le [6]. Les pouvoirs locaux se prêtent alors à une estimation minutieuse du nombre d'insurgés. Le , 700 personnes environ doivent répondre à huit articles principaux sous serment[b 5]. On arrive ainsi à expulser 50 Réformés de Besançon et 250 autres de la région[6], qui se réfugient en Suisse ou à Montbéliard[a 2]. Parmi eux, on compte Charles Mercier, chirurgien dans la ville, chassé et réfugié à Montbéliard[10] et le professeur de droit Charles Dumoulin, mal sentant de la foi expulsé de Dole[b 5]. D'autres subissent le même sort dont des co-gouverneurs contraints à l'exil le . Certains hérétiques sont emprisonnés, parfois même condamnés à mort, comme l'humaniste comtois Gilbert Cousin, incarcéré et torturé jusqu'à son décès en 1572[b 5]. Malgré tout, le prêche continue chez les particuliers, mais la peur des expulsions et des persécutions s'empare peu à peu de la communauté[6].

De plus en plus d'habitants fuient alors en Suisse, à Neuchâtel et dans le canton de Vaud, ainsi que dans la principauté de Montbéliard. Ils y sont accueillis notamment par la bourgeoisie locale qui les enregistre comme « citoyens de Besançon »[b 5]. Les mesures répressives se multiplient alors : le nombre des arrestations s'accroît considérablement et l'archevêque Claude de la Baume se montre zélé à l'excès à faire appliquer avec la plus extrême rigueur les décrets du Concile contre le protestantisme[b 5]. Plusieurs parlementaires officiers bailliagers sont inquiétés et démis de leur fonction, et l'Université de Dole est contrainte à des restrictions radicales pour que la Réforme ne se diffuse pas dans ce milieu stratégique[b 5]. L'édit du ordonne à l'ensemble des habitants de respecter les rites de l'Église catholique romaine sous peine d'expulsion immédiate sous dix jours[7]. Certains visés par le décret partent d'eux-mêmes après qu'un menuisier a été tué la veille de Noël 1572 pour s'être insurgé contre l’éventualité d'un exil ; d'autres préfèrent anticiper, le décret n'ayant prévu aucune sentence si les délais sont respectés[6]. Tous les livres sont examinés avec soin ; ceux qui sont jugés non conformes sont brûlés lors d'autodafés, en premier lieu le Nouveau Testament traduit en français[b 5]. Les propriétaires ou gérants d'hôtels ne doivent accepter ni personnel ni client protestant. Au contraire, ordre leur est intimé de dénoncer immédiatement les hérétiques. Tous les citoyens doivent prêter un serment individuel de respect à la foi catholique devant un officier ou un représentant ecclésiastique. Il est obligatoire de faire part de ses doutes sur la sincérité du prestataire dans les vingt-quatre heures ; chaque infraction est justiciable d'un châtiment corporel, de la saisie des biens et/ou de l'expulsion[6]. C'est finalement toute la société comtoise qui vit sous une chape de plomb qui permet à l'Église de contenir ce qu'elle considère comme une épidémie et une hémorragie[b 5]. Malgré l'exode de plus en plus massif, — les victimes se promettent d'en revenir rapidement et triomphants —, les prédications se tiennent toujours en secret à Besançon où le climat devient étouffant : la rumeur d'une menace de complot est quotidienne et la lutte antiprotestante se poursuit inlassablement[b 6]. En Suisse et à Montbéliard, les nombreux Bisontins expulsés ou exilés projettent d'assiéger la ville pour en reprendre possession : ce sera « la surprise de Besançon »[b 6].

Confrontation et écrasement final[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Besançon (1575).
Proclamation lapidaire du 12, rue Champrond : « Genevois je suys, sans estre Huguenot, 1624. »

Dans la nuit du , deux corps armés protestants en provenance de Montbéliard et de Neuchâtel, constitués de franc-comtois et d'alliés, font route vers Besançon avec la ferme intention de conquérir la ville. Le groupe de Neuchâtel est arrêté en amont et seul celui de Montbéliard parvient aux portes de la cité dans laquelle il parvient à pénétrer avec la complicité de la communauté bisontine restée à l'intérieur[7]. La troupe franchit le pont Battant et envahit le cœur de la ville. S'ensuivent des combats particulièrement meurtriers où l'on fait donner le canon. Les Protestants se replient, sont capturés puis massivement abattus[a 2],[7]. Depuis ce jour, les habitants du quartier du Battant sont appelés les Bousbots, un gentilé faisant référence à la résistance que les vignerons du quartier ont vaillamment opposée à la tentative de prise de la ville : bous signifie « pousse » et bots, « crapauds », les protestants lors de l'affrontement ayant planté des crapauds sur des pieux pour effrayer l'adversaire[11].

L'Église catholique romaine recouvre la totalité de sa puissance et de ses droits et la ville redevient un bastion du catholicisme[a 2]. La Réforme est éradiquée, les biens des hérétiques confisqués et liquidés par voie judiciaire. Des documents font état de quelques exécutions à la fin du siècle mais elles concernent des gens de passage[b 6]. Les rares foyers de la Réforme qui subsistaient dans la ville, voire en Franche-Comté, à l'exception de Montbéliard, s'éteignent rapidement[b 7]. Cependant, de très nombreuses actions judiciaires continuent à être menées, la population et les autorités craignant une nouvelle « surprise »[b 7]. Entre 1575 et la Guerre de Trente ans, toute la société s'ingénie à réprimer sévèrement les individus que la rumeur désigne comme fomentateurs d'un complot réel ou imaginaire[b 7]. Plusieurs affaires éclatent encore dans les années 1620 et c'est certainement dans ce cadre de terreur que la rue Champrond proclame cette sorte de devise lapidaire en 1624[b 7] : « Genevois je suys, sans estre Huguenot, 1624[b 3],[12],[11],[13]. »

Reprise en main de l'Église catholique[modifier | modifier le code]

Durant deux siècles, les protestants de Besançon et de France sont réprimés. La Contre-Réforme empêche toute présence de la communauté dans la cité[b 7]. La Franche-Comté est conquise par la France et en 1678 les anciens ennemis signent le traité de Nimègue. En 1685 la Révocation de l'édit de Nantes accélère la « chasse aux hérétiques » sur tout le Territoire de France, y compris en Franche-Comté désormais partie intégrante du royaume[b 7]. L'élite conservatrice, omnipotente au niveau local, décide d'appliquer avec rigueur et diligence l'arsenal anti-protestant mis à l'entière disposition des forces catholiques pour réprimer les foyers de la Réforme encore subsistants. Alors que l'édit de Nantes n'a pas été appliqué en Franche-Comté entre 1678 et 1685, l'édit de Fontainebleau qui en signe la révocation le est publié dès le par le Parlement de Besançon et exécuté avec le plus grand zèle. Onze autres actes législatifs aussi répressifs sont mis en place durant les deux années qui suivent, dans un même esprit de réaction et de répression, avec la volonté évidente de ne perdre aucun temps dans leur exécution. Par comparaison, il a fallu près de trente ans pour que la Franche-Comté devenue française se voie ratifier la législation du royaume[b 7]. Des fidèles capturés sont contraints à l'abjuration forcée en l'église Saint-Pierre[a 2], des Français pour la plupart qui tentent de fuir les persécutions pour se réfugier en Suisse et interceptés à la frontière[b 7]. Un registre de cette église fait état de la prise de 155 Huguenots entre 1686 et 1688[b 7]. Venus de toute la France dans l'espoir de rejoindre la Suisse, ils étaient composés d'artisans, en grande majorité, de quelques nobles et bourgeois, à 82,5 % d'hommes et à 17,5 % de femmes. Ils sont incarcérés au fort Griffon avant d'être forcés à l'abjuration[14].

L'église Saint-Pierre, lieu de nombreuses abjurations à Besançon.

Ces scènes sont loin d'être rares. Le parti catholique procède généralement par groupes de plusieurs hérétiques. À Besançon, on n'a compté au total que sept abjurations individuelles enregistrées officiellement. Après la conversion forcée, un ecclésiastique effectue un « rebaptême » catholique en usage jusqu'au début du XXe siècle[b 7]. De nombreux protestants ont ainsi abjuré contraints et forcés sans que les autorités soient toujours dupes de la solidité de leur ralliement. Aussi a-t-on prévu en cas d'apostasie la peine des galères pour les hommes et la prison pour les femmes jusqu'au renoncement indiscutable de la foi protestante[b 8]. Malgré le zèle des passeurs comtois, on note de nombreuses captures de hauts personnages : les prévenus Samson et son frère Philippe Descartes de Loisy-en-Brie abjurent le , Marguerite Guichenon de Pont-de-Veyle le , Antoinette Michelet de Pont-de-Veyle le . En revanche, pour le seul village de Pont-de-Veyle Jean Guichenon réussit à passer en Suisse en décembre et mai 1685, Jean Michelet en avril 1686, Abraham Descartes, sa femme et ses quatre enfants en octobre 1686[b 8]. Le , Louvois écrit au président du Parlement de Besançon Jean-Ferdinand Jobelot[b 8] : « Il faut faire le procès de tous ceux que l'on arrêtera. » Le , l'évêque de Montpellier Monseigneur Charles-Joachim Colbert de Croissy rédige une lettre à Jean Hérault de Gourville pour le pasteur Chaillet (responsable de plusieurs localités du canton de Neuchâtel) à propos des frères Billon[b 8] : « Depuis votre départ, Monsieur, j'ai encore parlé au Roy des deux habitants du village des Brenets qui sont retenus prisonniers ; et quoi que le délit qu'ils ont commis dans les dépendances de sa majesté en facilitant l'évasion de Ses sujets de la Religion Prétendue Réformée, ayant mérité d'estre puni, néanmoins, Elle a bien voulu ordonner leur élargissement pour lequel Monseigneur de Louvois doit écrire aujourd'hui à Monseigneur de la Fonds, Sa Majesté laissant aux magistrats de Neufchastel à faire le chastiment des coupables. Je suis, Monsieur, votre humble et très affectionné serviteur de Croissy. » Les deux négociants bisontins réformés, sont d'abord libérés aux Brenets en Suisse et finalement emprisonnés à Valangin pour satisfaire le roi de France et emmenés devant la cour de Versailles. Mais l'événement produit une telle tension entre la Suisse et le Comté qu'on n'ose les condamner lourdement[b 8].

En 1754, des pasteurs montbéliardais sont incarcérés au fort Griffon. Cet événement donne lieu à une correspondance entre le pouvoir local et Versailles[b 8] : « Monsieur de Saint-Germain père a fait rapport que suivant les intentions de la Compagnie, il avait représenté à Monsieur le Guy de Dufort de Lorge, duc de Randan, lieutenant des Armées du Roi, chevalier de ses ordres, lieutenant général du Comté de Bourgogne et commandant en chef pour la service de Sa Majesté dudit Comté, les raisons du Magistrat de ne pouvoir souffrir plus longtemps trois particuliers du canton de Glaris faisant profession de religion calviniste qui séjournent dans cette ville depuis plus de deux ans à cause de la diversité de religion que Monsieur de Randan lui avait répondu qu'il fallait les mettre par écrit et qu'il les enverrait à Monsieur de Chassigny, ambassadeur de Suisse à qui le canton de Glaris à porté des plaintes des prétendus mauvais traitements qu'on faisait à ses particuliers, qu'en conséquence il avait minuté les réponses dont il fait lecture, elles ont été approuvées et le secrétaire a été chargé d'en faire une expédition que Monsieur de Saint-Germain remettra à Monsieur le Duc. » Le , le Magistrat urbain après délibération fait paraître la déclaration suivante : « La ville de Besançon a toujours regardé les louables cantons suisses comme bons voisins et amis. Et quand le traité de paix perpétuelle ou d'autres titres quels qu'ils soient donneraient le droit aux particuliers de Suisse, sans distinction de s'établir dans le Royaume, cela ne pourrait plus avoir d'exécution à l'égard des protestants depuis la révocation de l'édit de Nantes. La Liberté de conscience n'ayant pas lieu en France, et Sa Majesté n'y souffrant aucun de ses sujets qui ne soient de la religion catholique, il n'y a pas apparence que l'on puisse permettre à ceux qui ne sont pas ses sujets, et qui sont de la religion prétendue réformée d'y venir prendre leur établissement. Indépendamment de cette loi générale perpétuelle et irrévocable pour tout le Royaume, la province de Franche-Comté et la ville de Besançon en particulier ont des ordonnances très anciennes et réitérées plusieurs fois, qui font défense de souffrir qu'aucun protestant ou autre que des catholiques viennent y fixer leur domicile[a 2],[a 3],[b 8]. »

Le renouveau[modifier | modifier le code]

La Révolution et l'immigration émancipatrices[modifier | modifier le code]

L'ancien grenier à blé de Besançon, lieu de culte de soldats protestants en garnison

En 1778, la cité de Besançon est sommée de fournir un local pour les protestants en garnison du 65e régiment d'infanterie de ligne basé à Sonnenberg[b 8]. Dans les magasins de l'ancien grenier à blé, place de la Révolution, la centaine de soldats et officiers pourront exercer leur culte, avec l'interdiction formelle notifiée aux autochtones d'accéder au prêche [b 8]. En fait, il s'agit moins du résultat d'une évolution que d'une obligation. Pour preuve, le refus total du Parlement de Besançon d'accepter un édit de relative tolérance en 1787, qui ne sera connu que dans la période pré-révolutionnaire[b 9]. L'édit sera pourtant imposé en 1788 avec treize autres mesures plus favorables aux protestants[b 9]. Mais c'est la Révolution qui bouleversera les mentalités et la législation en 1789 : le les protestants acquièrent le droit d'exister dans le cadre de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, dont l'article dix proclame le droit d'exercer la religion de son choix tant que celui-ci ne contrevient pas à l'ordre public[b 9]. Dès lors, la communauté protestante, devenue officiellement inexistante à Besançon depuis plus de deux siècles, refait surface d'une part grâce à la liberté de culte recouvrée et surtout grâce à l'immigration suisse[a 3],[b 9]. En 1793, un groupe de 80 horlogers calvinistes dont Laurent Mégevand s'installent dans la cité et fondent le pôle industriel horloger de la ville[15],[16],[17],[18]. Ils seront bientôt suivis de 22 familles d'horlogers, soit entre 400 et 700 personnes[19].

Cette immigration à Besançon fait renaître la communauté protestante[a 3]. Les Suisses sont le plus souvent réformés et ils bénéficient de la protection du gouvernement révolutionnaire qui voit dans cet afflux de population qualifiée, composée d'artisans horlogers à plus de 80 %, l'apport de richesses économiques substantielles[b 9]. On note également que nombre de réformés, immigrés ou non, sont membres de la franc-maçonnerie bisontine, en majorité dans la Loge de la « Sincère et Parfaite Union ». Ils entendent probablement démontrer ainsi leur volonté de progrès[20]. Entre 1793 et 1796, la communauté protestante enregistre 1 855 citoyens sur les 22 000 que compte la ville, soient 8 % de la population totale[b 9]. On les désigne encore sous l'appellation « communauté suisse », même si la plupart obtiennent plus tard la nationalité française de jure. Il faut préciser qu'à l'origine ils proviennent pour les 3/4 des principautés de Neuchâtel, de Genève et de Bâle[b 9]. Le un « arrêté d'accueil » est officiellement proclamé ; la « communauté suisse » s'installe principalement dans les secteurs de la Boucle et de Battant, de préférence au square Saint-Amour, où fleurissent les ateliers d'horlogerie[b 9]. Petit à petit ils s'intègrent à la société bisontine, même si une part importante de la population locale les rejette. Cet ostracisme s'estompera progressivement[b 9].

De l’institutionnalisation à nos jours[modifier | modifier le code]

Le temple du Saint-Esprit, lieu de culte définitif de la communauté réformée. Ici sur une carte postale peu avant la Seconde Guerre mondiale.

En 1796, le maire de Besançon prête la chapelle Notre-Dame-du-Foyer qui devient, après l'ancien grenier à blé, le premier vrai lieu de culte officiellement cédé à la communauté protestante[a 3]. En réalité, il ne le sera effectivement que du à la fin de l'année 1804[b 9] (voir aussi la section détaillée sur les lieux de culte protestants de Besançon). Ouvert en 1793, le cimetière des Champs Bruley[21], est destiné à recevoir dignement les dépouilles des protestants[a 4]. Jacques-Frédéric Lambercier est le premier pasteur à officier en 1794. Lui succède Courlat de Genève entre 1796 et 1803. Une école protestante ouvre ses portes en 1802. En 1891, elle est fermée au profit des écoles communales. On crée un hospice pour personnes âgées qui existe encore transformé en un fonds d'aide social[b 10]. Le pasteur Courlat est remplacé dans le cadre du Concordat par Jean-Henry Ebray[b 9]. La communauté trouve réellement sa place[a 3] grâce à ce pasteur qui sait tirer parti des lois organiques du Concordat et de la tolérance enfin accordée par les autorités civiles et religieuses locales, en la personne du préfet Jean de Bry et celle de l'archevêque irénique Monseigneur Claude Le Coz[b 9]. En 1805, la communauté déménage dans l'ancien couvent des Capucins, l'hôpital Saint-Jacques réclamant la restitution de la chapelle[a 3]. Enfin, à la suite de l'ouverture de l'arsenal, elle s'installe dans l'ancienne église du Saint-Esprit, que les fidèles acquièrent définitivement en 1842[a 3]. Entretemps, en 1824, est officiellement créée « l'organisation de l'Église réformée de Besançon »[22].

En 1835, Besançon compte deux pasteurs et trois écoles protestantes[23]. Une étude démographie fait état de 90 baptêmes, 33 mariages dont 21 mixtes, et 76 décès en 1856[24], pour un total de 2 100 fidèles à Besançon et 600 de plus aux alentours[25]. Les premiers mariages mixtes unissent d'abord Suisses et Français réformés puis s'amorcent de plus en plus les unions entre Suisses et catholiques français ce qui accélère la dilution communautaire[b 10]. À partir du milieu du XIXe siècle, une nouvelle vague d'immigration en provenance de la région de Montbéliard vient renforcer la communauté. En est issu l'historien comtois Charles-Léopold Duvernoy (1774-1850[b 10]). D'autres exilés viennent grossir les rangs de la Réforme mais dans une moindre mesure : il s'agit des Alsaciens qui refusent de rester en Prusse après la guerre franco-allemande de 1870[b 10]. D'une manière générale, contrairement aux Suisses, les protestants de l'époque et plus particulièrement les étrangers sont mieux acceptés de la population d'une part parce que l'horlogerie n'est plus le monopole de cette seule congrégation ethnico-religieuse, d'autre part que la Réforme est beaucoup mieux tolérée[b 10].

L'Union des Bousbots de Besançon.

À la fin du XIXe siècle, les protestants sont citoyens à part entière de la ville malgré quelques anicroches notoires : la débaptisation de la rue Saint-Vincent en rue Mégevand et les heurts consécutifs à l'agitation politique de l'affaire Dreyfus[b 10]. Rien de vraiment préoccupant si ce ne sont les débats véhéments qui opposent dans Le Petit Comtois les pasteurs et l'abbé Tournier, catholique extrémiste[b 10]. Lors de la séparation de l'Église et de l'État, un inventaire est effectué au Temple le en présence du pasteur Cadix, alors président du conseil presbytéral, de deux autres pasteurs et des trésoriers du diaconat. Tous se soumettent à la loi et n'opposent aucune résistance, contrairement à de nombreuses paroisses catholiques bisontines assez hostiles[3]. Le Concordat est ainsi abrogé et une certaine liberté notamment financière retrouvée. On n'a cependant pas prévu les dépenses nouvelles occasionnées par le système particulier de synode de la communauté qui entraîneront la suppression d'un poste de pasteur[b 10]. Sur le modèle des jeunesses catholiques, est fondée « l'Union des Bousbots de Besançon » entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle[3]. La Première Guerre mondiale entraîne la communauté dans la tourmente comme le reste des Français. Elle perd 51 de ses membres dont les noms sont gravés sur une plaque de marbre au sein du temple[b 10]. La paroisse, forte de 600 membres en 1910, bénéficie cependant d'une solide implantation au niveau local confirmée par un accroissement culminant à 3 700 paroissiens en 1936[b 10]. Durant tout le XXe siècle, la Paroisse s'organise afin de proposer une aide sociale particulièrement ouverte et efficace. Elle est notamment à l'initiative de la création d'un hospice, d'un préventorium et d'un centre pour jeunes travailleurs (voir la section détaillée sur les œuvres sociales de la Paroisse).

Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, les réformés de Besançon perdent une large part de leur importance. D'illustres membres de la communauté quittent la ville. Surtout une déchristianisation galopante touche le protestantisme à l'égal du catholicisme. Pour ne rien arranger, une scission interne aujourd'hui résorbée met gravement en danger l'Église protestante bisontine, lui faisant perdre un pasteur et des fidèles[b 10]. Durant l'après-guerre, on note l'émergence de nombreux mouvements évangéliques, comme la Pentecôte de Besançon dans les années 1970, l'Église Cépée dans les années 1990, ainsi que, plus récemment, plusieurs autres petits groupes(voir la section détaillée sur les autres mouvements protestants) se réclamant du protestantisme. Aujourd'hui la paroisse protestante de Besançon compte 736 familles recensées, soit environ 2 500 personnes guidées par deux pasteurs chargés du temple central de Besançon et de divers autres lieux dans le reste de la Franche-Comté[b 10]. Vestiges d'un passé glorieux et tourmenté fleurissent dans la cité les patronymes des descendants de huguenots, tels les Adler, Ducommun, Étienne, Favre, Girod, Guinard, Mathey, Sandoz, Savoy[b 10]

Organisation communautaire[modifier | modifier le code]

L'institution protestante[modifier | modifier le code]

La paroisse[modifier | modifier le code]

Organisation

Les institutions protestantes membres de l'Église protestante unie de France sont représentées au niveau local sous forme d'associations cultuelles Loi de 1905[26],les « paroisses », intégrées dans des « consistoires » puis des « régions », équivalents des paroisses, diocèses et archidiocèses pour l'église catholique. Besançon possède sa propre Association Loi 1905[27] depuis 1905[28], constituant avec les paroisses de Morteau, Pontarlier, Lons et Dole, le « consistoire de Franche-Comté ». L'ensemble constitue la « région Est» avec la Lorraine non concordataire[29],[b 11]. La paroisse de Besançon se compose plus précisément des villes de Besançon, Gray et Ornans et couvre une zone de soixante-dix à quatre-vingt-dix kilomètres[a 5]. Elle se caractérise par un nombre élevé de membres déclarés par rapport à la moyenne nationale, environ 800 familles soit 2 000 individus, majoritairement urbains[a 5].

Les paroisses protestantes co-gouvernent la « région Est » de l'Église, par le biais d'un parlement régional nommé « synode régional », décidant des missions et engagements de l'Église au niveau régional et donnant son avis sur les questions de foi débattues au niveau national (du ressort du Synode national). Un « conseil régional » accompagne la vie des Églises locales, prépare le travail des sessions des synodes régionaux, pilote les missions mutualisées régionales essentiellement de formation, d'information et d'animations jeunesse, et rémunère les pasteurs. La paroisse est gouvernée par un « conseil presbytéral » qui est un collège de paroissiens élus au suffrage universel en Assemblée Générale pour des mandats de quatre ans renouvelables deux fois. Les pasteurs sont membres de droit de ce collège. Ils n'en sont pas les « chefs », ils accompagnent le Conseil dans sa mission. Le Conseil décide de l'orientation dans les domaines spirituels, cultuels, matériels et organisationnels. Il désigne un président laïc qui est son porte-parole et le signataire juridique de l'Église locale[26]. Avant les années 1970, le temple de Besançon ne disposait pas de presbytère et les pasteurs logeaient en ville[b 12]. La maison paroissiale regroupe depuis 1975 toutes les activités - secrétariat, Entraide Protestante, Éclaireurs et Éclaireuses Unionistes de France, catéchèse, salles de réunion et d'étude - au sein d'un même bâtiment : la « tour Carrée » ou tour du Saint-Esprit située sur le quai Vauban[26].

Les pasteurs

Les pasteurs, animateurs spirituels de la communauté, se sont succédé à la Paroisse bisontine dès sa création en 1793. Deux d'entre eux, Jacques-Frederic Lambercier et N. Courlat furent les deux premiers de la communauté avant la mise en place du Concordat. De ce fait, leur nom n'apparaît pas dans certaines sources car non concordataires et de facto non affectés à la Paroisse[b 11]. Si on les intègre à la liste infra, il y a eu 37 pasteurs à Besançon depuis 1796[b 11].

  • Jacques-Frederic Lambercier (1794-[b 11]?)
  • N. Courlat (1796-1803[b 11])
  • Jean-Henry Ebray (1803-1808[30])
  • Samuel Jan de Tramelans (1808-1814[30])
  • Mathieu Miroglio (1814-1865[30])
  • Paul Mathieu (1858-1861[30])
  • Philippe Sandoz (1821-1859[30])
  • Georges Collins et Paul Miroglio (fils) (1861-1866[30])
  • Méaly Ladreyt (1868-1888[30])
  • Albert Cadix (1873-1910[30])
  • Élie Abt (1866-1906[30])
  • Maurice Bas (1886-1909[30])
  • Jules Pyt (1898-1925[30])
  • Adrien Metzger (1909-1924[30])
  • Paul Rozier (1910-1922[30])
  • Louis Marsauche (1925-1951[30])
  • Henri Gerbeau (1949-1952[30])
  • Pierre Galland (1952-1957[30])
  • Jean-Marie Lambert (1952-1957[30])
  • Guy Bonnal (1957-1968[30])
  • André Bourbon (1958-1963[30])
  • Jacques Riou (1963-1968[30])
  • Pierre Bay (1968-1979[30])
  • Philippe Soullier (1970-1975[30])
  • Christian Delors (1970-1970[30])
  • Alain Kursner (1976-1977[30])
  • Jean-Marc Metin (1979-1981[30])
  • Pierre Dumas (1981-1987[30])
  • Otto Schaefer (1982-1987[30])
  • Édith Heitz Kessler (1985-1986[30])
  • Jacques Blanc (1987-1989[30])
  • Jean-Marc Heintz (1987-1989[30])
  • Pierre Boismorand (1989-1991[30])
  • Marc Weiss (1990-1995[30])
  • Nicolas Mourgues (1991-2002[30])
  • Anne-Marie Feillens (1995-2009[30])
  • Éric Demange (2002-2012[30])
  • Pierre-Emmanuel Panis (2009-[30])
  • Emmanuelle Seyboldt (2013-2017[30])
  • Andreas Seyboldt (2013- )

La vie communautaire bisontine[modifier | modifier le code]

L'ensemble du Saint-Esprit, centre de la vie communautaire à Besançon.

La vie communautaire bisontine est recentrée autour du Temple du Saint-Esprit dans le quartier de La Boucle, où le culte est célébré tous les dimanches et mensuellement à la chapelle de la Retraite rue de Belfort[b 11]. Les deux pasteurs et les membres formant le « noyau central » organisent en plus des événements strictement cultuels, de nombreuses activités ouvertes aux non-protestants : camps de jeunesse, chorales, kermesses, représentations théâtrales ou artistiques[a 6]… Besançon entretient des liens étroits avec le temple de Gray dans la Haute-Saône, qui fait partie de la paroisse de Besançon. Le temple de Gray est prêté pour ses cultes à la Communauté baptiste de Gray. Plusieurs réunions œcuméniques ont également lieu régulièrement. Les protestants sont membres de plusieurs associations chrétiennes locales à Besançon : l'Entraide protestante (aide alimentaire), le CAOP Comité d'Animation des Œuvres Protestantes (animation en maison de retraite) ou œcuméniques nationales ou internationales l'ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture), la CIMADE (Aide aux migrants), Oikocredit (microcrédits. L'Église protestante unie de Besançon fait aussi partie du Conseil d'Églises chrétiennes de Besançon-Franche-Comté Sud et de l'Amitié Judéo-Chrétienne de Besançon. La paroisse protestante est engagée dans l'action humanitaire à hauteur de 8 % de ses ressources par l'intermédiaire du Service Protestant de Mission, le DEFAP. Elle assure une aumônerie protestante au CHU, dans les cliniques, à l'hôpital de Gray, à la maison d'arrêt de Besançon, et travaille avec l'aumônier protestant aux Armées[26].

Œuvres sociales[modifier | modifier le code]

Il existait dès 1793 un fond de secours mutuel créé par les horlogers protestants de la ville. Il prit le nom de « Société de secours mutuel » en 1851 avant de devenir le « Diaconat »[b 12],[26]. Mais c'est à partir de 1903 que l'œuvre sociale est réellement mise en place, désignée sous le nom d'Asiles protestants de Besançon et répartie en trois branches : la Retraite pour les personnes âgées, la Famille pour les jeunes travailleurs et le Préventorium pour les enfants malades[b 12],[a 7]. Ouvertes à tous, ces structures sont aujourd'hui encore présentes à l'identique ou sous une forme proche et regroupées en Association Protestante d'Action Sociale[b 12].

La Retraite

La Retraite fut fondée par le pasteur Méaly Ladreyt et sœur Bauer entre 1865 et 1888. Il s'agissait initialement d'une association civile au statut de « capital par action », nommée l'Hospice protestant pour malades et vieillards[b 12]. D'une capacité de 12 lits à ses débuts aux Founottes de 1873 à 1879, l'institut croît rapidement. Le futur bâtiment des Vaites est construit en 1877 sur une parcelle de deux hectares, rue de Belfort. Il comprend dès 1878 une chapelle affectée au culte financée par des mécènes[31]. On la reconnaît aisément aux deux versets bibliques gravés sur l'entrée principale : « Venez à moi vous qui êtes travaillés et chargés et je vous soulagerai. Math XI.v.28 » et « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Je m'en vais vous préparer le lieu. Jean XIV. 2. — 1879 — »[b 12]. Reconnue d'utilité publique en 1880, l'association progresse grâce aux subventions, au mécénat horloger, ainsi qu'au don d'un million de francs généreusement alloué par le bienfaiteur Francis-Louis Bersot[b 12]. Une seconde aile est édifiée en 1889 et l'établissement peut accueillir 50 personnes en 1896[b 12]. Totalement achevé en 1899, un bâtiment latéral lui est adjoint en 1911. Il est alimenté en eau en 1906 et en électricité en 1924[b 12]. La Retraite dispose de 70 lits en 1934[b 12]. Le « pavillon Bertrand » date, lui, de 1964. Il bénéficie d'un dernier agrandissement entre 1975 et 1991 et peut ainsi accueillir 52 lits supplémentaires grâce à l'aide de la Commune[32]. Si l'institut existe toujours, il est autonome de la paroisse, selon les règles plus strictes en matière d'utilité publique imposées par le conseil général du Doubs. Il conserve néanmoins son statut d'association 1901[b 12]. Établissement médicalisé à but non lucratif, il dispose d'une unité Alzheimer et d'un total de 123 lits[33].

La Famille - le Préventorium

La Famille a été fondée par le pasteur Maurice Bas en 1902 pour accueillir les jeunes travailleurs entre 15 et 25 ans[b 12]. Sis rue des Cras, l'établissement a fonctionné jusque dans les années 1970 avant d'être supprimé en raison de son exiguïté[b 12]. Le préventorium a été conçu pour venir en aide aux enfants malades et aux enfants en situation précaire. Après la Première Guerre mondiale, sous l'égide du pasteur Adrien Metzgerles, les enfants originaires de la région, mais aussi des Alsaciens, en majorité protestants sans excepter quelques catholiques ont bénéficié des soins des bains salins de la Mouillère[b 12]. Ils étaient regroupés dans six baraques de la rue de Belfort[b 12]. En 1919, bien que le préventorium désormais installé à Fontaine-Argent soit concurrencé par les Salins de Bregille, il continue à venir en aide à 300 enfants en 1909, 506 en 1915, 730 en 1929, et 545 en 1934[b 12]. Reconnu d'utilité publique en 1922, il connaît un surcroît de population dans les quatre bâtiments construits sur un terrain de six hectares et inaugurés en 1927, visités en 1933 par le président Albert Lebrun[b 12]. Il abrite aujourd'hui l'Institut d'Éducation spécialisée, une équipe d'éducateurs encadre des enfants rencontrant des déficiences mentales, soit en internat soit en semi-externat[b 12]. On y enseigne, outre les matières générales, des matières professionnelles et technologiques comme l'horticulture, la filière bois, l’emploi technique pour les collectivités[b 12]. L'établissement est en contrat d'association avec l'État ce qui lui permet de recevoir l'aide financière du Conseil général du Doubs[b 12] et de la Commune pour l'établissement scolaire[34].

L'Entraide protestante de Besançon

Elle est l'héritière directe du "Diaconat", Association Loi 1901 d'aide aux personnes en difficulté. Elle est membre de la Fédération des entraides protestantes de France au sein de la Fédération protestante de France et exerce ses activités dans les locaux de la paroisse protestante quai Vauban. Elle distribue chaque semaine, depuis plus de 30 ans, une aide alimentaire à plus de 250 personnes nécessiteuses en partenariat avec le CCAS et la Banque Alimentaire du Doubs dont elle fait partie du collectif des associations distributrices[26].

Le CAOP Comité d'Animation des Œuvres Protestantes

Cette association Loi 1901 a son siège dans les locaux de la maison de retraite rue de Belfort, et finance et apporte des animations auprès des personnes âgées de cet établissement, ainsi que l'offre d'un culte protestant mensuel dans la chapelle protestante de cet établissement. Elle travaille en partenariat avec l'APAS Association Protestante d'Action Sociale propriétaire des locaux de La Retraite et l'Année Diaconale association qui met à disposition des jeunes volontaires européens pour un service social[26].

Données sociologiques et rituelles[modifier | modifier le code]

Sociologie[modifier | modifier le code]

La paroisse protestante de Besançon comptait environ 2 000 fidèles en 1999, dont une majorité de citadins[a 5]. Les membres de la communauté bisontine appartiennent en majorité aux classes moyennes. On y trouve principalement des enseignants, des fonctionnaires, des médecins, et des personnes travaillant dans les milieux industriels et les services[a 5]. On peut distinguer trois « groupes » de protestants : les « anciens » protestants qui, dans la région depuis plusieurs générations, suivent régulièrement les préceptes et les rites de l'Église réformée ; les « nouveaux » protestants récemment installés dans la ville; enfin les protestants « de tradition » baptisés, mariés et enterrés au temple[a 5]. Une quarantaine d'enfants suivent les cours de l'école biblique, une trentaine, les cours de catéchisme. Si l'on compte les enfants issus de mariages mixtes (le plus souvent entre catholiques et protestants), on ne peut que constater le nombre relativement élevé de jeunes protestants à Besançon[a 6]. Les moins nombreux sont ceux qui âgés de 20 à 30 ans, étudiants ou débutant dans la vie active, sont assujettis à une grande mobilité[a 6]. La population bisontine protestante comporte un noyau central de fidèles engagés dans des activités intra et inter paroissiales dont le but déclaré est « d'intégrer tout fidèle à la paroisse » et de « prolonger la communauté au dehors de la sphère religieuse[a 5] ».

L'identité protestante[modifier | modifier le code]

La communauté, selon Ingar Düring, apparaît comme « populairement inexistante » à Besançon[a 4]. Ses membres, bien qu'ouverts à la société contemporaine, vivent leur religion dans la sphère privée[a 8]. Contrairement aux communautés juive, musulmane, ou même catholique, il n'existe pas à proprement parler d'« identité protestante »[a 8]. Ingar Düring en propose les explications suivantes : d'une part, le culte protestant est très minoritaire à Besançon, l'histoire douloureuse de la Réforme ayant obligé les fidèles à demeurer très discrets ; d'autre part les protestants bisontins sont profondément laïcisés et n'affichent pas ostensiblement leur appartenance à la communauté[a 8] ; enfin, l'individualisme y est plus prononcé que dans les autres cultes, malgré un sentiment d'appartenance commune au temple et une ouverture certaine aux autres[a 9]. Dans ce contexte, rares sont les notables qui se sont affichés comme protestants à l'exception notoire de l'ancien maire Robert Schwint[a 8].

Infrastructures confessionnelles[modifier | modifier le code]

Les lieux de culte[modifier | modifier le code]

L'intérieur du temple.

Des maisons particulières sont d'abord choisies comme lieux de prédication avant que la communauté ne dispose de salles uniquement destinées à la prière et au culte[b 13]. L'ancien grenier à blé est le tout premier lieu de culte mais il est réservé aux soldats suisses en garnison[b 13]. Il faut attendre 1796 pour que les protestants aient leur premier vrai temple : on leur prête provisoirement l'ancienne « chapelle du Refuge », appelée aujourd'hui « chapelle Notre-Dame-du-Foyer »[b 13]. Contraints de quitter cette église, propriété des catholiques qui veulent en reprendre possession, les protestants, en 1804, emménagent pour un temps dans l'ancien couvent des Capucins près de Chamars[b 13]. Après plusieurs injonctions, ils sont de nouveau sommés de quitter le bâtiment cédé à l'armée qui y installe un arsenal[b 13]. En 1826, les réformés, qui commencent par établir quantité de plans de construction ou d'adaptation d'anciens locaux, se décident finalement pour l'ancien hospice du Saint-Esprit qu'ils intègrent définitivement en 1842[b 13].

L'hôpital du Saint-Esprit a été fondé à Besançon en 1207 par l'ordre hospitalier du Saint-Esprit, subissant au cours de son histoire plusieurs modifications architecturales[a 4]. Durant tout le Moyen Âge il accueille les malades, les femmes enceintes, les vieillards, les voyageurs et les orphelins. En accord avec la municipalité de Besançon, à partir du XVIe siècle, il limite ses secours aux enfants, aux femmes et aux gens de passage [a 4]. En 1792, l'édifice prend le nom d'« Hospice des enfants de la patrie ». Les services hospitaliers sont transférés en 1797 à l'hôpital Saint-Jacques récemment construit, qui devient l'hôpital central de la ville[a 4]. L'ancien bâtiment évacué est officiellement cédé aux protestants de la ville, après avoir été rénové en 1841 par l'architecte bisontin Alphonse Delacroix qui dote l'église d'un nouveau porche néogothique de style troubadour[a 4],[b 13]. Le a lieu la cérémonie de dédicace du temple du Saint-Esprit[a 4] qui demeure le lieu central de la communauté protestante de Besançon[b 13]. Il est le seul lieu de culte protestant réformé permanent de la ville, la chapelle annexe du centre social de La Retraite n'étant utilisée qu'occasionnellement[b 13].

Le cimetière[modifier | modifier le code]

Le cimetière des Champs Bruley.
Article détaillé : Cimetière des Champs Bruley.

Les premiers réformés reconnus comme « hérétiques » sont enterrés dans des fossés aux environs du secteur des Arènes dans une terre jugée indécente par l'Église catholique[6]. Après la révolution les dépouilles des défunts protestants sont ensevelies dignement dans le cimetière des Champs Bruley, la plus ancienne nécropole municipale de la ville, ouverte en 1793[35]. Lieu d'inhumation des protestants locaux et de nombreux Bisontins d'origine suisse, la partie ancienne contient encore plusieurs tombeaux des époques passées[b 10]. Sous la dalle d'un monument commémoratif reposent les dépouilles de 2 179 officiers et sous-officiers tombés lors de la guerre franco-allemande de 1870. Deux mémoriaux rappellent les existences du peintre bisontin Jean Gigoux et du bienfaiteur Louis Bersot. Le site a gardé un « carré protestant », mais il n'est plus réservé aux défunts de la communauté. Il a même perdu presque toute connotation religieuse[a 4].

Autres mouvements religieux[modifier | modifier le code]

Place du protestantisme dans le schéma diachronique de la diversité des christianismes (détail).

En parallèle des Protestants principalement luthériens et calvinistes réunis au sein de la Paroisse de l'Église protestante unie de France, de nombreux autres mouvements se réclament d'une ascendance historique ou spirituelle commune. Ils sont localement représentés par les pentecôtistes-mennonites, les évangélistes, les baptistes, les adventistes, les indépendants/libres, ainsi que les Mormons et les Témoins de Jéhovah souvent associés. La vision, l'application, et la pratique du culte de ces assemblées et dogmes sont parfois très hétérogènes, cependant la majorité se retrouve dans une souscription aux « six grands principes » et quelques-uns souscrivent ensemble à la Fédération protestante de France. Cette rubrique présente les groupes de la ville dans cette catégorie en les découpant en trois ensembles par considération numérique exclusivement sur l'agglomération, suivant des sources fiables ou par estimation raisonnable : les grandes structures (plus de cent fidèles actifs), les moyennes (de cinquante à cent), et les petites (moins de cinquante).

Les structures importantes[modifier | modifier le code]

La Pentecôte de Besançon[modifier | modifier le code]

Le siège de la Pentecôte de Besançon, rue Larmet.

« L'Église évangélique missionnaire de Besançon » ou « Pentecôte de Besançon », est un nouveau mouvement religieux fondé localement en 1963 par Aldo Benzi et connu pour son activité missionnaire[36],[37]. La congrégation, d'obédience pentecôtiste et mennonite, entretient des rapports avec la Fédération protestante de France[36], bien que ses méthodes de financement et de culte aient suscité de nombreuses controverses et polémiques qui ont conduit à la désigner comme « secte[38]. » Deux rapports émanant de la Commission parlementaire (no 2468 du et no 1687 de juin 1999) ainsi que plusieurs associations dont le C.C.M.M. (ou centre Roger-Ikor), et l'U.N.A.D.F.I., la considèrent comme telle[37] ; les milieux protestants et universitaires la jugent comme un groupe religieux classique bien que très fervent[38]. Dès sa fondation elle suscite l'intérêt des fidèles comme des hommes d'Église, et son influence croît rapidement jusque dans les années 1980 ; il essaime dans de nombreuses villes en France et rassemble entre 2 000 et 4 000 membres en 2005 dont 600 à Besançon, bien que l'on note une stabilisation à partir des années 1990[39]. Un scandale d'ordre sexuel éclate en 2005 et éclabousse ses dirigeants mettant fin aux activités globales[39], bien que les suites sur le plan pénal n'aient pas abouties[40]. Les temples alors répartis sur tout le territoire se dissocient, et le nombre de fidèles décline dés 2006[39]. L'Église de Besançon et bon nombre d'autres en France sont toutefois encore en activité, bien qu'aujourd'hui elles ne soient plus liées les unes aux autres et que quasiment toutes aient perdu de leur dynamisme initial[39]. L'assemblée de Besançon compte environ 400 à 500 fidèles, dont 150 réguliers à la messe du dimanche[37].

L'Église Cépée[modifier | modifier le code]

L'église Cépée, à Planoise.

« L'Église Cépée » est un mouvement protestant évangélique apparu dans les années 1970[41]. Il s'agit initialement d'une formation actée en 1973 au Campus sous le nom du « groupe biblique universitaire de Besançon », grâce à un élève qui souhaitait s'investir en ce sens après avoir redécouvert les préceptes du Christ[41]. Comptant une cinquantaine d'adhérents principalement étudiants, l'objectif est alors de mettre en place une communauté dynamique afin de revivifier cette vision de la foi[41] dans le cadre du Renouveau charismatique. Cependant des difficultés apparaissent après plusieurs années d’activités, et la dissolution est votée en 1990[41] ; mais alors que les fidèles se dispersent un peu partout en Franche-Comté, une dizaine décide de tenir et relancer le projet[41]. En juin 1991, un ancien pasteur de l’Église réformée, Gaston Ramseyer, offre son aide à son organisation [41] ; le premier lieu de culte est ainsi ouvert à La Barre dans le Jura en septembre 1991[41]. L'année suivante l’association est déclarée en sous-préfecture de Dole[41] ; puis la congrégation est consacrée et intègre l'unité pastorale française[41]. En 2000, le groupe acquiert un Temple au cœur du quartier de Planoise à Besançon[41]. Officiellement reconnue à la préfecture du Doubs en association cultuelle loi 1905[41] sous l'appellation « Communion d’Églises Protestantes Évangéliques[42] » (CéPéE), elle devient membre du conseil national des évangéliques de France en 2004 et de la Fédération protestante de France en 2006[41],[43],[44]. La structure compte désormais un réseau de 17 sites sur huit départements[42],[45], et bien qu'il n'existe pas de statistiques précises sur sa fréquentation elle peut raisonnablement se placer au sein des grandes structures.

Les structures moyennes[modifier | modifier le code]

Les Mormons[modifier | modifier le code]

l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours aussi désignée par Mormonisme, est une mouvance Restaurationniste née aux États-Unis au milieu du XIXe siècle. Le Besançon est désignée comme une ville française ouverte à la prédication, et au début des années 1930 des missionnaires faisant partie du district de Suisse sont envoyés fonder y des temples[46]. Bien que quelques difficultés d'implantation apparaissent en ces temps là, c'est surtout la seconde Guerre mondiale avec l'Occupation nazie qui pousse le groupe à quitter massivement le Territoire[46] pour n'y revenir qu'après la fin du conflit en 1948[37]. L'antenne locale est officiellement constituée en association, détient un centre situé boulevard Diderot aux Chaprais, et compte environ 150 membres mais une cinquantaine de pratiquants actifs dont une quinzaine sont détenteurs de la prêtrise[37]. En plus des offices et des activités cultuelles, leurs activités essentielles consistent en un réseau d'entraide et d'écoute ainsi qu'au prosélytisme dans les rues de la cité[37] ; parfois jugée comme une secte et pour ses relents réactionnaires, la Direction locale insiste quant à elle sur une vision ouverte bien que très fervente[37].

Les Témoins de Jéhovah[modifier | modifier le code]

Salle du Royaume, à Planoise.

Les Témoins de Jéhovah forment un mouvement également restaurationniste, né aux États-Unis à la fin du XIXe siècle. Leur antenne locale a été officialisée en 1991[47], et ils disposent et d'un lieu de culte (salle du Royaume) situé rue Blaise-Pascal à Planoise depuis le début des années 2000[37],[48]. À l'instar d'autres groupes dits de Renouveau parfois soupçonnés de sectarisme, l'U.N.A.D.F.I. et plusieurs députés se sont préoccupés de l’extension de l'Église en particulier dans le grand Est[37] ; l'antenne locale et le consistoire national répondent que les accusations de dérives sont injustifiées et amènent aux persécutions[37]. Ils seraient environ 3 000 sur toute la région Franche-Comté[37], avec des offices réguliers et du porte-à-porte pour propager leur foi[49].

Les petites structures[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Quand Besançon se donne à lire : essais en anthropologie urbaine
  1. a, b et c Quand Besançon se donne à lire : essais en anthropologie urbaine, page 55.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Quand Besançon se donne à lire : essais en anthropologie urbaine, page 56.
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La Vie religieuse à Besançon, du IIe siècle à 2010
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  2. La vie religieuse à Besançon, du IIe siècle à 2010, page 3.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k La vie religieuse à Besançon, du IIe siècle à 2010, page 84.
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Autres références
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  2. Jon Irving Bloomberg, The Jewish world in the Middle Ages, New York, KTAV Pub. House, 2000, 227 p. (ISBN 978-0-88125-684-0), page 79.
  3. a, b et c Jean-Pierre Gavignet et Lyonel Estavoyer, Besançon autrefois, Horvath, , 175 p. (ISBN 2-7171-0685-5), page 64 et 69.
  4. Michel Péronnet, Le XVIe siècle : des grandes découvertes à la Contre-Réforme (1492-1620), Hachette U, 303 pages, 1981, (ISBN 2010084047), page 186 (comme la totalité de ce paragraphe de brève synthèse)
  5. Jean Defrasne, Histoire d'une ville, Besançon : le temps retrouvé, Cêtre, 1990, page 28.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa et ab M. Richard, Histoire des diocèses de Besançon et de Saint-Claude tome II, librairie Cornu, 1851, pages 202 à 258.
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  12. Paul Delsalle, La Franche-Comté au temps des archiducs Albert et Isabelle: 1598-1633, Presses Univ. Franche-Comté, 2002, 323 pages, page 41.
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : sources utilisées pour la rédaction de cet article (ne sont présents ici que les ouvrages utilisés de manière récurrente).

  • Ingar Düring sous la direction d'Anne Raulin, Quand Besançon se donne à lire: essais en anthropologie urbaine, Paris/Montréal, L'Harmattan, , 223 p. (ISBN 978-2-7384-7665-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Pierre Chauve (coordination), Jean-Michel Blanchot, Nicole Brocard, Pascal Brunet, Yves Calais, Jean-Marc Debard, Laurence Delobette, Paul Delsalle, Bernage de Vregille, Boris Gauzente, Laurent Lecomte, Corinne Marchel, Danièle Pingué, Philippe Plagnieux, Francis Weill, La vie religieuse à Besançon, du IIe siècle à 2010, Besançon, Cahier de Renaissance du Vieux Besançon, , 82 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article

  • Constant Tournier (Chanoine), La Crise huguenote à Besançon au XVIe siècle, Besançon, imp. de Jacquin, , 363 p. (notice BnF no FRBNF31486114)
  • Abbé Grizot, Lettre à un ministre protestant au sujet d'une abjuration par un prêtre du diocèse de Besançon, L'imprimerie de Cl. Jos. Daclin, , 48 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]