Projet Sign

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Le Projet Sign (signe en français) a été la première étude scientifique officielle de l'US Air Force sur les OVNI. Le projet a été créé en décembre 1947 et dissous le 16 décembre 1948, remplacé par le projet Grudge.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le projet Sign fut créé sous l'impulsion du général Nathan F. Twining, à la suite d'une vague d'OVNI (appelées « soucoupes volantes » à l'époque) en 1947 aux États-Unis. Les deux cas les plus célèbres sont l'observation de Kenneth Arnold en juin et l'incident de Roswell en juillet. Le projet avait été précédé, en 1946, par une enquête du général James H. Doolittle durant l'affaire des « fusées fantômes », et par une étude du général Schulgen durant l'été 1947, qui envisageait la possibilité d'engins militaires soviétiques.

Projet Sign[modifier | modifier le code]

La proposition de Twining fut approuvée par le gouvernement le et le projet Sign débuta le , sur la base aérienne de Wright-Patterson, dans l'Ohio. Il était placé sous le commandement du capitaine Robert R. Sneider. Bien que le projet ait été classifié « d'accès restreint », son existence était connue du grand public, souvent sous le nom de « Projet Soucoupe ». Le projet engagea aussi des consultants scientifiques, comme l'astronome américain J. Allen Hynek, chargé de distinguer les cas de méprises avec des étoiles ou des météorites.

La première entreprise du projet Sign fut l'étude de l'incident de Mantell. Le , le pilote de l'Air Force Thomas Mantell avait repéré un OVNI dans le ciel du Kentucky et s'était lancé à sa poursuite — chose confirmée par ses coéquipiers qui avaient dû rentrer à leur base avant le drame. On retrouva les débris de son avion éparpillés sur des kilomètres, indiquant qu'il avait été détruit à haute altitude. Les enquêteurs de Sign arrivèrent à la conclusion que Mantell avait confondu la planète Vénus — en plein après-midi — et qu'il avait été victime d'un manque d'oxygène. L'explication de l'explosion en plein vol par le contact avec un ballon-sonde ne fut pas l'œuvre de Sign mais arriva plus tard.

Le , le projet Sign présenta un memorandum à la presse qui affirmait que les soucoupes volantes ne constituent pas une menace et ne viennent pas d'autres planètes[1].

Composition[modifier | modifier le code]

  • capitaine Robert R. Sneider, officier commandant
  • Alfred Loedding et Albert B. Deyarmond, ingénieurs aéronautiques
  • Lawrence Truettner, expert en nucléaire et balistique

Le rapport Estimate of the Situation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Estimate of the Situation.

Au fil du temps, une partie du personnel de Sign changea d'attitude et devint moins sceptique. L'idée que certains de ces OVNI pouvaient être d'origine extraterrestre fut envisagée par les experts du projet. Ce fut la rédaction d'un rapport secret resté fameux, nommé Estimate of the Situation. Ce rapport expliquait qu'au vu des performances aériennes de certains des OVNI et de l'impossibilité de les faire correspondre à des phénomènes naturels, l'explication la plus probable et rationnelle était donc qu'une partie des OVNI avaient une origine extraterrestre.

Ce rapport fut cependant rejeté[2] et détruit. Le Pentagone publia le rapport officiel du Projet Sign, intitulé aussi Estimate of the situation[3], le 10 décembre 1948, concluant que les OVNI étaient soit non réels, soit issus d'une technologie inconnue en provenance d'Union soviétique[4]. C'est alors qu'en décembre 1948, le Projet Sign fut dissous et remplacé par le Projet Grudge, composé de scientifiques ne croyant pas à l'hypothèse extraterrestre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jerome Clark, The UFO book : encyclopedia of the extraterrestrial, Détroit, Visible Ink Press, 1998 (ISBN 1578590299)
  • David Michael Jacobs, The UFO controversy in America, Bloomington, Indiana University Press, 1975 (ISBN 0253190061)
  • Curtis Peoples, Watch the skies! : a chronicle of the flying saucer myth, Washington, Smithsonian Institution Press, 1994 (ISBN 1560983434)
  • Edward J. Ruppelt, The report on unidentified flying objects, 1re édition Garden City, Doubleday, 1956 ; Nashville, Source Books, 2002 (ISBN 096653123X) Lire en ligne
  • Michael D. Swords, « UFOs, the Military, and the early Cold War » in David M. Jacobs, UFOs and abductions : challenging the borders of knowledge, Lawrence, University Press of Kansas, 2000, pp. 82-122 (ISBN 0700610324)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Lagrange, « Quand l'U.S. Air force croyait aux soucoupes volantes », Anomalies, no 1, octobre 1996, p. 29, colonne 2, lignes 19-27.
  2. Il fut rejeté catégoriquement par le général Hoyt S. Vandenberg
  3. Rapport 100-203-72, Analysis of Flying Object Incidents in the U.S. (USAF AID & USN ONI, 1948).
  4. Michael D. Swords, « Project Sign and the Estimate of the Situation », Journal of UFO Studies, New Series, vol. 7, 2000, pp. 27-64 [1]