Hexagone Balard

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Hexagone Balard
Image illustrative de l'article Hexagone Balard
Entrée principale de la parcelle centrale, en août 2015.

Lieu Paris
Type d’ouvrage immeubles de bureaux
Construction 2012-2015
Utilisation depuis
Appartient à ministère de la Défense
Contrôlé par Drapeau de la France France
Effectifs 9 300 personnes
Coordonnées 48° 50′ 08″ Nord 2° 16′ 34″ Est / 48.8355856, 2.2761655

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Hexagone Balard

L'Hexagone Balard[1], ou site Balard, communément appelé « Balard », est un ensemble immobilier regroupant des états-majors des forces armées françaises, à Paris. Ce regroupement, initié en décembre 2007 par Hervé Morin, alors ministre de la Défense, s'effectue en 2015, près de la place Balard dans le 15e arrondissement[2], à la limite sud-ouest de la capitale, non loin de l'hôpital européen Georges-Pompidou et de l'héliport de Paris - Issy-les-Moulineaux. Le site est nommé hexagone en référence à la géographie de la France et sur le modèle du « Pentagone américain »[3].

L'ensemble représente un effectif d'environ 9 300 personnes[4].

Le , le président de la République, François Hollande inaugure officiellement le site[5] en tant que nouveau siège du commandement des Forces armées françaises.

Historique[modifier | modifier le code]

Les différents sites du ministère[modifier | modifier le code]

En 1948, le « ministère de la Guerre », le « ministère de la Marine » et le « ministère de l'Air » sont regroupés au sein d'un « ministère de la Défense nationale » (parfois intitulé « ministère de la Défense et des Forces armées »), qui, dans certains gouvernements, est assisté de secrétaires d’État chargés respectivement de la Guerre, de la Marine et de l'Air. Les différents états-majors et administrations gardent leurs locaux, parfois très anciens comme l’hôtel de la Marine qui abrite les administrations de la Marine depuis 1789.

Balard avant les travaux[modifier | modifier le code]

Parcelle ouest du site en 2008.

La convention du 29 mars 1890 avec la ville de Paris met le site à disposition des armées dans le cadre d’un échange avec le Champ-de-Mars. La base aérienne 117 est créée en 1936. L’avenue de la Porte-de-Sèvres coupe le site en deux en 1962, lors de la construction du boulevard périphérique. Enfin la partie à l’extrémité ouest est cédée à Snecma en 1975, c’est aujourd'hui le siège de Safran[6].

La parcelle située à l'ouest, d'une superficie de 8 hectares, comportait en 2010 :

  • le bâtiment des frères Perret (ancien siège des services techniques des constructions navales de la Marine nationale), construit entre 1929 et 1932 par Auguste et Gustave Perret. Les façades et toitures de l'édifice sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 7 décembre 1965 ;
  • le bassin des carènes (centre d'essais de la DGA), également œuvre des frères Perret[7].

Celle située à l'est, d'une superficie de 8,5 hectares, comportait :

Annonce et appels d'offres[modifier | modifier le code]

Dans le rapport du conseil de la modernisation des politiques publiques du 12 décembre 2007, la mesure numéro 51 prévoit le « Lancement d’une étude de faisabilité du regroupement de l’ensemble de l’administration centrale [du ministère de la Défense] dans un format resserré sur le site de Balard ». En 2008, l’étude de faisabilité, financière et urbanistique, du projet de regroupement des administrations centrales à Balard est terminée et montre que le projet apparaît faisable et souhaitable[9],[10].

Comme de nombreux projets actuels, la construction de l'ensemble se fait en partenariat public-privé (PPP). Le candidat retenu sera chargé de la conception, de la réalisation et de l'entretien de l'ensemble immobilier sur une durée de 30 ans.

Trois groupements d'entreprises autour des trois majors du BTP, Bouygues Construction, Vinci et Eiffage ont déposé leur candidature[11].

Le , le ministère de la Défense annonce que le lauréat est le groupe Bouygues Construction[12], associé aux architectes :

L'investissement annoncé est de 1,080 milliard d'euros hors taxes[14]. Le financement, porté par un groupement d'entreprises voué à la réalisation du projet (Opale Défense[15]), est constitué :

  • d'un apport en fonds propres et en emprunts bancaires d'environ 785 millions d'euros ;
  • du versement des droits fonciers pour l'occupation de la corne Ouest durant 30 ans (environ 220 millions d'euros) ;
  • et de versements directs de la part du ministère pour financer la dernière tranche des travaux sur la parcelle Est, entre 2014 et 2016 (environ 75 millions d'euros).

La redevance moyenne annuelle payée par le ministère à Opale Défense s'élèvera à 130 millions d'euros hors taxes pendant 27 ans, à partir de la mise à disposition des bâtiments (154 millions d'euros TTC)[14]. Elle comprend l'amortissement de l'investissement (35 %) ainsi que les paiements d'autres prestations :

  • la fourniture et la maintenance des systèmes d'information et de communication durant 5 ans ;
  • les services prévus au contrat (restauration notamment) ;
  • les frais de maintenance et de rénovation des ouvrages ;
  • la fourniture de l'énergie ;
  • la fourniture et l'entretien du mobilier durant 10 ans.

À l'issue du contrat, en 2041, les bâtiments de l'ensemble du site (y compris de la corne Ouest), seront la propriété du ministère.

Le [16],[17], le projet est dévoilé au public.

Controverses[modifier | modifier le code]

Enquête pour corruption[modifier | modifier le code]

En décembre 2011, la presse annonce que deux juges d'instruction enquêtent depuis le début de l'année sur d'éventuels faits de corruption et trafic d'influence en marge de l'attribution du projet[3].

Le groupe Bouygues réfute ces accusations et porte plainte contre le journal Le Canard enchaîné le 20 décembre 2011[18]. Le 14 mars 2012, le tribunal de grande instance de Paris déboute le groupe[19].

Dans son édition du 14 mai 2014, Le Canard enchaîné annonce la mise en examen dans cette affaire d'un capitaine de l'armée française et d'un intermédiaire franco-tunisien[20].

Rapport sur l'appel d'offres[modifier | modifier le code]

Les conclusions d'un rapport conjoint du Contrôle général des armées et de l'Inspection générale des finances d'audit sur le partenariat public-privé sont remises en décembre 2012. Selon ce document, « la procédure de dialogue compétitif ne présente ni anomalie ni irrégularité manifeste », mais « le plan de financement ne pourra pas être financé en l'état. »

Selon Jean-Dominique Merchet, « pour l'essentiel, le projet continue et le gouvernement ne devrait pas le remettre en cause. »

Les rapporteurs pointent néanmoins quelques problèmes. D'abord, l’État est allé trop vite, sans examiner sérieusement les solutions alternatives. Le rapport parle d'une procédure sans « anomalie ou irrégularité manifeste », mais conserve des doutes sur la possibilité de divulgation d'informations sensibles. Sur le coût, les rapporteurs donnent leur blanc-seing sur l'immobilier (Bouygues Construction), mais pas sur l'informatique (Thales). Par ailleurs, le financement de l'ensemble s'avère budgétairement bancal. Concernant enfin les querelles avec la mairie de Paris[21], le rapport pointe le fait que, si aucune solution n'est trouvée, le budget de la Défense pourrait supporter une charge imprévue de 220 millions d'euros[22].

Discussions avec la mairie de Paris[modifier | modifier le code]

En avril 2012, la mairie de Paris attaque en justice le permis de construire, au motif que ce projet l'empêche de construire des logements sociaux. Le tribunal administratif de Paris rejette le recours en février 2013. En août 2013, Bouygues annonce un report de la date de livraison au premier trimestre 2015, en raison de cette procédure[23].

Chantier et déménagements[modifier | modifier le code]

Le chantier démarre en 2012[24]. La livraison était prévue pour fin 2014, mais a été repoussée, en août 2013, au premier semestre 2015[23].

Cette opération a nécessité la mise à nu de la quasi-totalité de la parcelle. La démolition de 70 000 m2 de bâtiments constitués par le bassin des carènes s'est ainsi déroulée entre février et décembre 2010. L'ouvrage a été conçu pour ne pas dépasser les 40 kW⋅h/m2. Cela grâce à des pompes à chaleur, des forages géothermiques, des plafonds rayonnants, la récupération de la chaleur dégagée dans les salles informatiques et 4 000 m2 de panneaux solaires[25].

Les bâtiments de la parcelle Centre sont mis à disposition du ministère le 28 février 2015. Pour la parcelle Est, la réception débutera 24 avril 2015, et le processus s’échelonnera jusqu’au cours de l’année 2016[26].

Les anciens sites du ministère sont destinés à être vendus. Le site « Bellechasse-Pentemont » est cédé en 2014 à une société foncière qui transformera l’emprise en hôtel, bureaux et logements[26].

L’hôtel de la Marine sera conservé par l’État, il sera géré par le Centre des monuments nationaux et son utilisation reste à préciser[26].

Description du site[modifier | modifier le code]

Entrée du ministère de la Défense, avenue de la Porte-de-Sèvres

Le site de Balard s'étend sur une superficie de 13,5 hectares et 420 000 m2 de bâtiments. Il accueille la Défense de 9 300 militaires et fonctionnaires civils de Paris, un projet à 4,2 milliards d'euros.

La parcelle ouest est coupée en deux par la rue du Général-Alain-de-Boissieu, voie nouvelle axée nord-sud, inscrite au plan local d'urbanisme (PLU) de la ville de Paris. L'extrémité nord de cette artère est située au niveau de la partie septentrionale de la rue Lucien-Bossoutrot et finit en impasse rue du Général-Lucotte, voie de desserte des ateliers de Lucotte de la ligne T3a du tramway d'Île-de-France fermée à la circulation. À terme, elle doit aboutir rue Henry-Farman, permettant d'établir un lien avec Issy-les-Moulineaux en passant sous le boulevard périphérique.

Le site compte trois parcelles :

  • la « corne ouest » de 3 hectares ;
  • la « parcelle centrale » de 5 hectares (dite aussi « parcelle Valin ») ;
  • la « parcelle est » de 8,5 hectares (dite aussi « parcelle Victor »).

Entre les parcelles « centrale » et « est », affectées presque exclusivement au ministère de la Défense, une passerelle est construite au-dessus de l'avenue de la Porte-de-Sèvres pour faire communiquer les deux groupes de bâtiments.

Corne ouest[modifier | modifier le code]

La corne ouest en construction (photo 2015)

La Corne ouest accueille 90 000 m2 de bureaux locatifs[27].
Jean-Michel Wilmotte est l’architecte des quatre immeubles[28].

Parcelle centrale[modifier | modifier le code]

Le bâtiment des frères Perret, inscrit aux monuments historiques en 1965, conservé et intégré au nouvel ensemble (photo 2012)
Le bâtiment neuf (photo 2015)

Le nouveau bâtiment, englobant le ministère de la Défense, les chefs d'états-majors et le centre de planification et de conduite des opérations a une surface de 130 000 m2. Le bâtiment des frères Perret (16 000 m2) est conservé et réhabilité[28].

Doivent être regroupés dans ce bâtiment [28] :

Contrairement à ce qui avait été annoncé, le ministre de la Défense et son cabinet ne seront pas présents sur le site[29],[30]. Le bâtiment principal, situé sur cette parcelle, est doté de la plus vaste toiture photovoltaïque de la capitale (5 000 m2)[31].

Parcelle est[modifier | modifier le code]

Le bâtiment de l’ENSTA rénové et affecté à un nouvel usage (photo 2014)

Une dizaine de bâtiments, correspondant à une surface de 10 000 m2 sont détruits et un bâtiment pour une surface de 120 000 m2 est reconstruit[28]. Les bâtiments de cette parcelle ont été rénovés :

  • ENSTA.
  • ministère de l'Air.
  • tour F, conçue par l'architecte Pierre Large en 1971.
  • tour A (ancien bâtiment de la Direction générale de l'Armement), conçue par Pierre Large en 1979.

Un nouveau centre de secours de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris,
est construit pour accueillir au 5bis, avenue de la porte de Sèvres, le détachement « Balard », embryon de la future UES « Défense »[32].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. ministère de la Défense, « [Vidéo] Inauguration de l’hexagone Balard par le président de la République », sur www.defense.gouv.fr,‎ (consulté le 6 novembre 2015)
  2. Jean-Dominique Merchet, « Balardgone : le loyer annuel sera de 100 millions d'euros », Libération,‎ .
  3. a et b « Pentagone français : Une enquête pour corruption ouverte », Justice, France-Soir,‎ (consulté le 7 décembre 2011).
  4. "Le regroupement du ministère de la Défense" sur www.defense.gouv.fr (consulté le 25 juin 2014).
  5. (fr) « Agenda de M. le président de la République du lundi 02 novembre au dimanche 08 novembre 2015 », sur www.elysee.fr, https://plus.google.com/101228679424639151504 (consulté le 2 novembre 2015)
  6. « Historique du site », sur www.info-chantier-balard.fr (consulté le 8 septembre 2015)
  7. « Le « bassin des carènes » et le service technique des constructions navales à Balard : un exemple de cité scientifique à Paris », sur Ministère de la Culture et de la Communication (consulté le 19 mai 2009).
  8. L'ancien ministère de l'Air par pss-archi.eu (consulté le 25 juin 2014).
  9. Rapport du conseil de modernisation des politiques publiques,
  10. Anne Rovan, « Défense : vers un Pentagone à la française », sur www.lefigaro.fr,‎
  11. « Trois candidats pour construire le "Pentagone" français », sur www.lemonde.fr
  12. Frédéric Edelman, « Bouygues choisi pour construire le ministère de la défense à Balard », le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. ANMA) pour la partie centrale (bâtiment principal du ministère)
  14. a et b L’analyse économique et financière du projet, 21 février 2012, sur info-chantier-balard.fr. Consulté le 4 août 2012.
  15. Groupement Opale Défense, sur info-chantier-balard.fr. Consulté le 4 août 2012.
  16. France soir : présentation du projet au public
  17. Le Figaro : présentation du projet au public
  18. Bouygues porte plainte contre Le Canard enchaîné, article du 20 décembre 2011 sur lemonde.fr consulté le 8 février 2012.
  19. Bouygues débouté de son action en justice contre Le Canard enchaîné, article du 14 mars 2012 sur lemonde.fr consulté le 5 janvier 2013.
  20. « "Pentagone à la française" : 2 mis en examen », sur le figaro,‎ (consulté le 28 juillet 2014)
  21. Le maire de Paris critique le « Pentagone » de Balard, article du 13 janvier 2012 sur marianne.net consulté le 5 janvier 2013.
  22. Exclusif : les conclusions du rapport d'audit sur Balard, article du 7 décembre 2012 sur marianne.net consulté le 5 janvier 2013.
  23. a et b « La livraison du "Pentagone à la française" repoussée à 2015 », sur www.lemonde.fr
  24. Alice Mérieux, « Pourquoi le BTP regrette déjà la victoire de Hollande », sur challenges.fr,‎ (consulté le 12 juin 2012)
  25. Sybille Vincendon et Violette Lazard, « La trouble érection du Pentagone hexagonal », sur libération.fr,‎ (consulté le 12 décembre 2014).
  26. a, b et c « Audition de M. Jean-Paul Bodin, secrétaire général pour l’administration, sur les modalités et conséquences du regroupement des services du ministère de la Défense sur le site de Balard. Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, mercredi 4 juin 2014 », sur www.assemblee-nationale.fr
  27. "Balard Le Balardgone dévoilé" par opex 360, publié le 31 mai 2011 (consulté le 25 juin 2014)
  28. a, b, c et d « Balard 2015 », sur www.info-chantier-balard.fr (consulté le 8 septembre 2015)
  29. Rapport d'information sur la mise en œuvre et le suivi de la réorganisation du ministère de la Défense par les députés Geneviève Gosselin-Fleury et Damien Meslot (consulté le 25 juillet 2014).
  30. Laurent Lagneau, « Le ministre de la Défense ne devrait pas s'installer à Balard », Opex360.com,‎ (lire en ligne)
  31. Nathalie Guibert et Dominique Gallois, « Le « Pentagone à la française », inauguration d’un bâtiment controversé », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  32. " Balard" sur brigade de sapeurs-pompiers de Paris publié le 16 mars 2013 (consulté le 26 juin 2014).

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