Programme tibétain de la CIA

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Photo d'un cavalier khampa rebelle en 1958 au Tibet.

Le programme tibétain de la CIA (ou Central Intelligence Agency, service de renseignement des États-Unis, organisant différentes opérations de déstabilisations autour du monde[1],[2],[3][non neutre]) est, selon le Foreign Relations of the United States (book series) (en), une opération secrète (covert operation) faite de complots politiques, de diffusion de propagande, ainsi que de support paramilitaire et d'accumulation d'informations basées sur l'engagement des États-Unis faits envers Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama, en 1951 et 1956[4]. Toutefois, selon Michael Harris Goodman, en janvier 1958, quand Gompo Tashi Andrugtsang organisa une rencontre entre Phala Thupten Woenden, alors Chikyap Khènpo (grand chambellan ou Premier ministre religieux), et 2 Khampas de la résistance tibétaine qui lui demandèrent l'aide du gouvernement tibétain, celui-ci répondit que ce n'était pas possible pour plusieurs raisons. D'une part, concernant le Kashag, il souligna la division des ministres sur les actions à suivre et le risque de fuite aux autorités chinoises, d'autre part le 14e dalaï-lama était opposé à la résistance armée contre l'armée d'occupation. Pour lui, les atrocités chinoises au Kham et en Amdo risquaient de se produire dans l'ensemble du Tibet en cas de combat[5].

Bien qu'il était formellement assigné uniquement à la CIA, il était également coordonné avec proximité à d'autres agences des États-Unis tels que le département d'État et le département de la Défense[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon le Foreign Relations of the United States, les opérations précédentes avaient pour but de renforcer un certain nombre de groupe de résistants tibétains isolés, qui a finalement aboutit à la création d'une force paramilitaire (le Chushi Gangdruk) à la frontière avec le Népal, comprenant environ 2 000 hommes. En février 1964, le coût annuel projeté de toutes les opérations tibétaines de la CIA à dépassé 1,7 million de dollar américain[6].

L'île de Saipan, ainsi que Camp Hale, dans le Colorado, aux États-Unis, étaient utilisé[Quand ?] pour l'entraînement de la guérilla tibétaine du groupe paramilitaire Chushi Gangdruk, au sein du Programme tibétain de la CIA, et en particulier dans l'opération ST Circus[7].

Les trois principales opérations de ce programme sont :

  • ST Circus — Nom de couverture pour l'entraînement de la guérilla tibétaine dans l'île de Saipan, ainsi qu'à Camp Hale au Colorado[8],[9],[10].
  • ST Barnum — Nom de couverture pour le parachutage d'agents de la CIA, de fournitures militaires, et d'équipement de support au Tibet[11],[12].
  • ST Bailey — Nom de couverture pour les campagnes classées dans la propagande[11].

Le programme a, officiellement, progressivement ralenti à la fin des années 1960 pour finalement cesser avec la visite de Richard Nixon en Chine en 1972[13].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les archives secrètes de la CIA », sur Le Point,
  2. Maurice Lemoine, Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d’État modernes et autres tentatives de déstabilisation, Don Quichotte,
  3. Yves Deguilhem, Jérôme Thorel, Jean-François Jacquier et Marc Nexon, « Comment la CIA déstabilise les entreprises françaises », sur L'express, l'Exansion,
  4. (en) « Status Report on Tibetan Operations - 342. Memorandum for the 303 Committee1 », sur Office of the Historian (en),
  5. Goodman 1993, p. 236
  6. a et b (en) « Status Report on Tibetan Operations - 337. Memorandum for the Special Group1 », sur Office of the Historian (en),
  7. (en) Jehangir Pocha, « Tibet's Gamble - Can the Dalai Lama’s China talks succeed? », In These Times
  8. (en) Jehangir Pocha, « Tibet’s Gamble », In These Times,  : « The operation, code-named ST CIRCUS, was one of the CIA’s longest-running projects. »
  9. (en) Dinesh Lal, Indo-Tibet-China conflict, Delhi, Kalpaz Publications, (ISBN 8178357143), p. 152
  10. Tim Johnson, Tragedy in crimson how the Dalai Lama conquered the world but lost the battle with China, New York, Nation Books (ISBN 1-56858-649-3), p. 114
  11. a et b John B. Roberts II et A. Elizabeth, Freeing Tibet 50 years of struggle, resilience, and hope, New York, AMACOM, (ISBN 0-8144-1375-7), p. 82
  12. Jean-Dominique MERCHET, « Livre. Du Viêt-nam à Cuba, l'épopée clandestine des pilotes de la CIA. Les ailes de l'Amérique. Frédéric Lert, "les Ailes de la CIA". Histoire et collections. 512 pp., 145 F. », sur Libération,  : « Comme au Tibet, avec l'opération «ST Barnum», de 1957 à 1960. Des avions de transport «civils» franchissent l'Himalaya et s'aventurent sur les hauts plateaux tibétains pour aller parachuter des armes et des hommes à la résistance antichinoise. »
  13. Jonathan Mirsky, « Tibet: The CIA’s Cancelled War », sur The New York Review of Books (consulté le 3 novembre 2013)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]