Procréation médicalement assistée

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La procréation médicalement assistée (PMA), également appelée assistance médicale à la procréation (AMP), est un ensemble de pratiques cliniques et biologiques où la médecine intervient plus ou moins directement dans la procréation.

  • l'assistance médicale à la procréation (AMP) est encadrée en France par la loi de bioéthique du [1], dispositions qui ont été révisées par la loi du [2], pour délimiter l'usage des techniques de PMA aux cas des couples infertiles ou ne pouvant sans danger avoir un enfant ;
  • la fécondation in vitro (FIV, ou FIVETE pour « fécondation in vitro et transfert d'embryon ») n'est que l'une des méthodes de la PMA ;
  • la gestation pour autrui (GPA) désigne l'ensemble des méthodes de PMA dans lesquelles l'embryon est implanté dans l'utérus d'une femme tierce (dite souvent « mère porteuse »).

En revanche, le clonage humain n'est juridiquement pas considéré comme faisant partie des techniques de PMA.

Historique[modifier | modifier le code]

À l’origine, les premières techniques de procréation médicalement assistée (insémination artificielle) ont été développées pour permettre à des couples infertiles d’avoir des enfants. Par la suite, ces techniques ont été utilisées dans d’autres cas, y compris pour éviter la transmission de maladies génétiques.

  • Fin du XVIIIe siècle : la première insémination artificielle intra-conjugale a lieu en Écosse.
  • Début du XIXe siècle : les premières inséminations artificielles intra-conjugales sont réalisées en France.
  • Fin du XIXe siècle : la première insémination artificielle avec don de spermatozoïdes est réalisée aux États-Unis.
  • 1968 : les banques de sperme congelé voient le jour aux États-Unis. C’est dans ces mêmes années que les hormones susceptibles de stimuler l’ovaire (les gonadotrophines) sont utilisées.
  • 1969 : une première grossesse est obtenue après injection de gonadotrophines en Israël.
  • 1972 : la technique de congélation du sperme arrive en France et, avec elle apparaissent les Centres d’études et de conservation des œufs et du sperme humain (CECOS). Ces centres organisent le don de spermatozoïdes selon leurs règles éthiques d’anonymat et de gratuité. Les premiers dons ont lieu au dernier trimestre 1972 à l'hôpital Necker (ils sont rémunérés 50 NF) et sont limités à 5. Certains donneurs n'ont pas la majorité de l'époque qui est de 21 ans.
  • 1978 : Louise Brown voit le jour en Grande-Bretagne. Elle est le premier enfant né après une fécondation in vitro, une nouvelle technique élaborée pour pallier les lésions des trompes que la chirurgie ne peut réparer. Robert Edwards a été le promoteur de l’utilisation de cette technique. En 2010, il a reçu le prix Nobel de Médecine pour ses recherches dans le domaine de la PMA.
  • 1982 : naissance d’Amandine, premier bébé français né après une fécondation in vitro. René Frydman, gynécologue renommé, a dirigé l’équipe médicale qui est parvenue à cette naissance. Dans les années qui suivent, les progrès successifs permettent une meilleure maîtrise des traitements hormonaux et une augmentation des taux de succès.
  • 1984 : le transfert d’embryon congelé réussit pour la première fois en Australie avec la naissance de Zoé.
  • 1988 : face au développement des techniques d’assistance médicale à la procréation et à la suite des réflexions des professionnels concernés, les pouvoirs publics créent des centres agréés ainsi que la Commission nationale de médecine et de biologie de la reproduction.
  • 1992 : l'injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde est mise au point à Bruxelles et révolutionne la prise en charge de l’infertilité masculine. Cette technique a été développée par le professeur et chercheur belge, Paul Devroey, spécialisé en matière de fertilité.
  • 1994 : naissance d’Audrey, le premier bébé français conçu grâce à une injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde. Cette même année, les premières lois de bioéthiques sont votées en France. Elles définissent l’assistance médicale à la procréation : « pratiques cliniques et biologiques permettant la conception in vitro, le transfert d’embryons et l’insémination artificielle ainsi que de toute technique d’effet équivalent permettant la procréation en dehors du processus naturel ». Elles réservent ces pratiques aux couples homme/femme, vivants, en âge de procréer, mariés ou pouvant justifier de deux ans de vie commune. Durant les années qui suivent, des traitements inducteurs de l’ovulation plus simples à utiliser apparaissent. Le nombre d’embryons transférés est diminué de façon à réduire les grossesses multiples, des normes de qualité s’imposent aux cliniciens et aux laboratoires. Les risques sont ainsi mieux évalués de même que les facteurs pronostics.
  • 1998 : Naissance de Thommy, premier bébé-éprouvette en Afrique centrale, sous la supervision du Dr Ernestine Gwet Bell.
  • 2004 : bien que la loi de 1994 prévoie l’accueil d’embryons, ce n’est qu’en 2004 que cette technique donne naissance à un enfant en France. Cette même année, les lois de bioéthique sont révisées, maintenant les principes fixés en 1994 et prévoyant la création de l’Agence de la biomédecine. Cet organisme public placé sous la tutelle du ministère de la Santé rassemble, pour la première fois sous une même autorité, les activités d’assistance médicale à la procréation, de diagnostics prénatal et génétique. Elle a également en charge le don et la greffe d’organes, de tissus et de cellules, précédemment confiés depuis 1994 à l’Établissement français des Greffes. Elle a pour mission d’agréer les praticiens concernés, d’autoriser certaines activités, d’évaluer ces pratiques et de contrôler le respect des dispositions légales.

Statistiques[modifier | modifier le code]

En 2002, le nombre de bébés nés par procréation médicalement assistée serait compris entre 219 000 et 246 000, avec une augmentation dans le temps. Le taux de succès, selon la procédure, est compris entre 15 % (transfert d'embryon congelé) et 22 % (fécondation in vitro)[3].

Situation en Europe[modifier | modifier le code]

Les résultats de 30 pays du continent européen sont rapportés chaque année dans le registre européen de FIV. Pour l’année 2005, 923 centres y rapportent 418 111 cycles de fécondation in vitro, ainsi que 128 908 cycles d’insémination avec le sperme du conjoint et 20 568 avec le sperme d’un donneur. Chaque pays participant y est décrit selon la plus ou moins grande exhaustivité des données sur l’activité et les résultats des PMA mais aussi avec des données de type démographique, le nombre d’embryons transférés et l’âge des femmes au moment de la procréation médicalement assistée[4].

Situation en France[modifier | modifier le code]

En France, chaque année, « près de 50 000 enfants naissent grâce aux techniques de procréation médicalement assistée (PMA), à un taux de malformation congénitale de plus de 4 % » (contre 2 à 3 % dans la population générale)[5]. Les enfants conçus à l'aide de procédures PMA en 2007, qui en comptent 20 657, représentent environ 2,5 % des enfants nés cette année-là. En 2007, on compte 122 056 tentatives de procédures PMA (inséminations, fécondations in vitro, transfert d’embryons congelés). Dans 6 % des cas, elles font appel à des spermatozoïdes, des ovocytes ou des embryons issus d’un don[6].

En France, il y avait, en 2006, 119 649 tentatives de PMA par an[7], dont 54 179 inséminations artificielles et 65 413 cycles de fécondation in vitro (FIV, injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde et TEC) par an[7]. Dans 6 % des cas, elles font appel à des spermatozoïdes, des ovocytes ou des embryons issus d’un don[6]. 238 000 embryons sont conçus par an dans le cadre de la PMA ; ils sont par la suite soit implantés, soit congelés, soit détruits. Ils donnent lieu à 17 350 accouchements.

Les embryons surnuméraires sont conservés par des centres de PMA, où ils sont congelés tant que le couple le souhaite[7]. Sans nouvelle du couple pendant 5 ans, le centre peut mettre fin à la conservation des embryons. En 2006, 176 523 embryons étaient ainsi conservés, ce qui concerne 49 618 couples, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2005[7]. Toujours en 2006, 83 407 embryons ont été « abandonnés » par leurs parents, soit presque autant que ceux qui continuent à faire l'objet d'un « projet parental »[7]. Les parents ont décidé soit d'en faire don à la science (9 319[7]), de les proposer à d'autres couples stériles (10 239[7]) ou de les détruire (17 877[7]). 26 % de ces embryons « abandonnés », soit 45 972 embryons, n'ont fait l'objet d'aucune requête par les parents, qui, faute de se manifester, laissent aux centres la responsabilité de prendre les décisions au sujet de ces embryons surnuméraires[7].

Situation au Cameroun[modifier | modifier le code]

En août 2007, l'équipe du Dr Ernestine Gwet Bell était responsable de la naissance de 500 bébés par FIV au Cameroun[8].

Techniques[modifier | modifier le code]

Environ un couple sur six a des difficultés pour avoir des enfants, il consultera donc un médecin pour ses difficultés à concevoir[9]. Les causes de l'infertilité peuvent être féminine, masculine ou mixtes. Selon la nature du problème, différentes techniques médicales peuvent être utilisées pour aider à la procréation. Mais avant d'envisager une prise en charge, il est généralement admis que deux ans d'essais infructueux sont nécessaires, puis si les problèmes persistent le couple doit alors consulter un médecin qui fera un bilan après interrogatoire et examen clinique. Ce bilan permettra ainsi de déterminer la ou les cause(s) de la stérilité et d'envisager la solution adaptée. Toutefois, chez près de 10 % des couples infertiles, aucune cause particulière de leur incapacité à concevoir n'est identifiée (il s'agit alors ici d'une infertilité inexpliquée). L'infertilité totale (stérilité) est rare. Il peut arriver qu'un couple n'ait aucune chance de procréer lorsque la femme connaît une ménopause précoce ou lorsqu'il y a absence totale de spermatozoïdes chez l'homme, mais le plus souvent l'infertilité est due à une certaine sous-fertilité, auquel cas il subsiste une chance de procréer naturellement, même si elle est très faible.

Avant de recourir aux techniques de PMA proprement dites, différents procédés peuvent permettre aux couples d'optimiser leur fécondité :

  • Détection de la période fécondante, par exemple par une surveillance hormonale (le plus souvent par test urinaire) permet de détecter l'imminence de l'ovulation et permet au couple d'avoir des rapports au moment de la fécondité maximale.
  • Les techniques d'ovulation provoquée. Le gynécologue peut proposer un traitement de stimulation hormonale léger et le déclenchement forcé par une injection ponctuelle d'hormone (par exemple HCG). Le traitement permet d'obtenir une ovulation de meilleure qualité en nombre d'ovocytes limité à un ou deux et de placer les rapports au moment de fécondité maximale, la date d'ovulation étant connue.

Les techniques d'insémination artificielle (IA)[modifier | modifier le code]

Cela consiste à injecter artificiellement le sperme, plus ou moins préparé, au moment de l'ovulation, sauf dans le cas de l'insémination avec sperme « frais » effectué « à la maison », utilisant les tests urinaires pour détecter la période d'ovulation. Il a été montré que le couplage de l'insémination artificielle avec l'ovulation provoquée améliore significativement les chances de grossesse.

Cela peut être fait

  • avec du sperme frais. Cette méthode est essentiellement pratiquée « à la maison » par les femmes désirant être enceintes sans avoir de rapport sexuel avec le géniteur masculin de leur futur bébé. Le motif peut être classiquement un don de sperme informel pour un couple hétérosexuel dont l'homme souffre d'infertilité, ou un désir d'enfant chez un couple lesbien, ou un désir d'enfant pour une femme célibataire ne désirant pas avoir de rapport sexuel, ou enfin un désir d'enfant pour une femme porteuse du virus HIV, lorsque sa maladie est bien contrôlée.
  • avec du sperme préparé. Cette méthode est fréquemment utilisée pour la PMA des couples dont l'infertilité n'est pas monocausale (ce qui est le cas général). Chaque fois que cela est possible, elle est préférée dans ces cas d'infertilité inexpliquée en première intention à une fécondation in vitro d'emblée pour son caractère moins contraignant pour la femme.
  • avec du sperme congelé. C'est la méthode généralement utilisée pour le don de sperme. Plus rarement la congélation de sperme est utilisée pour la préservation du sperme d'un homme ayant à subir un traitement mettant en jeu sa fécondité.

Les techniques de fécondation in vitro[modifier | modifier le code]

La FIV classique se déroule en plusieurs étapes :

  • Après une stimulation ovarienne et une surveillance du développement des follicules dans les ovaires (échographie, prise de sang…), les ovocytes sont prélevés dans les follicules quelques heures avant leur libération naturelle, le plus souvent par ponction par voie vaginale sous échographie, ou plus rarement par cœlioscopie dans les cas difficiles.
  • Les ovocytes ainsi recueillis sont mis en présence de spermatozoïdes préparés. Les ovocytes fécondés sont cultivés (le plus souvent deux jours, quelquefois plus, jusqu'à 6 jours) afin d'évaluer leur morphologie. Un ou deux sont implantés dans l'utérus (transfert) et les autres peuvent être congelés s'ils ont une chance significative de survie. Le nombre d'embryons implantés est limité à 2, moins souvent à 3. Pour réduire les risques médicaux ou obstétriques, des réductions embryonnaires peuvent être proposées en cas de grossesse triple ou plus, si le couple le souhaite. La réduction embryonnaire est beaucoup moins utilisée aujourd'hui que dans les années 1980, le nombre d'embryons implantés aujourd'hui dépassant rarement trois.

L'injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde se déroule de la même façon que pour la FIV, sauf que la mise en présence de l'ovule et des spermatozoïdes est remplacé par l'injection directe d'un seul spermatozoïde sélectionné dans chaque ovule. Elle peut être faite par micro-injection intracytoplasmique de spermatozoïde sélectionné à fort grossissement (IMSI) (Intra Cytoplasmic Morphologically Selected Sperm Injection) où la mise en présence de l'ovule et des spermatozoïdes est remplacé par l'injection directe d'un seul spermatozoïde présélectionné sous microscope à fort grossissement dans chaque ovule.

Le transfert d'embryons congelés (TEC) emploie des embryons surnuméraires précédemment congelés obtenus par la méthode de la FIV ou d'injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde qui sont décongelés et transférés dans l'utérus. On peut aussi congeler des embryons obtenus par FIV chez un couple dont la femme aura à subir un traitement potentiellement stérilisant. La durée de conservation de l'embryon peut dépasser vingt ans[10] et l'efficacité est identique à celle du transfert d'embryon non congelé[11].

La congélation d'ovaires peut être proposé en préalable à un traitement potentiellement stérilisant pour une femme ou une enfant : des échantillons d'ovaires sont prélevés en vue de préserver la fertilité ultérieure. Il existe deux techniques permettant de restaurer la fonction de reproduction : la maturation in vitro des follicules et des ovules (actuellement à l’état de recherche) et l’autogreffe d'un ovaire congelé (une dizaine de naissances ont été rapportées dans le monde). La technique de vitrification (congélation ultra-rapide) des ovocytes est autorisée en France depuis l'adoption définitive de la loi de bioéthique le , devenue la loi du [2],[12].

Les dons[modifier | modifier le code]

La législation diffère suivant le pays. Le terme « don » n'est parfois pas correct puisqu'il peut être rémunéré dans certains pays.

  • don d'ovule (interdit par exemple en Italie, Norvège, Allemagne, Autriche et Suisse)
  • don de sperme (illégal en Italie, par exemple)
  • don d'embryon pour les couples dont les deux conjoints sont infertiles ou risquent de transmettre une maladie (illégal au Portugal, Suède, Israël, Slovénie et Italie, par exemple)

À part est la gestation pour autrui (illégale par exemple en France, Italie, Espagne, Norvège et Suisse).

Indications[modifier | modifier le code]

On reconnaît plusieurs fonctions à la procréation médicalement assistée, chacune ayant ses aspects psychologiques, éthiques, sociaux et légaux.

  • la lutte contre l'infertilité ou la stérilité, c'est le cas le plus courant,
  • la compensation d'une stérilité provoquée,
  • éviter la transmission à un enfant d'une maladie grave détectée par un diagnostic préimplantatoire,
  • les désirs non classiques de parentalité,
  • compenser l'effet de la ménopause.

Indications des techniques[modifier | modifier le code]

L'insémination artificielle (IA) permet de contourner les problèmes liés à l'éjaculation, à la glaire cervicale, tout ce qui empêche les spermatozoïdes de bien circuler, mais aussi certaines infertilités inexpliquées.

La fécondation in vitro (FIV) permet de contourner les problèmes liés à l'absence de rencontre entre ovule et spermatozoïdes. Problèmes de trompes, notamment.

L'injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde dans l'ovule permet de contourner les problèmes de fécondation, et de stérilité de l'homme.

L'IA et la FIV peuvent aussi se faire via un don de gamète, pour contourner l'absence, ou la mauvaise qualité des gamètes. Don de sperme ou d'ovule pour la FIV. Don de sperme pour l'IA.

Le diagnostic préimplantatoire permet d'éviter de transmettre à sa descendance une maladie grave lorsque l'un des partenaires d'un couple est porteur ou atteint d'une maladie ou d'une anomalie génétique.

Cadre légal[modifier | modifier le code]

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, l'assistance médicale à la procréation est définie par la loi du [13], modifiée par la loi du [14].

L'article 4 régit les critères d'ouverture :

« Le prélèvement de gamètes est ouvert aux femmes majeures jusqu'au jour qui précède leur 46e anniversaire.

La demande d'implantation d'embryons ou d'insémination de gamètes est ouverte aux femmes majeures jusqu'au jour qui précède leur 46e anniversaire.

L'implantation d'embryons ou l'insémination de gamètes peut être effectuée chez les femmes majeures jusqu'au jour qui précède leur 48e anniversaire. »

— Loi du relative à la procréation médicalement assistée et à la destination des embryons surnuméraires et des gamètes, art. 4[15]

Les articles 27 et 56 disposent des règles de filiation :

« À compter de l'implantation des embryons surnuméraires donnés, les règles de la filiation telles qu'établies par le Code civil jouent en faveur du ou des auteurs du projet parental ayant reçu lesdits embryons surnuméraires.

Aucune action relative à la filiation ou à ses effets patrimoniaux n'est ouverte au(x) donneur(s) d'embryons surnuméraires. De même, aucune action relative à la filiation ou à ses effets patrimoniaux ne peut être intentée à l'encontre du ou des donneur(s) d'embryons surnuméraires par le(s) receveur(s) de gamètes et par l'enfant né de l'insémination d'embryons surnuméraires. »

— Loi du relative à la procréation médicalement assistée et à la destination des embryons surnuméraires et des gamètes, art. 27[16]

« À compter de l'insémination des gamètes donnés, les règles de la filiation telles qu'établies par le Code civil jouent en faveur du ou des auteurs du projet parental ayant reçu lesdits gamètes.

Aucune action relative à la filiation ou à ses effets patrimoniaux n'est ouverte aux donneurs de gamètes. De même, aucune action relative à la filiation ou à ses effets patrimoniaux ne peut être intentée à l'encontre du ou des donneur(s) de gamètes par le(s) receveur(s) de gamètes et par l'enfant né de l'insémination de gamètes. »

— Loi du relative à la procréation médicalement assistée et à la destination des embryons surnuméraires et des gamètes, art. 56[17]

Le don d'embryon est strictement anonyme (art. 28), mais le don de gamètes non anonyme résultant d'un accord entre donneur et receveur est autorisé (art. 57).

En France[modifier | modifier le code]

En France, l'assistance médicale à la procréation est définie par l'article L2141-1 du Code de la santé publique :

« L'assistance médicale à la procréation s'entend des pratiques cliniques et biologiques permettant la conception in vitro, la conservation des gamètes, des tissus germinaux et des embryons, le transfert d'embryons et l'insémination artificielle. »

— Article L2141-1 du Code de la santé publique[18]

« L'assistance médicale à la procréation a pour objet de remédier à l'infertilité d'un couple ou d'éviter la transmission à l'enfant ou à un membre du couple d'une maladie d'une particulière gravité. Le caractère pathologique de l'infertilité doit être médicalement diagnostiqué. »

— Article L2141-2 du Code de la santé publique[19]

Inconvénients de la PMA[modifier | modifier le code]

Inconvénients organiques[modifier | modifier le code]

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L'hyperstimulation ovarienne de la femme fatigue son corps. L'IA est moins fatigante pour la femme que la FIV.

Au cours d’une assistance médicale à la procréation, des incidents plus ou moins sévères peuvent survenir à chaque étape du processus de prise en charge, du fait des traitements administrés, des gestes de ponction et d’anesthésie.

Comme tout geste chirurgical, la ponction ovarienne peut entraîner des complications anesthésiques, hémorragiques, infectieuses, pouvant nécessiter un traitement, une hospitalisation, une opération, et avoir exceptionnellement des conséquences graves sur la santé.

Plus fréquemment, une réponse excessive à la stimulation ovarienne appelée syndrome d’hyperstimulation ovarienne peut survenir, à l’origine de symptômes plus ou moins graves. Le plus souvent, l’hyperstimulation se manifeste par une gêne ou des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, une diarrhée, une augmentation de la taille des ovaires. Plus rarement, cela entraîne une prise de poids brutale, une accumulation de liquide dans le péritoine (ascite), des troubles respiratoires. Exceptionnellement, l’hyperstimulation ovarienne peut avoir des conséquences sévères (formation de caillots sanguins). Dans tous les cas, l’apparition de signes, même peu importants, impose une consultation en urgence pour évaluer la gravité et envisager une hospitalisation si nécessaire.

Inconvénients sur le fœtus[modifier | modifier le code]

De façon générale, les grossesses après FIV semblent être légèrement plus compliquées que les grossesses naturelles. Les études publiées mettent en évidence un risque accru de prématurité et de petit poids de naissance, essentiellement lié à la plus grande fréquence des grossesses multiples, mais peut-être aussi, non pas tant à la technique de FIV elle-même, qu’à l’infertilité des parents.

L'enfant, né d'une procréation médicalement assistée, a un risque légèrement majoré d'être porteur de malformations à la naissance (6,7 % au lieu de 6 % pour un couple hypofertile concevant naturellement et 5 % pour un couple sans problème connu d'infertilité), malformations souvent peu graves. Il existe également une discrète augmentation des troubles mentaux chez ces enfants[20]. Ces chiffres ne doivent pas cacher que la très grande majorité des enfants sont strictement normaux. Il est difficile de savoir si ce risque est imputable au traitement de l'infertilité, ou bien à l'infertilité elle-même, ou bien aux caractéristiques des couples en FIV (âge élevé, parité) ou encore à la fréquence élevée de grossesses multiples[21]. Ce risque serait moindre en cas de congélation d'embryon[22]. L'hyperstimulation ovarienne pourrait, au contraire, augmenter ce risque[23].

Position des religions[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Il autorise les inséminations artificielles (avec sperme du conjoint uniquement, le contraire étant considéré comme un adultère), la fécondation in vitro (FIV), la congélation d'embryons, et le diagnostic pré implantatoire. Ces techniques doivent être réservées à un couple hétérosexuel, sauf dans le judaïsme libéral.

Christianisme[modifier | modifier le code]

Catholicisme[modifier | modifier le code]

L'Église catholique, qui désigne l'expression de ses conceptions morales sous le nom de théologie morale, s'oppose à la procréation médicalement assistée. Le Vatican pense que l'enfant doit être considéré comme un don de Dieu et conseille plutôt aux couples stériles d'adopter un/des enfant(s), dont ils ne seront pas plus les parents biologiques que ceux des familles homoparentales[24], ou de se mettre au service des enfants[25]. Dans le cas d'une FIV, par exemple, plusieurs embryons sont créés et ceux qui ne sont pas utilisés sont détruits. Or pour l'Église, l'embryon est un être humain dès la rencontre des gamètes. Ainsi, détruire un embryon équivaut à tuer un enfant. De plus pour l'Église, un enfant doit-être uniquement le fruit de la relation sexuelle d'un couple marié. Elle a ainsi défini un « droit de l’enfant d’être le fruit de l’acte spécifique de l’amour conjugal de ses parents » (Donum Vitae II 8)[26]. L'insémination artificielle n'est permise que dans des cas limités, si elle ne vient pas se substituer à l'acte conjugal mais l'aide à rejoindre sa fin naturelle[27]. La position officielle de l'Église catholique romaine a été exprimée en 1987 dans l'instruction Donum Vitae, puis en 2008 dans l'instruction Dignitas Personae.

Protestantisme[modifier | modifier le code]

La doctrine protestante peut être qualifiée comme étant la plus ouverte en ce qui concerne la PMA, la plupart des techniques (dont l'AMP) étant autorisées. Elle ne pose en fait qu'une restriction : il ne doit pas y avoir d'autres intérêts que la mise au monde d'un enfant.

Islam[modifier | modifier le code]

L’islam ne s’oppose pas à la PMA tant que la technique utilisée n’a recours qu’aux gamètes de conjoints. Tout recours aux dons de sperme, d'ovules et d'embryons est formellement interdit[28].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Loi no 2004-800 du relative à la bioéthique
  2. a et b Loi no 2011-814 du relative à la bioéthique
  3. (en) Jacques de Mouzon, Paul Lancaster, Karl Gosta Nygren, Elisabeth Sullivan, Fernando Zegers-Hochschild, Ragaa Mansour, Osamu Ishihara et David Adamson, « World Collaborative Report on Assisted Reproductive Technology, 2002 », Human Reproduction, vol. 24, no 9,‎ , p. 2310-2320 (DOI 10.1093/humrep/dep098)
  4. (en) Anders Nyboe Andersen, Veerle Goossens, Siladitya Bhattacharya, Anna Pia Ferraretti, Markus S. Kupka, Jacques de Mouzon et Karl-Gösta Nygren, « Assisted reproductive technology and intrauterine inseminations in Europe, 2005 : results generated from European registers by ESHRE: ESHRE. The European IVF Monitoring Programme (EIM), for the European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE) », Human Reproduction, vol. 24, no 6,‎ , p. 1267–1287 (DOI 10.1093/humrep/dep035)
  5. D'après la plus vaste étude jamais réalisée sur le sujet dans 33 centres hexagonaux (source : « Les risques de la procréation assistée », Sciences et Avenir,‎ , p. 29).
  6. a et b « Rapport annuel sur le dispositif de vigilance relatif à l’assistance médicale à la procréation : 2011 », sur Agence de la biomédecine,
  7. a, b, c, d, e, f, g, h et i Les chiffres clés, encadré complémentaire dans Delphine de Mallevoüe, « Embryons congelés : le choix délicat des parents », Le Figaro,‎ , p. 12 (lire en ligne).
  8. Marion Obam, « Cameroun: Ernestine Gwet Bell, la mécanicienne des embryons », sur Mutations,
  9. (en) « ART fact sheet (July 2014) », sur ESHRE,
  10. (en) Susan Scutti, « The embryo is just a year younger than the mother who birthed her », CNN,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Yuhua Shi, Yun Sun, Cuifang Hao et al., « Transfer of Fresh versus Frozen Embryos in Ovulatory Women », The New England Journal of Medicine, no 378,‎ , p. 126-136 (DOI 10.1056/NEJMoa1705334)
  12. A. Cheynet de Beaupré, « La révision de la loi relative à la bioéthique », Recueil Dalloz,‎ , p. 2217.
  13. Belgique. « Loi du relative à la procréation médicalement assistée et à la destination des embryons surnuméraires et des gamètes » [lire en ligne]
  14. Belgique. « Loi du portant des dispositions diverses en matière de santé » [lire en ligne]
  15. Belgique. « Loi du relative à la procréation médicalement assistée et à la destination des embryons surnuméraires et des gamètes », art. 4 [lire en ligne]
  16. Belgique. « Loi du relative à la procréation médicalement assistée et à la destination des embryons surnuméraires et des gamètes », art. 27 [lire en ligne]
  17. Belgique. « Loi du relative à la procréation médicalement assistée et à la destination des embryons surnuméraires et des gamètes », art. 56 [lire en ligne]
  18. Article L2141-1 du Code de la santé publique, sur Légifrance
  19. Article L2141-2 du Code de la santé publique, sur Légifrance
  20. (en) Bjørn Bay, Erik Lykke Mortensen, Dorte Hvidtjørn et Ulrik Schiøler Kesmodel, « Fertility treatment and risk of childhood and adolescent mental disorders : register based cohort study », BMJ, no 347,‎ , f3978 (DOI 10.1136/bmj.f3978)
  21. (en) Jin Liang Zhu, Olga Basso, Carsten Obel, Camilla Bille et Jørn Olsen, « Infertility, infertility treatment, and congenital malformations : Danish national birth cohort », BMJ, no 333,‎ , p. 679 (DOI 10.1136/bmj.38919.495718.AE)
  22. (en) Jane L. Halliday, Obioha C. Ukoumunne, H.W. Gordon Baker, Sue Breheny, Alice M. Jaques, Claire Garrett, David Healy et David Amor, « Increased risk of blastogenesis birth defects, arising in the first 4 weeks of pregnancy, after assisted reproductive technologies », Human Reproduction, vol. 25, no 1,‎ , p. 59-65 (DOI 10.1093/humrep/dep364)
  23. (en) Margarida Avo Santos, Ewart W Kuijk et Nick S Macklon, « The impact of ovarian stimulation for IVF on the developing embryo », Reproduction, no 139,‎ , p. 23-34 (DOI 10.1530/REP-09-0187)
  24. Voire moins, la femme ayant accouché dans un couple de femmes étant le parent biologique de l'enfant.
  25. « Les couples stériles ne doivent pas oublier que même quand la procréation n'est pas possible, la vie conjugale ne perd pas pour autant sa valeur. La stérilité physique peut être l'occasion pour les époux de rendre d'autres services importants à la vie des personnes humaines, tels par exemple que l'adoption, les formes diverses d'œuvres éducatives, l'aide à d'autres familles, aux enfants pauvres ou handicapés. » Donum Vitae II 8.
  26. Pierre Olivier Arduin, « Peut-on admettre l’assistance médicale à la procréation (PMA) ? », sur Aleteia (consulté le 18 février 2018).
  27. Congrégation pour la doctrine de la foi, Donum Vitae (lire en ligne), n. 6
  28. Corinne Fortier, « Filiation versus inceste en islam : Parenté de lait, adoption, PMA, et reconnaissance de paternité. De la nécessaire conjonction du social et du biologique », dans Pierre Bonte, Enric Porqueres I Gené et Jérôme Wilgaux (dir.), L’argument de la filiation : Aux fondements des sociétés européennes et méditerranéennes, Paris, Méditerranée-sud, (ISBN 978-2-7351-1336-1, lire en ligne), p. 225-248

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