Procope le Grand

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Procope Le Grand

Procope le Grand – surnommé également le Tondu (tch. Prokop Holý ou Prokop Veliký) (né vers 1380 – mort le 30 mai 1434 à la bataille de Lipany), prédicateur hussite radical, devient, après la mort de Jan Žižka, hetman des armées hussites.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

La famille de Procope fait partie de la bourgeoise de Prague. Après la mort de son père il est adopté par son oncle Jan de Cách, un des plus riches patriciens de la ville qui possède le château de Jenštejn où Procope passe son enfance. L’oncle lui assura également une solide éducation complétée par des séjours à l’étranger en Espagne, France, Italie et à Jérusalem. Procope termina ses études universitaires et se tourne vers la carrière ecclésiastique.

Procope prêtre et homme politique hussite[modifier | modifier le code]

Le prêtre Procope adhère dès ses débuts à la révolution hussite sous la bannière de Jan Zelivsky. Puis il suit Jan Žižką à Plzen et à Tábor. Procope fait partie tout d’abord des Hussites les plus radicaux, les Picards, adopta toutefois à partir de 1420 des idées plus modérées. Il se détacha rapidement des controverses religieuses, adopta un mode de vie sans excès, mais loin de l’ascétisme extrême de certains hussites. Il doit son autre surnom de « Tondu » parce que, contrairement aux autres prêtres hussites qui portaient la barbe, Procope n’en n’avait pas. Il devient un guide spirituel du mouvement taborite, également diplomate et politique.

Procope commandant militaire[modifier | modifier le code]

Les Hussites ont du mal à trouver un commandant militaire successeur à Jan Žižka. Procope prend en 1425 le commandement militaire de quelques petites expéditions. À partir de 1426 il devient commandant des Taborites. À ce titre il travaille en collaboration avec les Orphelins et les Utraquistes pragois. Ayant réussi à réunir les trois composantes du mouvement hussite, Procope obtient sa première grande victoire militaire lors de la bataille d’Usti en juin 1426. À partir de 1426, les armées hussites franchiront souvent les frontières dans des expéditions de plus en plus lointaines nommées "raids magnifiques".

C’est grâce à cette stratégie politico-militaire que les Hussites finissent par contrôler tout le territoire de la Bohême : unifiant les différentes tendances hussites, il inflige aux féodaux des raclées mémorables à de nombreuses reprises au cours des troisième et quatrième croisades. Pour une cinquième croisade les chevaliers féodaux mobilisèrent leur plus grande armée, mais lorsqu'ils aperçurent au loin les paysans hussites en marche, ils détalèrent plus vite que des lapins.

Les succès diplomatiques ainsi que les succès militaires de Procope en Hongrie, Autriche, Allemagne, Lusace et Silésie obligèrent les souverains catholiques d’Europe occidentale à négocier avec les Hussites. Le risque d'expansion du mouvement dans les pays voisins devenait de plus en plus important.

Procope n’est pas un commandant d’armée ordinaire du fait de son statut de prêtre. Il ne tua jamais de ses mains, ne portait pas d’armes, ne prenait pas directement part au combat. Mais c’est un excellent stratège formé à l’école de Jan Žižką.

Défaite des Taborites[modifier | modifier le code]

De janvier à avril 1433 Procope est à la tête de la délégation hussite au Concile de Bale. Il perd brièvement son statut de commandant en chef, qu’il retrouve en 1434. Il participe à la fratricide bataille de Lipany, aux côtés des Taborites contre les forces unies des Utraquistes modérés et des Catholiques, ces derniers étant partisans d'une paix de compromis. Il y trouve la mort. Plusieurs années seront encore nécessaires pour que les Compactata soient signés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]