Processionnaire du pin

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Thaumetopoea pityocampa

Thaumetopoea pityocampa
Description de cette image, également commentée ci-après

Chenilles processionnaires du pin
(Thaumetopoea pityocampa)
en « procession »

Classification
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Classe Insecta
Super-ordre Endopterygota
Ordre Lepidoptera
Famille Notodontidae
Sous-famille Thaumetopoeinae
Genre Thaumetopoea

Nom binominal

Thaumetopoea pityocampa
(Denis & Schiffermüller, 1775)

Synonymes

  • Traumatocampa pityocampa
Description de cette image, également commentée ci-après

Deux adultes mâles

La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) est un insecte de l'ordre des lépidoptères, de la famille des Notodontidae, sous-famille des Thaumetopoeinae. Connues pour leur mode de déplacement en file indienne, les larves se nourrissent des aiguilles de diverses espèces de pins, provoquant un affaiblissement important des arbres[1] et des allergies chez certaines personnes exposées aux soies des chenilles[2].

Description[modifier | modifier le code]

Ligne de chenilles processionnaires.

L'insecte adulte est un papillon de 35 à 40 mm d'envergure, aux antennes pectinées. Les ailes antérieures sont grises, avec deux bandes foncées parallèles chez le mâle, les postérieures blanches marquées d'une tache sombre à l'extrémité postérieure.

La larve est une chenille de quelques millimètres (stade L1) à 40 mm de long (stade 4 ou 5), brune noirâtre avec des taches rougeâtres sur le dessus et les flancs. Sa face ventrale est jaune. Le corps est fortement velu et couvert de soies urticantes et allergisantes. Les chenilles marchent en procession et construisent des cocons de soies dans certains arbres résineux.

Biologie[modifier | modifier le code]

Nid de processionnaires à Sète

Les papillons, qui éclosent durant l'été, entre juin et septembre selon le climat, pondent leurs œufs déposés en rangées parallèles par paquets de 150 à 220[3] sur les rameaux ou les aiguilles de diverses espèces de pin mais aussi sur les sapins et cèdres en second choix. L'éclosion a lieu cinq à six semaines après la ponte.

Elle donne naissance à des chenilles qui muent cinq fois. La vitesse de croissance des larves dépend de la température (et donc de l'altitude et de la longitude). Les chenilles tissent des nids de soie dans lesquels elles restent cachées pour s'alimenter. Lorsqu'elles changent de nid, elles se déplacent en « procession ». La cohésion de la file en déplacement est assurée par le contact direct entre les chenilles.

Au printemps, toutes les chenilles d'un même cocon quittent leur nid, toujours en procession, pour s'enfouir dans le sol. Chacune des chenilles va tisser un cocon avant de se transformer en chrysalide.

Au bout de plusieurs mois, les chenilles se métamorphosent en papillons adultes qui sortent de terre et s'envolent. Le cycle recommence par l'accouplement de la femelle et du mâle. Ce dernier meurt un ou deux jours après, alors que la femelle s'envole vers la branche d'un arbre résineux pour pondre jusqu'à 220 œufs avant de mourir à son tour. Les petites chenilles émergent 30 à 45 jours après la ponte[4].

Dégâts[modifier | modifier le code]

Les chenilles se nourrissent des aiguilles des pins qui conduit à un affaiblissement important des arbres pouvant ouvrir la voie à d'autres ravageurs et parasites[réf. nécessaire].

Les espèces attaquées sont[réf. nécessaire] le pin Parasol, le pin d'Alep, le pin maritime, le pin noir d'Autriche, le pin blanc, le pin laricio et le pin sylvestre. Le cèdre de l'Himalaya est également parasité.

Un animal dangereux[modifier | modifier le code]

Thaumetopoea pityocampa JPG1.jpg

Ces chenilles possèdent au troisième stade larvaire des poils urticants qui sont projetés en l’air lorsque la chenille se sent menacée[5]. Leur très fort caractère urticant peut provoquer d'importantes réactions allergiques (mains, cou, visage) mais aussi des troubles oculaires ou respiratoires. Les atteintes à l'œil peuvent avoir d'importantes conséquences si les poils ne sont pas rapidement enlevés. Il est dangereux de manipuler un nid même vide.[réf. nécessaire]

Le danger est aussi important pour les animaux de compagnie : un chien atteint à la langue (qu'il peut avoir utilisé pour lécher les démangeaisons sur son corps) s'il n'est pas soigné rapidement par des fortes doses de cortisone, risque alors la nécrose de la langue. Il ne pourra donc plus se nourrir. Il est important de rincer la langue et la bouche du chien avec de l'eau propre, sans frotter, ce qui briserait les poils urticants de la chenille et qui libérerait ainsi plus de toxines, aggravant l'état de l'animal[réf. nécessaire].

Répartition en France[modifier | modifier le code]

Nid de chenilles processionnaires du pin (France).

La progression est suivie par l'équipe de modélisation de l'INRA d'Orléans (URZF).

Pour disposer de données à l'échelle communale et pour évaluer les besoins des gestionnaires d'espaces verts et pour produire des préconisations plus pertinentes en matière de lutte, une enquête élaborée par Plante et Cité et l’INRA avec l’Association des Maires de France (AMF) a été lancée en 2009 auprès de toutes les communes de France. Le technicien responsable ou l'élu chargé des espaces verts ont été invités à compléter un questionnaire en ligne sur Internet du 11 mai au 11 juin 2009.

En 2010, la chenille progresse vers le nord et notamment en Île-de-France[6], probablement en raison du réchauffement climatique et de l'activité commerciale du bois dont le transport pourrait favoriser sa dispersion.

Les gros noyaux de populations sont situés dans les forêts de pins, mais des nids sont observés le long des alignements de pins le long des route et dans l'openfield (ex dans la Beauce) là où des petits boisements de pins épars sont présents, même en l'absence de haie, ce qui montre une bonne capacité de ce papillon à coloniser de nouveaux habitats (jusqu'à 5 à 6 km de son lieu de naissance en milieu ouvert, alors qu'ils se reproduit plutôt sur place en forêt [7]).
La chrysalide (enterrée) peut en outre aussi être véhiculée par les transports de terre [7]. Le réchauffement semble favoriser la remontée de l'espèce vers le nord[7].

Ennemis naturels et moyens de lutte[modifier | modifier le code]

« Écopiège » à chenille processionnaire.

Ennemis naturels[modifier | modifier le code]

Chaque stade de vie de ce papillon a son cortège d'ennemis naturels , c'est à dire aux stades œuf, chenille, chrysalides et papillons. Ces ennemis naturels sont des champignons, des virus, des bactéries, des insectes prédateurs ou hyperparasite, quelques oiseaux, des rongeurs…

Des études sont en cours[réf. nécessaire] sur la prédation par les mésanges[8], le coucou ou la huppe fasciée[9]. Une expérience réalisée en Belgique[réf. nécessaire] au début des années 1950 a démontré que l'installation massive de nichoirs à mésanges (un nichoir tous les 30 m) était parvenue à éradiquer localement les chenilles processionnaires dans un massif boisé d'une dizaine d'hectares. Il a également été montré dans le sud-ouest de la France (Landes)[10] que certaines espèces de chauves-souris chassent les papillons adultes et pourraient agir comme régulatrices des populations de processionnaires.

Moyens artificiels de lutte[modifier | modifier le code]

Pour les petites surfaces :

  • Lutte mécanique dite « échenillage » : pour les surfaces réduites (parcs et jardins), elle consiste à enlever et à détruire à la main ou à l'aide d'outils (échenilloir) les pontes et les nids. Les nids sont généralement incinérés, en évitant tout contact direct avec les poils urticants des chenilles. L'échenilloir qui est un sécateur fixé au bout d'un long manche. Un chalumeau est parfois utilisé pour brûler les nids.
  • Piégeage :
    • un piège appelé « écopiège » et correspondant à une gouttière reliée à un sac peut être installé pour intercepter les chenilles lorsqu'elles descendent de l'arbre. La suppression par incinération des insectes capturés doit s'effectuer un mois après leur descente, lorsqu'elles sont au stade de chrysalides[11].
    • un piège à base de phéromones sexuelles de synthèse (molécule libérée par les papillons femelles pour attirer les partenaires), suspendu dans les pins, attire de fin juin à mi-septembre les papillons mâles. Le piégeage de masse serait efficace à condition que nombre de pièges soit suffisant pour la surface où ils sont disposés, or ces pièges ont un coût (ex Frontignan a dépensé 1.500 euro pour 25 pièges à chenilles, chaque piège n'était vraiment efficace que pour un arbre)[7].

Pour les grandes surfaces :

  • Lutte chimique : par pulvérisation aérienne d'insecticides, avec le défaut d'affecter d'autres espèces, voire des espèces prédatrices naturelles de la processionnaire du pin.
  • Lutte biologique : la méthode la plus utilisée est la pulvérisation de biotoxines (produites par une bactérie, le Bacillus thuringiensis var. kurstaki), sur les aiguilles des pins, ce qui est efficace contre les chenilles de lépidoptères. L'ingestion de ces toxines provoque la mort des larves par intoxication. Les spécialités commerciales homologuées en France ont une faible persistance, et une très bonne efficacité sur les stades âgés. L'utilisation en fin d'automne permet ainsi une bonne protection contre ce ravageur des forêts, tout en ayant un impact minimal sur d'autres chenilles du fait de leur absence[réf. nécessaire].
  • Des expériences ont montré que l'odeur du bouleau a un effet répulsif sur la processionnaire[12].
  • la meilleure lutte biologique (réussie en Belgique au milieu du XXe siècle par les Réserves Ornithologiques de Belgique), serait le placement massif de nichoirs à mésanges (environ 1 nichoir tous les 30 m). En France 20 nichoirs/ha testés sur une parcelle expérimentale de la forêt domaniale du Mont Ventoux par l'Inra ont permis « une régulation sur du long terme, une régulation durable - plus efficace que l'ancien traitement microbiologique effectué par hélicoptère - et qui permet de maintenir [la colonisation] à un niveau qui peut être tolérable. Si on veut un risque zéro, il faut combiner avec d'autres méthodes, par exemple le piège à chenille ou le piège à papillon » selon Jean-Claude Martin de l'Inra[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacquet, J. S., Orazio, C., & Jactel, H. (2012). Defoliation by processionary moth significantly reduces tree growth: a quantitative review. Annals of forest science, 69(8), 857-866.
  2. Vega, J. M., Moneo, I., Armentia, A., Fernandez, A., Vega, J., De La Fuente, R., ... & Sanchis, M. E. (1999). Allergy to the pine processionary caterpillar (Thaumetopoea pityocampa). Clinical and experimental Allergy, 29, 1418-1423.
  3. (Bonnet C, Martin JC, Mazet R., 2008)
  4. « La chenille processionnaire du pin » (consulté le 29 février 2016)
  5. « Érucisme ou envenimation par les chenilles processionnaires » (consulté le 2 février 2015)
  6. Bilan de la surveillance de la chenille processionnaire
  7. a, b, c, d et e Baptiste C (2016) Chenilles processionnaires : les techniques de lutte en pleine révolution ; Avec la hausse de température liée aux changements climatiques, la chenille processionnaire, nuisible pour l'homme, les animaux et la sylviculture, ne cesse de gagner du terrain en France. Pour enrayer l'invasion de ces insectes rampants, les techniques sans pesticides se multiplient. Aux armes !, Actu-Environnement publié 02 mai 2016 (avec vidéo)
  8. (INRA : Chenille processionnaire, moyens de lutte)
  9. La chenille processionnaire prend ses aises
  10. (en) Yohan Charbonnier, « Numerical and Functional Responses of Forest Bats to a Major Insect Pest in Pine Plantations », Plos One,‎ (lire en ligne)
  11. Jean-Claude Martin et Anne- Sophie Brinquin, « La processionnaire du pin : la connaître pour mieux se protéger », Nuisibles & parasites information >(I.N.R.A),‎
  12. De la diversité pour lutter contre les « bioagresseurs »

Sources[modifier | modifier le code]

  • C. Bonnet, J.C. Martin et R. Mazet, La processionnaire du pin, Stantari, août 2008, 22-33.
  • J.C. Martin et X. Bonneau, 2006. Bacillus thuringiensis : 30 ans de lutte contre les chenilles défoliatrices en forêt., Phytoma, 2006. 590 : 4-7.
  • J.C. Martin et B. Frerot, Évolution de la lutte contre la chenille processionnaire du pin : vers l'utilisation de la phéromone de synthèse. Cahiers du DSF, 2006 (1) : 29-31.
  • G. Demolin, « La processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa Schiff., au Mont Ventoux. », Études vauclusiennes ; Bulletin semestriel du département d'histoire et de géographie de la faculté d'Avignon, 1987; 3 : 157-173.
  • G. Demolin, J.F. Abgrall et L. Bouho-Delduc, « Évolution de l'aire de la processionnaire du pin en France. » Les cahiers du DSF, 1-1996 : 26-28.
  • G. Demolin, B. Frerot, J.P. Chambon et J.C. Martin, « Réflexions biosystématiques sur toutes les processionnaires du genre Thaumetopoea (Lepidoptera Thaumetopoeidae), considérées comme ravageurs importants des cèdres Cedrus libani Barel et Cedrus atlantica Manetti sur le pourtour du bassin méditerranéen. » Ann. Rech. For. Maroc, 1994, 27 (1) : 578-591.
  • J.C. Martin et R. Mazet, Lutte hivernale contre la processionnaire du pin. Possibilité d'utilisation du Bacillus thuringiensis K.., Phytoma, 2001, 540 : 32-35.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]