Procédure d'essai mondiale harmonisée pour les voitures particulières et véhicules utilitaires légers

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La procédure d'essai mondiale harmonisée pour les voitures particulières et véhicules utilitaires légers (Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures (WLTP) en anglais) est un ensemble de procédures d'essai comportant des cycles de conduite automobile (WLTC) et harmonisées au niveau mondial, pour mesurer consommation de carburant, pollution et rejets de CO2. Achevée en 2015, elle a été mise au point par des experts de l'Union européenne, du Japon et de l'Inde sous les auspices du Forum mondial pour l'harmonisation des réglementations sur les véhicules de la Commission économique pour l'Europe des Nations unies.

Le WLTP est entré en application en Europe en septembre 2017 pour les nouveaux modèles[1],[2],[3] et en septembre 2018 pour tous les véhicules neufs[1], en remplacement du nouveau cycle européen de conduite (NEDC), qui datait de 1973, avec une mise à jour en 1996[1].

Procédure d'essai et normalisation[modifier | modifier le code]

La procédure d'essai comprend des indications strictes concernant les essais dynamométriques et de résistance au roulement, les changements de vitesse, le poids total du véhicule (en y incluant les équipements en option, le chargement et les passagers), la qualité du carburant, la température ambiante, ainsi que le choix des modèles de pneus et leur pression de gonflage.

Trois différents cycles d'essais sont appliqués, en fonction de la classe de véhicule définie par la puissance massique Pm en W / kg (puissance du moteur / masse en ordre de marche) :

  • Classe 1 - véhicules à faible puissance avec Pm ≤ 22
  • Classe 2 - véhicules avec 22 < Pm ≤ 34 ;
  • Classe 3 - véhicules à puissance élevée avec Pm > 34.

La majorité des voitures appartiennent à la classe 3 (une Volkswagen Golf 1,6 L diesel de 90 ch a par exemple une Pm de 53 (66 000 W / 1 239 kg[4])).

Chaque classe comprend plusieurs essais de conduite conçus de façon à représenter une utilisation réelle en ville, en extra-urbain, sur route pour automobiles et sur autoroute. La durée de chaque partie est la même pour toutes les classes, mais les courbes d'accélération et de vitesse sont différentes. La séquence d'essais est en outre limitée par la vitesse maximale du véhicule Vmax.

L'existence de boîtes de vitesses manuelles ayant 4, 5, 6 ou 7 vitesses ne permet pas de fixer des points de passage de vitesse. À la place, la procédure WLTP fournit des algorithmes permettant de calculer les points de changement de vitesse optimaux, en prenant en compte le poids total des véhicules et les courbes de puissance à pleine charge dans les limites de vitesses moteur normalisées, couvrant une vaste gamme de vitesse de rotation et de puissance moteur permises par la technologie actuelle. Pour que la procédure soit représentative d'une utilisation réelle et d'un style de conduite économique, les changements de vitesse trop fréquents se situant dans un intervalle de moins de 5 secondes ne sont pas pris en compte.

Cycles de conduite WLTC[modifier | modifier le code]

Classe 3[modifier | modifier le code]

Le cycle de conduite pour la classe 3 comporte quatre parties : basse, moyenne, haute et très haute vitesse ; si Vmax < 135 km/h, la partie très haute vitesse est remplacée par la partie basse vitesse.[5]

WLTC class 3 fr.svg

Cycle d'essai WLTC classe 3
Basse Moyenne Haute Très haute Total
Durée, s 589 433 455 323 1800
Durée des arrêts, s 156 48 31 7 242
Distance, m 3095 4756 7158 8254 23262
% des arrêts 26,5% 11,1% 6,8% 2,2% 13,4 %
Vitesse maximale, km/h 56,5 76,6 97,4 131,3
Vitesse moyenne sans les arrêts, km/h 25,7 44,5 60,8 94,0 53,8
Vitesse moyenne avec les arrêts, km/h 18,9 39,5 56,6 92,0 46,5
Accélération minimale, m/s2 -1,5 -1,5 -1,5 -1,2
Accélération maximale, m/s2 1,5 1,6 1,6 1,0

Classe 2[modifier | modifier le code]

Le cycle de conduite pour la classe 2 comporte trois parties : basse, moyenne et haute vitesse ; si Vmax < 90 km/h, la partie haute vitesse est remplacée par la partie basse vitesse.[5]

WLTC class 2 fr.svg

Cycle d'essai WLTC classe 2
Basse Moyenne Haute Total
Durée, s 589 433 455 1477
Durée des arrêts, s 155 48 30 233
Distance, m 3132 4712 6820 14664
% des arrêts 26,3% 11,1% 6,6% 15,8 %
Vitesse maximale, km/h 51,4 74,7 85,2
Vitesse moyenne sans les arrêts, km/h 26,0 44,1 57,8 42,4
Vitesse moyenne avec les arrêts, km/h 19,1 39,2 54,0 35,7
Accélération minimale, m/s2 -1,1 -1,0 -1,1
Accélération maximale, m/s2 0,9 1,0 0,8

Classe 1[modifier | modifier le code]

Le cycle de conduite pour la classe 1 comporte trois parties : basse, moyenne et à nouveau basse vitesse ; si Vmax < 70 km/h, la partie vitesse moyenne est remplacée par la partie basse vitesse.[5]

WLTC class 1 fr.svg

Cycle d'essai WLTC classe 1
Basse Moyenne Haute Total
Durée, s 589 433 1022
Durée des arrêts, s 155 48 203
Distance, m 3324 4767 8091
% des arrêts 26,3% 11,1% 19,9 %
Vitesse maximale, km/h 49,1 64,4
Vitesse moyenne sans les arrêts, km/h 27,6 44,6 35,6
Vitesse moyenne avec les arrêts, km/h 20,3 39,6 28,5
Accélération minimale, m/s2 -1,0 -0,6
Accélération maximale, m/s2 0,8 0,6

Avantages et inconvénients pour les automobilistes[modifier | modifier le code]

L'entrée en vigueur de cette procédure et norme va provoquer quelques bouleversements notables.

Les constructeurs ont déjà commencé à anticiper, en supprimant de leur gamme des moteurs optimisés pour la norme NEDC pour les remplacer par de nouveaux blocs plus performants dans des conditions réelles. Cela signe la mort du "downsizing" qui consistait à réduire la cylindrée des moteurs pour en réduire de facto la consommation à faible charge et ainsi, les rejets de CO2[6].

Le fait que le passage du NEDC au WLTP ne soit pas suivi d'une évolution du dispositif de bonus/malus, mis en place par l'État français depuis quelques années, risque de provoquer une très forte augmentation du malus appliqué aux clients[7]. En effet, les rejets mesurés de CO2 qui déterminent le bonus-malus seraient plus importants avec la WLTP plus sévère.

Selon une étude publiée début août 2018 par le cabinet Jato, les valeurs de consommations et d’émissions devraient augmenter significativement. Entre l’ancien NEDC et le nouveau NEDC calculé à partir du WLTP, la hausse moyenne de CO2 sera de l’ordre de 9,6 g/km ; cette hausse touchera notamment les gros modèles : les véhicules de luxe (premium) verront leurs émissions augmenter de 18,3 % et les SUV de taille moyenne de 16,7 %, alors que les petites citadines ne devraient enregistrer qu'une progression de 6,6 %. Le cycle WLTP impacte également l’autonomie affichée des véhicules électriques : homologuée à 400 km en cycle NEDC, la Renault Zoé passe à 300 km avec le nouveau cycle, soit 25 % de baisse ; la BMW i3 est désormais homologuée à 245 km contre 300 km NEDC, et le Hyundai Kona électrique 64 kWh à 482 km contre 546 km ; par ailleurs, la norme WLTP introduit plusieurs cycles : urbain, extra-urbain ou mixte, avec des variations d'autonomie considérables ; ainsi, la nouvelle Leaf annonce 415 km en cycle urbain contre 270 km avec le cycle mixte qui mélange ville et voies rapides[8].

Limites[modifier | modifier le code]

D'après la Commission européenne, les constructeurs automobiles tenteraient de profiter du passage du NEDC au WLTP pour exagérer les émissions WLTP de CO2 de leurs véhicules[9]. Ce passage entraîne en effet une augmentation de ces émissions, et le fait de gonfler les émissions leur permettrait d'atteindre plus facilement les objectifs de diminution des émissions de CO2[9]. Il s'agit du même genre de manipulation des tests que pour le NEDC, mais à l'envers : par exemple utilisation d'une batterie 12V déchargée (forçant le moteur à consommer plus pour la recharger) ou désactivation du Stop & Start[9]. La différence serait en moyenne de 4,5 % et atteindrait jusqu'à 13 % dans certains cas[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « European countries implement new procedure improving measurement of vehicle fuel consumption and emissions », CEE-ONU ,‎ (lire en ligne)
  2. Transport et Environnement, Manipulation of fuel economy test results by carmakers: further evidence, costs and solutions, 5 novembre 2014, page 8/10
  3. « Le nouveau mode de mesure des consommations voté – L'argus PRO », sur pro.largus.fr (consulté le 31 août 2016)
  4. autoplus.fr, Volkswagen Golf 1.6 TDI 90 CR FAP Trendline (5p.)
  5. a, b et c http://www.unece.org/fileadmin/DAM/trans/doc/2014/wp29/ECE-TRANS-WP29-2014-027e.pdf
  6. « La nouvelle norme WLTP », sur Planète Renault
  7. « Nouvelles normes antipollution : un impact sur le malus auto encore inconnu », sur Les Echos
  8. Cycle WLTP : ce qui change pour les voitures électriques et thermiques, automobile-propre.com, 2 septembre 2018.
  9. a, b, c et d « Pollution: la Commission européenne soupçonne les constructeurs automobiles de nouvelles manipulations », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)


Liens externes[modifier | modifier le code]