Procédé Triger de fondation par air comprimé

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Procédé Triger.

Le procédé Triger est une technique de creusement de fouille ou de puits de mine dans des terrains humides ou inondés, fondé sur l'utilisation d'un caisson. Elle a été inventée par l'ingénieur français Jacques Triger dans les années 1840.

Histoire et principe[modifier | modifier le code]

Pour foncer un puits dans le lit de la Loire, Triger a recours à l'air comprimé[1].

Un cylindre en tôle de 12 mm d'épaisseur, 1 mètre de diamètre, 20 mètres de long, servant de trousse coupante, est enfoncé dans les alluvions, séparé en trois compartiments horizontaux, celui du milieu hermétique servant de chambre d'équilibre, le compartiment inférieur étant l'atelier de fonçage[1].

Une machine à vapeur composée de deux pompes produisait de l'air comprimé pour pressuriser le compartiment inférieur, avec une pression de 3 à 4 bars pour équilibrer les eaux extérieures.

Par la suite, le procédé a été utilisé pour les fondations des ponts et bâtiments. Ainsi Gustave Eiffel utilise cette technique avec la passerelle Eiffel à Bordeaux en 1858, chantier dont il assume, à vingt-six ans, la direction. Gustave Eiffel utilise alors la technique de fondation à l'air comprimé lors de l'exécution des piles tubulaires. Gustave Eiffel est d'ailleurs l'auteur d'une étude : Le fonçage par pression hydraulique des piles concernant cette nouvelle technique[2]. Le succès de l'entreprise lui assure une première renommée. Eiffel y a aussi recours pour les deux piliers de sa tour, côté Seine.

Ce système est également utilisé pour le fonçage de certains charbonnages, notamment dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.

Parmi les améliorations du procédé, on a utilisé l'injecteur Giffard pour faire remonter l'eau évacuée plus facilement.

Dangers du procédé[modifier | modifier le code]

Ce procédé expose au moins à deux dangers :

  • la décompression, qui, lorsqu'elle se fait sans respecter les paliers nécessaires, expose à de graves complications d'embolie gazeuse (la « maladie des caissons ») ou de rupture du tympan. Les médecins ont très vite constaté ces problèmes, mais ont été très longs à en comprendre la cause et à trouver le mode de prévention par décompression lente ;
  • l'aspiration à travers un effondrement de paroi, comme cela s'est produit lors du creusement de la station du métro Cité à Paris, provoquant la mort de trois personnes.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Robert Hunt, A supplement to Ure's Dictionary of Arts, Manufactures, and Mines, containing a clear exposition of their principles and practice., New York, Appleton and Company, (lire en ligne), p. 757-758
  2. Le Dictionnaire de Bordeaux sous la direction de Mario Graneri-Clavé Édition Loubatières 2006 Page 360 (ISBN 2-86266-478-2)