Pro-ana

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Le mouvement pro-ana (raccourci de pro-anorexia[1]) rassemble des personnes faisant la promotion de l'anorexie mentale et des troubles du comportement alimentaire. Les Pro-Ana prônent l'anorexie comme mode de vie en cherchant à enrôler d'autres jeunes filles parfois influençables et disent ne pas se considérer comme malades[2].

Le mouvement pro-ana est le « miroir » d'un autre mouvement nommé pro-mia rassemblant des personnes souffrant de boulimie. Même si les deux restent liés, ce dernier a moins d'adhérents[3].

Description[modifier | modifier le code]

Femme suivant les principes du Thinspiration

Ses membres diffusent leurs idées essentiellement sur Internet, via des forums ou des blogs où ils tiennent des sortes de journaux intimes à « Ana », véritable personnification de l'anorexie. Ce mouvement est lié au Thinspiration, s'inspirer et de se motiver en regardant des photos de mannequins et de célébrités maigres ou de personnes ayant perdu beaucoup de poids. Le Thinspiration fait partie des règles d'Ana qui poussent à maigrir par tous les moyens, même dangereux.

Ce mouvement s'est développé à partir des années 2000[4] et comprend majoritairement des femmes, l'anorexie mentale les touchant dans neuf cas sur dix[5].

Les pro-ana portent parfois un bracelet rouge, entremêlé de mauve si la personne est aussi boulimique ou avec une libellule si elles suivent les règles d'Ana à la lettre. Le bracelet se porte normalement au poignet droit. Il permet aux personnes souffrant de ces maladies de s'identifier entre elles[6].

À la suite de la médiatisation du mouvement pro-ana à partir de 2008[7], le grand public et des organismes de santé se sont emparés du dossier, ce qui a conduit à la fermeture de certains sites Web, notamment en France[8].

Activité législative[modifier | modifier le code]

Activité législative au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Au Royaume-Uni, 40 Membres du parlement ont signé en février 2008 une motion du Parlement (Early Day Motion ou EDM) déposée par Mark Hunter, membre des Libéraux-démocrates (Liberal Democrats) dans laquelle il pressait le gouvernement à prendre des mesures contre les sites pro-ana[9]. Cette motion coïncidait avec la Semaine Nationale de Prévention contre les Troubles Alimentaires (UK National Eating Disorder Awareness Week)[10],[11].

Au Royaume-Uni, la libérale démocrate du East Dunbartonshire - Jo Swinson - a plaidé lors d'un débat d'ajournement (Adjournment Debate) en octobre 2009 pour que les publicitaires pro-ana accompagnent leurs slogans et images de mises en garde. Une motion du Parlement (Early Day Motion) apparaissait à l'ordre du jour en février 2010. Jo Swinson a assuré que « de telle photographies peut amener les gens à croire en des réalités qui, très souvent, n'en sont pas » et que « quand des adolescentes et des femmes regardent ces images dans les magazines, elles finissent par être malheureuses avec leurs corps »[12].

Activité législative en France[modifier | modifier le code]

Le député François Vannson (UMP) a proposé le d'ajouter à l’article 15 de la loi no 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication[13] l'alinéa suivant : « Est prohibée la diffusion des sites Internet promouvant, incitant et encourageant les adolescents à devenir anorexiques »[14]. Lors de son exposé, Vannson déclare notamment que « face à la désinformation de ces sites, mais surtout l’incitation à la maladie qu’ils exercent, nous devons réagir ; car la vie d’adolescents est en jeu. Ces sites doivent être strictement interdits. Il ne s’agit là nullement d’une restriction à la liberté d’expression, ainsi que ces sites ont voulu dénoncer leur interdiction aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais de la protection de la santé physique et morale des êtres les plus sensibles et influençables ». Cette proposition de loi n'a pas abouti.

Le , un texte proposé par le député UMP Valérie Boyer a été adopté en première lecture par l'Assemblée nationale française. Il interdisait « le fait de provoquer une personne à rechercher une maigreur excessive en encourageant des restrictions alimentaires prolongées ayant pour effet de l'exposer à un danger de mort ou de compromettre directement sa santé ». Il instituait des peines pouvant atteindre 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende[15]. Cette proposition de loi n'a pas abouti.

Le 2 avril 2015, l'Assemblée nationale a voté un amendement à la loi Santé qui punit d'un an d'emprisonnement et de 10 000 euros d'amende le fait de « provoquer une personne à rechercher une maigreur excessive en encourageant des restrictions alimentaires prolongées ayant pour effet de l’exposer à un danger de mort ou de compromettre directement sa santé »[16]. Ce nouvel amendement permet de créer un délit incriminant les personnes qui font l'apologie de l'anorexie sur Internet et qui incitent certaines jeunes filles à rejoindre le mouvement pro-ana. Cet article a donc permis de lancer la répression contre les sites web défendant ce mouvement[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) http://www.nytimes.com/2002/09/08/magazine/the-way-we-live-now-9-8-02-phenomenon-a-secret-society-of-the-starving.html
  2. (en) « A secret society of the starving », sur New York Times,‎ (consulté le 20 décembre 2014)
  3. Grégor Brandy (Journaliste), « Ana, mia et les autres : bienvenue dans l’enfer des troubles du comportement alimentaire », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  4. « Les pro-ana », sur Teemix (consulté le 13 juin 2016)
  5. « L'anorexie mentale concerne 9 fois sur 10 une jeune femme » medecine-et-sante.com, 19 décembre 2011, consulté le 2 mai 2013.
  6. « Tpe Anorexie 2010: Un mouvement influant : Les PRO-ANA », sur tpe-anorexie-2010.blogspot.fr (consulté le 13 juin 2016)
  7. Mélanie Duwat, « Les "pro-ana" sur le Web, entre apologie de l'anorexie et soutien aux malades », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  8. lefigaro.fr, « Les députés créent un nouveau délit sur le Web, contre l'incitation à l'anorexie », sur Le Figaro (consulté le 13 juin 2016)
  9. (en) « EDM 659 Anorexia Web Sites », sur UK Parliament,‎ (consulté le 16 décembre 2009)
  10. (en) « "Call to check pro-anorexia webpages" », sur Channel 4 News,‎ (consulté le 14 mars 2008)
  11. (en) « "Eating Disorder sites "despicable" " », sur Manchester Evening news,‎ (consulté le 13 mars 2013)
  12. (en) « A Move to Curb Digitally Altered Photos in Ads », sur The New York Times,‎ (consulté le 9 février 2010)
  13. Loi no 86-1067 du 30 septembre 1986 Loi relative à la liberté de communication version consolidée au 7 mars 2007
  14. Assemblée nationale, constitution du 4 octobre 1958, douzième législature, proposition de loi tendant à interdire les sites Internet faisant l’apologie de l’anorexie. Présentée par Monsieur François Vannson. Exposé des motifs
  15. Assemblée nationale : Proposition de loi de Mme Valérie Boyer visant à combattre l'incitation à l'anorexie, no 781, déposée le 3 avril 2008
  16. « Assemblée nationale ~ SANTÉ (n° 2673) - Amendement n° 1052 », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 13 juin 2016)
  17. lefigaro.fr, « Les députés créent un nouveau délit sur le Web, contre l'incitation à l'anorexie », sur Le Figaro (consulté le 13 juin 2016)

Articles connexes[modifier | modifier le code]