Prix des bouquinistes

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Boites de bouquiniste sur les quais de la Seine en 2010.

Le prix des bouquinistes, dit aussi : prix des bouquinistes des quais ou prix des bouquinistes des quais de Seine, est un prix littéraire créé en 1953, à l'initiative du bouquiniste parisien Ferdinand Teulé. Mis en sommeil après la remise du prix de 1963, il réapparait en 1994. Sa dernière attribution a eu lieu en 2006.

Historique[modifier | modifier le code]

C'est au début des années 1950 que Ferdinand Teulé et son ami et collègue Veker, des bouquinistes de Paris, ont l'idée de créer un prix littéraire « pas comme les autres ». Leur but et de mettre en lumière un ouvrage de qualité, présent dans une boite des bouquinistes des quais de la Seine, qui a été oublié par le monde littéraire : critiques et membres des jury des prix littéraires reconnus. Les deux bouquinistes espèrent ainsi motiver les lecteurs et les chalands pour éviter que cet ouvrage finisse au pilon. Ils décident que le « prix des bouquinistes des quais » sera de un francs mais qu'il sera remis sous la forme d'une pièce neuve en argent, de cinq grammes, à l'effigie de la Semeuse. Pour assurer la pérennité de leur Prix ils provisionnent vingt pièces. Le premier prix est attribué le [1].

En 1954, Michel Ragon, alors bouquiniste, devient secrétaire du syndicat des bouquinistes et du prix[2], le jury est présidé par Daniel Halévy. En 1956 c'est André Malraux qui prend la présidence du jury et remet le prix à Louis Doyon. La qualité des présidents du jury et des écrivains lauréats donnent un début de notoriété dans le monde littéraire, notamment parisien[1]. Durant cette première période trois prix sont encore attribués, en 1958, 1961 et 1963. En 1975 c'est le décès de son fondateur et principal animateur, Ferdinand Teulé (1909-1975)[3], qui marque la fin de cette première époque.

Au début des années 1990, des projets de la mairie de Paris mobilisent les bouquinistes des quais. Cette union revendicative débouche sur l'envie de faire renaitre le prix en récompensant « un livre ou une œuvre de qualité, reflétant ce qu'on appelle l'esprit parisien ; à savoir : faire preuve de curiosité, d'humour ou de gouaille, sinon d'impertinence »[4]. En décembre 1994, cette nouvelle première remise a lieu dans un bistrot PMU de la rue du Cardinal-Lemoine. Il y a foule dans la salle lorsqu'une bouquiniste annonce : «L'Association amicale des bouquinistes a choisi pour premier lauréat cette année Robert, dit Bob, Giraud, auteur de Faune et Flore argotiques paru aux éditions le Dilettante.»[4]. Le nom complet donné au prix est Prix des bouquinistes des quais de Seine[5].

Le prix des bouquinistes n'est plus attribué depuis la remise du prix de 2006.

Lauréats[modifier | modifier le code]

Première période (1953-1963)[modifier | modifier le code]

Deuxième période (1994-2006)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Y. Doré, Un Prix « pas comme les autres », 1957, p. 28.
  2. André Derval, « Ragon Michel, Camille, Aristide », dans Le Maitron : Dictionnaire biographique mouvement ouvrier mouvement social, Éditions de l'Atelier (lire en ligne).
  3. « Ferdinand Teulé (1909-1975) », sur Bibliothèque nationale de France (consulté le 2 septembre 2018).
  4. a b et c Philippe Rochette, Libération, 1994.
  5. (en + fr) Milan Ratković (trad. Lydia Delaunay), Bouquinistes of Paris, Éditions L'Âge d'Homme, , 71 p. (ISBN 9782825113349, lire en ligne), p26.
  6. « Pierre Hubac », sur Bibliothèque nationale de France (consulté le 1er septembre 2018).
  7. « Han Ryner », Bibliographie de la France,‎ , p. 3287 (lire en ligne).
  8. « Jean Ray », dans Nouvelle biographie nationale, vol. 12, Belgique, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, (lire en ligne), p259.
  9. « Prix des bouquinistes », La Quinzaine littéraire, nos 673 à 683,‎ , p. 4 (lire en ligne).
  10. « Jacques Perry », dans Auteurs et traducteurs : Répertoire, Seine-et-Marne, Conseil général (lire en ligne).
  11. « Prix des bouquinistes », Livres Hebdo, nos 179 à 182,‎ , p. 174 (lire en ligne).
  12. « Prix des bouquinistes », Livres Hebdo, nos 228 à 229,‎ , p. 95 (lire en ligne).
  13. « Prix littéraires », Livres Hebdo, nos 316-317,‎ , p. 38 (lire en ligne).
  14. GS, « Le prix des bouquinistes », L'Humanité,‎ (lire en ligne).
  15. « Alain Paucard », La Revue littéraire, no 29,‎ , p. 347 (lire en ligne).
  16. « Michel Dansel », sur Bibliothèque nationale de France (consulté le 3 septembre 2018).
  17. « Le prix des bouquinistes », Livres Hebdo, nos 576 à 579,‎ , p. 52 (lire en ligne).
  18. « Éléna Arseneva », sur Quais du polar, (consulté le 1er septembre 2018).
  19. « Alain Sasson », sur Éditions L'Harmattan (consulté le 2 septembre 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • 1953, le 30 avril : photographie de Roger-Viollet : Pierre Hubac reçoit, de Ferdinand Teulé la pièce de 1 francs, du prix des bouquiniste, devant une boite des quais de Seine (source en ligne).
  • 1953, le 30 avril : photographie de Keyston Pictures USA : Pierre Hubac, pose avec ses ouvrages Carthage et Tistou les Mains Vides sur un quai de la Seine, devant une boite de bouquiniste (source en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]