Prix Georges, Jacques et Elias Canetti

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Le prix Georges, Jacques et Elias Canetti est né, en 2006, de la donation par la famille Canetti à l’Institut Pasteur de 158 lettres manuscrites échangées entre les trois frères entre 1938 et 1952.

·        Georges Canetti, Médecin, professeur et chercheur à l’Institut Pasteur qui consacra sa vie à l’étude de la tuberculose ;

·        Jacques Canetti, producteur musical, directeur et fondateur du théâtre des Trois Baudets et du label de disques Les Productions Jacques Canetti

·        Elias Canetti, écrivain et prix Nobel de littérature.

Ces 158 lettres ont été publiées dans l’ouvrage « Lettres à Georges », aux éditions Albin Michel, en 2009, et dans plus de 30 langues.

Le Prix Canetti est un hommage au Prof. Georges Canetti qui a consacré toute sa vie à la recherche sur la tuberculose et qui a été l’un des pionniers des traitements associant plusieurs antibiotiques (les bithérapies, puis les trithérapies). Il a mis au point une méthode d’antibiogramme toujours utilisée et découvert une mycobactérie rare qui porte aujourd’hui son nom : Mycobacterium canetti.

Entièrement financé par la famille et leurs amis, le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti récompense chaque année depuis 15 ans un chercheur pour ses travaux sur les maladies infectieuses. Il a été initialement créé pour soutenir les efforts des chercheurs pasteuriens dans le domaine de la tuberculose, en hommage particulier au Pr Georges Canetti, « dont la tuberculose dont souffrait sa mère Mathilde Canetti a éveillé sa vocation de médecin et de chercheur », ajoute Françoise Canetti.


Les lauréats

1.      Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2020 est attribué à Mélanie Hamon pour son travail sur les modifications épigénétiques induites lors d’infections bactériennes, notamment par la bactérie Streptococcus pneumoniae, responsable d’infections respiratoires sévères surtout chez les personnes fragiles (personnes âgées, jeunes enfants et patients immunodéprimés).

Mélanie Hamon Mélanie Hamon dirige le Groupe de recherche à 5 ans Chromatine et Infection à l’Institut Pasteur.

Elle est titulaire d’un doctorat en microbiologie et immunologie de l’université de Californie à Los Angeles aux États-Unis (2004) et d’une habilitation à diriger les recherches de l’université Pierre et Marie Curie (2013). En 2005, elle rejoint l’Institut Pasteur pour faire son stage postdoctoral dans l’unité de Pascale Cossart. Elle est intégrée comme assistante de recherche à l’Institut Pasteur en 2008, promue chargée de recherche en 2011, puis sélectionnée en 2016 pour diriger son propre groupe de recherche au sein du département de Biologie Cellulaire et Infection.

Le groupe Chromatine et Infection travaille sur l’interaction des bactéries avec la cellule hôte. Elle se focalise sur les modifications épigénétique induites lors d’infections bactériennes et qui impactent l’expression des gènes humains. Deux modèles bactériens sont à l’étude dans son laboratoire : Streptococcus pneumoniae, responsable d’infections respiratoires sévères, et Listeria monocytogenes, causant des infections d’origine alimentaire.

Mélanie Hamon est lauréate du Prix Deschiens de l’Académie Nationale de Médecine (2015) et du prix de la fondation iXblue pour la recherche (2020).

En parallèle à ses activités de recherche, Mélanie Hamon est une cycliste aguerrie et mère de deux enfants.

2.    Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2019 récompense les travaux de Ludovic Tailleux sur le bacille de la tuberculose

Ludovic Tailleux est chargé de recherche à l’Institut Pasteur. Il dirige un groupe de recherche au sein de l’Unité de Pathogénomique Mycobacterienne Intégrée dirigée par Roland Brosch (Lauréat du Prix Canetti 2007).

Ludovic Tailleux est titulaire d’un doctorat en immunologie de l’université de Paris VII (2003) et d’une habilitation à diriger les recherches l’université de Paris V (2016). Il effectue son stage postdoctoral à l’Institut Pasteur dans l’unité de Brigitte Gicquel (Prix Canetti en 2008) et y est recruté en tant que chargé de recherche en 2006. Il est promu chef de groupe en 2015.

Ludovic Tailleux utilise une approche pluridisciplinaire combinant l’immunologie, la génétique et la bioinformatique, pour mieux comprendre comment l’agent étiologique de la tuberculose, la bactérie Mycobacterium tuberculosis, interagit avec les cellules du système immunitaire humain.

Son travail a permis une meilleure compréhension du comportement de M. tuberculosis dans les cellules dendritiques humaines (cellules clés pour induire une réponse du système immunitaire) et a permis d’identifier le principal récepteur de M. tuberculosis à la surface de ces cellules.

Ludovic Tailleux travaille actuellement sur l’identification de molécules capables d’augmenter la résistance des cellules humaines à l’infection par M. tuberculosis et/ou qui augmenteraient l’efficacité des antibiotiques.

Ludovic Tailleux est lauréat du Prix Jacques Monod (2003)

3.     Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2018 récompense Nadia NAFFAKH pour ses travaux sur le virus de la grippe

Nadia Naffakh est Directrice de Recherche au CNRS. Elle dirige l’Unité "Biologie des ARN et Virus Influenza" au sein du département de virologie à l’Institut Pasteur.

Ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Paris (1985-1989), Nadia Naffakh est agrégée en Sciences de la Vie et de la Terre (1989), titulaire d’une thèse de doctorat en virologie (1994) et d’une Habilitation à Diriger les Recherches de l’université Paris Diderot-Paris 7 (2008). Elle entre à l’Institut Pasteur en 1992 pour effectuer son stage postdoctoral dans l’unité de Jean-Michel Heard. En 1997, elle rejoint l’unité "Génétique moléculaire des virus à ARN" dirigée par Sylvie van der Werf où elle est recrutée en tant que chargée de recherche au CNRS (CR2). Elle est promue CR1 en 2001 puis DR2 en 2011. En 2003, Nadia Naffakh effectue une année sabbatique au NIH à Bethesda. Elle est nommée Chef de groupe en 2005 au sein de l’unité de Sylvie van der Werf, et se voit confier la direction de l’unité "Biologie des ARN et Virus Influenza" en 2020.

L’équipe de Nadia Naffakh travaille sur les virus influenza, des pathogènes respiratoires qui représentent un problème majeur de santé publique et de santé animale : épidémies de grippe annuelles, épizooties fréquentes et pandémies occasionnelles. Ses projets de recherche portent sur les interactions moléculaires entre composants viraux et composants de la cellule hôte qui sous-tendent la synthèse, la maturation et le trafic intracellulaire des ARN viraux, soit des étapes clés du cycle de réplication virale. L’objectif, à terme, est d’identifier de nouvelles cibles pour le développement de molécules thérapeutiques, et de mieux connaître les mécanismes qui déterminent la virulence et le potentiel zoonotique des virus influenza.

En parallèle à son activité de recherche, Nadia Naffakh est maman de trois grands enfants, et elle est engagée dans des activités de soutien aux populations déplacées/réfugiées, en France et dans son pays d’origine, la Syrie.

4.     Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti2017 est attribué à Javier PIZZARO-CERDA pour son travail sur la bactérie Listeria monocytogenes, responsable d’infections alimentaires graves en particulier chez les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes.

Javier Pizarro-Cerda dirige l’unité Yersinia au sein du département de microbiologie de l’Institut Pasteur. Avec son équipe, il s’occupe de la surveillance du risque épidémique de la peste, du développement d’un vaccin contre son agent : la bactérie Yersinia pestis.

Après des études universitaires au Costa Rica, Javier Pizarro-Cerda, arrive en France en 1994 faire sa thèse de doctorat à l’université d’Aix-Marseille. En 1999, Il rejoint l’Institut Pasteur effectuer son stage postdoctoral dans l’unité de Pascale Cossart. Il est intégré comme assistant de recherche à l’Institut Pasteur en 2002 puis promu directeur de recherche en 2015.

Parmi l’une des avancées majeures de son travail l’identification d’une nouvelle toxine bactériocide que la bactérie Listeria monocytogenes, responsable d’infections alimentaires graves en particulier chez les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes, produit dans l’intestin de son hôte pour déséquilibrer son microbiote.

Javier Pizarro-Cerda est membre de l’Academia Europaea (2019), président du COMESP à l’Institut Pasteur et membre du comité d’organisation de l’axe maladies à transmission vectorielle et œuvre pour renforcer les liens entre l’Institut Pasteur et l’Amérique du sud.

En parallèle à ses activités de recherche, Javier Pizarro-Cerda est un passionné de musique et de voyages.

5.    Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2016 est attribué à Laleh MAJLESSI pour son travail sur les réponses immunitaires innées et adaptatives de l’hôte contre la bactérie Mycobacterium tuberculosis, et notamment sur l’influence des systèmes de sécrétion spécialisés de ce bacille responsable de la tuberculose chez l’homme.

Laleh Majlessi est directrice de recherche à l’Institut Pasteur. Elle assure, avec Pierre Charneau, la co-direction scientifique du laboratoire Commun Pasteur-TheraVectys.

Laleh Majlessi est née en Iran. Elle effectue ses études universitaires à l’Université Paris VII et entre à l’Institut Pasteur en 1990 pour effectuer son travail de DEA puis de thèse de doctorat en immunologie dans le laboratoire de Guy Bordenave.

En 1995, elle est recrutée en tant qu’assistante de recherche à l’Institut Pasteur, promue chargée de recherche en 1998 puis directrice de recherche en 2016. Laleh Majlessi soutient son habilitation à diriger les recherches en 2011 à l’université Paris VII.

En 2000, Laleh Majlessi rejoint le laboratoire de Claude Leclerc, lauréate du Prix Canetti 2012. Elle initie et développe un travail de recherche sur la réponse immunitaire à l’infection par Mycobacterium tuberculosis; bactérie responsable de la tuberculose et collabore avec l’équipe de Stewart Cole sur l’effet immunogène des facteurs de virulence de M. tuberculosis.

Ce travail sera poursuivi ensuite en collaboration avec Roland Brosch, lauréat du Prix Canetti 2007, au sein de l’unité de Pathogénomique  Mycobactérienne Intégrée qu’il dirige à l’Institut Pasteur.

Ainsi, le travail de Laleh Majlessi a permis des avancées majeures dans notre compréhension des mécanismes de protection immunitaire contre les agents infectieux.

Actuellement, Laleh Majlessi concentre ses efforts sur le développement d’un candidat vaccin contre le SARS-CoV2.

6.      Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2015 récompense Claude PARSOT, pour ses travaux sur la shigellose, une maladie diarrhéique qui sévit dans les régions tropicales.

Claude Parsot est directeur de recherche à l’Institut Pasteur et travaille au sein de l’Unité des Bactéries Pathogènes Entériques dirigée par François-Xavier Weill (lauréat Canetti 2013)

Claude Parsot est entré à l’Institut Pasteur en 1981 pour effectuer son travail de thèse dans le laboratoire de Georges Cohen sur les voies de biosynthèse des acides aminés. En 1988, il rejoint le laboratoire de John Mekalanos à Harvard Medical School à Boston aux États-Unis pour travailler sur la régulation des gènes de virulence de la bactérie responsable du choléra.

De retour à l’Institut Pasteur en 1990, Claude Parsot intègre l’Unité de Philippe Sansonetti pour travailler sur une autre bactérie pathogène entérique : Shigella flexneri. L’une des avancées majeures du travail réalisé par Claude Parsot et son équipe concerne l’identification d’un système « seringue-aiguille » utilisée par S. flexneri pour injecter ses facteurs de virulence dans la cellule hôte (système de sécrétion de type III).

En reconnaissance de la qualité de ses travaux, Claude Parsot a reçu la médaille Louis Pasteur de l’Académie des Sciences en 2006

En 2010, Claude Parsot a été nommé Directeur de l’Enseignement à l’Institut Pasteur, poste qu’il a occupé jusqu’en 2014.

7.  Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2014 récompense Fernando ARENZANA-SEISDEDOS, pour ses travaux sur le SIDA mettant en évidence le rôle des chimiokines qui offrent de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Fernando ARENZANA-SEISDEDOS est médecin et biologiste. Il occupe actuellement le poste de de directeur scientifique-adjoint à l’Institut Pasteur de Shangai en Chine.

Après des études de médecine pédiatrique à l’université de Séville, sa ville natale, Fernando Arenzana ejoint, en 1986, l’équipe de Jean-louis Virlizier à l’Institut Pasteur pour effectuer un stage postdoctoral.  Il est recruté en tant qu’assistant de de recherche à l’Inserm en 1986, promu directeur de recherche DR2 en 1992 et DR1 en 2001.

En 2007, Fernando Arenzana est nommé directeur de l’unité de Pathogénie Virale à l’Institut Pasteur.

Avec son équipe, ils étudient les interactions que le virus du sida établit avec les cellules qu’il infecte et montrent le rôle des chimiokines, des molécules produites par l’organisme et qui se lient naturellement aux cellules cibles du virus en utilisant les mêmes récepteurs que lui. Elles rentrent ainsi en compétition avec le virus et elles inhibent son entrée dans ces cellules. Ces travaux ont inspiré le développement de nouvelles approches thérapeutiques de l’infection VIH. Ils ont aussi permis de mettre en lumière comment le virus parvient à échapper à l’inhibition par les chimiokines en utilisant des récepteurs cellulaires « inaccessibles » aux chimiokines.

8. Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2013 récompense François-Xavier WEILL pour ses travaux sur les salmonelles et certaines espèces d’Escherichia coli afin de lutter et de prévenir les infections alimentaires.

François-Xavier Weill est directeur de recherche à l’Institut Pasteur. Il dirige l’unité des Bactéries pathogènes entériques, le Centre National de Référence des Escherichia coli, Shigella et Salmonella et le Centre Collaborateur de l’OMS pour typage et antibio-résistance des Samonelles

Médecin et biologiste, François-Xavier Weill s’intéresse depuis 20 ans à la diversité, à l’évolution génétique et à la circulation des bactéries pathogènes, en particulier celles résistantes aux antibiotiques. Ses travaux de génomique microbienne ont permis de mieux comprendre l’histoire évolutive de pathogènes majeurs comme les agents du choléra, des fièvres typhoïde et paratyphoïdes, de la dysenterie, de salmonelloses alimentaires... Ses travaux publiés dans des revues scientifiques prestigieuses ont pu, pour certains, être transposés en Santé publique.  

François-Xavier Weill est lauréat des Prix Deschiens Elloi Collery de l’Académie Nationale de Médecine (en 2007 et 2018 respectivement) et du Prix Canetti (2013).

9.    Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2012 récompense Madame Claude LECLERC, pour ses recherches portant sur de nouvelles stratégies vaccinales notamment pour les vaccins contre la tuberculose et pour deux vaccins anti-cancer en cours d’essai clinique.

Claude Leclerc est Professeur Honoraire à l’Institut Pasteur où elle a dirigé l’unité de recherche Régulation Immunitaire et Vaccinologie de 1992 à 2018.

Claude Leclerc entre à l’Institut Pasteur en 1973, d’abord en tant qu’étudiante en DEA pour suivre le cours d’Immunologie Approfondie puis en tant que thésarde dans le laboratoire de Louis Sélim Chedid. En 1981, elle soutient une thèse de doctorat d’état en immunologie de l’université Paris VII et est intégrée comme assistante de recherche à l’Institut Pasteur. Elle est promue Chargée de recherche en 1984, Chef de laboratoire en 1987 puis Professeur en 2002. En 2003, elle est nommée directrice de l’Unité Inserm 352/ U883/U1041.

Le travail de recherche de Claude Leclerc est centré autour du développement de stratégies vaccinales, avec comme objectif d’améliorer la tolérance et la qualité de la réponse immunitaire d’un vaccin.

Parmi les avancées majeures de son travail, la mise au point de trois candidats-vaccins thérapeutiques (notamment contre le cancer du col de l’utérus), qui sont actuellement en développement clinique et une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires à la base de l’interaction entre la tumeur et le système immunitaire.

En reconnaissance de ses travaux en immunologie, Claude Leclerc a été récompensée par de nombreux prix et distinctions honorifiques : Prix Grorges Zermati (1996), Prix Paris de la Ligue contre le Cancer (2004), Prix de l’Université de Yanghzhou (2007), et Prix Canetti (2012).

Claude Leclerc a aussi obtenu la Chaire d’Excellence Louis Pasteur en 2016 et a été élue membre de l’Académie Française de Pharmacie en 2017.

10.     Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2011 est décerné à Françoise DROMER, pour saluer et encourager ses recherches sur la cryptococcose, une infection opportuniste majeure chez les patients infectés par le VIH

Françoise DROMER est professeur à l’Institut Pasteur où elle dirige l’Unité de Mycologie Moléculaire et le Centre National de Référence Mycoses Invasives et Antifongiques depuis 2002.

Médecin, Françoise Dromer cherche à améliorer le pronostic des mycoses graves par la compréhension des mécanismes de survenue de ces infections. Son laboratoire étudie plus particulièrement Cryptococcus neoformans; une levure capsulée responsable  d’infections  pulmonaires et d’atteintes neuro-méningées chez les patients immunodéprimés.

Avec son équipe et ses collègues cliniciens et mycologues de l’hôpital Saint-Louis et de l’hôpital Necker à Paris, Françoise Dromer apporte son expertise à l’identification de champignons pathogènes rares, responsables de mycoses invasives et assure, au niveau national, la surveillance des mycoses invasives et de la résistance aux antifongiques en lien avec Santé Publique France.

En parallèle à ses activités de recherche, Françoise Dromer est directrice adjointe de la Direction des Carrières et de l'Évaluation Scientifiques.

En reconnaissance de son travail, Françoise Dromer a reçu en 2001 le prix Deschiens de l’Académie Nationale de Médecine et a été élue membre de l’Académie Américaine de Microbiologie en 2006.

11.     Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2010 est attribué à Caroline DEMANGEL pour son travail sur Mycobacterium ulcerans, la bactérie responsable de l’ulcère de Buruli

Caroline Demangel est directrice de recherche à l’Institut Pasteur, où elle dirige l’'unité Immunobiologie de l’Infection au sein du département d'immunologie.
Titulaire d’un diplôme d’Ingénieur de l'Institut National d'Agronomie Paris-Grignon (AgroParisTech, 1988), Caroline Demangel s’oriente vers un doctorat en biotechnologie dans la société Bertin (Plaisir, France, 1992). Après sa thèse, elle opte pour une carrière dans la recherche académique et effectue un stage post-doctoral à l’Institut Pasteur dans le laboratoire de Jean-Claude Mazié (1993-1995). Elle y est recrutée en tant que chargée de recherche en 1996.
En 1998, Caroline Demangel se rend au Centenary Institute à Sydney en Australie et développe, au sein du laboratoire de Warwick Britton, son expertise sur la réponse immunitaire et le développement de stratégies vaccinales contre l’infection par les mycobactéries. 
De retour à Paris en 2002, elle rejoint l'équipe de Stewart Cole à l'Institut Pasteur pour développer de nouvelles approches de diagnostic et de traitement des maladies mycobactériennes, avec un intérêt particulier pour la lèpre et l'ulcère de Buruli. 

L’équipe dirigée par Caroline Demangel étudie actuellement les mécanismes moléculaires utilisés par les mycobactéries pathogènes pour établir des infections chroniques chez l'homme et cherche à identifier les facteurs de virulence de ces bactéries qui sont capables d’interférer avec l'immunité de l'hôte.  L'objectif ultime de ces études est de développer des approches innovantes pour mieux traiter les infections mycobactériennes et d'identifier de nouveaux composés naturels ayant un potentiel immuno-modulateur.

Caroline Demangel a soutenu son Habilitation à diriger les recherches en 2006 à l’université Paris VII, est actuellement directrice-adjointe du département d’Immunologie à l’Institut Pasteur.

Caroline Demangel est maman de deux enfants.

12.     Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2009 récompense Lluis Quintana-Murci pour ses travaux, à l’interface de la recherche fondamentale en génétique des populations et de la recherche appliquée en épidémiologie et santé humaine, qui ont permis de mieux comprendre comment notre environnement a influencé notre adaptation biologique aux agents infectieux et notre susceptibilité actuelle aux maladies infectieuses.

Lluis Quintana-Murci est Professeur au Collège de France et à l’Institut Pasteur. Il dirige l’unité de Génétique évolutive humaine à l’Institut Pasteur.

Né en 1970 à Palma de Majorque (Espagne), Lluis Quintana-Murci, poursuit ses études universitaires à Barcelone (Espagne), prépare son doctorat en génétique des populations à l’université de Pavie (Italie), et soutient son habilitation à diriger des recherches à l'université Pierre-et-Marie-Curie à Paris.  En 2001, il est recruté au CNRS en tant que chargé de recherche puis promu directeur de recherche en 2008.

Les travaux de Lluis Quintana-Murci et de son équipe ont ont pour objectif d’identifier, chez l’Homme, les bases génétiques de la résistance ou susceptibilité́ aux infections microbiennes. Les résultats de leur travail nous permettent de mieux appréhender comment la sélection naturelle a ciblé les gènes de l'immunité́ innée au cours de l’évolution.

Lluis Quintana-Murci a exercé les fonctions de directeur scientifique de l’Institut Pasteur entre 2016 et 2017. Ses travaux ont été récompensés par de nombreux prix prestigieux : médaille de bronze du CNRS (2008), Prix Dagnan-Bouveret de l’Académie des Sciences (2009), médaille d’argent du CNRS (2013), Grand Prix de la Recherche Médicale de la Ville de Paris (2014), Prix Mergier-Bourdeix de l’Académie des Sciences (2015), Prix Duquesne (2020) et Prix Allianz de l’Académie des Sciences (2020).

Lluis Quintana-Murci est titulaire de la chaire Génomique humaine et évolution au Collège de France, membre de l’EMBO, de l’Academia Europaea et de l’Académie des Sciences.

13.  Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2008 récompense Brigitte GICQUEL pour ses travaux sur la tuberculose

Brigitte Gicquel est professeur à l’Institut Pasteur où elle a dirigé l’unité de Génétique Mycobactérienne.

Après des études de médecine à l’Université de Paris VII, Brigitte Gicquel entre à l’Institut Pasteur en 1973 et consacré une grande partie de sa carrière scientifique à la génétique de s mycobactéries et plus spécifiquement Mycobacterium tuberculosis.

Avec son équipe, elle met au point des outils génétiques puissants pour étudier cette bactérie et devient pionnière dans l’identification, dès 1998, des premiers gènes responsables de sa virulence. L’étude de ces gènes et de leurs produits est aujourd’hui à la base de la recherche de futurs antibiotiques.

Les travaux de Brigitte Gicquel ont également permis la mise au point d’un candidat-vaccin, grâce à l’étude du potentiel vaccinal de nombreux bacilles atténués pour leur virulence créés au laboratoire et le développement d’un test de diagnostic rapide de la tuberculose (1 jour au lieu de 3 à 6 semaines).


Tout au long de sa carrière, Brigitte Gicquel a travaillé en étroite collaboration avec les pays dans lesquels la tuberculose est très répandue (Centrafrique, Madagascar et la Chine, etc.)  afin d’y améliorer les méthodes de diagnostic et de mener des études épidémiologiques permettant notamment d’analyser l’émergence des multi-résistances du bacille aux antibiotiques.

Brigitte Gicquel, a aussi coordonné de nombreux projets européens sur la tuberculose, en particulier pour la recherche de nouveaux vaccins et pour discuter les questions d’éthique concernant les essais cliniques dans différents pays.

14.      Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti2007 est décerné à Roland Brosch pour ses travaux sur la tuberculose

Roland Brosch est Professeur à l’Institut Pasteur et responsable de l’Unité de Pathogénomique Mycobacteriene Intégrée.
Roland Brosch a obtenu son doctorat à l'Université de Salzbourg en Autriche, son pays natal. Après quelques années de formation postdoctorale à l'Université du Wisconsin à Madison et à l'Institut Pasteur à Paris (Unité de Pierre Grimont), il intégré le personnel scientifique de l'Institut Pasteur, en tant que chargé de recherche, en 2000. 
 
Roland Brosch a une vaste expérience dans la recherche sur les mycobactéries dans le domaine de la recherche sur la tuberculose (TB), où il a eu un impact important sur les projets génomiques révolutionnaires de Mycobacterium tuberculosis, l'agent étiologique de la tuberculose, le vaccin BCG et le pool génétique ancestral des mycobactéries responsables de la tuberculose (Mycobacterium canettii). 
 
Il a également participé à des travaux pionniers sur l'évolution du complexe M. tuberculosis et la découverte et la caractérisation fonctionnelle du système de sécrétion ESX / type VII de M. tuberculosis. 
 
Il continue d'être très intéressé par ces sujets, qui restent des questions clés pour l'identification de nouveaux mécanismes de virulence de M. tuberculosis, pour élucider l'extraordinaire pouvoir évolutif de M. tuberculosis et pour acquérir de nouvelles connaissances et perspectives sur l'interaction hôte-pathogène, cruciale pour le développement de nouveaux concepts de vaccins et de traitements. 


15.    Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2006 est attribué à Pedro ALZARI pour ses travaux visant à identifier et à caractériser de nouvelles cibles thérapeutiques contre la tuberculose.

Pedro Alzari est professeur à l’Institut Pasteur où il dirige l’unité de Microbiologie Structurale depuis 1998.

Pedro Alzari est titulaire d’un doctorat en physique de l’université La Plata en Argentine (1985). Il est recruté en tant que chargé de recherche à l’Institut Pasteur en 1987, promu directeur de recherche en 1987 puis professeur en 2004.

Les activités de son laboratoire sont orientées vers la caractérisation biochimique, biophysique et structurale de protéines impliquées dans la physiologie et la pathogénèse bactériennes, plus particulièrement dans les processus de signalisation.


Pedro Alzari a exercé plusieurs fonctions à l’Institut Pasteur, notamment en tant que directeur-adjoint du département de Biologie Structurale et Chimie (2006-2009) et en tant que directeur scientifique de la Protéopole (2010-2014).


Pedro Alzari est aluréat du Prix Thérèse Lebrasseur de la Fondation de France (2000) et du Prix Canetti (2006).

Lauréats[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]