Prix Busiris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Busiris.
Prix Busiris
Description Récompense « une affirmation juridiquement aberrante, si possible contradictoire, teintée de mauvaise foi et mue par l'opportunité politique plus que par le respect du droit »[1]
Organisateur Maître Eolas
Pays Drapeau de la France France
Date de création 2006
Site officiel http://busiris.fr

Le prix Busiris est un prix parodique remis par le blogueur maître Eolas à plusieurs personnalités politiques, en récompense d'« une affirmation juridiquement aberrante, si possible contradictoire, teintée de mauvaise foi et mue par l'opportunité politique plus que par le respect du droit »[1].

Le nom du prix renvoie au personnage de Busiris, spécialiste du droit de la guerre dans la pièce La guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux, qui après avoir démontré à la demande de Démokos que la manœuvre des navires grecs lors de leur arrivée était une insulte à Troie, et ne pouvait être réparée que par la guerre, démontre aussitôt le contraire quand Hector menace de l'emprisonner (acte II, scène 5), et cela en tenant des arguments tout aussi convaincants.

Rachida Dati, garde des Sceaux, ministre de la Justice, a reçu le « prix Busiris » à huit reprises, dont cinq fois consécutivement en l'espace de quelques semaines. Éric Besson, Brice Hortefeux, Michèle Alliot-Marie et Christine Albanel ont également reçu plusieurs fois le « prix Busiris ».

Daniel Schneidermann dans une tribune publiée le par Libération s'interroge sur un possible « effet Eolas » lorsque celui-ci décerne au CSA un « prix Busiris »[2].

Le prix Busiris dispose depuis juin 2011 d'un site web dédié.

Personnalités ayant reçu un Busiris[modifier | modifier le code]

no  Date Nom Fonction Propos sur
1 François Fillon conseiller politique de Nicolas Sarkozy (non)-Respect de la présomption d'innocence de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream
2 Pascal Clément Garde des Sceaux Commentaires sur l'amnistie de Guy Drut
3 Dominique Baudis président du CSA Positionnement de l'UDF dans le « centre parfait de la vie politique : le centre introuvable »[Note 1]
4 Alberto Gonzales ministre de la Justice des États-Unis Assertion selon laquelle le fait que la constitution interdise de suspendre l'Habeas corpus ne signifie pas qu'il soit en vigueur
5 Xavier Bertrand ministre de la Santé et porte-parole de Nicolas Sarkozy droit au logement opposable : loi destinée à ne pas être appliquée
6 Éric Ciotti député de la première circonscription des Alpes-Maritimes défense au nom de la tradition de pays d'accueil de l'amendement diminuant le délai de recours devant la Commission des recours des réfugiés
7 Claude Guéant secrétaire général de l'Élysée mariage du président de la République avec Carla Bruni et nationalité de celle-ci
8 Rachida Dati Garde des Sceaux Rétention de sûreté : rétroactive d'application immédiate
9 Jean Dionis du Séjour « spécialiste de l'économie numérique et des nouvelles technologies » Action intentée par TF1 contre Dailymotion : « la LCEN est une “belle architecture”, une “très bonne loi”, mais qui par un tour mystérieux (on devine la perversité naturelle des juges) génère une jurisprudence anarchique et confuse, et qu'il est donc urgent de la modifier pour reposer le problème de l'hébergeur irresponsable qui ne doit plus l'être tout à fait, alors que c'était pourtant le cœur de la loi. »
10 Rachida Dati (pour la 2e fois) Garde des Sceaux La loi sur les peines plancher : peine souvent prononcée, preuve de sa réussite alors qu'elle est par principe obligatoire.
X André Ride (presque primé) inspecteur général des services judiciaires Convocation d'une jeune femme procureur pour avoir appliqué la loi
11 Brice Hortefeux ministre de l'Immigration, l'Intégration, l'Identité nationale et du Développement solidaire Procédure d'expulsion entamée du fait de la mort de l'enfant français d'une femme camerounaise arrivée irrégulièrement : Dysfonctionnement de l'administration
12 Rachida Dati (pour la 3e fois) Garde des Sceaux L'ordonnance de 1945 ne contiendrait pas le mot « victime »
13 Rachida Dati (pour la 4e fois) Garde des Sceaux « Tente de faire passer les pires reculs des droits de la défense depuis la loi du 12 décembre 2005 comme des avancées. » (peine plancher et rétention de sûreté)
14 Rachida Dati (pour la 5e fois) Garde des Sceaux Lutte contre la récidive : peine plancher (durcissement de la répression) et aménagement de peine (mesures alternatives à l'emprisonnement)[3]
15 Rachida Dati (pour la 6e fois) Garde des Sceaux Déclaration suivante : « Je considère que le premier des droits de l'homme, c'est le droit des victimes. »
16 Christian Estrosi député maire de Nice Propos sur la récidive
17 Éric Besson ministre de l'Immigration « Un délit [...] ne peut être constitué à l’égard d’un acte accompli à titre humanitaire. » (à propos du délit d'aide au séjour irrégulier)
18 Christine Albanel Ministre de la Culture et de la Communication Ne fait pas le lien entre le projet de loi Création et Internet et l'amendement 138 au « paquet telecom »
19 Rachida Dati (pour la 7e fois) Garde des Sceaux Assimile respect de la vie privée de magistrat et conflit d'intérêt
20 Christine Albanel (pour la 2e fois) Ministre de la Culture et de la Communication À propos du coût du logiciel de sécurisation pour lutter contre le téléchargement illégal
21 Henri Guaino conseiller spécial de Nicolas Sarkozy défense erronée du dispositif HADOPI
22 Éric Besson (pour la 2e fois) ministre de l'Immigration Négation de l'existence du délit de solidarité
23 Franck Louvrier conseiller à la présidence de la République pour la communication et la presse défense erronée du dispositif HADOPI
24 Rachida Dati (pour la 8e fois) députée européenne et maire du 7e arrondissement de Paris
25 Éric Raoult Député de la Seine-Saint-Denis
26 Michèle Alliot-Marie Garde des Sceaux
27 Éric Besson (pour la 3e fois) ministre de l'Immigration, l'Intégration, l'Identité nationale et du Développement solidaire À propos de la mise en garde du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés
28 Brice Hortefeux (pour la 2e fois) ministre de l’Intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales Concernant sa sortie télévisuelle au sujet du conjoint de la conductrice au niqab
29 Michèle Alliot-Marie (pour la 2e fois) Garde des Sceaux Concernant la suppression du juge d'instruction.
30 Michel Mercier Garde des Sceaux Concernant l'affaire Karachi.
31 Éric Besson (pour la 4e fois) Ministre chargé de l'Industrie, de l'Énergie et de l'Économie numérique Concernant la légalité de l'hébergement de wikileaks sur le sol français.
32 Brice Hortefeux (pour la 3e fois) Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration Concernant sa condamnation en référé pour atteinte à la présomption d’innocence.
33 Éric Ciotti (pour la 2e fois) Député de la première circonscription des Alpes-Maritimes Concernant le blocage de sites pédopornographiques prévu à l'article 4 de la Loppsi, affirme qu'il n'est pas nécessaire de mobiliser un juge pour un délit.
34 Jean-Paul Garraud Député de la dixième circonscription de la Gironde Polémique consécutive à la proposition de Eva Joly de supprimer le défilé militaire du 14 juillet pour le remplacer par un défilé civique.
35 Pascale Boistard Députée de la première circonscription de la Somme Comparaison entre le Traité de Rome de 2004 et le Pacte budgétaire européen.
36 Marine Le Pen Présidente du Front national Propos sur sa condamnation par le tribunal correctionnel de Béthune dans l'affaire d'un tract calomniant Jean-Luc Mélenchon
37 Bernard Cazeneuve Ministre de l’Intérieur (gouvernement Valls II) Démenti de l’idée selon laquelle le projet de loi « Renseignement » serait attentatoire aux libertés, tout en concédant l’atteinte à la vie privée occasionnée par ce texte.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'est-à-dire : ni dans la majorité, ni dans l'opposition, ni dans le gouvernement, ni dans les groupes non-représentés au Parlement

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Définition du prix busiris à sa création le 9 mai 2006
  2. Daniel Schneidermann, « Baudis, la rue Parmentier et les blogs », Libération,‎ (lire en ligne)
  3. Pour une explication des différents dispositifs voir par exemple : ministère de la Justice, « Peines alternatives à l’emprisonnement et aménagements de peine », 25 novembre 2008

Lien externe[modifier | modifier le code]

Site de l'Académie et du prix Busiris