Principe de Gause

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gause.

En écologie fondamentale, et plus particulièrement en biologie des populations, le principe de Gause (ou principe d'exclusion réciproque, ou principe d'exclusion compétitive, ou principe de Volterra-Gause) est un principe de dynamique des populations stipulant que deux populations ne peuvent subsister sur la même niche écologique[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Le principe est habituellement attribué à Gause[2], bien que celui-ci ne l'ait jamais énoncé[3], et que le principe soit déjà présent chez Darwin[4],[1].

L'énoncé du principe[modifier | modifier le code]

Il stipule que les populations de deux espèces ayant des exigences écologiques identiques, c'est-à-dire exploitant une ressource limitante unique, ne peuvent coexister indéfiniment dans un milieu stable et homogène, la plus compétitive des deux espèces finissant à plus ou moins long terme par éliminer l'autre.

Ce principe revient à dire que deux espèces ne peuvent partager la même niche écologique (ensemble des exigences écologiques). C'est d'ailleurs grâce à ce principe que cette notion fut introduite.

Le corollaire du principe de Gause consiste à dire que si deux espèces écologiquement semblables coexistent, c'est qu'elles ont nécessairement réalisé une différenciation de niches.

L'expérience originelle de Gause (1934)[modifier | modifier le code]

L'expérience originelle de Gause, réalisée sur des paramécies, consistait à quantifier une population de Paramecium caudatum et une population de Paramecium aurelia cultivées dans le même milieu nutritif. L'expérience montre que Paramecium aurelia est l'espèce la plus compétitive et élimine l'autre en quelques jours.

Portée et limites[modifier | modifier le code]

De nombreux autres résultats expérimentaux et observations de terrain ont depuis montré que ce principe était de portée universelle, s'appliquant autant aux animaux qu'aux végétaux. Pour beaucoup d'auteurs, il existe cependant des cas limites voire des exceptions à ce principe, deux espèces sympatriques parfaitement compétitives pouvant dans certains cas coexister[1].

L'une des limites du principe est qu'il oscille entre principe a priori (des espèces coexistant doivent avoir des niches différentes, même si on ne voit pas les différences) et principe a posteriori (on vérifie bien que les espèces coexistant ont des niches différentes)[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Arnaud Pocheville, Les Mondes Darwiniens. L'évolution de l'évolution, Paris, Matériologiques, , 897-933 p. (ISBN 978-2-919694-04-4, lire en ligne), « La Niche Ecologique: Histoire et Controverses Récentes »
  2. (en) Georgii Frantsevich Gause, The Struggle For Existence, Williams & Wilkins, (lire en ligne)
  3. (en) Garrett Hardin, « The competitive exclusion principle », Science, vol. 131, no 3409,‎ , p. 1292–1297 (PMID 14399717, DOI 10.1126/science.131.3409.1292, lire en ligne [PDF])
  4. (en) Charles Darwin, On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life, John Murray, [détail de l’édition] (ISBN 1-4353-9386-4, lire en ligne)

Autres :

  • Duquet Marc, 1993. Glossaire d'écologie fondamentale, éd. Fernand Nathan, 127 p. (ISBN 2-09-190538-0)
  • Depotte C., Djegham Y., Noël G., Verhaeghe J.-C., 2003. Mathématique & biologie, une expérience pluridisciplinaire. éd. de Boeck, 208 pages, p. 68. (ISBN 2-8041-4314-7)
  • De Robert, Ricklefs, Gary, Miller, 2005. Écologie. éd. de Boeck, 858 pages, p. 407. (ISBN 2-7445-0145-X)
  • Dajoz R., 2006. Précis d'écologie. Dunod éd., 640 p. (ISBN 978-2-10-049627-3)
  • Gause G. F., 1935. Vérifications expérimentales de la théorie mathématique de la lutte pour la vie. Hermann et Cie, éditeurs, Paris, France.
  • glossaire d'écologie de R. Dajoz (complément à Précis d'écologie, 2006) [1]
  • le principe et ses limites expliqué par un professeur d'écologie en Master 1 [2]
  • le principe, page d'un spécialiste [3]