Principauté d'Hyderabad

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Principauté d'Hyderâbâd
Drapeau de Principauté d'Hyderâbâd
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de l'Inde Inde
Géographie
Superficie 224 722 km2
Divers
Fondateur Asaf Jâh Ier
Fondée en 1724
Dynastie Asaf Jahi
Religion islam
Salve 21 coups de canon

L'Hyderâbâd était un État princier (le plus vaste de l'Empire) autonome de l'Inde de 1724 à 1950, ayant à sa tête un Nizâm héréditaire. Sa capitale était la ville d'Hyderâbâd. Par métonymie, on appelle cette région le Nizâm. La dynastie qui a régné sur cet État est appelée dynastie des sept Asaf Jahi car tous ses membres, hormis les numéros 2, 3 et 4, portent le titre d'Asaf Jâh[1] (digne d'Asaf[2]). On les appelle aussi les Nizâms d'Hiderâbâd.

Histoire[modifier | modifier le code]

La principauté devint un État indien de 1950 à 1956. Sa capitale, la ville d'Hyderâbâd, étant, durant la majeure partie de cette période, une des quatre plus grandes villes de l'Inde.

Hyderâbâd fut fondée en 1586 par Muhammad Qulî Qutb Shâh, le cinquième sultan de la dynastie des Qutb Shahi (en) de Golkonda. En 1686, l'empereur moghol Aurangzeb faisait campagne dans le Deccan pour contrôler les prétentions des Marathes et pour faire la conquête des sultanats du Deccan. Avant cette campagne, le territoire moghol s'arrêtait à la Godâvarî. Lorsqu'Aurangzeb eut conquis Golkonda et Bijapur en 1687, son empire s'étendit jusqu'au sud de la Krishnâ.

Cependant, l'empire ne tarda pas à s'affaiblir après la disparition d'Aurangzeb. En 1724, un fonctionnaire moghol, Asaf Jâh, défit le gouverneur moghol des provinces méridionales de l'empire et s'établit à leur tête, se déclarant Nizâm al-Mulk de Hyderâbâd, l'empereur, affaibli et occupé à lutter contre les Marathes, ne pouvant s'y opposer. En 1763, le Nizâm Ali Khan déplace la capitale de son État d'Aurangâbâd à Hyderâbâd.

Hyderâbâd, un des États princiers les plus importants et les plus riches du Raj britannique, comme le prouve l'honneur de la salve de 21 coups réservée à son souverain par les Anglais, s'étendait sur 212 000 km². À son apogée, durant les années 1930, le Nizâm était l'un des hommes les plus riches au monde, son palais employant quelque 11 000 domestiques.

Quand l'Inde devint indépendante le , le Nizâm, de religion musulmane, refusa d'intégrer sa principauté dans l'Union indienne, bien que son territoire fût entièrement enclavé, exigeant la création d'un État séparé - cette possibilité ayant été prévue - de 18 millions d'habitants, en très forte majorité hindous, la situation inverse de celle du Cachemire. Après une courte guerre, Opération Polo du 13 au 17 septembre 1948, les troupes de l'armée indienne s'emparent de la principauté qui devient l'année suivante un nouvel État de l'Inde à laquelle elle est incorporée. Néanmoins le Nizâm ne cessa officiellement de régner qu'en 1950.

En novembre 1956, l'État d'Hyderâbâd est divisé suivant des considérations linguistiques, la région nord-est de langue télougou, comprenant la ville de Hyderâbâd, composant l'État de l'Andhra Pradesh, tandis que la région occidentale de langue kannada formait le Karnataka, et le Marathwada, la région du nord-ouest, de langue marathe, intégrait l'État de Bombay, d'où est issu le Maharashtra.

Dirigeants : Nizâm[modifier | modifier le code]

Carte de l'ex-province d'Hyderâbad

Titres de noblesse[modifier | modifier le code]

L’État d’Hyderâbâd a suivi la coutume mongole en termes de titres et de grades. Le statut dépend de la taille de l’État. Ce sont le plus souvent des commandements militaires avec les revenus afférents pour payer les troupes. À Hyderâbâd, ces revenus sont devenus des pensions sans réel lien avec les militaires. Les titres s’ajoutent les uns aux autres, le plus élevé ne fait pas disparaître les titres inférieurs.

Dans l’ordre croissant[4] :

  • Muslim (arabe : muslim, مسلم, musulman)
  • Khân (turc : han; arabe : ḫān, خان, khan)
  • Khân Bahâdur (persan : ḫān bahādur, خان بهادر, khan audacieux / valeureux)
  • Nabâb (persan : novāb, نواب, monseigneur)
  • Dawla (arabe : dawla, دولة, dynastie / empire; persan : dawleh, دوله)
  • Mulk (arabe : mulk, ملك, royaume)
  • Umarâ' (arabe : umarāʾ, أمراء, émirs, pluriel de amīr, أمير, émir / commandant)
  • Jâh (urdu : jâh, جاہ, digne de / égal de)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. urdu : ʾaṣaf jāh, آصف جاہ, digne d'Asaf.
  2. Asaf ben Berakhya est un personnage qui rend à Salomon son anneau magique dans la tradition musulmane.
    « Asaf savait le grand nom de Dieu et c'est lui qui disposait de tout dans la maison de Salomon » (Tabarî, La chronique, Histoire des prophètes et des rois, Volume II, De Salomon à la chute des Sassanides, Ed. Actes Sud, (ISBN 978-2742-733170), pp. 25-27)
  3. Asaf ad-Dawla Mir Ghazi ad-Dîn Khân Bahadur Firuz Jang :, prétend à la succession de son frère Mir Ahmad Nasir Jang. Il est empoisonné par la mère de Fateh Jang Nizâm ad-Dawla `Alî Khan Bahadur Nizâm al-Mulk, Asaf Jâh II
  4. Christopher Buyers, (en) Hyderabad