Prince Éric

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Prince Éric (Disney).
Drapeau de la Principauté de Swedenborg
Blason de la famille princière Jansen : un écu de gueules (rouge) au lion rampant (debout, pattes avant écartées) d’or

Le Prince Éric est le nom d'une série de six romans de Serge Dalens, illustrés par Pierre Joubert, publiés à l'origine aux éditions Alsatia, dans la collection Signe de piste. Le prince Éric est également le nom du héros de la série, qui deviendra Éric V de Swedenborg.

Les romans, illustrés par Pierre Joubert, ont été publiés, pour les quatre premiers tomes, aux Éditions Alsatia dans la collection Signe de piste entre 1936 et 1946, totalisant 4,5 millions d'exemplaires vendus. Les deux tomes suivants sont publiés en 1984 (450 000 exemplaires) et 1992 (80 000 exemplaires)[1]. Une adaptation en bandes dessinées des trois premiers romans a été publiée en 1966 et 1967 dans l'hebdomadaire J2 Jeunes, avec des scénarios de Serge Dalens et des illustrations d'Alain d'Orange.

Éric, jeune scout, se retrouve à 15 ans prince de la principauté imaginaire de Swedenborg, fictivement située en Scandinavie, aux prises avec d'innombrables dangers. Il les traverse grâce à l'amitié fidèle et la bravoure de ses camarades de scoutisme.

Titres de la saga « Le Prince Éric »[modifier | modifier le code]

  • Le Bracelet de vermeil (1937)
    • Éric, jeune prince de la petite principauté de Swedenborg, et Christian, fils d'un chirurgien parisien, se rencontrent au cours d'un camp scout. Ils se trouvent confrontés au mystère du bracelet qu'Éric porte au bras, symbole d'une dramatique vengeance. Éric devra alors choisir entre le devoir et l'amitié, aucun compromis n'étant possible (ISBN 221505011X).
  • Le Prince Éric (1939)
    • Monté sur le trône à 15 ans, à la mort de son oncle, Éric, devenu Éric V de Swedenborg, doit régner entouré de traîtres, d'espions et de ministres corrompus. Son Premier ministre, le comte Tadek, cherche à lui ravir sa couronne à tout prix. Christian et ses autres amis français essaieront de l'arracher des griffes du conseiller félon (ISBN 2215050128).
  • La Tache de vin (1939 - 1946)
    • Rémy, jeune orphelin fraîchement arrivé à la troupe, fait une rencontre mystérieuse, un jeune garçon, Jean-Luc de Bretteville, un ami d'Éric, qui ne veut pas que l'on voie son visage. Lors de cet épisode, le comte Tadek, chassé de Swedenborg après sa trahison, mais laissé libre par Eric, tentera par deux fois d'assassiner le prince (ISBN 2215050519).
  • La Mort d'Éric (1940 - 1942)
    • Éric s'engage en 1940 comme officier dans l'armée française. Son ami Christian le rejoint sur le front. Ensemble ils doivent combattre d'autres jeunes gens qui, pour certains, ont leur âge. Dans le camp ennemi, ils retrouveront un de leurs anciens amis, connu avant la guerre, Franz von Waldenheim (ISBN 2215050497).

Ces romans ont été suivis de deux autres romans complémentaires, destinés à éclairer les lecteurs sur de nombreux points jusque-là obscurs :

  • Éric le magnifique (1984) (ISBN 2215050500)
    • Paru en 1984, ce roman dissipe les nombreux points d'ombre des quatre premiers tomes. On découvre notamment la vie d'Éric avant de monter sur le trône, ainsi que celle d'Yngve. Pour la clarté de l'action, il peut être lu avant La mort d'Éric.

Les ISBN ci-dessus référencent les ouvrages publiés par les Éditions Fleurus.

Personnages[modifier | modifier le code]

Prince Éric[modifier | modifier le code]

Le prince Éric naît le 13 juin 1922 dans la principauté de Swedenborg, État indépendant enclavé au sud-est de la Norvège. Il est le fils unique du prince Carl Jansen, lui-même frère cadet du prince régnant Sven III.

Éric est blond cendré, bouclé ; il a d’immenses yeux verts et est plutôt petit ; il paraît plus jeune que son âge[2]. Il parle norvégien, français, anglais, allemand et espagnol, joue du piano, chante des berceuses en norvégien et pratique de nombreux sports dont le ski, l'escrime et la voile.

On ne sait que peu de choses sur son enfance. Sa mère, surnommée par la population "la Bonne princesse", décède des suites d’une fausse couche, le 13 juin 1935, jour anniversaire des 13 ans d'Éric. Son père meurt d’un cancer en novembre ou décembre 1935 et Éric devient le prince héritier. Le prince régnant Sven III décède le 26 août 1936, après avoir été empoisonné lentement durant plusieurs mois par le médecin du palais sur les ordres du comte Tadek. Le prince Éric lui succède, sous le nom d'Éric V. Encore mineur, il n'a que 14 ans et 2 mois lors de la mort de son oncle. Il gouverne donc assisté par le conseil de régence prévu par Sven III dans son testament. Constatant que le 1er Conseiller, le comte Tadek, n'est pas digne de confiance, il veut imposer sa volonté, ce qui n'est pas du goût de ce dernier qui le fait enlever et enfermer et le fait remplacer par un sosie, le jeune Yngve. C'est lui, et non Éric, qui sera sacré officiellement[3] le 1er janvier 1937. Libéré par son page, Jef d'Hilssen, aidé des scouts et de l'ambassadeur de France, il chassera Tadek et, émancipé par un référendum qui lui permettra de devancer de quelques mois l'âge de sa majorité, fixée à 15 ans pour les princes régnants, il montera sur le trône en plein exercice du pouvoir. Pour sa bravoure et sa magnanimité, il sera surnommé Éric le magnifique par le peuple de Swedenborg.

Guerre[modifier | modifier le code]

Bien que la Principauté soit un État neutre, les princes de Swedenborg, en vertu d’un ancien traité d'alliance avec la France, servent dans l'armée française en cas de conflit[4].

Le 20 janvier 1940, l'ambassadeur de France informe le Prince que, s'il considère comme toujours en vigueur le traité qui lie les souverains de Swedenborg au destin militaire de la France, celle-ci sera heureuse de l’accueillir dans un de ses plus prestigieux régiments. Le 25 janvier, Éric V de Swedenborg se présente alors à Paris au président de la République et au président du Conseil. Il est affecté comme aspirant Jansen le 10 février au 10e régiment de spahis algériens, unité d'élite où sa conduite lui vaudra d'être décoré de la Croix de Guerre. Convoqué le 4 avril au grand quartier général des armées du nord-est, il est chargé d'une mission auprès des pays scandinaves. Le 8 avril, arrivé à Stockholm via Londres, il rencontre le roi Gustave-Adolphe de Suède. Le lendemain, le Danemark s'effondre. La Norvège est attaquée, le Prince parvient après un périple de plusieurs jours à rejoindre le roi Haakon VII de Norvège. Éric V, de retour le 25 avril dans sa principauté encore libre, prend des dispositions pour assurer la régence s'il venait à disparaître. Le 30 avril, il regagne la France à bord d'un sous-marin britannique, le HMS Silkie, qui sera attaqué et gravement endommagé. Le 8 mai, le sous-marin accoste à Brest, le Prince regagne Paris en train puis son régiment où il ajoute les Palmes à sa Croix de guerre.

Mort d’Éric[modifier | modifier le code]

À la mi-mai 1940, le généralissime Weygand appelle Éric et le charge d'une mission qui, compte tenu de l’avance allemande, se révélera inutile, malgré les périls encourus. De retour auprès de Weygand, l'aspirant Jansen obtient l'autorisation de regagner son régiment, mais entre Vaucouleurs et Nancy sa voiture est prise sous le feu ennemi, son chauffeur tué, et Éric gravement blessé. Rapatrié trop tard dans un hôpital de Vittel dirigé par le docteur d'Ancourt et surchargé de blessés, il y mourra seul et anonyme dans un couloir, le 13 juin 1940, au soir de ses 18 ans.

Six mois après le décès d'Eric, le 15 décembre, l’Allemagne ayant décidé de rendre sa dépouille aux siens, une corvette de la Kriegsmarine ramènera le corps du dernier prince de Swedenborg dans la principauté occupée. Conformément à ses souhaits[5], il sera inhumé dans la cathédrale Saint Olaf de Swedenborg.

La paix revenue, Swedenborg refusera de se donner un prince étranger et votera son rattachement à la Norvège, comme Éric l'avait pressenti[6].

Amis d'Éric[modifier | modifier le code]

  • Christian d'Ancourt, né le 3 octobre 1922, de son vrai nom Christian Marie François Liévin de Creil d'Ancourt, fils du marquis et de la marquise d'Ancourt. Brun, il a un corps harmonieusement développé (cf "Ainsi régna le prince Éric", tome 6 de la saga). Sa rencontre avec Éric est relatée dans le Bracelet de vermeil ; leurs deux familles sont liées par une terrible vengeance vieille de 5 siècles, mais ils deviendront d'indéfectibles amis.
  • Jef d'Hilssen, né le 22 juin 1922, il a les yeux clairs et les cheveux très blonds ; il apparaît dans "Le Prince Éric", tome 2 de la saga. Son père, qui a trouvé la mort avec sa femme dans un accident d’avion, était l’aide de camp du prince Sven. Jef fait ses études au Gymnasium d’Oslo (lycée) lorsque, pressentant sa mort, le prince Sven le rappelle à Swedenborg pour lui faire intégrer le corps des pages et veiller sur Eric dont il deviendra l’ami fidèle. De 8 jours plus âgé qu'Eric, il sauvera deux fois la vie de son prince. En 1940, il deviendra l'adjoint du Conseiller Amersen.
  • Nils Stenerhom est le plus jeune page du prince Éric, 10 ou 11 ans en décembre 1936. Son père, pêcheur, a disparu au large des Lofoten. C’est sa mère qui recueille Éric et ses amis après son évasion de la citadelle d’Halsenoey (cf. "Le prince Éric", tome 2 de la saga).
  • Yngve Schmitt est né dans une clinique de Zurich le même jour et à la même heure qu'Éric. Sa mère meurt en lui donnant naissance et son père naturel, le prince allemand Wildstein-Taunus, l'abandonne et le fait élever dans l'ignorance de ses origines. Atteint d'une grave infection pulmonaire, il est soigné dans un sanatorium, où un médecin remarque son extraordinaire ressemblance avec Éric. Récupéré par Tadek, il est substitué à Éric et couronné à sa place. Volontairement privé de soins suffisants, Yngve meurt quelques jours plus tard, sans connaître ses origines ni connaître Éric, auquel il voulait rendre son trône. Il est inhumé dans le mausolée des princes de Swedenborg[7].

Ennemi d’Éric[modifier | modifier le code]

Olaf Tadek, de son vrai nom Zoltan Nagy, apparaît dans Le Prince Éric, tome 2 de la saga. Né le 1er janvier 1894 d'un père bulgare et d'une mère allemande, naturalisé hongrois, il est mobilisé et participe à la Grande Guerre, puis se distingue par sa férocité aux côtés de Bela Kun. À la chute de celui-ci, il se réfugie à Berlin puis entre dans les SA. Il est envoyé à Swedenborg avec mission de capter la confiance du prince souverain afin d'obtenir la mise à disposition pour la marine allemande des ports de Solsoeneur et d'Heligrays, puis le rattachement de Swedenborg à l'Allemagne. Il fait de fréquents voyages en Allemagne, où il rend compte de ses activités à son contact du Sicherheitsdienst (SD) ou à Heydrich lui-même. Nagy réussit parfaitement la première partie de sa mission, puisqu’il devient premier conseiller du Prince et reçoit le titre de comte. Il fait empoisonner lentement Sven III, qui refuse de livrer les ports à l’Allemagne. Mais le prince régnant meurt d'une crise cardiaque. Il enlève et séquestre le prince Éric, qui est délivré par ses amis. Chassé du Swedenborg, il tentera par deux fois d'assassiner Éric, une première fois à Paris lors d'une visite officielle et une seconde fois dans le Midi de la France. Mais Tadek sera finalement tué par Jef, qui sauvera ainsi la vie de son prince (cf. La Tache de vin, tome 3 de la série Le Prince Éric).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Quid p.358, 2003, éditions Robert Laffont
  2. "Ainsi régna le prince Éric"
  3. En réalité c'est Yngve qui est sacré à sa place, mais la substitution restera secrète et le prince Éric sera sacré en privé quelque temps plus tard.
  4. Avant son départ, il dit à Jef : « Il y aura toujours des gens pour dire "Qu'est-ce que c'est que ce Prince qui abandonne son peuple pour servir dans une armée alliée au nom d'un prétendu traité ?" Je considère, moi, qu'un traité n'est pas qu'un bout de papier, et que ma présence dans l'armée française ne peut être que bénéfique à la principauté. Mais si cette armée ne tient pas le choc et perd la guerre, comme je commence à le craindre, si je suis toujours en vie et qu'il faille cesser de combattre sur le sol norvégien ou sur le sol français, alors, là où ils seront, j'irai me mettre à la disposition du roi Haakon et de son fils, pour aider à la reconquête ».
  5. Extrait du testament d'Eric : S'il devait m'arriver malheur en France ou ailleurs, je voudrais que notre cathédrale accueille mon dernier sommeil.
  6. Extrait du testament d'Eric : Si je devais mourir sans enfant, le Conseil des ministres nommerait un régent. Je souhaite que ce soit le Conseiller Amersen. Puis un référendum populaire déciderait du sort de la principauté : poursuivre avec un nouveau prince élu par le peuple en accord avec le roi de Norvège, ou bien se fondre dans le royaume qui nous entoure et ne nous a jamais blessé.
  7. Extrait du testament d'Eric : S'il devait m'arriver malheur en France ou ailleurs, je voudrais que le jeune Prince enterré au mausolée y demeure avec mes ancêtres, qui sont devenus les siens.

Liens externes[modifier | modifier le code]