Premier ministre tunisien

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Chef du gouvernement de la République tunisienne
رئيس الحكومة بتونس
Image illustrative de l'article Premier ministre tunisien
Armoiries de la République tunisienne

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Titulaire actuel
Mehdi Jomaa
depuis le

Création
(Premier ministre)

(Chef du gouvernement)
Mandant Président de la République tunisienne
Premier titulaire Tahar Ben Ammar
Résidence officielle Dar El Bey, Tunis
Rémunération 6 000 TND[1] par mois
Site internet www.pm.gov.tn

Le chef du gouvernement tunisien[2] dirige et coordonne la politique de la Tunisie. Le pays a connu treize chefs de gouvernement depuis la création du poste. Avant le 24 décembre 2011, le chef du gouvernement était appelé Premier ministre.

Il siège au Dar El Bey, palais situé sur la place du Gouvernement, en périphérie de la médina de Tunis.

Le poste est occupé par Mehdi Jomaa (indépendant), sous le mandat de Moncef Marzouki, président de la République.

Histoire[modifier | modifier le code]

Tahar Ben Ammar, 1er Premier ministre, signant une convention entre la France et la Tunisie.

Le poste de Premier ministre est créé le , succédant ainsi à celui de grand vizir de Tunis. Le grand vizir Tahar Ben Ammar devient le 1er Premier ministre de Tunisie pendant la monarchie et le règne de Lamine Bey. Mais, à la suite de l'élection de l'Assemblée constituante qui rédige la constitution, Habib Bourguiba, devenu président de la République, met fin à la fonction le 25 juillet 1957. Le président nomme directement les membres du gouvernement et préside chaque Conseil des ministres au Palais présidentiel de Carthage.

Bourguiba recrée le poste en vertu du décret no 69-400 du 7 novembre 1969[3], puis l'inscrit dans la constitution avec les amendements du 31 décembre de la même année.

Bahi Ladgham, l'un des fidèles du président ayant occupé deux portefeuilles dans son gouvernement, celui des Finances et de la Défense, devient le troisième Premier ministre de l'histoire du pays et le premier sous le régime républicain.

Rôle[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Mohamed Mzali aux côtés du président Habib Bourguiba.

À l'origine, selon la constitution de 1959, le président nomme le Premier ministre et met fin à ses fonctions sur la présentation de sa démission du gouvernement, notamment en cas de motion de censure votée par la Chambre des députés[4].

Sur la proposition du Premier ministre, il nomme les autres membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions[5].

Selon la loi sur l'organisation provisoire des pouvoirs publics du 16 décembre 2011, le président de la République charge le candidat du parti politique ayant obtenu le plus grand nombre de sièges à l'Assemblée constituante de former le gouvernement. Ce dernier soumet au président la liste de ses membres dans un délai qui ne dépasse pas 21 jours. S'il ne parvient pas à le faire dans les délais impartis, le président le révoque et charge une autre personnalité de la mission, selon l'article 14 de la loi. En cas de décès, de démission ou de révocation du chef du gouvernement, le président charge le candidat du premier parti à l'Assemblée de former un nouveau gouvernement.

À la différence de ce qui est écrit dans la constitution de 1959, c'est le chef du gouvernement et non plus le président de la République qui préside le gouvernement.

Gouvernement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement de la Tunisie.

Au terme de la modification de la constitution effectuée en 1988, les prérogatives du Premier ministre sont considérablement diminuées. En vertu de l'article 60, le Premier ministre dirige et coordonne l'action du gouvernement. Il est chargé :

  • du fonctionnement des services de l'administration générale ;
  • du règlement de toutes les affaires intéressant plusieurs départements ;
  • de suivre toutes les affaires administratives ;
  • de viser ou de vérifier, selon le cas, les arrêtés réglementaires ou individuels des ministères et des secrétaires d'État ;
  • d'assurer la publication des textes au Journal officiel de la République tunisienne.

Désormais, selon la loi sur l'organisation provisoire des pouvoirs publics, le chef du gouvernement peut supprimer ou créer des ministères ainsi que définir les missions et attributions de chaque institution sous la tutelle du gouvernement. C'est aussi lui qui nomme les hauts fonctionnaires civils, avec l'aide du ministre chargé de ce secteur. Il nomme le gouverneur de la Banque centrale après concertation avec le président de la République. Il peut aussi dissoudre les conseils municipaux, les conseils régionaux et les conseils locaux en demandant l'avis du président.

Il est le représentant, avec le président de la République, de la nation tunisienne à l'étranger.

Assemblée constituante[modifier | modifier le code]

Hamadi Jebali à l'Assemblée constituante.

Le chef du gouvernement présente à l'Assemblée constituante le programme de son cabinet. L'Assemblée vote ensuite la confiance au gouvernement qui prête serment après l'annonce des résultats du vote.

L'Assemblée se charge de contrôler le gouvernement et peut voter une motion de censure pour mettre fin à son mandat. Le candidat du parti politique ayant le plus de sièges à l'Assemblée est alors nommé chef du gouvernement et doit présenter la composition de son gouvernement au président de la République. L'Assemblée peut également voter une motion de censure contre un ministre en particulier ; le poste est alors vacant jusqu'à ce que le chef du gouvernement nomme son remplaçant.

Une fois que le Conseil des ministres a délibéré sur les projets de lois, il les soumet à l'Assemblée constituante par l'intermédiaire du chef du gouvernement.

Honneurs, prérogatives et avantages[modifier | modifier le code]

Protocole[modifier | modifier le code]

Siège du gouvernement.

Le chef du gouvernement est l'un des trois principaux personnages de l'État avec le président de la République et le président de l'Assemblée constituante. Son appellation officielle est « Monsieur le chef du gouvernement » (avant 2011 : « Monsieur le Premier ministre »).

Salaire[modifier | modifier le code]

Le chef du gouvernement dispose d'un salaire de 6 000 dinars tunisiens par mois ; des informations de la presse le donnaient à plus de 35 000 dinars[1].

Siège[modifier | modifier le code]

Depuis la création du poste, le chef du gouvernement réside au Dar El Bey, à la kasbah de Tunis, en face du ministère des Finances et près des sièges du mufti de la République et des autres ministères. Le même protocole a encore effet, même après la recréation du poste le 7 novembre 1969.

Depuis la révolution de 2011, chaque Conseil des ministres se passe dans ce palais.

Liste[modifier | modifier le code]

Tendance politique Couleur
Destour/Néo-Destour/PSD
RCD
Ennahda
CPR
Nom Gouvernement Mandat Parti durant l'exercice du mandat Législature
(élection)
Bey (1956–1957)
Président (depuis 1957)
(dates du mandat)
Tahar Ben Ammar Tahar Ben Ammar.jpg Destour Assemblée constituante Lamine Bey
Lamine Bey.jpg
(1943–1957)
Habib Bourguiba Salah Farhat B.jpg Néo-Destour
Bahi Ladgham Bahi Ladgham.jpg Parti socialiste destourien IIIe législature Habib Bourguiba
Bourguiba 1960.jpg
(1957–1987)
Hédi Nouira Hedi nouira cropped.jpg IIIe-Ve
législatures
Mohamed Mzali Mohamed mzali.jpg Ve
VIe
législatures
Rachid Sfar RACHID SFAR ancien Premier Ministre Tunisien.jpg VIe
VIIe
législatures
Zine el-Abidine Ben Ali Zine El Abidine Ben Ali.jpg VIIe
législature
Hédi Baccouche Baccouche.jpg Rassemblement constitutionnel démocratique VIIe
VIIIe
législatures
Zine el-Abidine Ben Ali
Zine El Abidine Ben Ali.jpg
(1987–2011)
Hamed Karoui Hamed Karoui 1970.jpg IXe
Xe
législatures
Mohamed Ghannouchi Ghannouchi.jpg 1 Xe-XIIe
législatures
2 Indépendant XIIe législature
Dissolution du parlement
Fouad Mebazaa
Fouad Mebazaa 15 jan 2011.jpg
(2011)
Béji Caïd Essebsi Beji Caid el Sebsi at the 37th G8 Summit in Deauville 006.jpg
Indépendant Assemblée constituante Moncef Marzouki
Moncef Marzouki2.jpg
(depuis 2011)
Hamadi Jebali Hamadi Jebali en conférence de presse.jpg Ennahda
Congrès pour la République
Ettakatol
Ali Larayedh AliLarayedhpicture.jpg
Mehdi Jomaa 2013 Planete PME CGPME Mehdi Jomaâ.JPG en cours Indépendant

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Deux Premiers ministres ont été élus ultérieurement présidents de la République : Habib Bourguiba et Zine el-Abidine Ben Ali. Deux d'entre eux ont également été élus président de la Chambre des députés : Rachid Sfar et Béji Caïd Essebsi.

Premiers ministres par président de la République[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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