Première Guerre anglo-sikhe

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Première Guerre anglo-sikhe
L'artillerie sikh
L'artillerie sikh
Informations générales
Date du 11 décembre 1845
au 9 mars 1846
Lieu Pendjab, aujourd'hui Inde et Pakistan
Issue Victoire des Britanniques
Conquête partielle du royaume sikh
Belligérants
British East India Company flag.svg Compagnie anglaise des Indes orientales
Patiala flag.svg État de Patiala
État de Jinde
Nishan Sahib.svg Empire Sikh
Commandants
British East India Company flag.svg Sir Hugh Cough (en)
British East India Company flag.svg Sir Henry Hardinge
Nishan Sahib.svg Raja Lal Singh
Forces en présence
80 000 hommes en 1845
Batailles
Mudki · Ferozeshah · Aliwal · Sobraon

La Première Guerre anglo-sikhe est une guerre entre le royaume sikh du Panjâb et la Compagnie anglaise des Indes orientales entre 1845 et 1846. Il en résulta la division partielle du royaume sikh.

La bataille de Sobraon le 10 février 1846 eut un impact majeur sur le cours du conflit et vit la victoire des Anglais.

Contexte et causes du conflit[modifier | modifier le code]

La première guerre anglo-afghane[modifier | modifier le code]

Le royaume Sikh de Punjab est agrandi et est consolidé par le Maharajah Ranjît Singh au début du dix-neuvième siècle, alors que les territoires contrôlés par les Britanniques s'approchait des frontières du Punjab, grâce aux annexions et aux conquêtes. Singh mena une politique d'amitié méfiante avec les Britanniques, cédant des territoires au sud de la rivière Sutlej alors qu'il créait une armée afin de répondre à une éventuelle agression britannique mais aussi afin de faire la guerre contre les Afghans. Il engage des mercenaires européens et américains pour entraîner son artillerie, et incorpore des contingents d'Hindous et de Musulmans dans son armée.

Aidés par la désunion des Afghans, les Sikhs conquirent les cités et provinces de Peshawar et Multan et incorporèrent les États de Jammu et Kashmir dans leur empire. Après que l'ordre soit rétabli en Afghanistan, les Britanniques devinrent obsédés par l'idée que l'Emir Dost Mohammad Khan d'Afghanistan conspiraient avec la Russie. Ils provoquèrent alors la Première guerre anglo-afghane pour le remplacer par le complaisant Shah Shuja. Cette opération était soutenue par les Sikh, en retour de la cession formelle de Peshawar par Shuja Shah. Au début réussie, l'invasion britannique pris un tournant désastreux avec la Bataille de Gandamak, un véritable massacre, ruinant la réputation des Britanniques, et de l'armée du Bengale de la Compagnie anglaise des Indes orientales en particulier. Les Britanniques se retirent finalement d'Afghanistan et du Peshawar en 1842.

Evenements dans le Pendjab[modifier | modifier le code]

Ranjit Singh meurt en 1839. Presque immédiatement, son royaume commence à sombrer dans le désordre. Après quelque mois, Kharak Singh, son impopulaire fils légitime est écarté du pouvoir. Il meurt ensuite en prison dans des circonstances mystérieuses, il est généralement accepté qu'il a été empoisonné. Il est remplacé par son fils avec lequel il est brouillé, Nau Nihal Singh, qui meurt lui aussi rapidement dans des circonstances suspectes: il est écrasé par un arc de voûte au Fort de Lahore, alors qu'il revenait de la crémation de son père.

Il y avait alors deux grandes factions luttant pour le pouvoir et l'influence au Pendjab: les Sikhs Sindhanwalias et les Hindou Dogras. Le Dogras succédèrent au Sindhanwalias, grâce au Dogra Sher Singh, plus vieux fils illégitime de Ranjit Singh, couronné en janvier 1841. Les dirigeants Sindhanwalias s'exilèrent alors sur les territoires britanniques, mais gardent des nombreux sympathisants dans l'armée du Pendjab.

Mort de Jawahar Singh, Vizir de Lahore - Illustrated London News

Les effectifs de l'armée croissaient rapidement après la mort de Ranjit Singh, passant de 29 000 hommes (avec 192 canons) en 1839 à plus de 80 000 hommes en 1845, lorsque que les seigneurs de guerre et leurs servants prennent les armes. Elle se déclare elle-même incarnation de la nation sikhe. les comités de régiment forment un pouvoir alternatif dans le royaume, déclarant que l'idéal de Guru Gobind Singh d'une communauté sikhe unie revit, avec les Sikhs assumant toutes les fonctions exécutives de l'Etat, militaire et civile. Les observateurs britanniques dénoncent alors une "dangereuse démocratie militaire". Les représentants anglais et les visiteurs décrivent les régiments comme les gardiens de l'odre "puritain" interne, mais aussi comme étant perpétuellement en rébellion contre Darbâr central. Dans un moment de trouble notoire, des soldats sikhs menèrent une émeute, passant au fil de l'épée toute personne parlant perse (la langue utilisée par les clercs administrant les finances de l'Armée).

Maharajah Sher Singh était incapable de répondre aux demandes de paie de l'Armée, bien qu'on rapporte qu'il prodigua des fonds extravagants pour une cours dégradée. En septembre 1843, il est assassiné par son cousin, officier de l'Armée, Ajit Singh Sindhanwalia. Les Dogras se vengèrent des responsables et Jind Kaur, la plus jeune veuve de Ranjit Singh, devint régente de son fils Duleep Singh. Après que le vizir Hira Singh est tué, alors qu'il tentait de fuir la capitale avec le Trésor Royal, le frère de Jind Kaur Jawahar Singh devient vizir. En 1845 il arange l'assassinat de Peshaura Singh, présenté comme une menace pour Duleep Singh. C'est pour cela que l'armée lui demanda des comptes. Bien qu'il tenta de la corrompre par des pots-de-vin, il est massacré en septembre 1845 en présence de Jind Kaur et de Duleep Singh.

Jind Kaur jura alors publiquement de venger son frère, elle resta régente. Lal Singh devint vizir et Tej Singh commandant de l'armée. Les historiens sikhs souligne que les deux hommes étaient importants dans la faction Dogra. A l'origine des aristocrates hindous étrangers, ils se convertirent tous deux au Sikhisme en 1818.

Réaction britanniques[modifier | modifier le code]

Immédiatement après la mort de Ranjit Singh, la Compagnie anglaise des Indes orientales renforca son armée, particulièrement dans les régions adjacentes au Pendjab, établissant un cantonment militaire à Firozpur, à seulement quelques kilomètres de la rivière Sutlej qui marque la frontière entre les territoires britanniques et sikhs. En 1843, il conquirent et annexèrent Sind, au sud du Pendjab, dans une manœuvre considérée par beaucoup de britanniques comme cynique et ignoble. Elle ne permit pas au britanniques de gagner du respect au Pendjab et augmenta les soupçons concernant les motivations des anglais.

Les actions et l'attitude des Britanniques, commandés par le Gouverneur Général Lord Ellenborough et son successeur Sir Henry Hardinge, sont discutés par les historiens. Pour les britanniques, le principale préoccupation était que l'Armée Sikh, sans une domination ferme pour la restreindre, était une sérieuse menace pour les territoires britanniques frontaliers. Les historiens Sikhs et Hindous répliquent que les préparations militaires réalisées par ces Gouverneur généraux étaient de nature offensive. Par exemple, il préparèrent des canons de siège, qui sont d'une utilité contestable pour des opérations purement défensive.

L'attitude des anglais était causé par les reports de leur nouvel agent politique à la frontière, Major George Broadfoot, qui provoquait le désordre dans le Pendjab et racontait à la cours tout les rumeurs de corruption. Pour certains officiels, il y avait un grand désir d'élargir leur influence et leur contrôle au Pendjab, car c'était la dernière force pouvant menacer les britanniques en Inde et le dernier royaume indien indépendant n'étant pas sous influence anglais. Il était aussi connu comme étant le plus riche, le Koh-i Nor étant l'un de ces trésors. Malgré cela, il est peu probable que la Compagnie anglaise des Indes orientales aie délibérément tenté d'annexer le Pendjab car elle n'avait pas suffisamment d'hommes ou de ressources pour conserver le territoire (comme le prouve le déclenchement de la seconde guerre anglo-sikhe).

Néanmoins, la politique délibérément agressive que l'armée britannique mena à la frontière conduisit à une exacerbation des tensions avec le Pendjab.

Notes et références[modifier | modifier le code]