Pratique du secret

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La pratique du secret est une pratique de guérison populaire, rencontrée certains pays européens et remontant vraisemblablement au Moyen Âge chrétien. Elle consiste à soigner certaines affections par une formule, généralement une courte prière souvent associée à quelques gestes effectués par la main ou les doigts en direction du corps du patient, comme un signe de croix par exemple. L'ensemble de ce procédé est appelé un secret dans la mesure où il n'est connu que de son auteur et où sa révélation à un tiers est supposée lui faire perdre son efficacité. Ce n'est que peu avant son décès que le faiseur de secrets est censé transmettre ce dernier. La transmission se fait traditionnellement à un des descendant ou un autre membre de la famille mais pas systématiquement[1].

On qualifie les pratiquants de faiseurs de secrets, panseurs de secrets ou encore leveurs de maux. Beaucoup d'entre eux ne se considèrent pas comme des thérapeutes et certains ne guérissent qu'un type de maladie en fonction du secret qu'il connaisse. C'est notamment le cas des passeurs de feu, coupeurs de feu ou encore barreur de feu dont l'action se limite aux brûlures.

Un phénomène européen[modifier | modifier le code]

La présence de faiseurs de secrets est attestée dans diverses régions de France, dans le Jura[2], en Bretagne, en Italie dans la Vallée d'Aoste mais aussi en Suisse, par exemple dans le canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures. Le recours aux faiseurs de secrets dans certaines structures hospitalières de Haute-Savoie a fait l’objet d’une thèse soutenue à la faculté de médecine de Grenoble en 2009[3]. Dans son ouvrage Coupeurs de feu et panseurs de secrets, Jean-Luc Caradeau affirme qu’il y aurait environ 6 000 faiseurs de secrets en France[4].

Une pratique ancienne[modifier | modifier le code]

Une faiseuse de secret habitant à Kergornet en Gestel a connu une certaine notoriété aux alentours de 1900. On trouve sa représentation sur plusieurs cartes postales sur lesquelles elle était surnommée la "décompteuse". Elle prononçait sa formule rapidement, à neuf reprises et sans reprendre haleine, après avoir tracé une croix sur la zone malade avec son pouce gauche préalablement noirci en le frottant contre un trépied ou un chaudron.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude-Anne Balmer, Vanessa Borghini, Stéphanie Peçon : Délivrez-nous du mal… La pratique du « secret » en terre jurassienne. Dossier établi dans le cadre de la Haute École de Gestion de Genève, * Département information et documentation. Delémont, 2001
  • Fabienne Boillat : Traitement par le secret. Travail de diplôme, École de culture générale de Delémont. Delémont, 1992
  • Myriam Boillat, Isabelle Fleury : Les faiseurs de secret dans le Jura. Travail de diplôme, Haute école de travail social et de la santé (EESP). Lausanne, 1987
  • Nathalie Fleury : Aperçu d'une pratique de guérison. Le « secret » jurassien. In : Actes de la Société jurassienne d'Emulation. Porrentruy, 1995, p. 79-108
  • Magali Jenny : Guérisseurs, rebouteux et faiseurs de secret en Suisse romande. Avec répertoire d'adresses. Lausanne, 2008
  • Louis Mouchet : Le secret du secret (Collection DocuvisionS) (DVD-vidéo). Genève, 2010
  • Télévision Suisse Romande (Ed.) : Le secret du secret, les coupeurs de feu du Jura (Vidéocassette). Genève, 2002
  • Télévision Suisse Romande (Ed.) : Mon docteur a « le secret » (DVD-vidéo). Genève, 2004

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Camus, Le livre des secrets : les mots et les gestes qui guérissent, Paris, Dervy, , 211 p. (ISBN 978-2-844-54122-2)
  2. Louis MOUCHET, Film documentaire, Le secret du secret, Éditeur Adavi, 2010
  3. Nicolas PERRET, Place des coupeurs de feu dans la prise en charge ambulatoire et hospitalière des brûlures en Haute-Savoie en 2007, Médecine humaine et pathologie, 2009, ffdumas-00630683f
  4. Jean-Luc Caradeau, Coupeurs de feu et panseurs de secrets : techniques, secrets et prières, Escalquens, Éditions Trajectoire, , 204 p. (ISBN 978-2-841-97690-4)

Source du texte[modifier | modifier le code]