Pratique de l'esclavage par les Juifs

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Cet article a pour sujet la participation des Juifs au commerce d’esclaves. Pour les règles et pratiques juives concernant l'esclavage, voir Esclavage dans le judaïsme.

La pratique de l’esclavage par les Juifs, et particulièrement du commerce des esclaves, est attestée depuis les premières sources historiques, depuis l'Antiquité. Vivant de façon dispersée dans plusieurs pays et participant à toutes les activités commerciales internationales qui leur étaient accessibles, des négociants juifs ont pratiqué le trafic des esclaves à la suite de la découverte des Amériques.

L'esclavage selon la loi juive[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Esclavage dans le judaïsme.

La langue hébraïque ne possède pas de terme propre signifiant "esclave". Le mot eved est construit sur la racine avad qui veut dire "travailler" et est traduit selon le contexte par "serviteur", "travailleur" ou "esclave". Ainsi, Eliezer est le serviteur (eved) d'Abraham ou les sujets du roi sont ses serviteurs (avadim)[1].

Joseph est vendu par ses frères, Ch. Foster, 1873.

L'esclavage est un statut personnel que l'on trouve chez la plupart des peuples de l'Antiquité et qui est mentionné dans le Pentateuque[2] (Torah) de l'Ancien Testament dit aussi Bible hébraïque : Joseph a été vendu comme esclave par ses frères[3] et les Hébreux sont eux-mêmes décrits dans la Bible comme esclaves chez les Égyptiens. Après leur libération de la servitude, la loi donnée par Yahweh (Dieu) à Moïse leur impose d'accorder à leurs esclaves des protections particulières  : il est interdit de les faire travailler le jour du Sabbat[4], ils ont non seulement le droit à l'émancipation la septième année (ou année sabbatique), mais doivent être libérés de tout engagement après sept cycles sabbatiques, l'Année du Jubilé[5],[6]. Un esclave qui est emmené en Terre d'Israël devient libre dès qu'il en a touché le sol[7]. Une autre règle est mentionnée dans l'Exode :

« Et s’il fait tomber une dent à son esclave, homme ou femme, il le mettra en liberté, pour prix de sa dent. »

— Ancien Testament, Exode 21:27

Dans l'Ancien Testament, la misère ou l'envie peut mener à l'esclavage : un voleur, reconnu juridiquement coupable et insolvable, peut être vendu comme esclave le temps qu'il s'acquitte du remboursement de son larcin[8].

Le Talmud réglemente aussi le statut de l'esclave[9] : il condamne le propriétaire d'un esclave à libérer celui-ci sur le champ si le maître blesse l'esclave. L'esclave devait être logé, vêtu et nourri :

"Tu ne dois donc pas manger du pain blanc, alors que (ton esclave) mange du pain noir ; tu ne dois pas boire du vin vieux alors qu'il boit du vin trop jeune, dormir sur un matelas de laine, tandis qu'il dort sur la paille."

- Talmud de Babylone, traité Kiddouchin 22a

Histoire[modifier | modifier le code]

Participation des Juifs au commerce d'esclaves au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le commerce des esclaves était autorisé par toutes les législations anciennes et médiévales ; même l'Europe chrétienne l'a permis jusqu'au treizième siècle. Très tôt, le trafic d'esclaves chrétiens[10] fut interdit aux Juifs, mais il ne semble pas y avoir eu de restrictions légales ou sentimentales contre l'achat et la vente d'esclaves païens[11].

L'Église chrétienne proteste régulièrement contre la vente comme esclaves de Chrétiens aux Juifs[12] car selon la règle de saint Benoït, les esclaves chrétiens ne devaient pas servir les Juifs[13].

En 492, le pape Gélase Ier autorise les Juifs à introduire des esclaves de Gaule en Italie, à condition que ceux-ci soient païens[14]. Aussi, le pape Grégoire le Grand (590-604) s'oppose aux Juifs qui détiennent des esclaves chrétiens parce qu'il craint que ces derniers "ne se convertissent au judaïsme»[15]. Au troisième concile d'Orléans, en 538, un décret rappelle l'interdiction pour les Juifs de posséder des esclaves chrétiens et même des serviteurs chrétiens. Cette interdiction sera répétée lors de différents conciles ou par ordonnance, comme à Orléans en 541, au premier concile de Mâcon en 581[16], lors du concile de Chalon en 650 (9e canon) ; dans le royaume wisigoth d'Espagne, lors du quatrième concile de Tolède en 633 et par les lois wisigothiques [17],[18], à Szabolcs en 1092, à Gand en 1112, lors du concile de Narbonne en 1227 puis à Béziers en 1246. Après cette date, la nécessité d'une telle interdiction semble avoir disparu.

Dans son Histoire des Juifs, l'historien médiéviste Salomon Grayzel écrit : « Une branche d'activité exercée par les Juifs pendant le Moyen Âge, la traite des esclaves, requiert quelques explications. Les Juifs furent parmi les plus importants marchands d'esclaves. À mesure que les habitants d'Allemagne occidentale pénétraient plus avant en Europe centrale, entraînant la population slave vers l'Est et accaparant leurs terres, ils faisaient des prisonniers que des marchands juifs achetaient, emmenaient vers d'autre pays où ils les revendaient à des Chrétiens et à des Musulmans »[19].

Ibn Khordadbeh, au IXe siècle, décrit les deux routes utilisées par les marchands juifs d'esclaves, celle d'Est en Ouest et celle d'Ouest en Est[14]. Selon Ibrahim ibn Ya'qub, les marchands juifs byzantins achètent des esclaves slaves à Prague[20] pour les revendre. Le roi Louis le Pieux (778-840) accorde des chartes aux Juifs visitant son royaume, les autorisant à pratiquer le commerce d'esclaves, pourvu que ceux-ci n'aient pas été baptisés. Le pape Agobard de Lyon prétend que les Juifs ne respectent pas les accords et gardent des Chrétiens comme esclaves, citant l'exemple d'un réfugié chrétien de Cordoue qui déclare que ses coreligionnaires étaient fréquemment vendus aux Maures, comme ce fut le cas pour lui[21]. En effet, plusieurs Juifs espagnols tirent leur fortune de la traite d'esclaves slavons achetés en Andalousie[22]. De même, des Juifs de Verdun, vers l'an 949, achètent (à qui ?) des esclaves dans les environs et les revendent en Espagne[23].

À Bristol, qui était le centre du trafic d'esclaves entre l'Irlande et l'Angleterre, de nombreux commerçants juifs se seraient installés à la suite de Guillaume le Conquérant vers 1070 (Histoire des Juifs au Royaume-Uni), jusqu'à ce que ce commerce soit interdit sous l'influence de saint Winibald[24]. Ces esclaves auraient été destinés au marché romain[25].

En dépit des lois, quelquefois variables[26], de nombreux Chrétiens trafiquent des esclaves avec les Juifs. En Saxe, le margrave de Meissen vend beaucoup de ses sujets aux juifs, et l'empereur Henry s'en plaint[27]. Les dignitaires de l'Église de Bavière reconnaissaient même ce trafic et insistent pour que les Juifs et les autres marchands chrétiens payent une taxe sur les esclaves[28]. En 1100, des Juifs ont payé cette taxe pour chaque esclave détenu par eux à Coblence.. Cependant, des empereurs carolingiens autorisent les juifs à garder des esclaves sans être baptisés. Une telle autorisation a été donnée, par exemple, à Juda ibn Kalonymus et ses associés à Spire, et, vers 1090, à des Juifs de Worms. En parallèle, des esclaves sont rachetés de part et d'autres du trafic, chacun essayant de libérer ses coreligionnaires contre monnaie.

Au XIIIe siècle, à l'époque des croisades, les guildes chrétiennes des marchands monopolisent le commerce dont celui des esclaves : il n'y a à Marseille que deux commerçants juifs d'esclaves contre sept chrétiens[29].

En terre chrétienne, il est interdit aux Juifs de posséder des esclaves ou serviteurs chrétiens ; en terre musulmane, il leur est par contre interdit d'en posséder d'autres que chrétiens[30].

Esclavage des Baryas parmi les Juifs Éthiopiens[modifier | modifier le code]

Village falasha, Ethiopie, Deirdre Snook, 2008.

La société des Falashas (ge'ez ፈላሻ[31]), Beta Israel[32] (populations juives de l'Éthiopie) ou koushe[33] comprend un sous-groupe de statut inférieur, véritable minorité de la minorité, les Baryas, ou captifs. Le statut de Barya n'est pas spécifique à la communauté falasha, et on trouve également des Baryas d'autres religions dans les autres communautés religieuses du Nord de l'Éthiopie. Leur origine n’est pas datée, mais ils sont bien attestés à l’époque moderne au sein de la communauté Beta Israel, et existent toujours aujourd’hui en Israël. Les Baryas descendent de serviteurs nilotiques achetés par des Beta Israel sur les anciens marchés d’esclaves de la Corne de l'Afrique, et convertis à la religion de leurs maîtres. Ils sont considérés comme « noirs » (t’equr, ou shanqilla, un mot d'origine Agäw qui référence les peuples nilotiques très noirs) par les Falashas. « Les Beta Israel se perçoivent eux-mêmes comme qey [rouge] ou t’eyem [brun] - jamais comme le racialement inférieur t'equr[34] ». En effet, les populations chamito-sémitiques (ou afro-asiatiques) de la Corne de l'Afrique (somalis, afars, abyssins) se sont toujours distingués, de par leurs traits physiques europoïdes et leurs structure traditionnelles similaires à celles des peuples du Sahara, du Nil et du Maghreb, des autres Africains noirs[35].  De fait, leur peau est plus claire, et les traits du visage plus « moyen-orientaux » que ceux des populations de l’intérieur du continent[36]. Ainsi, les classes d'esclaves étaient principalement composées d'individus d'origine nilotique et bantoue qui étaient collectivement regroupés sous le nom de Shanqella et Adoon (tous deux signifiant «Nègre»). Ces populations de rang social inférieur étaient désignées comme tsalim barya en contraste avec les saba qayh ("hommes rouges"), castes nobles parlant des langues afro-asiatiques (hamites et sémites).

Les Baryas ont des traits plus classiquement africains que les peuples couchitiques et éthiosémitiques, encore que d’après Hagar Salamon, « la prolifération des relations conjugales maître-esclave » (normalement prohibées) aient progressivement estompé les différences[34]. Ils sont endogames, et ne sont pas autorisés à se marier avec les familles Beta Israel non Baryas. Il existe également une notion de demi baryas et quart de baryas, contraints de se marier entre eux[37]. Ils sont victimes de divers préjugés, étant supposés être « primitifs ». Ils n’avaient en Éthiopie qu’un accès restreint aux lieux de culte (Masgid), variable selon les régions. Hagar Salamon rapporte ainsi que selon celles-ci, ils devaient rester dans la cour du Masgid, ou devaient la quitter pendant la lecture de l'Orit (la Bible), ou ne pouvait y pénétrer qu’après plusieurs années[38]. Ils n’avaient en général pas le droit d’être enterrés dans les mêmes cimetières que les autres Falashas, et ceux-ci ne consommaient pas la viande des animaux qu’ils abattaient[39].

Jusqu’à leur immigration en Israël, les Baryas ont conservé un statut de serviteur, malgré l’abolition officielle de l’esclavage en 1924. Ils étaient « de facto une part de la propriété familiale et continuaient à être légués d’une génération à une autre. [… il y avait même une] vision générale des baryas comme [...] non-humains[34] ».

Participation des Juifs à la traite atlantique[modifier | modifier le code]

Angleterre, Caraïbes et Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Pays-Bas et colonies hollandaises[modifier | modifier le code]

Carte des plantations hollandaises au Surinam et à Bernice[40] (Guyane), XVIII° s. (le Nord est en bas)

En 1496, les juifs sont expulsés du Portugal ; certains d'entre eux dont des marranes s'installent dans les colonies portugaises comme Madère, les Açores, le Brésil, d'autres se réfugient en Hollande où existe déjà une communauté importante qui n'est pas persécutée. Dans ces colonies, les juifs font l'expérience de la culture de la canne à sucre (introduite à Madère en 1420). En 1516, le roi du Portugal offre aux volontaires toute l'aide nécessaire pour développer la culture de la canne à sucre au Brésil. Les Juifs savent tirer parti de cette possibilité et deviennent des spécialistes de la culture de la canne à sucre et de la commercialisation de ses produits, avec de grandes plantations cultivées par des esclaves et des navires pour faire le commerce des produits de la canne. Pourtant, le long article "Brésil"[41] de la Jewish Encyclopedia de 1901-1906 qui s'appuie sur des sources indiquées remontant au début du XVII° siècle, ne cite pas une seule fois le mot "esclave" ou "traite" pour raconter l'histoire ou expliquer la réussite des Juifs (de Recife, Pernambuc, Bahia) qui devrait tout aux moulins à sucre et à la construction de maisons seigneuriales, entre deux auto da fé de l'Inquisition.

Les colons hollandais, qui avaient repris Recif et Pernambuc des Portugais en 1631, et qui voulaient développer l’industrie sucrière au Surinam (1656), y invitent des colons juifs rescapés[42] du Brésil ou venus de Hollande (ces derniers étant aussi des juifs portugais réfugiés après 1496), et l'historien Southey dit qu'ils y "ont fait d'excellents sujets"[43]. En 1645, la population juive devient majoritaire à Recife et Pernambuc avec de nombreux marchands, des savants, des écrivains et des hommes de foi. Un voyageur indique que «parmi les habitants libres du Brésil en 1640, les juifs étaient les plus nombreux"[44].

À partir de 1652, la communauté juive de Curaçao se développe, venant du Brésil et des Antilles françaises d'où ils furent chassés par le Code Noir en 1685. Les Juifs s'intéressent également à la production et à la commercialisation du cacao, notamment à Curaçao, tel Benjamin da Costa d'Andrade et à celle du tabac au Venezuela à destination d'Amsterdam.

Carte de Recife (Brésil), Johannes Vingboons, 1665. (Lieux des plantations indiqués.)

Quand les Portugais reprennent Recife aux Hollandais, le nombre de Juifs s'élève à 5 000 âmes. L'historien et rabbin M. Lee Raphael indique dans son ouvrage[45] que « [A] Récife [il existait] une imposta (taxe juive) de 5 Soldos pour l’achat de chaque esclave nègre par les Juifs brésiliens, achetés auprès de la Compagnie des Indes »[46]. Beaucoup de ces Juifs y fuient les persécutions du Saint-Office à divers endroits du globe[47] ; ceux qui restent le paient souvent de leur vie. Mais quand au début du XVIII° siècle, les Juifs et les marranes redeviennent une population en vue à nouveau persécutée, ils quittent peu à peu le Brésil afin de pouvoir pratiquer leur religion vers Lisbonne ; à tel point que beaucoup de moulins à sucre à Rio arrêtent de fonctionner. Après un demi-siècle de ce manège, les Juifs deviennent minoritaires au Brésil et les marranes se fondent dans la population chrétienne.

France et colonies françaises[modifier | modifier le code]

À partir du XVIIe siècle, la France qui prend possession de plusieurs îles des Antilles, y applique son droit qui reconnaît le statut d'homme libre aux populations autochtones, accordant la naturalité française à tous les Indiens caraïbes sitôt qu'ils se sont fait baptiser. La colonisation et la mise en valeur des Îles d'Amérique devait se faire, comme en Nouvelle France, avec l'installation de Français venus de métropole.

L'installation en 1653 et 1654 en Guadeloupe, puis en Martinique, de Juifs hollandais chassés du Brésil en emportant leurs esclaves[48], va introduire la culture de la canne à sucre et la pratique de l'esclavage. Des esclaves noirs sont introduits en Guyane à partir de 1704.

Le Code noir ou Recueil des règlemens rendus jusqu'à présent, Paris, 1788.

Le trafic d'esclave reste en principe absolument interdit pendant tout le règne de Louis XIII et de Louis XIV, mais on constate que la Compagnie des Indes occidentales passe quelques traités comprenant l'importation de quelques centaines d'esclaves en Martinique et en Guadeloupe[49]. La pratique de l'esclavage reste clandestine et illégale jusqu'à ce qu'en 1685 le Code noir leur donne un statut et, dans son article Ier, ordonne aux Juifs de quitter les Îles françaises d'Amérique.

« Enjoignons à tous nos officiers de chasser hors de nos îles tous les Juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois, à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens[50]. »

— Code noir, Article 1er

L'importation d'esclaves depuis l'Afrique ne sera tolérée qu'à partir de lettres patentes accordée sous la Régence de Philippe d'Orléans à des armateurs juifs et non-juifs travaillant pour la Compagnie des Indes occidentales dont John Law est devenu le propriétaire.

Le commerce triangulaire est alors développé depuis les grands ports de l'Atlantique où se sont installés depuis la fin du XVIe siècle des familles de Juifs dits Portugais, en particulier à Bordeaux où en 1574 des lettres patentes d'Henri III leur accordent un statut et des privilèges. Certains d'entre eux participent au grand commerce colonial, y compris à la traite des Noirs. Les archives indiquent ainsi qu'à Bordeaux, au XVIIIe siècle, 5 Juifs ont armé pour la traite en tout 20 navires (dont la moitié pour la maison Gradis) sur un total bordelais de 485 navires négriers[51], soit moins de 5 % des navires négriers de Bordeaux. Le négociant Gradis, qui est devenu propriétaire de l'Île de Gorée sur la côte du Sénégal, possède par ailleurs des plantations en Martinique et à Saint-Domingue ; il fait venir en France un esclave nommé Mercure pour son usage personnel[52], tandis que d'autres armateurs font venir des esclaves pour décharger les bateaux, provoquant des protestations populaires et un renouvellement très ferme de l'interdiction d'importer des populations noires en métropole.

Selon l'avocate Me Rosa Amelia Plumelle-Uribe, un ordre du roi promulgué le aurait abrogé l’expulsion des Juifs des Îles ordonnée dans le premier article du Code Noir[53]. Ainsi des Juifs pratiquant la traite ont-ils été plus tard anoblis tels Joseph Nunès Pereyre ou Abraham Gradis.

« Malgré la jalousie et les nombreuses tracasseries qu’on leur opposait à cause de leur réussite, les négriers juifs (commerçants, armateurs, banquiers ou planteurs) n’étaient pas à plaindre. Pluchon[54] rappelle avec bonheur que plusieurs parmi eux furent même anoblis par le roi. Ce fut le cas de Joseph Nunès Pereyre un banquier à qui le roi [en réalité le régent Philippe d'Orléans] donne en 1720 les titres de vicomte de la Ménaude et de baron d’Ambès. Un autre négrier, Abraham Gradis, obtient des lettres de noblesse en 1751. Celui qui voudrait mieux connaître la trajectoire esclavagiste de ces familles, peut consulter le livre d’Éric Saugera "Bordeaux, port négrier". »

— Me Rosa Amelia Plumelle-Uribe, Traite des blancs, traite des noirs: aspects méconnus et conséquences actuelles

En France vers 1820, des mouvements abolitionnistes comme celui mené par l'abbé Grégoire[55] sont soutenus par des Juifs dont l'homme politique et avocat à la Cour de cassation, Adolphe Crémieux, auteur d'un projet de loi sur l'abolition, qui estime en 1831 dans la suite de l'abolitionniste martiniquais Cyrille Bissette, qu'il « est du devoir d'un gouvernement national d'anéantir le préjugé (contre les noirs) » et s'exprime en ces termes : « (Juifs) victimes longtemps d'un préjugé non moins absurde, fondé sur la différence des cultes, nous nous félicitons de donner aux hommes de couleur libres le secours que naguère encore, nous réclamions pour nous-mêmes »[56].

Débat sur l'importance de la participation des Juifs aux traites négrières[modifier | modifier le code]

Le débat sur l'ampleur de la participation des Juifs à la traite des Noirs éclate en 1991 à la suite de la publication d'un livre intitulé The Secret Relationship Between Blacks and Jews (La relation secrète entre Juifs et Noirs)[57] rédigé par le département de recherche historique de Nation of Islam, une association faisant la promotion du nationalisme noir. Dans cet ouvrage, Nation of Islam développe une thèse selon laquelle les Juifs auraient eu un poids prépondérant dans la traite atlantique, la finançant en grande partie. Les auteurs insistent aussi sur la cruauté particulière des esclavagistes juifs[58].

Ces allégations ont été réfutées par un certain nombre de chercheurs qui, tout en ne niant pas le fait que des Juifs aient participé au commerce esclavagiste, se sont attachés à démontrer que leur contribution à la traite est restée tout à fait mineure[59].

Ainsi, Wim Klooster, de l'Université du Maine, indique que les Juifs d'Amérique « possédaient nettement moins d’esclaves que les non-Juifs dans les territoires britanniques d’Amérique du Nord et des Caraïbes. Même quand des Juifs, dans un petit nombre de lieux, possédaient des esclaves en quantité légèrement supérieure à leur représentation parmi les familles d’une ville, ces cas ne peuvent en aucun cas corroborer les assertions du livre de la Nation de l’Islam. » [60]. Le professeur Jacob Marcus indique que « la participation des hommes d’affaires juifs américains représentait moins de deux pour cent des importations d’esclaves dans les Antilles »[61]. A son tour, le rabbin Bertram Korn dans son ouvrage Jews and Negro Slavery in the Old South, 1789-1865, précise qu'aucun des principaux marchands du sud esclavagiste n'était juif et que « la totalité des trafiquants juifs dans toutes les villes et villages du Sud réunis n’ont jamais acheté ou vendu autant d’esclaves que la société Franklin and Armfield, les plus gros trafiquants d'esclaves du Sud. »[62].

L'historien Ralph A. Austen a critiqué le livre, disant que « les distorsions (dans le livre) sont produites presque entièrement par des citations sélectives plutôt que par des mensonges explicites... Plus fréquemment, il y a des insinuations relatives à l'implication des Juifs dans le commerce des esclaves[63] », et « Bien que nous ne devions pas ignorer l'antisémitisme manifeste de ce livre (...), on doit reconnaître la légitimité du but avoué qui est d'examiner complètement et en profondeur, même les éléments les plus inconfortables de notre passé commun (aux Noirs et aux Juifs)[64]. » Austen reconnaît que ce livre est le premier livre sur le sujet visant un public non-académique[65].

Selon Oscar Reiss et Marc Lee Raphael, Isaac Da Costa fit partie des plus importants marchands d'esclaves du continent américain[66],[67] au XVIIème siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Cet article comprend du texte provenant de la Jewish Encyclopedia de 1901–1906, une publication entrée dans le domaine public.

  1. Philon d'Alexandrie (Ier s. avant J.C.) remarque : "Car ces hommes, il se trouve qu'on les appelle des esclaves (doulous), mais ce sont en réalité des ouvriers (thêtas) (...), ce prétendu esclave est un salarié (misthôtos).", cité par M. Bohrmann in Dialogues d'histoire ancienne 24/2, Presses universitaires franc-comtoises, 1998, pp. 25.
  2. Composé de cinq livres : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome
  3. Genèse 37:1-36.
  4. Ex. 20:8-11 et Deut. 5:12-13 : "Pendant six jours tu travailleras (...) mais le septième jour est le Chabbat de l’Éternel ton dieu. Tu n’y feras aucun travail, ni toi,(...) ni ton serviteur homme ou femme (... ) de sorte que ton serviteur homme ou femme se repose, tout comme toi. Rappelle-toi que vous étiez esclaves en Égypte (...)"
  5. Lévitique (25:8–13) (en): Mishpatim: Jewish Tradition and Slavery By Rabbi Jeffrey Schein, citing Parashat Mishpatim, Exodus 21:1 - 24:18
  6. (en): Mishnah: The Oral Law by Harry Gersh. Behrman House, Inc. 1984. (ISBN 0-87441-390-7) p.49
  7. (en): "Responsa of Geonim," section 12, cité dans Slave Trade, (Jewish Encyclopedia, 1906).
  8. Exode 22:3.
  9. Talmud de Babylone, Traités Makot 8b, Kiddoushin 22a, Arakhin 28b, etc.
  10. Ici, l'art. "Commerce des esclaves" de la J. E., op. cit. semble avoir confondu juifs et chrétiens, et écrit "traffic in Jewish slaves was forbidden to Jews" (le trafic d'esclaves juifs fut interdit aux juifs), ce qui n'est pas logique au regard du reste du texte et de l'Histoire.
  11. Art. "Commerce des esclaves", J. E., op. cit. Lire en ligne.
  12. Mais pas d'interdiction de vente de juifs aux chrétiens puisque les juifs possédaient déjà un statut d'infériorité de par leur religion haïe en terre chrétienne. Ainsi, certains d'entre eux étaient rachetés par leurs coreligionnaires et l'entremise de consuls, voir Centre des Archives diplomatiques de Nantes, S/s Ac 46, acte de chancellerie du 11 juin 1756.
  13. Aronius, «Regesten», n ° 114
  14. a et b (en): Slave Trade. (Jewish Encyclopedia)
  15. Epist., IX, 109
  16. Essai sur l'asile religieux dans l'Empire romain et la monarchie française, deuxième article, "Le Premier concile de Mâcon trancha ces difficultés en proclamant que tout esclave chrétien pourrait être racheté à raison de douze sous, soit pour la liberté, soit pour l'esclavage.", Charles de Robillard de Beaurepaire, Bibliothèque de l'École des chartes, année 1853
  17. Jassuda Bédarride, Les Juifs en France, en Italie et en Espagne, Michel Lévy Frères - Libraires Éditeurs, Paris, p. 87.
  18. Michèle Gaillard, Anne Wagner, Les sociétés en Europe du milieu du VIe à la fin du IXe siècle, Éditions Bréal, 2002, p. 153.
  19. Salomon Grayzel, Histoire des Juifs (1947), Paris, Service technique pour l'éducation, 1967, tome I, page 395.
  20. Moyen Âge Les marchands juifs de Verdun étaient accusés de transformer en eunuques les esclaves provenant des pays germano-slaves afin d’alimenter un trafic prospère dans le sud de l’Espagne (musulmane) à Cordoue.
  21. Espaces et réseaux du haut moyen âge, Maurice Lombard, page 80 C'est à ces Juifs, à leurs richesses, à leurs trafics d'esclaves que, dans la première moitié du IXe siècle, devait s'en prendre l'évêque de Lyon, Agobard, les accusant de voler des enfants chrétiens et de les mêler aux troupes d'esclaves païens destinés aux marchés espagnols.
  22. (de): Grätz, "Gesch." vii.
  23. Aronius, "Regesten," No. 127
  24. Jewish Encyclopedia, Bristol Jews settled very early at Bristol, which was the center of the slave-trade between England and Ireland, until its discontinuance, under the influence of St. Winibald
  25. England, the pre-expulsion period The few references in the Anglo-Saxon Church laws either relate to Jewish practises about Easter or apply to passing visitors, the Gallo-Jewish slave-traders, who imported English slaves to the Roman market and thus brought about the Christianizing of England
  26. Par exemple, les juifs de Navarre n'étaient pas autorisés à vendre quoi que ce soit sans licence du roi, art. "Commerce", J.E., op. cit.
  27. Aronius, «Regesten», n ° 141.
  28. ib. No. 122
  29. "R. E. J." xvi.
  30. Art. "Commerce des esclaves", E. J., op. cit.
  31. En cas de difficulté d'affichage, il faut installer la police ftp://ftp.ethiopic.org/pub/fonts/TrueType/gfzemenu.ttf.
  32. Traduction : "maison d'Israël"
  33. Telle était l'épouse éthiopienne de Moïse, "une Koushite" noire, selon la traduction de Louis Second, La Sainte Bible, éd. Alliance biblique française, 1963, p. 1109.
  34. a, b et c Hagar Salamon, « Blackness in Transition: Decoding Racial Constructs through Stories of Ethiopian Jews », dans le Journal of Folklore Research, Volume 40, no 1 - voir l’article
  35. Virginia Luling, « The Social Structure of Southern Somali Tribes », University of London (consulté le 15 novembre 2016) : « One physical type is like that of the northern Somali and the other Cushitic speaking peoples. These people have features of a rather European cast, their noses being long and their lips narrow in comparison to those of negro Africans (though commonly wider than those of Europeans); their hair grows to shoulder-length and is moderately curly. », p. 43–46
  36. Les populations autochtones de la Corne de l'Afrique (de Djibouti, de Éthiopie, de l’Érythrée ou de la Somalie) sont issues de migrations très anciennes de populations issues du levant et se distinguent génétiquement des autres africains subsahariens. Voir à ce sujet l'étude de 2014 : « Early Back-to-Africa Migration into the Horn of Africa » Jason A. Hodgson, Connie J. Mulligan, Ali Al-Meeri et Ryan L. Raaum, PLoS Genetics, 2014 (DOI 10.1371/journal.pgen.1004393lire en ligne) ou l'étude de Ornella Semino, Chiara Magri, Giorgia Benuzzi, Alice A. Lin, Nadia Al-Zahery, Vincenza Battaglia, Liliana Maccioni, Costas Triantaphyllidis, Peidong Shen, Peter J. Oefner, Lev A. Zhivotovsky, Roy King, Antonio Torroni, L. Luca Cavalli-Sforza, Peter A. Underhill, and A. Silvana Santachiara-Benerecetti publiée le 6 avril 2004 dans The american journal of human genetics [3].
  37. Les Juifs éthiopiens en Israël, p. 469.
  38. Les Juifs éthiopiens en Israël, p. 223.
  39. Les juifs ne consomment pas la viande abattue par un juif non-certifié.
  40. Les noms attribués aux lieux en dehors des plantations soigneusement délimitées démontrent la résistance des Indiens locaux, des serviteurs inféodés et des esclaves importés d'Afrique contre la domination néerlandaise. Plusieurs endroits sont notamment désignés comme « villages de rebelles », « village d'évadés » et « village d'esclaves rebelles ». Le cartouche en haut à droite donne une vue détaillée de Paramaribo, ville majeure et port du Suriname. La légende numérotée répertorie les grandes rues, ainsi que l'emplacement de l'hôtel de ville, de l'église principale (réformée néerlandaise), de l'église luthérienne, et des synagogues portugaises et allemandes. La colonie néerlandaise de Berbice, située le long de la rivière Berbice, fut établie en 1627 sous l'autorité de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. En 1814, pendant les guerres napoléoniennes, la propriété de la colonie passa aux Britanniques qui la fusionnèrent avec la colonie voisine de la Guyana britannique. Le pays obtint son indépendance sous le nom de Guyana en 1966. Le Suriname, qui borde Berbice à l'est, fut pris à l'Angleterre par les forces néerlandaises en 1667 au cours de la deuxième guerre anglo-néerlandaise (1665-1667). Il resta une possession hollandaise jusqu'en 1975, année de son indépendance.
  41. Lire en ligne.
  42. Après la reprise de Bahia par les Portugais en 1625, art. Brésil, op. cit.
  43. Robert Southey, Histoire du Brésil, 3 vol., Londres, 1822.
  44. Nieuhoff's Voyages and Travels in Brazil in Pinkerton's Collection of Travels, vol. XIV.
  45. Les Juifs et le judaïsme aux Etats-Unis, une histoire documentée, Marc Lee Raphael, New York 1983.
  46. Cité in TribuneJuive.infopar Jean-Paul Fhima, août 2016.
  47. Majoritairement au Surinam et à Amsterdam, ou aux Antilles voire à la Nouvelle Amsterdam (actuelle New-York), art. "Brésil", J. E., op. cit.
  48. Chantal Maignan-Claverie, Le métissage dans la littérature des Antilles françaises: le complexe d'Ariel, Karthala 2005, page 131
  49. Le métissage..., opus cité, pp. 131 et 133
  50. Tribune dans Libération du 23/02/2005 « Nous sommes tous des juifs noirs » par Emmanuel Maistre, Tristan Mendès-France et Michel Taube; ou sur le site liceolocarno.ch
  51. Éric Saugera, Bordeaux port négrier, Karthala, , p. 232 et 201
  52. Éric Saugera, Bordeaux port négrier, Karthala, , p. 277
  53. Rosa Amelia Plumelle-Uribe, Traite des blancs, traite des noirs: aspects méconnus et conséquences actuelles, L'Harmattan, (lire en ligne), p. 111-113
  54. « Nègres et Juifs au XVIIIe siècle », Tallandier Pierre Pluchon a occupé un poste diplomatique à Haïti, dont il s'est servi pour ses recherches. Auteur d'une biographie de Toussaint-Louverture (L'École, 1980); de La route des esclaves, négriers et bois d'ébène au XVIIIe siècle (Hachette, 1980), il a réédité chez Tallandier "Le Voyage d'un Suisse dans différentes colonies d'Amérique" de Girod de Chautrans. Il a dirigé "L'Histoire des Antilles et de la Guyane" (Privat, 1982). Ses investigations lui ont permis de mettre la main sur les activités, soucis et affaires diverses des ancêtres – plus de deux cents ans avant nous – de deux hommes politiques d'aujourd'hui. MM. Pierre Mendès-France (à qui il a demandé [page 102] s'il lui laissait le droit de publier ce qu'il avait trouvé) et Valéry Giscard d'Estaing (auquel il n'a rien demandé du tout).
  55. Dans son combat, Grégoire associe juifs, Noirs, parias de l’Inde et catholiques irlandais. De la littérature des nègres, 1808 : «Les mêmes réflexions s’appliquent aux parias du continent asiatique (...) ; aux juifs de toutes couleurs (car il y en a aussi de noirs à Cochin), dont l’histoire, depuis leur dispersion, n’est guère qu’une sanglante tragédie ; aux catholiques irlandais, frappés comme les nègres d’une espèce de Code noir (the popery law). (...) Ainsi, Irlandais, juifs et nègres, vos vertus, vos talents, vous appartiennent ; vos vices sont l’ouvrage de nations qui se disent chrétiennes ; et plus on dit du mal de ceux-là, plus on inculpe celles-ci ». Cité in « L’abbé Grégoire et la place des Noirs dans l’histoire universelle », Bernard Gainot, Gradhiva [Lire en ligne] :
  56. Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l'esclavage et réformateurs des colonies : 1820-1851, Khartala,.p. 60. Lire en ligne [1]
  57. (en) Anti-Semitism. Farrakhan In His Own Words. On Jewish Involvement in the Slave Trade and Nation of Islam (mouvement racialiste et antisémite noir). Jew-Hatred as History. ADL 31 décembre 2001
  58. Eli Faber, Jews, slaves, and the slave trade: setting the record straight, NYU Press (ISBN 0814726380), p. 6-8
  59. (en) Refutations of charges of Jewish prominence in slave trade. Marvin Perry, Frederick M. Schweitzer: Antisemitism: Myth and Hate from Antiquity to the Present. Palgrave Macmillan, 2002. (ISBN 0-312-16561-7). p.245
  60. (en) Wim Klooster (University of Southern Maine) : « Review of Jews, Slaves, and the Slave Trade: Setting the Record Straight. par Eli Faber »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Reappraisals in Jewish Social and Intellectual History. William and Mary Quarterly Review of Books. Volume LVII, Number 1. par Omohundro Institute of Early American History and Culture. 2000
  61. (en) Professor Jacob R. Marcus de l'Hebrew Union College dans The Colonial American Jew (Detroit: Wayne State Univ. Press, 1970), Vol. 2, pp. 702-703 (cité dans Shofar FTP Archive File: orgs/american/wiesenthal.center//web/historical-facts)
  62. (en) : Rabbi Bertram W. Korn, Jews and Negro Slavery in the Old South, 1789-1865, dans The Jewish Experience in America, ed. Abraham J. Karp (Waltham, MA: American Jewish Historical Society, 1969), Vol. 3, p. 180. (cité dans Shofar FTP Archive File: orgs/american/wiesenthal.center//web/historical-facts)
  63. Austen, p 133
  64. Austen, p 136
  65. Austen, p 131. "Until recently, this work remained buried in scholarly journals, read only by other specialists. It had never been synthesized in a publication for non-scholarly audience. A book of this sort has now appeared, however, written not by Jews but by an anonymous group of African Americans associated with the Reverend Louis Farrakhan's Nation of Islam."
  66. (en) Reiss Oscar, The Jews in colonial America, McFarland, , pp 86-87
  67. (en) Raphael Marc Lee, ews and Judaism in the United States a Documentary History, Behrman House Inc., (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en): Hugh Trevor-Roper, "The Rise of Christian Europe" (p. 83), édition HBJ College&School Division, 216 pages, 1965.
  • (en): Austen, Ralph A., "The Uncomfortable Relationship : African Enslavement in the Common History of Blacks and Jews", in Strangers & neighbors: relations between Blacks & Jews in the United States, Maurianne Adams (Ed.), Univ of Massachusetts Press, 1999, p. 131–135.
  • Bohrmann M., Dialogues d'histoire ancienne 24/2, CNRS Institut des Sciences et Techniques de l'Antiquité, Presses universitaires franc-comtoises, 1998.
  • (en): Eli Faber: Jews, Slaves, and the Slave Trade: Setting the Record Straight. New York: New York University Press, 1998. (ISBN 0-8147-2638-0)
  • (en): Saul S. Friedman: Jews and the American Slave Trade. (New Brunswick: Transaction, 1998. (ISBN 1-56000-337-5)
  • (en): Roth, Norman: Medieval Jewish Civilzation

Liens externes[modifier | modifier le code]