Pratique de l'esclavage par les Juifs

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Cet article a pour sujet la participation des Juifs au commerce d’esclaves. Pour les règles et pratiques juives concernant l'esclavage, voir Esclavage dans le judaïsme.

La pratique de l’esclavage par les Juifs, et particulièrement du commerce des esclaves, est attestée depuis les premières sources historiques, depuis l'Antiquité. Vivant de façon dispersée dans plusieurs pays et participant à toutes les activités commerciales internationales qui leur étaient accessibles, des négociants juifs ont aussi pratiqué le trafic des esclaves à la suite de la découverte des Amériques.

L'esclavage selon la loi juive[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Esclavage dans le judaïsme.

La langue hébraïque ne possède pas de terme propre signifiant "esclave". Le mot eved est construit sur la racine avad qui veut dire "travailler" et est traduit selon le contexte et le traducteur par "serviteur", "travailleur" ou "esclave". Ainsi, Eliezer est le serviteur (eved) d'Abraham ou les sujets du roi sont ses serviteurs (avadim)[1].

Joseph est vendu par ses frères, Ch. Foster, 1873.

L'esclavage est un statut personnel que l'on trouve chez la plupart des peuples de l'Antiquité[2] et qui est mentionné dans le Pentateuque[3] (Torah) de l'Ancien Testament dit aussi Bible hébraïque : Joseph a été vendu comme esclave par ses frères[4] et les Hébreux sont eux-mêmes décrits dans la Bible comme esclaves chez les Égyptiens. Après leur libération de la servitude, la loi donnée par Yahweh (Dieu) à Moïse leur impose d'accorder à leurs esclaves des protections particulières n'existant nulle part ailleurs dans les sociétés de cette époque : il est interdit de les faire travailler le jour du Sabbat[5], ils ont non seulement le droit à l'émancipation la septième année (ou année sabbatique), mais doivent être libérés de tout engagement après sept cycles sabbatiques, l'Année du Jubilé[6],[7]. Un esclave qui est emmené en Terre d'Israël devient libre dès qu'il en a touché le sol[8]. Une autre règle est mentionnée dans l'Exode :

« Et s’il fait tomber une dent à son esclave, homme ou femme, il le mettra en liberté, pour prix de sa dent. »

— Ancien Testament, Exode 21:27

Dans l'Ancien Testament, la misère ou l'envie peut mener à l'esclavage : un voleur, reconnu juridiquement coupable et insolvable, peut être vendu comme esclave le temps qu'il s'acquitte du remboursement de son larcin[9] : il n'existait pas de prison chez le peuple hébreu, longtemps nomade.

Le Talmud réglemente aussi le statut de l'esclave[10] : il condamne le propriétaire d'un esclave à libérer celui-ci sur le champ si le maître blesse l'esclave. En outre, l'esclave doit être logé, vêtu et nourri :

"Tu ne dois donc pas manger du pain blanc, alors que (ton esclave) mange du pain noir ; tu ne dois pas boire du vin vieux alors qu'il boit du vin trop jeune, dormir sur un matelas de laine, tandis qu'il dort sur la paille." - Talmud de Babylone, traité Kiddouchin 22a

Histoire[modifier | modifier le code]

Participation des Juifs au commerce d'esclaves au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le commerce des esclaves était autorisé par toutes les législations anciennes et médiévales ; l'Europe chrétienne l'a facilité jusqu'au treizième siècle et souvent après. Très tôt, le trafic d'esclaves chrétiens[11] fut interdit aux Juifs, mais il ne semble pas y avoir eu de restrictions légales ou sentimentales contre l'achat et la vente d'esclaves païens[12], et des autorisations royales ou papales leur sont même accordées pour qu'ils le fassent[13].

Néanmoins, l'Église chrétienne proteste régulièrement contre la vente comme esclaves de Chrétiens aux Juifs[14] car selon la règle de saint Benoït, les esclaves chrétiens ne devaient pas servir les Juifs[15].

En 492, le pape Gélase Ier autorise les Juifs à introduire des esclaves de Gaule en Italie, à condition que ceux-ci soient païens[16]. Aussi, le pape Grégoire le Grand (590-604) s'oppose aux Juifs qui détiennent des esclaves chrétiens parce qu'il craint que ces derniers "ne se convertissent au judaïsme»[17]. Au troisième concile d'Orléans, en 538, un décret rappelle l'interdiction pour les Juifs de posséder des esclaves chrétiens et même des serviteurs chrétiens. Cette interdiction sera répétée lors de différents conciles ou par ordonnance, comme à Orléans en 541, au premier concile de Mâcon en 581[18], lors du concile de Chalon en 650 (9e canon) ; dans le royaume wisigoth d'Espagne, lors du quatrième concile de Tolède en 633 et par les lois wisigothiques [19],[20], à Szabolcs en 1092, à Gand en 1112, lors du concile de Narbonne en 1227 puis à Béziers en 1246. Après cette date, la nécessité d'une telle interdiction semble avoir disparu.

Dans son Histoire des Juifs, l'historien médiéviste Salomon Grayzel écrit : « Une branche d'activité exercée par les Juifs pendant le Moyen Âge, la traite des esclaves, requiert quelques explications. Les Juifs furent parmi les plus importants marchands d'esclaves. À mesure que les habitants d'Allemagne occidentale pénétraient plus avant en Europe centrale, entraînant la population slave vers l'Est et accaparant leurs terres, ils faisaient des prisonniers que des marchands juifs achetaient, emmenaient vers d'autre pays où ils les revendaient à des Chrétiens et à des Musulmans »[21].

Ibn Khordadbeh, au IXe siècle, décrit les deux routes utilisées par les marchands juifs d'esclaves, celle d'Est en Ouest et celle d'Ouest en Est[16]. Selon Ibrahim ibn Ya'qub, les marchands juifs byzantins achètent des esclaves slaves à Prague[22] pour les revendre. Le roi Louis le Pieux (778-840) accorde des chartes aux Juifs visitant son royaume, les autorisant à pratiquer le commerce d'esclaves, pourvu que ceux-ci n'aient pas été baptisés. Le pape Agobard de Lyon prétend que les Juifs ne respectent pas les accords et gardent des Chrétiens comme esclaves, citant l'exemple d'un réfugié chrétien de Cordoue qui déclare que ses coreligionnaires étaient fréquemment vendus aux Maures, comme ce fut le cas pour lui[23]. En effet, plusieurs Juifs espagnols tirent leur fortune de la traite d'esclaves slavons achetés en Andalousie[24]Modèle:A qui ?. De même, des Juifs de Verdun, vers l'an 949, achètentModèle:A qui ? des esclaves dans les environs et les revendent en Espagne[25].

À Bristol, qui était le centre du trafic d'esclaves entre l'Irlande et l'Angleterre, de nombreux commerçants juifs se seraient installés à la suite de Guillaume le Conquérant vers 1070 (Histoire des Juifs au Royaume-Uni), jusqu'à ce que ce commerce soit interdit sous l'influence de saint Winibald[26]. Ces esclaves auraient été destinés au marché romain[27].

En dépit des lois quelquefois variables[28], de nombreux Chrétiens trafiquent des esclaves avec les Juifs. En Saxe, le margrave de Meissen vend beaucoup de ses sujets aux juifs, et l'empereur Henry s'en plaint[29]. Les dignitaires de l'Église de Bavière reconnaissaient même ce trafic et insistent pour que les Juifs et les autres marchands chrétiens payent une taxe sur les esclaves[30]. En 1100, des Juifs s'acquittent de cette taxe pour chaque esclave détenu par eux à Coblence.. Cependant, des empereurs carolingiens autorisent les juifs à garder des esclaves sans être baptisés. Une telle autorisation a été donnée, par exemple, à Juda ibn Kalonymus et ses associés à Spire, et, vers 1090, à des Juifs de Worms. En parallèle, des esclaves sont rachetés de part et d'autres du trafic (chrétien-juif), chacun essayant de libérer ses coreligionnaires détenus contre monnaie.

Au XIIIe siècle, à l'époque des croisades, les guildes chrétiennes des marchands monopolisent le commerce dont celui des esclaves : il n'y a à Marseille que deux commerçants juifs d'esclaves contre sept chrétiens[31].

Si en terre chrétienne, il est interdit aux Juifs de posséder des esclaves ou serviteurs chrétiens, en terre musulmane, il leur est par contre interdit d'en posséder d'autres que chrétiens[32].

Esclavage des Baryas parmi les Juifs Éthiopiens[modifier | modifier le code]

La société des Falashas (ge'ez ፈላሻ[33]), Beta Israël[34] (populations juives de l'Éthiopie) ou koushe[35] comprend un sous-groupe de statut inférieur, véritable minorité de la minorité, les Baryas, ou captifs. Le statut de Barya n'est pas spécifique à la communauté falasha, et on trouve également des Baryas d'autres religions dans les autres communautés religieuses du Nord de l'Éthiopie. Leur origine n’est pas datée, mais ils sont bien attestés à l’époque moderne au sein de la communauté Beta Israël, et existent toujours aujourd’hui en Israël. Les Baryas descendent de serviteurs nilotiques achetés par des Beta Israël sur les anciens marchés d’esclaves de la Corne de l'Afrique, et convertis à la religion de leurs maîtres. Ils sont considérés comme « noirs » (t’equr, ou shanqilla, un mot d'origine Agäw qui référence les peuples nilotiques très noirs) par les Falashas. « Les Beta Israël se perçoivent eux-mêmes comme qey [rouge] ou t’eyem [brun] - jamais comme le racialement inférieur t'equr[36] ». En effet, les populations chamito-sémitiques (ou afro-asiatiques) de la Corne de l'Afrique (somalis, afars, abyssins) se sont toujours distingués, de par leurs traits physiques europoïdes et leurs structure traditionnelles similaires à celles des peuples du Sahara, du Nil et du Maghreb, des autres Africains noirs[37]. De fait, leur peau est plus claire, et les traits du visage plus « moyen-orientaux » que ceux des populations de l’intérieur du continent[38]. Ainsi, les classes d'esclaves étaient principalement composées d'individus d'origine nilotique et bantoue qui étaient collectivement regroupés sous le nom de Shanqella et Adoon (tous deux signifiant «Nègre»). Ces populations de rang social inférieur étaient désignées comme tsalim barya en contraste avec les saba qayh ("hommes rouges"), castes nobles parlant des langues afro-asiatiques (hamites et sémites).

Les Baryas ont des traits plus classiquement africains que les peuples couchitiques et éthiosémitiques, encore que d’après Hagar Salamon, « la prolifération des relations conjugales maître-esclave » (normalement prohibées) aient progressivement estompé les différences[36]. Ils sont endogames, et ne sont pas autorisés à se marier avec les familles Beta Israël non Baryas. Il existe également une notion de demi baryas et quart de baryas, contraints de se marier entre eux[39]. Ils sont victimes de divers préjugés, étant supposés être « primitifs ». Ils n’avaient en Éthiopie qu’un accès restreint aux lieux de culte (Masgid), variable selon les régions. Hagar Salamon rapporte ainsi que selon celles-ci, ils devaient rester dans la cour du Masgid, ou devaient la quitter pendant la lecture de l'Orit (la Bible), ou ne pouvait y pénétrer qu’après plusieurs années[40]. Ils n’avaient en général pas le droit d’être enterrés dans les mêmes cimetières que les autres Falashas, et ceux-ci ne consommaient pas la viande des animaux qu’ils abattaient[41].

Jusqu’à leur immigration en Israël, les Baryas ont conservé un statut de serviteur en Éthiopie, malgré l’abolition officielle de l’esclavage en 1924. Ils étaient « de facto une part de la propriété familiale et continuaient à être légués d’une génération à une autre. [… il y avait même une] vision générale des baryas comme [...] non-humains[36] ».

Participation des Juifs à la traite atlantique[modifier | modifier le code]

Angleterre, Caraïbes et Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Le commerce des esclaves d'Afrique vers les îles sucrières de l'Atlantique comme Madère et São Tomé et vers l'hémisphère occidental a commencé aux alentours de 1450 et a prospéré sans frein pendant quatre siècles. Outre le sucre, les esclaves participent à la production de tabac, café, chocolat, rhum, riz, épices, poudres tinctoriales, chanvre et de coton, et sont employés de maison ou de sociétés.

Dans un article paru en 1994 dans le réputé « New York Review of Books »[42], David Brion Davis[43], prix Pulitzer, professeur émérite d'histoire à l'Université de Yale[44] et auteur incontesté d'une longue série d'ouvrages primés sur l'esclavage[45], signale que dans le sud des États-Unis en 1830, il y avait « 120 Juifs parmi les 45 000 propriétaires de plus de vingt esclaves, et 20 Juifs parmi les 12 000 propriétaires de plus de cinquante esclaves »[46]. Il rappelle s'il était besoin que les Juifs étaient l'un des innombrables groupes religieux et ethniques autour du monde à participer à la traite des esclaves[47]. Il ajoute qu'à l'instar des Catholiques, Musulmans, Luthériens, Huguenots, Calvinistes ou Anglicans, le petit nombre de Juifs qui vivaient dans la communauté atlantique a pris pour acquis l'esclavage des Noirs. Ainsi, on ne compte qu'un seul marchand juif rejoignant la première société anti-esclavagiste de New York dans les années 1790 - l'esprit des commerçants de toute obédience restant encore étranger aux innovations intellectuelles et morales de l'abolitionnisme réservées à une élite éclairée[48]. Dans son ouvrage majeur[45], Davis souligne que l'esclavage faisait partie intégrante de la réussite de l'Amérique en tant que Nation - et non pas l'entreprise marginale d'un groupe d'individus.

Pays-Bas et colonies hollandaises[modifier | modifier le code]

Carte des plantations hollandaises au Surinam et à Bernice[49] (Guyane), XVIII° s. (le Nord est en bas)

En 1496, les juifs sont expulsés du Portugal ; certains d'entre eux dont des marranes s'installent dans les colonies portugaises comme Madère, les Açores, le Brésil, d'autres se réfugient en Hollande où existe déjà une communauté importante qui n'est pas persécutée. Dans ces colonies, les juifs font l'expérience de la culture de la canne à sucre (introduite à Madère en 1420). En 1516, le roi du Portugal offre aux volontaires toute l'aide nécessaire pour développer la culture de la canne à sucre au Brésil. Les Juifs savent tirer parti de cette possibilité et deviennent des spécialistes de la culture de la canne à sucre et de la commercialisation de ses produits, avec de grandes plantations cultivées par des esclaves et des navires pour faire le commerce des produits de la canne. Pourtant, le long article « Brésil »[50] de la Jewish Encyclopedia de 1901-1906 qui s'appuie sur des sources remontant au début du XVIIe siècle, ne cite pas une seule fois le mot "esclave" ou "traite" pour raconter l'histoire ou expliquer la réussite des Juifs (de Recife, Pernambuc, Bahia), qui devrait tout aux moulins à sucre et à la construction de maisons seigneuriales, entre deux auto da fé de l'Inquisition.

Les colons hollandais, qui avaient repris Recif et Pernambuc des Portugais en 1631, et qui voulaient développer l’industrie sucrière au Surinam (1656), y invitent des colons juifs rescapés[51] du Brésil ou venus de Hollande (ces derniers étant aussi des juifs portugais réfugiés après 1496), et l'historien R. Southey dit (en 1822) qu'ils y « ont fait d'excellents sujets »[52]. La population juive devient majoritaire à Recife et Pernambuc en 1645 ; un voyageur indique que « parmi les habitants libres du Brésil en 1640, les juifs étaient les plus nombreux »[53]. En 1660, Cayenne accueille 152 juifs italiens de Livourne et espagnols qui fuient en 1664 au Suriname[54], dans trois voyages organisés par Paulo Jacomo Pinto. Parmi ces émigrants se trouve le poète Miguel de Barrios[55]. Au Surinam, le marchand juif hollandais Samuel Nassy obtient des concessions en septembre 1682 : des réfugiés religieux français, espagnols, anglais et portugais y affluent. En 1700, la colonie compte ainsi 90 familles juives.

Synagogue à Willemstad, Curaçao. Photo M. Hagen.
Curaçao[modifier | modifier le code]

À partir de 1652 et menée par Joao d'Ylan, la communauté juive de Curaçao se développe, venant d'Amsterdam, du Brésil et un peu plus tard des Antilles françaises d'où les juifs sont chassés par le Code Noir en 1685. D'Amsterdam, Isaac da Costa conduit vers 1659 la deuxième vague d'immigration juive à Curaçao et y fonde le premier cimetière toujours visible sur l'île[56]. C'est ce même da Costa (1620-1700) dont la littérature dit qu'il fut un important marchands d'esclaves. Les commerçants juifs s'intéressent surtout à la production et à la commercialisation du cacao, notamment Benjamin da Costa d'Andrade (planteur du premier plant de cacao sur l'île en 1660, acquis des Indiens vénézuéliens)[57], du bois de campêche[56], et à celle du tabac au Venezuela à destination d'Amsterdam, en échange de produits européens : draps de laine, outils, armes, ustensiles... Ils construisent aussi des bâtiments de plusieurs étages à l'architecture amstellodamoise fleurie, avec entrepôts au rez-de-chaussée, et des synagogues au fur et à mesure de l'accroissement de la population. Ainsi, des juifs prospèrent mais les plus modestes quittent la ville fortifiée pour emménager à Otrabanda, « l'autre côté » du port où les loyers sont moins onéreux. À la fin du XVIIIe siècle, 2 000 juifs vivent à Curaçao et y figurent un peu plus de la moitié de la population blanche de l'île[56].

Recife[modifier | modifier le code]
Carte de Recife (Brésil) avec lieux des plantations indiqués, Johannes Vingboons, 1665.

Quand les Portugais reprennent Recife aux Hollandais, le nombre de Juifs (réfugiés ou rescapés) qui avaient été invités à s'y installer à partir de 1631 par les Hollandais, s'élève à 5 000 âmes. En 1645, la population juive devient majoritaire à Recife et Pernambuc avec de nombreux marchands, des savants, des écrivains et des hommes de foi. L'historien et rabbin M. Lee Raphael indique dans son ouvrage[58] que « [A] Récife [il existait] une imposta (taxe pour les Juifs) de 5 Soldos pour l’achat de chaque esclave nègre par les Juifs brésiliens, achetés auprès de la Compagnie des Indes »[59]. Beaucoup de ces Juifs y fuient les persécutions du Saint-Office à divers endroits du globe[60] ; ceux qui restent le paient souvent de leur vie. Mais quand au début du XVIIIe siècle, les Juifs et les marranes redeviennent une population en vue à nouveau persécutée, ils quittent peu à peu le Brésil afin de pouvoir pratiquer leur religion en transitant vers Lisbonne ; à tel point que beaucoup de moulins à sucre à Rio arrêtent de fonctionner. Après un demi-siècle de ce manège, les Juifs deviennent minoritaires au Brésil et les marranes se fondent dans la population chrétienne.

France et colonies françaises[modifier | modifier le code]

À partir du XVIIe siècle, la France qui prend possession de plusieurs îles des Antilles, y applique son droit qui reconnaît le statut d'homme libre aux populations autochtones, accordant la naturalité française à tous les Indiens caraïbes sitôt qu'ils se sont fait baptiser. La colonisation et la mise en valeur des Îles d'Amérique devaient se faire, comme en Nouvelle France, avec l'installation de Français venus de métropole.

L'installation en 1653 et 1654 en Guadeloupe puis en Martinique, de Juifs hollandais chassés du Brésil en emportant leurs esclaves[61], va introduire la culture de la canne à sucre et la pratique de l'esclavage. A partir de 1704, des esclaves noirs sont introduits en Guyane.

Compagnies des Indes Occidentales et Orientales[modifier | modifier le code]

En France, la première compagnie des Indes Orientales, établie par une déclaration du roi Louis XIV donnée à Vincennes en août 1664, est une création directe du ministre Colbert avec les fonds des financiers de la Cour. La traite négrière restera un monopole entre les mains de cette Compagnie royale durant le XVIIIe siècle, se retrouvant détentrice de droits régaliens qui régissent la majeure partie des échanges atlantiques. Perpétuellement «  tenté(e) par ce qui peut améliorer le profit », elle ira jusqu'à l’interdiction absolue d’un comportement inhumain sur les esclaves[62] mais l'historien Gaston Martin indique un tout autre traitement - bien plus cruel - pour cette « marchandise particulière »[63] . Cette activité négrière constituera à peu près 10 % des armements de la Compagnie[62] qui disparaîtra en 1769[64].

Le Code noir ou Recueil des règlemens rendus jusqu'à présent, Paris, 1788.

Le trafic d'esclaves reste en principe absolument interdit pendant tout le règne de Louis XIII et de Louis XIV, mais on constate que la Compagnie des Indes occidentales passe plusieurs traités comprenant l'importation de quelques centaines d'esclaves en Martinique et en Guadeloupe[65]. La pratique de l'esclavage reste clandestine et illégale jusqu'à ce qu'en 1685 le Code noir leur donne un statut et, dans son article Ier, ordonne aux Juifs de quitter les Îles françaises d'Amérique.

« Enjoignons à tous nos officiers de chasser hors de nos îles tous les Juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois, à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens[66]. »

— Code noir, Article 1er

Comme les 96 Juifs vivant à la Martinique sont expulsés à la demande des jésuites[67] et selon le Code noir de 1685, la transformation de la canne en sucre et le raffinage deviennent un monopole réservé à un proche du roi, le chevalier Charles François d'Angennes, marquis de Maintenon, premier planteur de sucre de l'île de Martinique.

Selon l'avocate et essayiste controversée Rosa Amelia Plumelle-Uribe (auteur en 2001 de La Férocité blanche), un ordre de Louis XIV (surnommé « Dieudonné »[68]), promulgué le , aurait appelé à la conciliation et dérogé l’expulsion des Juifs des îles, ordonnée dans ce premier article du Code Noir[69], car leur précieux savoir-faire concernant la canne à sucre et son utilisation dans la production du rhum était profitable au Royaume[70]. Ainsi des Juifs (comme des Chrétiens tels la famille protestante Nairac) pratiquant la traite ont-ils été plus tard anoblis tels Joseph Nunès Pereyre ou Abraham Gradis :

« Malgré la jalousie et les nombreuses tracasseries qu’on leur opposait à cause de leur réussite, les négriers juifs (commerçants, armateurs, banquiers ou planteurs) n’étaient pas à plaindre. Pluchon[71] rappelle avec bonheur que plusieurs parmi eux furent même anoblis par le roi. Ce fut le cas de Joseph Nunès Pereyre un banquier à qui le roi [en réalité le régent Philippe d'Orléans] donne en 1720 les titres de vicomte de la Ménaude et de baron d’Ambès. Un autre négrier, Abraham Gradis, obtient des lettres de noblesse en 1751. Celui qui voudrait mieux connaître la trajectoire esclavagiste de ces familles, peut consulter le livre d’Éric Saugera "Bordeaux, port négrier". »

— Me Rosa Amelia Plumelle-Uribe, Traite des blancs, traite des noirs : aspects méconnus et conséquences actuelles.[1]

[72] L'importation d'esclaves depuis l'Afrique ne sera donc tolérée qu'à partir de lettres patentes accordée sous la Régence de Philippe d'Orléans (1715-1723) à des armateurs juifs et non-juifs travaillant pour la Compagnie des Indes occidentales dont le financier écossais John Law est devenu le propriétaire, et ensuite par Louis XV et Louis XVI.

Commerce triangulaire[modifier | modifier le code]

Le commerce triangulaire est alors développé depuis les grands ports de l'Atlantique : Nantes, Bordeaux, La Rochelle, Le Havre « formant le quatuor majeur de la traite française »[73]. S'y sont installés depuis la fin du XVIe siècle des familles de Juifs dits Portugais, en particulier à Bordeaux où en 1550[74] et 1574, des lettres patentes d'Henri III leur accordent un statut et des privilèges. Certains d'entre eux participent au grand commerce colonial, y compris à la traite des Noirs. Les archives indiquent ainsi qu'à Bordeaux (deuxième port négrier de France) au XVIIIe siècle, sur 186 armateurs bordelais, 4 à 5 Juifs[75] ont armé pour la traite en tout 20 navires (dont la moitié pour la maison Gradis) sur un total bordelais de 485[76] navires négriers[77], soit moins de 5 % des navires négriers de Bordeaux. La situation à Nantes est différente puisque le judaïsme y est officiellement interdit à la fin du XVIe siècle[78] mais officieusement toléré donc restreint. Ainsi, les réfugiés juifs, marranes, Nouveaux chrétiens et même chrétiens de la péninsule ibérique, qui s'y adonnent au commerce de toutes sortes de marchandises, sont pendant des décennies en butte à une hostilité[79] régnante voire des sentiments franchement agressifs[80] envers eux - appelés indifféremment « les Portugais » - de la part des négociants locaux et de la population portuaire en particulier.

En 1722, il est arrêté que « les Portugais » doivent être dénombrés et leurs biens inventoriés avec interdiction de vente. Devant cette menace, ils réagissent auprès du pouvoir et obtiennent en 1723 moyennant une nouvelle taxe de cent dix mille livres, des lettres patentes concernant « les Juifs desdites généralités [Bordeaux et Auch] connus et établis en notre royaume sous les titres de Portugais, autrement Nouveaux Chrétiens... ». Indirectement, officiellement et légalement, les marranes de France sont enfin reconnus comme Juifs[81].

Pour la traite négrière française, la suppression en 1769 de la Compagnie des Indes Orientales, qui avait le monopole des routes vers l’Océan Indien, pousse les négriers français à aller chercher des esclaves au-delà du cap de Bonne-Espérance[64].

Exemple des Bordelais Gradis[modifier | modifier le code]
Abraham Gradis (v. 1699-1780) de la maison Gradis.

Œuvrant à Bordeaux, les activités de la famille Gradis incluent la course, la banque, l'armement des vaisseaux, les assurances, la traite des esclaves - laquelle correspond à 5 % de sa flotte marchande[82] - et le fret pour les colonies d'Amérique, particulièrement le Canada (la « Nouvelle-France »)[83] encore français, dans un commerce atlantique du XVIIIe siècle en pleine effervescence. La réussite de la maison Gradis & fils tient à la souplesse de ses stratégies commerciales et financières s'adaptant aux différents aléas politiques[84], à la fiabilité et à la personnalité de certains de ses dirigeants comme Abraham Gradis[85]. En 1763, Choiseul, ministre de Louis XV, charge ledit Abraham Gradis - qu'il qualifie de « bon et vertueux citoyen » à cause de son patriotisme, de son aménité et de sa générosité[86] - de l'approvisionnement de l'Île de Gorée sur la côte du Sénégal, et de sa garnison[82]. Bien que la maison Gradis n'ait a priori pas de velléités de propriétés terriennes aux colonies[87], les créances de ses débiteurs colons poussent la société à devenir propriétaire de l'île. Elle acquiert par ailleurs avec réticence et à titre exceptionnel pour un Juif, par une faveur du Roi et l'entremise des ministres Maurepas et Sartine pour services rendus à la couronne, l’autorisant à posséder des terres et à obtenir les mêmes droits que les autres Français dans les colonies, une plantation en Martinique en 1776 (du débiteur Alexis Prunes de Vivier, l'habitation « Prunes »)[88] avec la famille bordelaise Bethmann, une autre à Saint-Domingue en 1777 (de M. de La Caze, un autre de ses débiteurs, l'habitation « La Caze »)[89] et une dernière sur cette même île dans le quartier des Nippes (à la succession du débiteur Maignan)[85]. Poussées en cela par le neveu David, ces acquisitions et les conjonctures politiques transformeront ensuite Moïse Gradis en planteur résident et donneront un autre tour à l'entreprise Gradis[82].

La maison Gradis abandonne la traite négrière en 1786 mais continue à affréter ses navires pour le roi dans l'approvisionnement en denrées des colonies françaises sur l'Atlantique et l'Océan Indien, à transporter les fonds royaux aux îles pour le salaire des garnisons, des officiers et des intendants, et à exploiter ses plantations[82].

Avec un total de dix expéditions négrières, la société David Gradis & fils arrive en septième position des armements négriers à Bordeaux, toute religion confondue[82]. Quatre autres entreprises juives ont armé les dix autres navires négriers sur 186 armateurs négriers chrétiens bordelais. Ainsi, en près de 150 ans (1685-1826), seulement cinq[75] entreprises juives à Bordeaux arment la traite à travers vingt expéditions négrières, « alors que les séfarades constituent une partie bien plus considérable du négoce bordelais »[82].

David Gradis fait venir en France un esclave nommé Mercure pour son usage personnel[90], comme d'autres armateurs d'autres confessions font venir des esclaves comme Mercure ou pour décharger les bateaux. La présence de Noirs sur le continent et particulièrement dans les grandes villes provoque des protestations populaires et un renouvellement très ferme de l'interdiction d'importer des populations noires en métropole. Néanmoins, au motif que des Noirs ou mulâtres semblent nécessaires à leurs maîtres pendant la traversée et au débarquement, Louis XVI impose en 1777 qu'ils soient ensuite tous (Noirs esclaves ou même libres[91]) consignés dans les ports français dans l'attente de leur retour dans leur colonie d'origine, afin de veiller « à la conservation des moeurs et du bon ordre dans (son) royaume »[92]. (Le procureur du roi, François-Armand Cholet, s'indigne d'ailleurs des conditions épouvantables de ces détentions[93].)

Arrêt du Conseil d'état du Roi du 10 septembre 1786, pour l'introduction supplémentaire de Noirs aux Antilles et pour l'exportation de sucre.
Rivalités et décrets royaux[modifier | modifier le code]

À travers les décrets royaux de 1783, 1784 puis remarquablement en 1786, Louis XVI laisse apercevoir la rivalité entre « Negocians François » et négociants étrangers (probablement juifs, portugais ou hollandais) qui malgré les prohibitions et les taxes commençaient à s'imposer sur le marché négrier portuaire des Antilles. Il incite néanmoins ces derniers à introduire et vendre des Noirs (de traite étrangère) aux ports des îles du Vent qui, « négligées », manquent d'esclaves, avec à la clef une diminution de leurs droits d'entrée à raison de 100 livres par esclave, tout en offrant une généreuse prime passant de 60 à 100 puis à 200 livres par tête d'esclave (de traite française), accordée aux marchands français ainsi encouragés qui, pour leur part, en introduiraient d'Afrique, plus particulièrement dans la partie sud de Saint Domingue. Il invite en outre à exporter du sucre brut de Sainte-Lucie à l'étranger[94].

À la veille de la Révolution française, 2 400 Juifs habitent Bordeaux. Au milieu des centaines de bâtiments négriers de Bordeaux aux XVIII°-XIX° s!ècles, baptisés Zizette, Aglaë, Saint-Nicolas, Conduite-de-Dieu, Ruby de Honfleur, Duc-de-Bourbon, Moine-Tatty, Lafayette, Confiance, Pucelle ou Neptune, les quelques navires appartenant aux armateurs juifs portent quelquefois leurs couleurs, telles Patriarche-Abraham[95] pour la société Gradis ou Jeune-David pour Mendes[96].

Alors que la traite négrière est interdite[97] en France en 1818 par Louis XVIII et qu'elle décline ensuite dans les ports seconds, le port de Nantes continue son trafic dans l'illégalité et avec la complicité des notables locaux eux-mêmes négriers, jusqu'à atteindre des sommets en 1824-1825, toute époque confondue[98]. Les ports de France et d'ailleurs fonctionnant tous de la même manière, Eric Saugera, spécialiste reconnu de la traite bordelaise, résume ce qu'il en a été pour Bordeaux :

« Sur une durée d'environ un siècle et demi (XVII°-XIX°), des dizaines de milliers de marins, armateurs, investisseurs, marchands, artisans, fabricants, ont participé à la préparation d'environ cinq cent expéditions négrières bordelaises qui ont déplacé plus de 100 000 tonneaux et enlevé à l'Afrique entre 130 000 et 150 000 de ses habitants »[99]

Vers l'abolition[modifier | modifier le code]

En parallèle vers 1820, des mouvements abolitionnistes comme celui mené par l'abbé Grégoire[100] sont soutenus par des Juifs dont l'homme politique et avocat à la Cour de cassation, Adolphe Crémieux, auteur d'un projet de loi sur l'abolition, qui estime en 1831 dans la suite de l'abolitionniste martiniquais Cyrille Bissette, qu'il « est du devoir d'un gouvernement national d'anéantir le préjugé (contre les Noirs) » et s'exprime en ces termes :

« (Juifs) victimes longtemps d'un préjugé non moins absurde, fondé sur la différence des cultes, nous nous félicitons de donner aux hommes de couleur libres le secours que naguère encore, nous réclamions pour nous-mêmes »[101].

En 1984, l'archéologue et architecte naval Jean Boudriot semble répondre à ceux qui se questionnent : « La traite certes doit être condamnée, mais à toutes les époques, les « anti esclavagistes » n’ont-ils pas toujours sucré le café ? »[102]. Partant, les différents ports de la traite négrière de France et d'ailleurs mettent longtemps avant d'accepter leur passé esclavagiste « pour s'en ouvrir au monde » : Le Havre 1985, Liège 1989, Nantes 1992, Liverpool 1994, Bordeaux 1995, etc. Des archives ont brûlé ou ont été dispersées mais les chercheurs continuent d'enrichir la connaissance de ce chapitre de l'Histoire[103].

Controverse sur l'importance de la participation des Juifs aux traites négrières[modifier | modifier le code]

Selon Nation of Islam[modifier | modifier le code]

Le débat sur l'ampleur de la participation des Juifs à la traite des Noirs éclate en 1991 à la suite de la publication d'un livre intitulé The Secret Relationship Between Blacks and Jews (La relation secrète entre Juifs et Noirs)[104] rédigé par le département de recherche historique de Nation of Islam, une association faisant la promotion du nationalisme noir. Dans cet ouvrage, Nation of Islam développe une thèse selon laquelle les Juifs auraient eu un poids prépondérant dans la traite atlantique, la finançant en grande partie. Les auteurs insistent aussi sur la cruauté particulière des esclavagistes juifs[105]. Aussi, selon Marc Lee Raphael en 1983 et Oscar Reiss en 2004, Isaac Da Costa fait partie des plus importants marchands d'esclaves du continent américain[106],[107] au XVIIe siècle.

Ces allégations ont été réfutées par un certain nombre de chercheurs qui, tout en ne niant pas le fait que des Juifs aient participé au commerce esclavagiste, se sont attachés à démontrer que leur contribution à la traite est restée tout à fait mineure[108].

Réfutations argumentées[modifier | modifier le code]

Ainsi, Wim Klooster, de l'Université du Maine, indique que les Juifs d'Amérique « possédaient nettement moins d’esclaves que les non-Juifs dans les territoires britanniques d’Amérique du Nord et des Caraïbes. Même quand des Juifs, dans un petit nombre de lieux, possédaient des esclaves en quantité légèrement supérieure à leur représentation parmi les familles d’une ville, ces cas ne peuvent en aucun cas corroborer les assertions du livre de la Nation de l’Islam. »[109]. Le professeur Jacob Marcus indique que « la participation des hommes d’affaires juifs américains représentait moins de 2 % des importations d’esclaves dans les Antilles »[110]. À son tour, le rabbin Bertram Korn dans son ouvrage Jews and Negro Slavery in the Old South, 1789-1865, précise qu'aucun des principaux marchands du sud esclavagiste n'était juif et que « la totalité des trafiquants juifs dans toutes les villes et villages du Sud réunis n’ont jamais acheté ou vendu autant d’esclaves que la société Franklin and Armfield (en), les plus gros trafiquants d'esclaves du Sud. »[111].

L'historien Ralph A. Austen a critiqué le livre de Nation of Islam, disant que « les distorsions (dans le livre) sont produites presque entièrement par des citations sélectives plutôt que par des mensonges explicites... Plus fréquemment, il y a des insinuations relatives à l'implication des Juifs dans le commerce des esclaves[112] », et « Bien que nous ne devions pas ignorer l'antisémitisme manifeste de ce livre (...), on doit reconnaître la légitimité du but avoué qui est d'examiner complètement et en profondeur, même les éléments les plus inconfortables de notre passé commun (aux Noirs et aux Juifs)[113]. » Austen reconnaît que ce livre est le premier ouvrage sur le sujet visant un public non-académique[114].

Conclusion sur la participation des Juifs à l'esclavage[modifier | modifier le code]

Le professeur émérite David Brion Davis[43] dont l'historienne de l'Université du Maryland, Ira Berlin, dit qu'« aucun chercheur n'a joué un rôle plus important dans l'expansion de la compréhension contemporaine sur la manière dont l'esclavage a façonné l'histoire des États-Unis, des Amériques et du monde que ⟨lui⟩ », un leader d'autorité dans le domaine de la recherche sur l'esclavage et le racisme dans l'Occident et le Nouveau monde[44], considère pour sa part que :

« une recherche sélective sur les marchands juifs d'esclaves devient intrinsèquement antisémite, à moins que l'on garde en mémoire le contexte plus large et la place très marginale des Juifs dans l'histoire du système global »[115].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Cet article comprend du texte provenant de la Jewish Encyclopedia de 1901–1906, une publication entrée dans le domaine public.

  1. Philon d'Alexandrie (Ier siècle av. J.-C.) remarque : "Car ces hommes, il se trouve qu'on les appelle des esclaves (doulous), mais ce sont en réalité des ouvriers (thêtas) (...), ce prétendu esclave est un salarié (misthôtos).", cité par M. Bohrmann in Dialogues d'histoire ancienne 24/2, Presses universitaires franc-comtoises, 1998, pp. 25.
  2. Au Musée du Louvre à Paris, une tablette d'argile mésopotamienne inscrit l'achat d'une esclave par un prince de Lagash (actuel Irak), de la période Akkad, v. 2250 av. J.-C. Voir en ligne.
  3. Composé de cinq livres : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome
  4. Genèse 37:1-36.
  5. Ex. 20:8-11 et Deut. 5:12-13 : "Pendant six jours tu travailleras (...) mais le septième jour est le Chabbat de l’Éternel ton dieu. Tu n’y feras aucun travail, ni toi, (...) ni ton serviteur homme ou femme (...) de sorte que ton serviteur homme ou femme se repose, tout comme toi. Rappelle-toi que vous étiez esclaves en Égypte (...)"
  6. Lévitique (25:8–13) (en): Mishpatim: Jewish Tradition and Slavery By Rabbi Jeffrey Schein, citing Parashat Mishpatim, Exodus 21:1 - 24:18
  7. (en): Mishnah: The Oral Law by Harry Gersh. Behrman House, Inc. 1984. (ISBN 0-87441-390-7) p.49
  8. (en): "Responsa of Geonim", section 12, cité dans Slave Trade, (Jewish Encyclopedia, 1906).
  9. Exode 22:3.
  10. Talmud de Babylone, Traités Makot 8b, Kiddoushin 22a, Arakhin 28b, etc.
  11. Ici, l'art. « Commerce des esclaves » de la J. E., op. cit. semble avoir confondu juifs et chrétiens, et écrit « traffic in Jewish slaves was forbidden to Jews » (le trafic d'esclaves juifs fut interdit aux juifs), ce qui n'est pas logique au regard du reste du texte et de l'Histoire.
  12. Art. "Commerce des esclaves", J. E., op. cit. Lire en ligne.
  13. Notamment les autorisations du pape Gélase Ier (mort en 496) ou celles du roi Louis le Pieux (778-840), fils de Charlemagne, et d'autres rois carolingiens.
  14. Mais pas d'interdiction ou de protestation contre la vente de juifs aux chrétiens puisque les juifs possédaient déjà un statut d'infériorité de par leur religion méprisée en terre chrétienne. Ainsi, certains d'entre eux étaient rachetés par leurs coreligionnaires et l'entremise de consuls, voir Centre des Archives diplomatiques de Nantes, S/s Ac 46, acte de chancellerie du 11 juin 1756.
  15. Aronius, «Regesten», n ° 114
  16. a et b (en): Slave Trade, Jewish Encyclopedia
  17. Epist., IX, 109
  18. Essai sur l'asile religieux dans l'Empire romain et la monarchie française, deuxième article, "Le Premier concile de Mâcon trancha ces difficultés en proclamant que tout esclave chrétien pourrait être racheté à raison de douze sous, soit pour la liberté, soit pour l'esclavage.", Charles de Robillard de Beaurepaire, Bibliothèque de l'École des chartes, année 1853
  19. Jassuda Bédarride, Les Juifs en France, en Italie et en Espagne, Michel Lévy Frères - Libraires Éditeurs, Paris, p. 87.
  20. Michèle Gaillard, Anne Wagner, Les sociétés en Europe du milieu du VIe à la fin du IXe siècle, Éditions Bréal, 2002, p. 153.
  21. Salomon Grayzel, Histoire des Juifs (1947), Paris, Service technique pour l'éducation, 1967, tome I, page 395.
  22. Moyen Âge Les marchands juifs de Verdun étaient accusés de transformer en eunuques les esclaves provenant des pays germano-slaves afin d’alimenter un trafic prospère dans le sud de l’Espagne (musulmane) à Cordoue.
  23. Espaces et réseaux du haut Moyen Âge, Maurice Lombard, page 80 C'est à ces Juifs, à leurs richesses, à leurs trafics d'esclaves que, dans la première moitié du IXe siècle, devait s'en prendre l'évêque de Lyon, Agobard, les accusant de voler des enfants chrétiens et de les mêler aux troupes d'esclaves païens destinés aux marchés espagnols.
  24. (de): Grätz, "Gesch." vii.
  25. Aronius, "Regesten", No. 127
  26. Jewish Encyclopedia, Bristol Jews settled very early at Bristol, which was the center of the slave-trade between England and Ireland, until its discontinuance, under the influence of St. Winibald
  27. England, the pre-expulsion period The few references in the Anglo-Saxon Church laws either relate to Jewish practises about Easter or apply to passing visitors, the Gallo-Jewish slave-traders, who imported English slaves to the Roman market and thus brought about the Christianizing of England
  28. Par exemple, les juifs de Navarre n'étaient pas autorisés à vendre quoi que ce soit sans licence du roi, art. "Commerce", J.E., op. cit.
  29. Aronius, «Regesten», n ° 141.
  30. ib. No. 122
  31. "R. E. J." xvi.
  32. Art. "Commerce des esclaves", E. J., op. cit.
  33. En cas de difficulté d'affichage, il faut installer la police ftp://ftp.ethiopic.org/pub/fonts/TrueType/gfzemenu.ttf.
  34. Traduction : "maison d'Israël"
  35. Telle était l'épouse éthiopienne de Moïse, "une Koushite" noire, selon la traduction de Louis Second, La Sainte Bible, éd. Alliance biblique française, 1963, p. 1109.
  36. a b et c Hagar Salamon, « Blackness in Transition: Decoding Racial Constructs through Stories of Ethiopian Jews », dans le Journal of Folklore Research, Volume 40, no 1 - voir l’article
  37. Virginia Luling, « The Social Structure of Southern Somali Tribes », University of London (consulté le 15 novembre 2016) : « One physical type is like that of the northern Somali and the other Cushitic speaking peoples. These people have features of a rather European cast, their noses being long and their lips narrow in comparison to those of negro Africans (though commonly wider than those of Europeans); their hair grows to shoulder-length and is moderately curly. », p. 43–46
  38. Les populations autochtones de la Corne de l'Afrique (de Djibouti, de Éthiopie, de l’Érythrée ou de la Somalie) sont issues de migrations très anciennes de populations issues du levant et se distinguent génétiquement des autres africains subsahariens. Voir à ce sujet l'étude de 2014 : « Early Back-to-Africa Migration into the Horn of Africa » Jason A. Hodgson, Connie J. Mulligan, Ali Al-Meeri et Ryan L. Raaum, PLoS Genetics, 2014 (DOI 10.1371/journal.pgen.1004393, lire en ligne) ou l'étude de Ornella Semino, Chiara Magri, Giorgia Benuzzi, Alice A. Lin, Nadia Al-Zahery, Vincenza Battaglia, Liliana Maccioni, Costas Triantaphyllidis, Peidong Shen, Peter J. Oefner, Lev A. Zhivotovsky, Roy King, Antonio Torroni, L. Luca Cavalli-Sforza, Peter A. Underhill, and A. Silvana Santachiara-Benerecetti publiée le 6 avril 2004 dans The american journal of human genetics [3].
  39. Les Juifs éthiopiens en Israël, p. 469.
  40. Les Juifs éthiopiens en Israël, p. 223.
  41. Les juifs ne consomment pas la viande abattue par un juif non-certifié.
  42. (en) David Brion Davis, « La traite des esclaves et les Juifs », The New York Review of Books,‎ (lire en ligne)
  43. a et b Voir sa biographie sur Wikipedia.en David Brion Davis
  44. a et b « History Doyens : David Brion Davis », Bonnie K. Goodman, HistoryMusings, 29/05/2006.
  45. a et b (en) David Brion Davis, Inhuman Bondage : The Rise and Fall of Slavery in the New World, New York, A Tour-de-Force, (ISBN 978-0195339444)
  46. (en) MJL, « Juifs et la traite des esclaves africains », Myjewishlearning,‎ (lire en ligne)
    Cité in
  47. « Les participants au système esclavagiste atlantique incluent les Arabes, les Berbères, des dizaines de groupes ethniques africains, Italiens, Portugais, Espagnols, Hollandais, Juifs, Allemands, Suédois, Français, Anglais, Danois, Américains blancs, Indiens d'Amérique, et même des milliers de Noirs du Nouveau Monde qui avaient été émancipés ou étaient les descendants d'esclaves affranchis », D. Brion Davis, « NYRB », op. cit.
  48. E. Saugera, Bordeaux, op. cit. p. 24.
  49. Les noms attribués aux lieux en dehors des plantations soigneusement délimitées démontrent la résistance des Indiens locaux, des serviteurs inféodés et des esclaves importés d'Afrique contre la domination néerlandaise. Plusieurs endroits sont notamment désignés comme « villages de rebelles », « village d'évadés » et « village d'esclaves rebelles ». Le cartouche en haut à droite donne une vue détaillée de Paramaribo, ville majeure et port du Suriname. La légende numérotée répertorie les grandes rues, ainsi que l'emplacement de l'hôtel de ville, de l'église principale (réformée néerlandaise), de l'église luthérienne, et des synagogues portugaises et allemandes. La colonie néerlandaise de Berbice, située le long de la rivière Berbice, fut établie en 1627 sous l'autorité de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. En 1814, pendant les guerres napoléoniennes, la propriété de la colonie passa aux Britanniques qui la fusionnèrent avec la colonie voisine de la Guyana britannique. Le pays obtint son indépendance sous le nom de Guyana en 1966. Le Suriname, qui borde Berbice à l'est, fut pris à l'Angleterre par les forces néerlandaises en 1667 au cours de la deuxième guerre anglo-néerlandaise (1665-1667). Il resta une possession hollandaise jusqu'en 1975, année de son indépendance.
  50. Lire en ligne.
  51. Après la reprise de Bahia par les Portugais en 1625, art. Brésil, op. cit.
  52. Robert Southey, Histoire du Brésil, 3 vol., Londres, 1822.
  53. Nieuhoff's Voyages and Travels in Brazil in Pinkerton's Collection of Travels, vol. XIV.
  54. (en) Louis Evan Grivetti et Howard-Yana Shapiro, Chocolate : History, culture and heritage, University of California, John Wiley & Sons Inc., 2009, 1021 p. (ISBN 978-0-470-12165-8), p.137.
  55. Barrios quittera Tobago après la mort de sa femme, et retournera en Europe s'installer à Bruxelles puis à Amsterdam.
  56. a b et c Lire sur Sepharad.org en ligne.
  57. Selon Père Labat, le Nouveau Voyage aux isles Françoises de l'Amérique, 1722, cité in Chocolaté : history, culture, and héritage, par Louis E. Grivetti et Howard-Yana Shapiro, éd. Wiley, 2009, (ISBN 978-0-47012-165-8).
  58. Les Juifs et le judaïsme aux États-Unis, une histoire documentée, Marc Lee Raphael, New York 1983.
  59. Cité in TribuneJuive.infopar Jean-Paul Fhima, août 2016.
  60. Majoritairement au Surinam et à Amsterdam (Provinces unies), ou aux Antilles voire à la Nouvelle Amsterdam (actuelle New-York), art. « Brésil », J. E., op. cit.
  61. Chantal Maignan-Claverie, Le métissage dans la littérature des Antilles françaises : le complexe d'Ariel, Karthala 2005, page 131
  62. a et b « Les archives des compagnies commerciales et la traite :  l’exemple de la Compagnie des Indes, Lorient, Service historique de la Défense », 2009, René Estienne, Archiviste paléographe. Lire en ligne.
  63. Gaston Martin, Nantes au XVIIIe siècle. L’ère des négriers (1714-1774) d’après des documents inédits, Librairie Félix Alcan, Paris, 1931, pp. 16-17. Lire extraits en ligne.
  64. a et b Alain Morgat, « Traite atlantique, cartographie et navigation, Rochefort, Service historique de la Défense », 2010. Lire en ligne.
  65. Le métissage..., opus cité, pp. 131 et 133
  66. Tribune dans Libération du 23/02/2005 « Nous sommes tous des juifs noirs » par Emmanuel Maistre, Tristan Mendès-France et Michel Taube; ou sur le site liceolocarno.ch
  67. Voir Histoire de la culture du cacao : http://www.worldjewishcongress.org/communities/northamerica/comm_martinique.html
  68. Archives départementales des Yvelines - Saint-Germain-en-Laye (BMS 1637-1644 ; vues 277/339 et 278/339) - Mort du Roy (Louis XIII) le 14 mai 1643…mourut dans le Chasteau neuf de St Germain en Laye tres puissant tres Victorieux et tres chrestien Prince Louis De Bourbon treiziesme du nom surnommé Le Juste… ; tres Illustre Prince Louis De Bourbon quatorziesme du nom surnommé Dieudonné son fils aisné Dauphin de france…).
  69. Rosa Amelia Plumelle-Uribe, Traite des blancs, traite des noirs : aspects méconnus et conséquences actuelles, L'Harmattan, (lire en ligne), p. 111-113
  70. Communication de R. A. Plumelle-Uribe lors de la Conférence Européenne sur le Racisme anti-Noir, tenue à Genève et organisée par le C.R.A.N., « Crime contre l’humanité, mémoire et devoir de réparation », sur http://1libertaire.free.fr, 17-18 mars 2006
  71. « Nègres et Juifs au XVIIIe siècle », Tallandier Pierre Pluchon a occupé un poste diplomatique à Haïti, dont il s'est servi pour ses recherches. Auteur d'une biographie de Toussaint-Louverture (L'École, 1980); de La route des esclaves, négriers et bois d'ébène au XVIIIe siècle (Hachette, 1980), il a réédité chez Tallandier "Le Voyage d'un Suisse dans différentes colonies d'Amérique" de Girod de Chautrans. Il a dirigé "L'Histoire des Antilles et de la Guyane" (Privat, 1982). Ses investigations lui ont permis de mettre la main sur les activités, soucis et affaires diverses des ancêtres – plus de deux cents ans avant nous – de deux hommes politiques d'aujourd'hui. MM. Pierre Mendès-France (à qui il a demandé [page 102] s'il lui laissait le droit de publier ce qu'il avait trouvé) et Valéry Giscard d'Estaing (auquel il n'a rien demandé du tout).
  72. Communication prononcée lors de la Première Conférence Européenne sur le Racisme anti-Noir, Genève, 17-18 mars 2006, organisée par le Carrefour de réflexion et d’actions contre le Racisme anti-Noir (CRAN). Origine : http://www.mdes.org/article85.htm. Lire en ligne sur 1libertaire.free.
  73. E. Saugera, Bordeaux, op. cit. p. 14.
  74. J.C. Pluchon, 1984, op. cit.
  75. a et b Les historiens Saugera et Marzagalli hésitent entre les chiffres de 4 et 5 entreprises juives bordelaises. Op. cit.
  76. Plus exactement 508 expéditions négrières, en ajoutant celles des Bordelais parties d'un autre port. E. Saugera, Bordeaux, op. cit. p. 11.
  77. Éric Saugera, Bordeaux port négrier, XVII°-XIX° siècles, Karthala, , p. 232 et 201
  78. Voir 1685, la révocation de l'Édit de Nantes.
  79. Alain Croix (dir.), Nantais venus d'ailleurs : histoire des étrangers à Nantes des origines à nos jours, Nantes-Histoire/Presses universitaires de Rennes, 2007, pp. 57-58.
  80. Le procureur dépêché par le roi à Nantes écrit au procureur de Rennes en 1636 après des émeutes et des pillages : « On maltraite (les Portugais) journellement et on les injurie (...). On tient mille discours extravagants contre leur magistrat (le consul portugais, ndlr) (...), il n'y a cependant aucun sujet légitime de plainte contre eux. », cité par J. Mathorez, op. cit. 1913, pp. 333-334. Lire en ligne.
  81. Sous la direction de Bernhard Blumenkranz, « Histoire des Juifs en France », 2ème partie, 4ème section, 3ème chapitre. Voir aussi Histoire des Juifs en France.
  82. a b c d e et f Sylvia Marzagalli, « Opportunités et contraintes du commerce colonial dans l'Atlantique français au XVIIIe siècle : le cas de la maison Gradis de Bordeaux » in Outre-mers, tome 96, n° 362-363, 1er semestre 2009, L'Atlantique Français, sous la direction de Cécile Vidal, pp. 87-110. Lire en ligne.
  83. Un canton Gradis dans la région Nord-du-Québec a été nommé en son honneur en 1947, en reconnaissance de sa générosité et autres services rendus dont l'affrètement de 17 cargaisons de vivres à la population de la ville de Québec lors de la famine dans les colonies françaises au XVIIIe siècle. Voir J. de Maupassant, op. cit.
  84. Ces aléas désignent notamment la guerre de Sept ans, les guerres de la Révolution française et de l'Empire napoléonien, les problèmes structurels et l'endettement des colonies ou les difficultés à recouvrer ses créances considérables, particulièrement auprès du Roi. Voir S. Marzagalli, 2009, op. cit.
  85. a et b Voir J. de Maupassant, op. cit.
  86. J. de Maupassant, 1931, op. cit., p. 161.
  87. Extrait d'une lettre d'Abraham Gradis à son correspondant en 1752 : « jamais notre intention n'a été d'avoir des biens aux colonies ». Paul Butel, La Croissance commerciale bordelaise dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, Lille, Service de reproduction des thèses, 2 vols, 1973, p. 802, cité in S. Marzagalli, 2009, op. cit.
  88. La propriété sucrière « Prunes » à Basse-Pointe appartenait à Alexis de Prunes du Vivier, un conseiller au Parlement de Bordeaux qui devait 184 000 livres aux Gradis, et s'est ainsi acquitté de sa dette, en se débarrassant de ses autres créanciers auprès de la maison Gradis qui a acheté la propriété 611 000 livres. Voir S. Marzagalli, 2009, op. cit. et J. de Maupassant, op. cit., p. 142.
  89. Cette seconde habitation sucrière La Caze sise dans le quartier Morin, que la maison Gradis gérait depuis dix ans, est acquise pour la somme de 600 000 livres. Voir S. Marzagalli, 2009, op. cit. et J. de Maupassant, op. cit., p. 142.
  90. Éric Saugera, Bordeaux port négrier, Karthala, , p. 277
  91. S. Schwarzfuchs, « P. Pluchon. Nègres et Juifs au XVIIIe siècle. Le racisme au Siècle des Lumières », Revue de l'Histoire des religions 207-4,‎ , p. 448 (lire en ligne)
  92. Selon déclaration du Roi du 9 août 1777 « sur la police des noirs, enregistrée au Parlement de Paris, le 27 du même mois. », et s'appuyant sur ses lettres patentes du 3 juillet 1777, cit. par Des Essarts in Causes célèbres, curieuses et intéressantes de toutes les Cours du Royaume, tome XXXIV, p. 99.
  93. François-Armand Cholet, procureur du Roi à l'Amirauté de Bordeaux : « l’amirauté de Bordeaux n’a d’autres prisons que celles du palais ; mais elles sont si affreuses que la seule idée d’y enfermer les Noirs révolte l’humanité. Les prisonniers y sont rongés de gale et de vermine »
  94. Voir document iconographique affiché « Arrêt du Conseil d'état du Roi » du 10 septembre 1786, première page et suivantes en ligne.
  95. Le navire Patriarche sera attaqué par un corsaire en 1723 - ce qui était fréquent à l'époque. Voir la donation Gradis aux Archives nationales.
  96. E. Saugera, Bordeaux, op. cit. pp. 203 et 351-361.
  97. Une succession de lois de 1794 à 1848 mettront progressivement fin à la pratique négrière en France.
  98. E. Saugera, Bordeaux, op. cit. p. 18.
  99. E. Saugera, Bordeaux, op. cit. p. 23.
  100. Dans son combat, Grégoire associe juifs, Noirs, parias de l’Inde et catholiques irlandais. De la littérature des nègres, 1808 : «Les mêmes réflexions s’appliquent aux parias du continent asiatique (...) ; aux juifs de toutes couleurs (car il y en a aussi de noirs à Cochin), dont l’histoire, depuis leur dispersion, n’est guère qu’une sanglante tragédie ; aux catholiques irlandais, frappés comme les nègres d’une espèce de Code noir (the popery law). (...) Ainsi, Irlandais, juifs et nègres, vos vertus, vos talents, vous appartiennent ; vos vices sont l’ouvrage de nations qui se disent chrétiennes ; et plus on dit du mal de ceux-là, plus on inculpe celles-ci ». Cité in « L’abbé Grégoire et la place des Noirs dans l’histoire universelle », Bernard Gainot, Gradhiva Lire en ligne :
  101. Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l'esclavage et réformateurs des colonies : 1820-1851, Khartala, .p. 60. Lire en ligne [1]
  102. Traite et Navire négrier « L’Aurore », monographie au 1/36, coll. « Archéologie navale française », Paris, 1984, (ISBN 2-903-178-13-5) .
  103. E. Saugera, Bordeaux, op. cit. p. 22.
  104. (en) Anti-Semitism. Farrakhan In His Own Words. On Jewish Involvement in the Slave Trade and Nation of Islam (mouvement racialiste et antisémite noir). Jew-Hatred as History. ADL[Lequel ?] 31 décembre 2001
  105. Eli Faber, Jews, slaves, and the slave trade: setting the record straight, NYU Press (ISBN 0814726380), p. 6-8
  106. (en) Reiss Oscar, The Jews in colonial America, McFarland, , pp 86-87
  107. (en) Raphael Marc Lee, ews and Judaism in the United States a Documentary History, Behrman House Inc., (lire en ligne)
  108. (en) Refutations of charges of Jewish prominence in slave trade. Marvin Perry, Frederick M. Schweitzer : Antisemitism : Myth and Hate from Antiquity to the Present, Palgrave Macmillan, 2002, (ISBN 0-312-16561-7), p. 245.
  109. (en) Wim Klooster (University of Southern Maine) : « Review of Jews, Slaves, and the Slave Trade: Setting the Record Straight. par Eli Faber »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Reappraisals in Jewish Social and Intellectual History. William and Mary Quarterly Review of Books. Volume LVII, Number 1. par Omohundro Institute of Early American History and Culture. 2000
  110. (en) Professor Jacob R. Marcus de l'Hebrew Union College dans The Colonial American Jew (Detroit: Wayne State Univ. Press, 1970), Vol. 2, pp. 702-703 (cité dans Shofar FTP Archive File: orgs/american/wiesenthal.center//web/historical-facts)
  111. (en) : Rabbi Bertram W. Korn, Jews and Negro Slavery in the Old South, 1789-1865, dans The Jewish Experience in America, ed. Abraham J. Karp (Waltham, MA: American Jewish Historical Society, 1969), Vol. 3, p. 180. (cité dans Shofar FTP Archive File: orgs/american/wiesenthal.center//web/historical-facts)
  112. Austen, p 133
  113. Austen, p 136
  114. Austen, p 131. "Until recently, this work remained buried in scholarly journals, read only by other specialists. It had never been synthesized in a publication for non-scholarly audience. A book of this sort has now appeared, however, written not by Jews but by an anonymous group of African Americans associated with the Reverend Louis Farrakhan's Nation of Islam."
  115. David Brion Davis, « Jews in the Slave Trade », Culture Front, 1992, p. 15. Cité par F-X. Fauvelle-Aymart, CNRS, 2002, op. cité en lien externe. Lire en ligne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]