Prabowo Subianto

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Prabowo Subianto
Illustration.
Prabowo Subianto en juillet 2014.
Fonctions
Ministre de la Défense
En fonction depuis le
(2 ans, 2 mois et 27 jours)
Président Joko Widodo
Gouvernement Cabinet Indonésie En avant
Prédécesseur Ryamizard Ryacudu
Biographie
Nom de naissance Prabowo Subianto Djojohadikusumo
Date de naissance (70 ans)
Lieu de naissance Jakarta (Indonésie)
Nationalité indonésienne
Parti politique Golkar (avant 2008)
Gerindra (depuis 2008)
Père Soemitro Djojohadikoesoemo (en)
Mère Dora Marie Sigar (id)
Fratrie Hashim Djojohadikoesoemo (en) (frère)
Conjoint
Titiek Soeharto (en) (m. 1983–1998)
Enfants Didit Hediprasetyo (en) (fils)
Famille Margono Djojohadikoesoemo (id) (grand-père)
Soebianto Djojohadikoesoemo (id) (oncle)
Soejono Djojohadikoesoemo (id) (oncle)
Aryo Djojohadikoesoemo (en) (neveu)
Rahayu Saraswati (en) (nièce)
Thomas Djiwandono (id) (neveu)
Budi Djiwandono (id) (neveu)
Entourage Soeharto (ancien gendre)
Diplômé de Académie militaire indonésienne (en)
Profession Militaire
Religion Islam

Signature de Prabowo Subianto

Prabowo Subianto, né le à Jakarta, est un militaire, homme d'affaires et homme politique indonésien, membre du Parti du mouvement de la grande Indonésie.

Candidat aux élections présidentielles de 2014 et 2019, il perd à deux reprises face à Joko Widodo. Dans le cadre d'un accord entre les formations politiques représentées au Conseil représentatif du peuple, il est nommé ministre de la Défense en .

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Il est né en 1951 dans une des familles les plus riches du pays[1]. Son grand-père, Margono Djojohadikoesoemo (en), a fondé la banque Negara Indonesia dont il fut le premier directeur de 1946 à 1953 ; son père, Soemitro Djojohadikusumo (en), était un célèbre économiste et un ponte du Parti socialiste ayant occupés plusieurs fonctions ministérielles entre 1950 et 1978, à la fois sous les présidence de Soekarno et de Soeharto. Particulièrement proche de ce dernier, Prabowo épouse une de ses filles, Titiek Soeharto (en), en . Moins d'un an plus tard, le couple donne naissance à son premier et unique enfant : Didit Hediprasetyo (en). Titiek et Prabowo finissent par se séparer en 1998. Son frère, l’homme d'affaires Hashim Djojohadikoesoemo (en), est l’une des plus grosses fortunes d’Asie.

Il étudie à l’école américaine de Londres puis à la prestigieuse académie militaire indonésienne (en) de Magelang, lui permettant de faire ensuite carrière dans l'amrée[1].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Prabowo au Timor oriental (4e à partir de la gauche, en tee-shirt vert

Militaire de carrière, il prend en 1976 le commandement d'un groupe des Kopassus (Forces spéciales de l'armée de terre indonésienne). Il participe à l'invasion du Timor oriental. Il dirige notamment le groupe qui assassine Nicolau dos Reis Lobato, le premier ministre du Timor oriental le [2]. Il suit des formations d'officier supérieur auprès de l'armée américaine à Fort Bragg et Fort Benning respectivement en 1980 et 1985[3]. A nouveau présent au Timor Oriental en 1983, il commande les forces spéciales responsables des massacres de Kraras[4]. Les survivants de ces massacres sont enfermés dans un camp de concentration gardé par les hommes de Prabowo où beaucoup meurent de famine et de mauvais traitements[5].

Après la chute de la dictature, il vit quelques années en Jordanie. Il est accusé en Indonésie d'avoir fomenté des violences lors de la chute de Soeharto. Il n'est toutefois pas inquiété par la justice, qui ne poursuit pas les responsables du régime de l'Ordre nouveau[6].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il est décrit comme proche du Front des défenseurs de l'islam, organisation extrémiste disposant de nombreux contacts au sein de l'armée et de la « bonne société »[7].

Prabowo a été le candidat de son parti à l'élection présidentielle indonésienne de 2014. Au lieu d'en accepter le résultat proclamé le par la KPU, commission électorale indonésienne, donnant Joko Widodo vainqueur, il conteste les résultats annoncés[8].

Entretemps, il est cité en novembre 2017 dans les Paradise Papers (affaire internationale d'évasion fiscale)[9].

Candidat à l'élection présidentielle de 2019, il dénonce au cours de la campagne le « viol de la mère patrie » et la « persécution des oulémas » en référence à l'interdiction du Hizb ut-Tahrir que le gouvernement accusait de terrorisme. Des messages vidéos de Habib Rizieq Shihab, le chef du Front des défenseurs de l'islam vivant en Arabie saoudite, sont diffusés pendant ses meetings. Celui-ci souligne notamment que Prabowo « ne protégeait pas les communistes, les libéraux, les croyances déviantes et les actes indécents et illicites[6]. » Pendant sa campagne, il reste flou sur son projet et cherche plutôt à glorifier la nation indonésienne[10]. Il perd, obtenant 45 % des voix, et conteste alors le résultat.

Le , après avoir opéré un rapprochement avec son adversaire vainqueur, le président sortant Joko Widodo, Subianto est nommé ministre de la Défense[11]. Amnesty International regrette « un jour sombre pour les droits de l'Homme dans le pays », Subianto étant notamment soupçonné d'avoir personnellement supervisé massacres et tortures au Timor-Oriental et en Papouasie-Occidentale[12],[13] et d'avoir fait enlever et disparaître plusieurs manifestants pro-démocratie en 1998[11]. D'après le chercheur australien, Damien Kingsbury, cette nomination était inévitable : « Jokowi reste trop vulnérable face aux islamistes, aux militaires et au DPR, la Chambre basse du Parlement »[14]. Proche des États-Unis sur les questions de politiques extérieures, il reçoit en grande pompe le ministre américain de la Défense en octobre 2020 dans une perspective anti-chinoise[15]. Prabowo est reçu avec les honneurs par Florence Parly, ministre de la Défense du gouvernement français, le 13 janvier 2020[16].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gurvan Kristanadjaja, « Prabowo Subianto, l’héritier de la dictature militaire », sur Libération.fr,
  2. Présidentielle en Indonésie : Prabowo Subianto, homme à poigne, Radio France internationale, 8 juillet 2014.
  3. U.S.-Trained Unit Suspected of Torture, Washington Post, 23 mai 1998
  4. (en) Aboeprijadi Santoso, « What ever happened in Kraras, Timor Leste, 'Pak' Prabowo? », Jakarta Post,‎ (lire en ligne)
  5. (en) Gerry van Klinken, « Prabowo and human rights », Inside Indonesia,‎ (lire en ligne)
  6. a et b Rémy Madinier, « L’Indonésie choisit la démocratie », (consulté le )
  7. Marie Beyer, Martine Bulard, « Menaces sur l’islam à l’indonésienne », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. Fin du suspense dans la présidentielle en Indonésie, Le Monde, 22 juillet 2014.
  9. (id) « 'Paradise Papers': Prabowo, Tommy dan Mamiek Suharto disebut dalam laporan surga pajak », BBC News Indonesia (consulté le )
  10. Olivier Ubertalli, « Jokowi, « l'Obama indonésien », face à l'oligarchie et à l'intolérance religieuse », sur Le Point,
  11. a et b « Indonésie: Joko Widodo nomme à la Défense son adversaire à la présidentielle », sur Boursorama (consulté le )
  12. (en) Elizabeth Brundige, Winter King, Priyneha Vahali, Stephen Vladeck et Xiang Yuan, Indonesian human rights abuses in West Papua: Application of the law of genocide to the history of Indonesian control, New Haven, Connecticut, Allard K. Lowenstein International Human Rights Clinic, Yale Law School, , 78 p. (lire en ligne), p. 46
  13. (en) Gerry van Klinken, « Prabowo and human rights », Inside Indonesia,‎ (lire en ligne)
  14. Philippe Pataud Célérier, « Nettoyage ethnique en Papouasie », sur Le Monde diplomatique,
  15. Martine Bulard, « Bombe libre-échangiste en Asie », sur Le Monde diplomatique,
  16. (en) Anonymous, « Indonesia, France to ink defense cooperation deal this year », Jakarta Post,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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