Prabodh Chandra Bagchi

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Prabodh Chandra Bagchi (1898-1956) était le doyen d'études chinoises en Inde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 18 novembre 1898 à Srikol (District Jessore), Prabodh Chandra a obtenu en 1920 son Master diplôme en histoire et culture anciennes de l’Inde à l'Université de Calcutta. Il a été immédiatement nommé conférencier dans la même faculté en 1921 et il a été envoyé à Vishva-Bharati nouvellement fondé pour étudier le bouddhisme et la langue chinoise auprès du Français Sylvain Lévi. Avec le professeur Lévi, il a fait des recherches sur le bouddhisme en sanskrit et, plus tard, en faisant son doctorat ès lettres à l'université de Paris, il a travaillé avec Paul Pelliot sur les ruines antiques de la civilisation indienne en Asie centrale, avec Henri Maspero sur la littérature bouddhiste en chinois, avec Jules Bloch sur les textes antiques en langue pali, et avec Antoine Meillet sur l'Avestan Gathas, dont l'étude est essentiel pour une connaissance générale de la religion védique.

En 1927, il publie Canon bouddhique en Chine. Ce travail à deux volumes contient l'histoire biographique des savants indiens, chinois et autres qui ont traduit les textes bouddhiques pali et sanskrit en chinois. Son autre travail important en français est une édition critique de deux Lexiques sanscrits-chinois antiques, un compilé en Asie centrale au VIIIe siècle et l'autre par le savant-pèlerin célèbre Yi Jing (义净 I-tsing) au VIIe siècle. Ces œuvres doivent être traduites en anglais.

En 1944, il publie l'Inde et la Chine : Mille ans de contacts sino-indiens, qui devient une référence des études indo-chinoises.

Études[modifier | modifier le code]

Connaissant à fond la méthodologie occidentale, Bagchi savait comment intégrer la preuve littéraire avec des données archéologiques. Son approche au matériel principal nécessaire pour la reconstruction du passé éloigné était double : d'une part la restauration et publication de vieux textes bouddhistes chinois, la préparation des notices et la traduction des manuscrits antiques de collections différentes et d'autre part étude d'objets archéologiques comme des pièces de monnaie, des inscriptions et d'autres vestiges monumentaux pour étudier la littérature et la philosophie bouddhistes ainsi que beaucoup d'autres aspects d'échange culturel indiens couvrant un vaste gamme de sujets.

Il a identifié le Gange de Ptolémée avec le Huangzhi (Huangchih) chinois qui a existé entre le IIe siècle av. J.-C. et le Ier siècle sur la base des rapports contenus dans « l'Histoire d'Ancienne de la Dynastie Han » officielle de la Chine. Les savants précédents l'avaient identifié avec Kanchi (Kanchipuram) sur la base de l'équivalence phonétique défectueuse et des informations historiques insuffisantes. Mais, après l’exemple de Bagchi, il est tenu maintenant que l'on a aussi connu le Bengale, c'est-à-dire, vanga aux étrangers comme Gange.

Contrairement à l’opinion traditionnelle d’après laquelle le bouddhisme est entré la Chine au Ier siècle, Bagchi nous a informé que le premier contact de l'Inde avec la Chine se situait au IIe siècle av. J.-C., quand des certaines de notions scientifiques et cosmologiques avaient été infiltrées dans la Chine par des nomades de l'Asie centrale. Comme la théorie du bouddhisme étant beaucoup plus riche et que celle du confucianisme et étant donné que la philosophie bouddhiste est beaucoup plus profonde que celle du Taoïsme, les lettrés chinois se laissaient à s’y intéresser et à supplier même selon leur capacité la Cour impériale d’agir en faveur de la généralisation du bouddhisme sur le territoire chinois.

D’anciennes pièces de monnaie chinoises découvertes dans Tanjore (Thanjavur), district de Tamilnadu, en 1942 et 1944 ont été étudiées et identifiées par Bagchi. Son étude (avec l'aide de Chou Ta-fu) sur ces pièces de monnaie donne la nouvelle lumière sur les relations politiques et commerciales ininterrompues entre le Sud de l'Inde et la Chine, même après les relations de la Chine avec le Nord de l'Inde sont venues à une halte au milieu du XIe siècle. Les pièces de monnaie appartiennent à la période entre les VIIIe et XIIIe siècles, représentant les périodes du Pallava, Cholas et Sundara Pandyas.

Bagchi a résolu beaucoup d'énigmes, grandes et petites, de chronique indienne basée sur une étude comparative des textes sanskrits, chinois et tibétains.

Un grand nombre de textes sanskrits sur le bouddhisme traduit en chinois aux différentes époques a été perdu pour plus d'un millénaire. Grâce aux efforts des savants comme Bagchi, certains d'entre eux sont disponibles dans la traduction anglaise. Ils incluent les textes de Vajrayâna par Fatian 法天 (Dharmadeva), le Pratitya-samutpada-sûtra commenté par Vasubandhu (avant le Ve siècle après J.-C.), le Sûtra prêché par Ravana pour guérir les maladies d'enfant, Sûtra sur les douze ans de la vie errante de Bouddha (IIIe au Ve siècle après J.-C.), l'histoire de Dhanika dans les divers textes de Vinaya, le Catalogue géographique de l'Yaksas dans le Mahâmâyurî et de nombreux autres textes – tous ont été traduits et évalués d'une façon critique par Bagchi.

Bagchi est venu sur la scène culturelle au temps où les Indiens les plus instruits étaient ignorants ou indifférents à l'héritage chinois aux multiples facettes et à son importance pour l'histoire indienne. Il a fouillé profondément dans le vinaya volumineux et d'autres œuvres littéraires en chinois, a fait une étude comparative des textes divers, a révélé les ressemblances et les différences des versions différentes et a soulevé des questions pour que les savants futurs puissent y répondre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le canon bouddhique en Chine. Les traducteurs et les traductions. Geuthner, Paris 1927-1938 (2 vol.)
  • Deux lexiques sanskrit-chinois. Fan yu tsa ming (《梵語雜名》)de Li Yen (禮言) et Fan yu ts'ien tseu wen (《梵語千字文》) de Yi-tsing (義凈). 2 vol. P. Geuthner, Paris 1929-1937
  • Studies in the Tantras. Calcutta. University of Calcutta, 1939
  • India and China. A thousand years of cultural relations. 2. ed., rev. and enl., Philos. Libr., New York 1951