Prélude et fugue en ré majeur (BWV 874)

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Le Clavier bien tempéré II

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Le prélude et fugue en majeur, BWV 874 est le cinquième couple de préludes et fugues du second livre du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach.



\version "2.18.2"
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  tagline = ##f
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\score {
  \new Staff \with {
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<<
  \relative c' {
    \key d \major
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     %% INCIPIT CBT II-5, BWV 874, ré majeur
     r8^\markup{Prélude} d16 e fis g a8 fis a d a d fis d fis | a4 << { a4 } \\ { fis4 } >> | \once \override Staff.TimeSignature #'stencil = ##f \time 4/8  \bar ".."

     \skip 16*1
     \override Staff.Clef.extra-offset = #'( -1 . 0 )
     \clef bass
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     r8^\markup{Fugue} d,8 d d g,4 b~ b8 e, a g fis4 d

  }
>>
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       }
   }
  \midi {}
}


Prélude[modifier | modifier le code]

Le prélude, noté 12
8
en alternance avec alla breve, de 56 mesures, est l'un des diptyques les plus joués[1], l'une des plus magnifiques pièces de clavecin du second livre[2], que Ferruccio Busoni qualifie de douée d'un « sentiment de liberté sans contrainte ».

Bach compose pour cette tonalité une pièce longue, à trois voix, aux allures de gigue, articulée en deux parties d'inégales longueur. Plus que prélude, elle prend la forme d'une véritable sonate mono-thématique régulièrement structurée, avec exposition (mesures 1–16), développement (mesures 17–40) et réexposition (mesures 40–56).

Le thème est une fanfare sur l'accord de majeur poursuivit d'une réponse très orchestrale semblant convier d'abord les flûtes à la mesure suivante et les cordes à la troisième mesure. L'exposition elle-même annonce les grands classiques avec son thème de quatre mesures, le conséquent de huit et la conclusion de quatre mesures. Pour la seconde section, le thème est renversé[3].

L'inspiration évoque Scarlatti[4] ; et pour la forme — si ce n'est l'absence de second thème — ce prélude-sonate peut soutenir la comparaison avec une œuvre de jeunesse de Haydn ou Mozart[3] et aux œuvres de la décennie 1740 d'Emanuel et Friedemann Bach (sonate en majeur, F. 3, éd. 1745). Dans sa solennité, Keller rapproche ce prélude de la sinfonia d'ouverture de la cantate BWV 29, également en majeur[5].

L'alternance du rythme ternaire et binaire, pose le problème de l'assimilation des croche-pointées-doubles. La réponse est clairement évidente aux mesures 18 et 20, où l'écriture combine les deux mètres avec des groupes de six doubles-croches. La mesure 5, montre également la « superposition d'assimilation » de la troisième croche avec la double-croche de la basse)[6].


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  tagline = ##f
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upper = \relative c' {
  \clef treble 
  \key d \major
  %\compoundMeter #'((2 2) (12 8))
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   %% PRÉLUDE CBT II-5, BWV 874, ré majeur

  \time 2/2
  s8
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  s8
  \set Timing.measurePosition = #(ly:make-moment 0)
  \override Staff.TimeSignature.stencil = ##f
  \time 4/4

   \tuplet 3/2 { r8 d16 e fis g a8 fis a d a d fis d fis } |
   << { a4 a a8( g) g( fis) | fis4 r4 r2 | r4  } \\
      { r4 fis4 fis8 e e d | \tuplet 3/2 { d \stemUp \change Staff = "lower" d,,16 e fis g a8 fis a \stemDown \change Staff = "upper" d a d fis d fis } | a4 a a8( g) g( fis) | \tuplet 3/2 { fis fis16 e d cis b8 d b}  gis \stemDown \change Staff = "upper"  r8 r4 } >>
   
}

lower = \relative c {
  \clef bass 
  \key d \major
  \time 2/2
  s8
  \set Timing.measurePosition = #(ly:make-moment 0)
  \time 12/8
  s8
  \set Timing.measurePosition = #(ly:make-moment 0)
  \override Staff.TimeSignature.stencil = ##f
  \time 4/4
  
  \set Staff.midiInstrument = #"harpsichord" 
  
    < d d, >4 r4 r2 | r4 d' a' a, | d r4 r2 | r4 d, a' a, | d8. d,16 d'8. d16 d4 \tuplet 3/2 { r8 \stemDown e16 d cis b } | cis8. cis,16 cis'8. cis16 cis4 \tuplet 3/2 { r8 d16 cis b a } |
    b

} 

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    \set PianoStaff.instrumentName = #"BWV 874"
    \new Staff = "upper" \upper
    \new Staff = "lower" \lower
  >>
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    \context {
      \Score
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      \override SpacingSpanner.common-shortest-duration = #(ly:make-moment 1/2)
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      \Staff
      \omit TupletBracket
      \omit TupletNumber
    }
  }
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}

Fugue[modifier | modifier le code]

Caractéristiques
4 voix — alla breve, 50 mes.
⋅ 25 entrées du sujet
réponse tonale et réelle
contre-sujet
⋅ 5 divertissements
Procédés
canon, strette

La fugue à quatre voix, notée alla breve, est longue de 50 mesures.

Le sujet est en style de choral, calme et noble, dont les premières notes répétées évoquent la canzone des maîtres du XVIIe siècle. Bien que composé de deux motifs, l'interprète doit bien se garder de couper en deux. Le motif b revient près de cent fois[5].



\version "2.18.2"
\header {
  tagline = ##f
}

\score {
  \new Staff \with {

  }
<<
  \relative c' {
    \clef bass
    \key d \major
    \time 2/2
    \set Staff.midiInstrument = #"harpsichord" 

     %% SUJET fugue CBT II-5, BWV 874, ré majeur
     r8 \[ d8 d d^\markup{a} g,4 b~ \] b8 \[ e, a^\markup{b} g fis4 \] \parenthesize d

  }
>>
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     \context { \Score \remove "Metronome_mark_engraver" 
    }
  }
  \midi {} 
}

D'allure plus modeste que son prélude, la fugue est divisée en deux sections : mesures 1–27 et 27–50. L'exposition enchaîne les entées dans l'ordre : ténor, alto, soprano, basse (mesures 1–10), suivit d'une double redite mais en canon, alto-soprano (mesures 10–12 et 14–16). Après l'exploitation du motif b du premier divertissement, nouvelle présentation en canon à trois voix, ténor, soprano, alto conduisant vers un passage en fa dièse mineur, avec un nouveau canon à l'octave, basse, soprano, alto (mesures 27–28). Le canon à la sixte, ténor, alto, soprano (mesure 33). Après une descende de deux octaves de la basse, suit d'une entrée spectaculaire et isolée du ténor (mesure 40). Bach termine la fugue par un canon très serré à la tierce inférieure, conviant les quatre voix de haut en bas (mesures 44–46) et très difficile voire impossible à réaliser parfaitement au clavier[5].


\version "2.18.2"
\header {
  tagline = ##f
}

Dux           = { r8-\markup{Dux} d8 d d g,4 b~ b8 e, a g }
Comes         = { r8-\markup{Comes} a8 a a d,4 fis~ fis8 b, e d }

upper = \relative c'' {
  \clef treble 
  \key d \major
  \time 2/2
  \tempo 4 = 84
  \set Staff.midiInstrument = #"harpsichord" 

   %% FUGUE CBT II-5, BWV 874, ré majeur
   R1 r2 \Comes << { s1 \relative c'' { \Dux fis2 gis a4 r8 e8 a g fis4~ fis e8 d cis4 d~ d8 b'16 a b8 d, cis4 } } \\ { cis8 e a g fis4 a~ a8 d, g fis e fis g4~ g fis8 e d4 r4 | r4 r8 b8 e d cis4~ cis r8 a8 d cis b4 a } >>

}

lower = \relative c' {
  \clef bass 
  \key d \major
  \time 2/2
  \set Staff.midiInstrument = #"harpsichord" 
    
   \Dux fis4 d r8 fis8 b a gis2 a4 cis r8 a8 d cis b2 r8 b8 e d 
   << { cis2 r8 a8 d cis b2 r8 e,8 a g | fis e d4 r8 d8 g fis | e4 < gis d >8 < fis cis > < e b >2 | e2*1/2 } \\ { \relative c' { \Comes  cis8 b a4  | r8 a8 d cis b a g4~ g8 fis b a gis2 a4 } } >>
    
} 

\score {
  \new PianoStaff <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #"BWV 874"
    \new Staff = "upper" \upper
    \new Staff = "lower" \lower
  >>
  \layout {
    \context {
      \Score
      \remove "Metronome_mark_engraver"
      %\override SpacingSpanner.common-shortest-duration = #(ly:make-moment 1/3)
    }
  }
  \midi { }
}

Manuscrits[modifier | modifier le code]

En l'absence de ce couple dans le manuscrit de la British Library Londres (Add. MS. 35 021), les deux principaux sont :

Postérité[modifier | modifier le code]

Théodore Dubois en a réalisé une version pour piano à quatre mains[8], publiée en 1914.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Hugo Riemann (trad. de l'allemand par John South Shedlock), Analysis of J.S. Bach's Wohltemperirtes clavier [« Katechismus der fugen-komposition »], vol. 1, Londres / New York, Augener & Co. / G. Schirmer, 1893 (1re éd. 1890 (de)), 208 p. (lire en ligne)
  • (en) Hugo Riemann (trad. de l'allemand), Analysis of J.S. Bach's Wohltemperirtes clavier [« Katechismus der fugen-komposition »], vol. 2, Londres, Augener & Co., 1893 (1re éd. 1891 (de)), 234 p. (lire en ligne)
  • (en) Cecil Gray, Forty-Eight Preludes and Fugues of J.S .Bach, Oxford University Press, 1938, 148 p. (OCLC 603425933, lire en ligne [PDF]), p. 104–106.
  • Hermann Keller, Le clavier bien tempéré de Johann Sebastian Bach : l'œuvre, l'interprétation, Paris, Bordas, coll. « Études », 1973 (1re éd. 1965(de)), 233 p. (OCLC 373521522, présentation en ligne, lire en ligne [PDF]), p. 157–160(de)
  • (en) Yo Tomita, J. S. Bach’s ‘Das Wohltemperierte Clavier II’ : A Study of its Aim, Historical Significance and Compiling Process, Leeds, University of Leeds, 1990 (lire en ligne [PDF])
  • (en) Yo Tomita, J. S. Bach’s ‘Das Wohltemperierte Clavier II’ : A Critical Commentary, vol. 2 : All the extant manuscripts, Leeds, Household World Publisher, 1995, 1033 p. (lire en ligne [PDF]), p. 15–25 ; 26–29
  • François-René Tranchefort (dir.), Guide de la musique de piano et de clavecin, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la musique », , 867 p. (ISBN 978-2-213-01639-9, OCLC 17967083, lire en ligne), p. 35.
  • Guy Sacre, La musique pour piano : dictionnaire des compositeurs et des œuvres, vol. I (A-I), Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1998, 2998 p. (ISBN 2-221-05017-7), p. 212.
  •  Robert Levin (clavecin, clavicorde, orgue et piano-forte) (trad. Anne Paris-Glaser), « Bach, Clavier bien tempéré, livre II : BWV 870-893 », p. 644, Hänssler Edition Bachakademie, vol. (102 à) 117, 2000 (OCLC 705291496).
  • (en) David Schulenberg, The keyboard music of J.S. Bach, New York, Routledge, 2006, viii–535 p. (ISBN 0415973996, OCLC 63472907, lire en ligne), p. 250–252.
  • Yo Tomita, « préface », dans J.-S. Bach, Clavier bien tempéré, Livre II, Henle, , xvii-163 p. (ISMN 979-0-2018-0017-2, lire en ligne), p. IX–XIII

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]