Power Corporation du Canada

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Power Corporation du Canada
logo de Power Corporation du Canada
Création 1925
Fondateurs Arthur J. Nesbitt et Peter A. Thompson
Personnages clés Paul Desmarais (père), Paul Desmarais (fils) et André Desmarais.
Forme juridique Société par actions
Action TSW:POW
Siège social Montréal (Canada)
Activité finance, assurance, médias et énergie.
Effectif 26 500 employés et 14 400 conseillers financiers (2015)
Site web www.powercorporation.com
Capitalisation 13,4 Mds CAD (2015)[1]
Fonds propres en augmentation 14 milliard CAD (2015)[2]
Chiffre d’affaires en augmentation 38,265 Mds CAD (2015)[2]

Power Corporation du Canada (TSX : POW), est une entreprise internationale de gestion et de portefeuille diversifiée. De par sa filiale Corporation Financière Power (TSX : PWF) elle détient des participations dans des sociétés du secteur des services financiers au Canada, aux États-Unis et en Europe. De par sa filiale Groupe de communications Square Victoria, elle détient de participations dans des sociétés de l’industrie des communications et médias. De plus, Power Corporation détient et gère activement un portefeuille de placements aux États-Unis, en Europe et en Chine. La société administre des actifs de 1,4 billion $[1],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Power Corporation du Canada[3] a été formée en 1925 par les courtiers Arthur J. Nesbitt (en) et son partenaire Peter A.T. Thompson. Nesbitt a été le premier président de la société. Power Corporation a été créée en tant que holding pour gérer leurs investissements substantiels dans les entreprises d'utilité publique impliqués dans le secteur de l'énergie électrique dans les Cantons de l'Est du Québec ainsi que dans les autres provinces canadiennes de l'Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique. Dans la dernière partie des années 1930, la société a acquis une participation majoritaire dans Bathurst Pulp and Paper Company Ltd et en 1938, Canadian Oil Companies Ltd. Elle a vendu la première à Shell Oil en 1962.

En 1952, Arthur J. Nesbitt a été remplacé comme président par son fils Arthur Deane Nesbitt (en). La famille a vendu la plupart de ses intérêts dans Power Corporation au groupe Paul Desmarais Sr. en 1968. En 1970, elle n'y avait plus aucune implication.

L'année 1984 voit la création d'une société de gestion et de portefeuille diversifiée la Power Financial Corporation. L'expansion mondiale pour le groupe commence dans les années 1970 pour l’Europe et suit dans les années 1990 pour l’Asie. Power Corporation est propriétaire à 100 % de Groupe de communications Square Victoria et à 65,6 % de Power Financial[4].

L'implication du groupe dans la finance continue en l'an 2000 avec les acquisitions de Canada Life, Mackenzie Financial et Putnam Investments. Power Corporation devient aussi un actionnaire dans CITIC Pacific Limited[5] dont elle revend sa participation en 2015.

Bien qu'elle ait été établie à l'origine comme une entreprise de services publics d'électricité, la société est devenue un conglomérat avec des intérêts importants dans l'industrie de la finance et des intérêts dans d’autres secteurs comme les communications et l’énergie renouvelable[6].

L'entreprise et ses filiales gèrent actuellement des actifs d'une valeur dépassant 785 milliards de dollars canadiens[2],[1].

Gouvernance d'entreprise[modifier | modifier le code]

Les membres actuels du conseil d'administration de la société sont[7]:

  • Pierre Beaudoin - Président exécutif du conseil de Bombardier Inc.
  • Marcel R. Coutu - Administrateur de sociétés
  • André Desmarais - Président délégué du conseil, président et co-chef de la direction
  • Paul Desmarais, Jr. - Président du conseil et co-chef de la direction
  • Gary A. Doer - Ex-ambassadeur du Canada aux États-Unis
  • Anthony R. Graham - Vice-président du conseil et l’un des administrateurs de Wittington Investments, Limited
  • J. David A. Jackson - Avocat-conseil principal au cabinet d’avocats canadien Blake, Cassels & Graydon
  • Isabelle Marcoux - Présidente du conseil de Transcontinental inc.
  • Christian Noyer – Ex-gouverneur de la Banque de France
  • R. Jeffrey Orr - Président et chef de la direction de la Financière Power
  • T. Timothy Ryan, jr. - Administrateur de sociétés
  • Emőke J.E. Szathmáry - Présidente émérite de l’Université du Manitoba et professeur émérite au sein de la faculté d’anthropologie

Comme holding, les administrateurs travaillent à travers les différents conseils[8].

Partenariat Frère-Bourgeois[modifier | modifier le code]

Pargesa Holding SA[9] est contrôlée par Parjointco NV[10]. Par l’entremise de Groupe Bruxelles Lambert, Pargesa détient des participations dans Imerys (produits minéraux de spécialités industriels), SGS (contrôle, vérification et certification), LafargeHolcim (ciment, granulats et béton), Pernod Ricard (vins et spiritueux), adidas (conception et distribution de vêtements de sport), Total (pétrole, gaz et énergies de remplacement), Engie (électricité, gaz naturel et services énergétiques et environnementaux). Parjointco NV est détenue indirectement par Power Corporation et Albert Frère, le magnat belge[11]. Pargesa détient des intérêts (1,3%) dans la compagnie pétrolière Total SA, société française la plus importante dans le pétrole[12]. Total a fait l'objet d'une enquête officielle par les Nations unies en février 2010 pour accusations de corruption concernant des livraisons de pétrole de l'Irak au cours de la primauté du dictateur Saddam Hussein[13].

Politique[modifier | modifier le code]

Paul Desmarais, Jr. fut l'un des trente membres de la North American Competitiveness Council, un groupe en opération entre 2006 et 2009 et dont les conseils dirigeaient la politique de sécurité et la prospérité de l'Amérique du Nord (PSP).

L'entreprise a été critiquée pour ses liens avec la politique canadienne[14], et spécifiquement pour son engagement envers la défense du fédéralisme au Québec. Paul Desmarais fils qualifie de « ridicule » l'idée que la Power Corporation puisse influencer davantage les gouvernements que d'autres acteurs de la société[15]. Paul Desmarais père a reçu la plus haute décoration de la République française, celle de Grand'croix de la Légion d'honneur, en guise de reconnaissance pour avoir « bâti une stratégie » pour l'accession au pouvoir de l'ex-président de la république française, Nicolas Sarkozy[16]. En outre, on lui reproche d'utiliser ses médias tels que La Presse pour répandre ses opinions politiques et faire de la convergence, particulièrement depuis qu'une fuite WikiLeaks mettant en cause l'indépendance de Jean Charest à l'égard du gouvernement Harper et du conglomérat[17],[18] a causé de vifs antagonismes entre les journaux du conglomérat et ceux de Québecor.

L'entreprise a longtemps été un proche allié du Parti libéral du Canada, bien que les membres anciens ou actuels d'autres partis politiques canadiens aient aussi travaillé pour Power Corp. Ci-dessous, un bref résumé des connexions entre Power Corp et le pouvoir politique au Canada :

  • L'ancien Premier ministre du Canada, Paul Martin, a été embauché dans les années 1960 pour travailler pour Paul Desmarais (père) par Maurice Strong. Martin est devenu président de Canada Steamship Lines (CSL), une filiale de Power Corp, et en 1981, Desmarais a vendu la société à Martin et à un partenaire. Martin a ensuite fait sa fortune personnelle en tant que propriétaire de CSL.
  • L'ancien Premier ministre du Canada, Pierre Trudeau, a servi dans le milieu des années 1990 au conseil consultatif international de Power Corp. Son assistant Ted Johnson a également travaillé pour Power Corp.

Au cours de l'administration, Michael Pitfield a occupé divers postes au gouvernement, mais dans le secteur privé, il était en même temps vice-président de Power Corp et est actuellement considéré comme un Directeur émérite.

  • L'ancien Premier ministre du Canada Brian Mulroney a aussi une relation avec Power Corporation. Son ami Ian MacDonald décrit Desmarais comme « le mentor de Mulroney dans le monde des affaires », et on pense que M. Mulroney a fait du travail juridique pour Power Corp depuis la fin de son mandat de Premier ministre. En outre, l'ancien ministre des Transports Don Mazankowski est actuellement directeur de l'entreprise Power Corp.
  • L'ancien premier ministre du Québec Daniel Johnson, Jr. a travaillé pour Power Corp de 1973 à 1981 et au cours des trois dernières années de ce terme, il a été vice-président de la société.
  • Le Conseil consultatif international de Power Corp a aussi été en lien avec des personnes comme l'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt, l’ancien ministre du pétrole d'Arabie saoudite Cheikh Ahmed Zaki Yamani, l’ancien chef de la Réserve fédérale américaine, Paul Volcker, et comme nous l'avons déjà mentionné, l'ancien Premier ministre du Canada Pierre Trudeau.

Actifs[modifier | modifier le code]

  • Power Corporation du Canada[4]
    • 65.6 % de Power Financial Corporation, à qui appartient:
      • 50 % de Parjointco N.V., à qui appartient:
        • 55,5 % des actions (75,4 % des droits de vote)[4] de Pargesa Holding S.A., à qui appartient:
          • 50,0 % des actions (52,0 % des droits de vote) de Groupe Bruxelles Lambert, qui détient des participations notamment dans Imerys (53,8 %) (produits minéraux de spécialités industriels), SGS (15,0 %) (contrôle, vérification et certification), LafargeHolcim (9,4 %) (ciment, granulats et béton), Pernod Ricard (7,5 %) (vins et spiritueux), adidas (7,2 %) (conception et distribution de vêtements de sport), Total (1,3 %) (pétrole, gaz et énergies de remplacement), Engie (2,3 %) (électricité, gaz naturel et services énergétiques et environnementaux).
      • 67,6 % de Great-West Lifeco Inc. à qui appartient:
        • 100% de Great-West Life à qui appartient:
        • 100 % de Great West Financial
        • 95,8 % de Putnam Investments (à qui appartient 80% de PanAngora Asset Management)
      • 61.5 % de Financière IGM
    • 100 % d’Énergie Power à qui appartient:
      • 100 % de Potentia Solar
      • 31,2 % d’Eagle Creek
    • 100 % de Groupe de communications Square Victoria, à qui appartient:

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c https://www.powercorporation.com/fr/investisseurs/survol-de-power-corporation/
  2. a, b, c et d « Rapport annuel », Rapport annuel,‎ (lire en ligne)
  3. [PDF] Power Corporation du Canada : Soixante-quinze années de croissance 1925-2000, historique, document corporatif de PCC [lire en ligne (page consultée le 27 juin 2011)]
  4. a, b et c (fr) Power Corporation du Canada - investissements Power Corporation du Canada, consulté le=26 octobre 2016.
  5. (fr) Profil - Power Corporation du Canada, Le Panthéon des entreprises québécoises, consulté le=4 juin 2012}
  6. (en) The Name Is ‘Power’ and It Fits , The New York Times, 26 janvier 2006.
  7. http://www.powercorporation.com/fr/gouvernance/conseil-dadministration/
  8. http://www.youtube.com/watch?v=cAaU-ry7jRc&feature=c4-overview-vl&list=PLwIF23WvLTbswk0BKR2_BrfxBBC3xbNHX
  9. (en) Pargesa Holding SA PARG:SWX, Financial Times, 2010.
  10. http://pargesa.ch/lasociete/actionnariat
  11. (en) Frere and Desmarais Families of Belgium and Canada — The Real Power Behind Imerys, Webshells, 2000.
  12. (en) Gore backed by group linked to oil industry?, Calgary Sun, 21 avril 2010.
  13. (en) Total under investigation over Iraq oil-for-food, Reuters, 6 avril 2010.
  14. (en) Politique Canadienne, Western Standard, 14 mars 2005.
  15. Presse canadienne et Le Devoir (non signé), « Les Desmarais nient avoir tenté d'influencer Jean Charest : L'ambassadeur américain au Canada ferait preuve de cynisme et de mesquinerie en s'interrogeant sur la puissance des dirigeants de Power », Le Devoir,‎ (lire en ligne).
  16. Florent Daudens, « Sarkozy décore Desmarais, son riche et discret ami canadien », Rue89,‎ (lire en ligne).
  17. Politiques énergétiques - Jusqu'où va l'influence de Power? L'ambassadeur américain s'interroge dans un câble rendu public par WikiLeaks Louis-Gilles Francoeur 11 mai 2011
  18. Jean-François Cloutier. L'influence de Power confirmée par deux leaders. 11 mai 2011
  19. http://www.youtube.com/watch?v=FiR7rHGuMqc&feature=c4-overview&list=UUFyA9L1rVW460RQTHCqlCvw

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]