Pourquoi Israël

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Pourquoi Israël est un film français réalisé par Claude Lanzmann, sorti en 1973.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Pourquoi Israël (sans point d'interrogation) n'a pas de synopsis classique, ne raconte pas d'histoire, mais tente d’appréhender l'histoire d'Israël, vingt-cinq ans après la renaissance de son État, au travers d'une succession d'images du pays et d'interviews de ses habitants. Tourné en 1972, le film, qui dure trois heures vingt, est présenté au 11e Film Festival de New York le 7 octobre 1973[1], soit le lendemain du déclenchement de la Guerre du Kippour.

Ce film est le premier tourné par Claude Lanzmann, « sans avoir fréquenté aucune école (de cinéma), sans avoir suivi un seul cours » ; cependant il avait réalisé, mais sans pouvoir les monter, plusieurs « interviews mémorables » pour Dim, Dam, Dom[2].

Pourquoi Israël est le produit d'une réflexion entamée après la parution du célèbre numéro de la revue Les Temps Modernes sur le Conflit Israélo-arabe, en réaction à l'article de Rodinson : "Israël, fait colonial ?" :

« Ce n'est pas cela du tout, ne l'a jamais été, je me suis employé, par mes films et par des écrits, à dévoiler inlassablement la complexe réalité israélienne[3]. »
« J’ai réalisé "Pourquoi Israël" en partie pour répondre à mes anciens copains des luttes anticoloniales[4]. »

De son film, Lanzmann raconte qu'à la fin de sa projection en Israël, Gershom Scholem s'est écrié « On n'a jamais rien vu de tel ! », ce qui fut pour lui « comme une récompense suprême et une culmination de joie. »[5].

Principaux personnages interviewés[modifier | modifier le code]

  • Gert Granach (à 00:53), qui chante des chansons spartakistes, au début et à la fin du film. — «  C'est le fils du plus célèbre acteur yiddish d’Allemagne, Alexander Granach, qui, Hitler arrivant au pouvoir, est parti aux États-Unis avec Lubitsch. Il symbolise pour moi la nostalgie de l’Europe, qu’il y a chez beaucoup d’Israéliens et qui m’avait terriblement frappé au cours de mon premier voyage là-bas » (Claude Lanzmann[6]).
  • Beno Grünbaum (à 06:55), de Gan-Shmuel, l'un des tout premiers kibboutz, fondé en 1895 par les Amants de Sion.
  • Yigaël Yadin (à 09:38), archéologue, ancien chef d'état major.
  • Zvi Werblowsky (à 12:03), professeur d'Histoire des religions à l'Université hébraïque de Jérusalem.
  • Avraham Schenker (à 23:19), membre de l'exécutif de l'Agence juive pour la Palestine pendant trente ans, d'abord à New York (1956-68) puis à Jérusalem (1968-1986).
  • Jacques Barkat (à 37:22), docker, plein du bon sens français à l'accent du midi.
  • Zushy Posner (à 39:08), le Hassid du mouvement Loubavitch filmé dans les orangeraies, « conjonction d'un pessimisme radical quant à la natuire humaine, de la bonne humeur et de l'humour (qui) lui permet de se tirer de tout avec indulgence et intelligence[7] ».
  • Avraham Yoffe (en) (à 1:15:05), protecteur de la nature, général de réserve, l'un des vainqueurs de la Guerre des Six Jours, et partisan du Grand Israël.
  • Ran Cohen (en) (à 1:28:20), à l'époque secrétaire du kibboutz Gan-Shmuel.
  • Paul Jacoby (à 1:32:24), avocat et fier Allemand, né à Königsberg.
  • Schmuel Bogler (à 1:34:47), le rescapé d’Auschwitz devenu commissaire de police débonnaire.
  • Mikael Feldman (à 1:54:20), chef du département Biologie moléculaire de l'Institut Weizmann, membre de l'Académie israélienne des sciences et lettres.
  • Noamah Flapan (à 2:02:51), jeune fille pacifiste.
  • Léon Roisch (à 2:20:45), conservateur du musée de Dimona, qui raconte l'arrivée des immigrants quand la ville n'existait pas encore, et son jumelage avec une ville allemande.
  • Simha Flapan (à 2:30:53), historien et homme politique d'extrême gauche, né en Pologne.
  • Dolf Michaelis (à 2:35:13), banquier, auteur, économiste, artiste, émigré d'Allemagne en Palestine en 1938.
  • Baruch Narshon (à 3:00:40), artiste d'Hébron plein de la foi du charbonnier.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Source : IMBd et filmlinc. — Bande annonce en ligne.
  2. Le Lièvre de Patagonie, Gallimard, 2009, p. 410 et 412 aperçu.
  3. Le Lièvre de Patagonie, p. 416.
  4. Interview par Stéphane Bou, Charlie-Hebdo du 4 juillet 2007 (en ligne).
  5. Le Lièvre de Patagonie, p. 428-429.
  6. Entretien avec Stéphane Bou (en ligne).
  7. Le lièvre de Patagonie, p. 243.

Liens externes[modifier | modifier le code]