Possadnik

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Le possadnik (russe : Поса́дник) (pluriel sur base russe : possadniki) est le chef du pouvoir exécutif d'une ville et des terres qui l'entourent dans l'ancien État russe. Il est nommé et contrôlé, à l'origine par le prince, plus tard par le vetché. Il dirige les forces de police, veille au respect des lois, à l'application des peines et des décisions de justice, et signe les traités avec les autres villes. En Europe occidentale les noms de maire, bourgmestre, prévôt, podestat, sont des termes équivalents à celui de possadnik.

Origine étymologique et signification première[modifier | modifier le code]

Les premières mentions de ce mot possadnik se retrouvent dans la Chronique des temps passés, composée en 977 selon certaines sources, ou entre 1111 et 1115 selon d'autres[1].

À l'origine, dans la République de Novgorod, on appelait possadnik les envoyés des princes de Kiev qui représentaient le prince lorsque aucun candidat ne parvenait à se faire élire par le vétché. Ainsi en est-il de l'oncle de Vladimir Ier en ligne maternelle, Dobrynia (en) de même que son fils Constantin Dobynitch (1018)[2], et encore d'Ostromir. Plus tard, dans un sens plus large les princes de Novgorod ou de Pskov eux-mêmes ont également été appelés possadnik ou encore, à partir du XIIIe siècle, ceux de Kiev, de Smolensk.

Le premier ministre du prince se voit également parfois attribuer ce titre de possadnik.

Description de la fonction[modifier | modifier le code]

Le possadnik est élu à la vétché parmi les représentants des familles de boyards. À Novgorod, à la suite de la réforme de Ontsifor Loukinitch (en) de 1354 ce n'est plus un possadnik unique qui assure le pouvoir mais quatre puis six anciens nommés à vie, parmi lesquels un seul était choisi comme stepenny (président d'assemblée). Par la réforme de 1416-1417 ce ne sont ensuite plus six, mais trois dont celui qui présidait, ou premier prévôt, était choisi pour six mois seulement[3] Quant à l'origine du mot stepenny qui se traduit en français par la mot degré,gradé, selon le métropolite de Kiev et de Galicie Eugène (Bolkhovitinov) en 1831[4], il proviendrait du fait que la vétché était installée dans des gradins, dont les marches formaient différents degrés ou grades. La pratique de l'élection d'un possadnik par la vétché remonterait à Novgorod à l'époque de Vladimir II Monomaque, vers 1125, selon la chronique [5]. Les Novgorodiens étaient très attachés à la nomination du possadnik par le vétché. Mais un changement s'est produit dans la nature de ce titre, lorsque c'est le vétché qui a commencé à le désigner. Ce n'est plus lui qui veille alors aux intérêts du prince dans la cité, mais au contraire c'est lui qui représente la cité et veille à ses intérêts auprès du prince.

Après la soumission de la république de Novgorod à la Grande-principauté de Moscou en 1478, l'élection du possadnik par le vétché est supprimée et transférée à Moscou. Mais la fonction reste importante et le possadnik reste le principal représentant de la ville[6]. De même, pour la ville de Pskov , en 1510. Dans la République de Pskov de 1308 à 1510 on connaît le nom de 78 possadniks. Jusqu'en 1348, à Pskov, ils étaient nommés par Novgorod, mais plus tard les Pskoviens devinrent autonomes pour ce choix.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Frison, Olga Sevastyanova, Catherine Squires et collectif, Novgorod ou la Russie oubliée : une république commerçante, XIIe-XVe siècles, Charenton-le-Pont, Le Ver à Soie, Virginie Symaniec, éditrice, , 461 p. (ISBN 979-10-92364-15-6)
  • Valentin Ianine (Янин, Валентин Лаврентьевич), les possadniki de Novgorod/ Новгородские посадники. М. 1962.
  • Valentin Ianine /Янин В. Л. Patrimoine féodal de Novgorod, recherches généalogiques /Новгородская феодальная вотчина. Историко генеалогическое исследование. М., 1981.
  • Valentin Ianine/Янин В. Л.Les actes de Novgorod du XII au XV s./ Новгородские акты XII—XV вв. Хронологический комментарий. М., 1991 (гл. «Развитие системы высших магистратов Новгорода»)
  • Valentin Ianine et Andreï Zalizniak Écrits de Novgorod sur écorces de bouleaux Новгородские грамоты на бересте (из раскопок 1984—1989 гг.), М. 1993

Références[modifier | modifier le code]

  1. «Повесть временных лет» в переводе Д. С. Лихачева (см. Chronique des temps passés, Dmitri Likhatchov)
  2. Velikii Novgorod. Histoire et culture du IX—XVII s. Энциклопедический словарь\ V. L. Ianina/под ред В. Л. Янина. СПб.:Нестор-История, 2007
  3. Frison p.190.
  4. Е. А. Болховитинов «Исторія княжества псковскаго. Часть I»- Кіевъ.: «Въ Типографіи Кіево-Печорской Лавры», 1831 — (стр.37)
  5. Froianov I I /Фроянов И.Я., Novgorod, la mère, essai sur l'histoire du XI au XIII/ Матежный Новгород. Очерки истории государственности, социальной и политической борьби конца ХІ : начала ХІІІ столетия., СПб, Издательство С.-Петербургского университета,‎ , 280 p. (ISBN 5-288-00919-8), p. 189
  6. Frison p190.