Position d'attente

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La position d'attente est la position dans laquelle il convient d'installer une victime en attendant les secours. Les positions d'attente sont aussi utilisées par les ambulanciers et les secouristes pour l'évacuation et le transport des victimes vers l'hôpital, on parle donc de manière plus générale de position d'attente et de transport.

Victime consciente[modifier | modifier le code]

Dans la plupart des cas, il convient d'éviter de mobiliser une victime, notamment si celle-ci présente un traumatisme des os ou des articulations : si la personne présente une douleur ou un gonflement localisé accompagné par une difficulté ou une impossibilité de bouger, ou si la personne a fait une chute de hauteur ou est victime d'un accident de la circulation.

Si la victime ne présente pas de traumatisme[modifier | modifier le code]

Si la victime ne présente pas de traumatisme (elle n'a pas subi de choc important et elle bouge sans douleur), on va lui proposer de manière générale la position allongée plat-dos (ou décubitus dorsal) : cela permet d'éviter une chute, et cela facilite le transport du sang vers le cerveau (en position debout ou assise, la pesanteur attire le sang vers les pieds).

Si la personne présente une difficulté à respirer, on va proposer de l'installer en position assise ou semi-assise (le dos incliné) : en effet, lorsque la personne est allongée, les viscères exercent une pression sur le diaphragme et donc le bas des poumons, ce qui gêne la respiration. Cette position peut être :

  • soit par terre (contre un mur, ou dos appuyé sur une personne ou un objet) ou sur un lit (dos contre le mur ou relevé par des coussins), jambes allongées, ce qui permet d'avoir un bon compromis avec l'irrigation du cerveau, c'est la position recommandée en premiers secours,
  • soit assise sur une chaise (ou au bord d'un lit) jambes pendante, ce qui permet de diminuer la pression du sang dans les poumons ; la victime présente alors un risque de chute et le cerveau est moins bien irrigué, cela ne se fera donc que sur conseil médical.

Si la personne n'a pas de difficulté respiratoire mais ressent une grande sensation de faiblesse, lui propose de s'allonger et de lui relever légèrement les jambes (position de Trendelenburg modifiée), ce qui permet de mieux irriguer le cerveau ; il ne faut alors plus descendre les jambes, car cela provoquerait une brusque chute de la pression sanguine au niveau du cerveau qui risquerait d'aggraver l'état de la personne. De fait, on ne relèvera les jambes de préférence qu'après avis médical.

Mais on ne fait que proposer ces positions : la victime sent elle-même la position dans laquelle elle se sent le mieux. Si elle refuse la position proposée, il convient de lui expliquer l'avantage de cette position, mais de respecter son refus si celui-ci persiste.

Si la victime présente une plaie ou une brûlure[modifier | modifier le code]

Si la personne présente une plaie au ventre, on la positionne plat-dos en fléchissant les cuisses, afin de relâcher la tension sur les muscles abdominaux. Pour soutenir les jambes, on peut mettre une chaise, ou bien se positionner en trépied : un genou à terre, l'autre genou levé, les jambes de la victime reposant sur la cuisse du genou levé.

Si la personne a une plaie ou une brûlure à la poitrine, au cou ou vers le nez et la bouche, on la placera en position semi-assise afin de faciliter sa respiration (cf. section précédente).

Si la victime présente une plaie ou une brûlure au dos, on la placera à plat-ventre (décubitus ventral), les bras au-dessus de la tête et la tête tournée sur le côté.

Sur une femme visiblement enceinte[modifier | modifier le code]

Une femme visiblement enceinte sera allongée sur le côté gauche (décubitus latéral gauche) : à plat-dos, le fœtus vient appuyer sur la veine cave inférieure et gêner le retour veineux de la femme.

Le piège du traumatisé du dos debout ou assis[modifier | modifier le code]

Dans certains cas rares, une personne peut avoir subi une chute de hauteur ou un accident de la circulation et se retrouver debout ou assise. Il convient de suspecter un traumatisme de la colonne vertébrale, qui, s'il ne s'est pas manifesté pour l'instant, peut dégénérer et provoquer une paralysie irréversible, notamment en cas de mouvement intempestif.

Or, si l'on tente d'allonger la victime, le mouvement peut provoquer une mobilisation du traumatisme et l'aggraver. Il convient donc de respecter la position assise de la victime ; si celle-ci est assise par terre, on essaiera de lui fournir un appui rigide (dossier). Si la personne est debout, on lui demandera de ne pas bouger et lui maintenir la tête en attendant les secours.

Il n'existe malheureusement pas de solution idéale sans matériel pour ce cas, qui reste heureusement rare.

Si l'on dispose de matériel, un secouriste maintient la tête (maintien latéro-latéral), un autre pose le collier cervical, puis :

  • si l'on dispose d'un matelas immobilisateur à dépression : on peut « coquiller » la personne debout, puis l'allonger ;
  • si l'on dispose d'un plan dur :
    1. on vient plaquer le plan dur contre le dos de la victime ;
    2. deux secouristes se placent face à la victime, de chaque côté ; le bras côté victime passe sous l'aisselle opposée de la victime et saisit la haut de la planche ; l'autre main soutient la planche, les pieds bloquent le bas de la planche et l'empêchent de glisser ;
    3. le plan dur est incliné jusqu'à l'horizontale.

Victime inconsciente qui respire[modifier | modifier le code]

La position d'attente si l'on trouve la personne allongée plat-dos est la position latérale de sécurité (PLS, ou décubitus latéral). Le risque est qu'elle s'étouffe soit par une obstruction du trajet de l'air par la langue ou l'épiglotte, soit par une vidange du contenu de l'estomac. La PLS permet de maintenir les voies aériennes libres.

Si la victime présente une déformation d'un membre, ou si l'on sait que la personne présente un traumatisme (par exemple elle a pu exprimer une douleur ou une difficulté à bouger avant de tomber inconsciente), on la tournera du côté de ce membre lésé : les membres situé au-dessus servent d'appui, or on ne peut pas s'appuyer sur un membre cassé.

Si la victime présente une plaie au thorax, on la tournera pour que cette plaie soit vers le bas : il faut faciliter l'écoulement des liquides pour éviter que le poumon ne se remplisse de liquide d'une part, et d'autre part, le poids du corps appuie sur le poumon blessé et laisse le poumon sain respirer normalement.

Si la victime présente une plaie à l'abdomen, on la tournera pour que cette plaie soit vers le haut, afin d'éviter une sortie des viscères.

Si la victime est visiblement enceinte, on la tournera sur son côté gauche (cf. section précédente).

En cas d'atteinte multiple, l'ordre des affections ci-dessus est l'ordre des priorités (le traumatisme des membres prime sur celui du thorax qui prime sur celui de l'abdomen...).

Si on trouve la personne à plat-ventre, on effectuera un retournement d'urgence afin de vérifiera la respiration. Si elle ventile on mettra la victime en PLS.

Si on trouve la personne assise, il faut la redresser contre le dossier pour vérifier sa respiration (mise de la tête en bascule prudente), on peut alors conserver cette position en attendant les secours. Si la personne est assise sur un banc ou un tabouret, on l'allongera en PLS puisque l'on ne peut pas l'appuyer sur le dossier (de même si elle est assise dans une simple chaise et que sa stabilité n'est pas assurée).

Victime qui ne respire pas[modifier | modifier le code]

Une victime qui ne respire pas doit être mise plat-dos pour pouvoir pratiquer les manœuvres de réanimation cardio-pulmonaire.

Liens externes[modifier | modifier le code]


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