Porzay

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le Porzay est un pays de Cornouaille, en Bretagne. Constitué au Bas Moyen Âge en doyenné, il s'étend sur les actuelles communes finistériennes de Ploéven, Plomodiern, Saint-Nic, Locronan, Quéménéven, Cast, Plonévez-Porzay et Kerlaz, soit, en 2012, 9 616 habitants.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Porzay est une plaine située au fond de la baie de Douarnenez. Il est délimité au nord par la crête que dessinent le Menez Hom, la montagne Saint-Gildas et le Menez Kelc'h, à l'est par la rivière du Steïr, au sud par le bois du Duc, la montagne de Locronan, la rivière du Ris et le bois de Nevet.

Rose des vents presqu'île de Crozon Menez Hom en Fou Rose des vents
baie de Douarnenez N Steïr
O    Porzay    E
S
Cap Sizun Nevet Kemenet Even

Il relie deux des principales péninsules du Finistère, la presqu'île de Crozon, au nord-ouest, et l'ancien doyenné du Cap, au sud ouest. Il jouxte au sud est le Kemenet Even, qui le sépare du pays du cap Caval, et, au nord est, la vicomté puis sénéchaussée d'« en Fou »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Durant la Pax Romana qui suit la convention de Narbonne de -27, la cité stipendiaire des Osismes, instaurée en -37, quatorze ans après la défaite de roi Dumnacos et la soumission définitive de l'Armorique, récupère[2] le droit de briquetage confisqué à la puissante cité voisine des Vénètes[3].

À partir du début du Ier siècle[4], le sel produit est utilisé sur place à la transformation du poisson, principalement la sardine[5], en garum. Le futur Porzay devient un des deux centres développés ad hoc, l'autre pôle étant le futur Trégor[6]. Une colonie de riches sauniers, au service des approvisionnements des légions stationnées sur les limes, développe le long de la côte de la baie de Douarnenez une industrie de salaisons. Le procédé employé est celui des ateliers qui ont prospéré sur les côtes atlantiques de l'Hispanie sur le modèle inventé à Carteia[7], qui est un relai méditerranéen entre Cassitérides et Phénicie de l'antique trafic tartessien puis carthaginois. Entre le Pouldavid et le Lapic, est construite une usine tous les cinq cents mètres[8]. La principale se trouve au-delà du Porzay, à Plomac'h, actuel faubourg oriental de Douarnenez, et compte vingt deux cuves, dont une de sept cent cinquante mètres cubes[9]. Le dispositif se prolonge sur les rives de Crozon et du Cap Sizun[10].

Bouleversé par l'instauration en 258 de l'Empire des Gaules, qui suit une double décennie de déclin lié à la peste et au piratage[11], cet ilot de vie coloniale d'une qualité exceptionnelle dans un cadre quasi méditerranéen[12] périclite complètement et définitivement[13] en 276[4] avec la reconquête conduite par Aurélien et ses multiples successeurs, les crises du régime tétrarchique, le sécessionnisme de la Bretagne insulaire, et les insurrections des bagaudes[14], qui se répéteront durant près de deux siècles.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Légendes et hagiographies attachent au Porzay le souvenir des rois de Cornouaille du temps d'Ys et du Poher du temps de la princesse Ahès. Elles y situent l'ermitage du Saint Corentin, avant qu'il ne devienne le premier évêque de Cornouaille, et y fixent le culte de saint Ronan. Celui de « Santez Anna Gollel » y aurait été établi par Saint Guénolé.

Le Porzay formait au haut Moyen Âge le pagus Porzoed, un pays historique, c'était un pagus ; c'est-à-dire une subdivision administrative de la Cornouaille[15].

La paroisse primitive est Ploeven, d'où se sont séparées Locronan et Plomodiern.[réf. nécessaire] Le Porzay entre dans les possessions des vicomtes de Rosmadec, descendants du chevalier Rivallon et de la demoiselle Éléonore de Léon qui ont refondé en 1191, une fois mariés, l'abbaye de Landévennec. Intégré dans l'archidiaconé du Poher, il est rattaché à la seigneurie de Kervent en Plonéis puis cédé aux Richelieu, Saint-Nic restant dans la seigneurie de Rosmadec, dont le siège est un château à cinq tours situé à Telgruc. Le principal manoir de la région est alors le Quinquis en Plonévez-Porzay. À la même période, le territoire de Ploéven est séparé entre le bourg lui-même, la seigneurie qu'exerce sur Quéménéven la famille Le Gentil, sieurs de Barvedel installés au Coatsquiriou, et celle qu'exerce sur Cast la famille de Tréouret. Plonevez-Porzay, liée à l'abbaye de Landévennec, se développe indépendamment de Ploeven.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Kerlaz, ancienne trève de Plonévez-Porzay, devient paroisse en 1874.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

De nos jours, le Porzay rural persiste au sein de la communauté de communes du Pays de Châteaulin et Porzay, mais est tiraillé par les autres villes qui l'entourent. Kerlaz est en effet rattaché à la communauté de communes de Douarnenez, et Locronan et Quéménéven , à celle de Quimper.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Orthographié Porthoed en 1242, Porzoez en 1267, dans l'expression latine « pagus Porthoed », « pagus Porzoez », le nom de Porzay est à rapprocher du gallois porthoedd, qui signifie criques[16], mouillages. Toutefois, l'interprétation étymologique est compliquée par l'existence en breton d'un doublet, porz, qui a également une origine latine et qui signifie cour, au sens métonymique d'un bâtiment princier pourvu d'un porche[17].

L'orthographe française ancienne, Porzé, correspond à la prononciation bretonne [pɔrze]. L'élision du zed final est propre au dialecte cornouaillais ainsi que la contraction du [oe] en [e].

Traditions[modifier | modifier le code]

La guise du Porzay est glazik.

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Deshayes, Dictionnaire topographique du Finistère, Coop Breizh, 2003.
  • G. Le Moigne, Les seigneurs de Guengat, Extrait du bulletin de la Société Archéologique du Finistère, Tome CXXIX, 2000.
  • P. Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, Forest, Grimaud & Aubry, (lire en ligne)
  • M .Simon, L'abbaye de Landevennec, Ouest-France 1985.
  • L. Calvez, La presqu'île de Crozon, Le Livre d'Histoire, reprise édition de 1975, 2005.
  • J. Thomas, Plomodiern en Porzay, Imprimerie Cornouaillaise, 1966.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. D. Morice, Pr 1. 1, col. 179., cité in H. d'Arbois de Jubainville, « Cartulaire de Landévennec », in F. Le Men & É. Ernault, Mélanges historiques, t. IV, p. 565, Documents inédits de l’Histoire de France, Paris, 1886.
  2. R. Sanquer, « Une nouvelle lecture de l'inscription à Neptune trouvée à Douarnenez (Finistère) et l'industrie du garum armoricain. », in Annales de Bretagne, t. 80, no 1, p. 234, PUR, Rennes, 1973.
  3. R. Sanquer, « Une nouvelle lecture de l'inscription à Neptune trouvée à Douarnenez (Finistère) et l'industrie du garum armoricain. », in Annales de Bretagne, t. 80, no 1, p. 233, PUR, Rennes, 1973.
  4. a et b P. Galliou, La Bretagne romaine: de l'Armorique à la Bretagne, p. 57, Éditions Jean-Paul Gisserot, Paris, 1991.
  5. P. Galliou, La Bretagne romaine: de l'Armorique à la Bretagne, p. 53, Éditions Jean-Paul Gisserot, Paris, 1991.
  6. R. Sanquer, « Une nouvelle lecture de l'inscription à Neptune trouvée à Douarnenez (Finistère) et l'industrie du garum armoricain. », in Annales de Bretagne, t. 80, no 1, p. 232, PUR, Rennes, 1973.
  7. P. Galliou, La Bretagne romaine: de l'Armorique à la Bretagne, p. 54, Éditions Jean-Paul Gisserot, Paris, 1991.
  8. R. Sanquer, « Une nouvelle lecture de l'inscription à Neptune trouvée à Douarnenez (Finistère) et l'industrie du garum armoricain. », in Annales de Bretagne, t. 80, no 1, p. 216, PUR, Rennes, 1973.
  9. P. Galliou, La Bretagne romaine: de l'Armorique à la Bretagne, p. 55, Éditions Jean-Paul Gisserot, Paris, 1991.
  10. R. Sanquer, « Une nouvelle lecture de l'inscription à Neptune trouvée à Douarnenez (Finistère) et l'industrie du garum armoricain. », in Annales de Bretagne, t. 80, no 1, p. 217, PUR, Rennes, 1973.
  11. P. Galliou, La Bretagne romaine: de l'Armorique à la Bretagne, p. 105, Éditions Jean-Paul Gisserot, Paris, 1991.
  12. R. Sanquer, « Une nouvelle lecture de l'inscription à Neptune trouvée à Douarnenez (Finistère) et l'industrie du garum armoricain. », in Annales de Bretagne, t. 80, no 1, p. 228, PUR, Rennes, 1973.
  13. P. Galliou, La Bretagne romaine: de l'Armorique à la Bretagne, p. 107, Éditions Jean-Paul Gisserot, Paris, 1991.
  14. P. Galliou, La Bretagne romaine: de l'Armorique à la Bretagne, p. 108, Éditions Jean-Paul Gisserot, Paris, 1991.
  15. Philippe Jouët et Kilian Delorme, "Atlas historique des pays et terroirs de Bretagne", Skol Vreizh, 2007, (ISBN 978-2-915623-28-4)
  16. J. Loth, Les Mots Latins dans Les Langues Brittoniques (gallois, armoricain, cornique), p. 197, Émile Bouillon, Paris, 1892.
  17. J. Loth, Les Mots Latins dans Les Langues Brittoniques (gallois, armoricain, cornique), p. 198, Émile Bouillon, Paris, 1892.