Portrait de Jean II le Bon

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Portrait de Jean II le Bon
JeanIIdFrance.jpg
Artiste
Anonyme
Date
Milieu du XIVe siècle
Technique
Détrempe à l'œuf sur enduit de plâtre
Dimensions (H × L)
60 × 44,5 cm
Localisation
Musée du Louvre (dépôt de la BnF), Paris (France)
Numéro d’inventaire
RF 2490
Inscription
JEHAN ROY DE FRANCEVoir et modifier les données sur Wikidata

Le portrait de Jean II le Bon est un tableau anonyme de 60 × 44,5 cm conservé à Paris, au département des peintures du Musée du Louvre. Cette peinture « sur le vif » représente le duc de Normandie Jean, sacré roi de France sous le nom de Jean II le Bon en 1350. Jean est de profil, sur un fond entièrement doré. Ce portrait est l'un des premiers portraits peints modernes.

Éléments historiques[modifier | modifier le code]

Jean II, dit « le Bon » (1319-1364) fut duc de Normandie en 1332, puis roi de France de 1350 à sa mort. Ce tableau, qui le représente sans couronne, laisse supposer qu'il fut peint avant son accession au trône en 1350. Cependant l'inscription en caractères gothiques « JEHAN ROY DE FRANCE », qui figure au-dessus de lui, semble invalider cette hypothèse. Le peintre faisait peut-être partie de la suite accompagnant le duc de Normandie lors d'une visite rendue au pape en 1349. Le peintre pouvait aussi faire partie de la cour avignonnaise de Clément VI qui attira auprès de lui de nombreux artistes italiens.

Cependant, il ne s'agit que de simples hypothèses, et il n'est même pas certain que le modèle soit réellement Jean II, l'inscription semblant postérieure à la peinture. Ainsi le fond or, couleur réservée aux figures religieuses et aux personnages de la noblesse de l'époque, donne quelques fondements à cette interprétation. En vérité on doit convenir que l'historique du tableau est encore méconnu, même si le portrait est parfois attribué à Giottino[1] ou à Girard d'Orléans[2]. Ces attributions hypothétiques font du portrait une oeuvre préparatoire du phénomène artistique appelé Gothique international. Dans ce sens, il est également envisageable que le portrait ait été transformé dans un atelier londonien, en ajoutant l'inscription « JEHAN ROY DE FRANCE », pour faire passer le modèle peint pour le roi de France. Il faut rappeler que Jean le Bon est resté captif des Anglais huit années (de 1356 après la bataille de Poitiers à sa mort en 1364). Il n'est donc pas impossible que les Anglais aient vendu ce portrait à la cour de France en prétendant officieusement qu'il s'agirait du roi de France resté outre-Manche.

Le tableau appartient à la fin du XVIIe siècle au collectionneur Roger de Gaignières, dont la collection entre à la Bibliothèque royale en 1716. Il appartient toujours au Département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France de la BnF et a été mis en dépôt au musée du Louvre en 1925.

Analyse[modifier | modifier le code]

Cette œuvre est le premier portrait individuel conservé depuis l'Antiquité, ce qui lui confère un caractère exceptionnel. Le roi semble peint avec un souci de caractérisation physique et un désir d'expressivité remarquables. De fait, dès le début du XIVe siècle, de nombreux peintres transalpins commencèrent à s'intéresser au rendu fidèle et réaliste de la figure humaine[3]. Selon Bernard Dorival cette effigie est un prélude à celles que peindra Jean Fouquet et elle atteste de la persistance de l'esprit monumental dans l'art parisien[2].

Si la formule classique est employée au travers de la vue de profil du modèle, l'artiste a pourtant un désir d'expressivité. En effet, l'artiste caractérise physiquement Jean II le Bon d'après sa description : des cheveux longs, une barbe, des sourcils broussailleux, une lourde paupière, des yeux globuleux, une mâchoire pesante. Cette caractérisation du roi passe aussi par son costume : une robe de bure noire (rappelant son rôle de clerc ; il est le chef de l'Eglise en France).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Le Guide du Louvre, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 2005, p. 158
  • Charles Sterling, La peinture médiévale à Paris, 1300-1500, Paris, Bibliothèque des Arts, 1987, p. 146-149
  • Bernard Dorival, La Peinture française, t. 2, Paris, Librairie Larousse, coll. « arts style et technique »,