Portrait de Giuseppe Verdi à l'écharpe blanche et haut-de-forme

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Portrait de Giuseppe Verdi à l'écharpe blanche et haut-de-forme
Verdi by Giovanni Boldini.jpg
Portrait de Giuseppe Verdi
à l'écharpe blanche et haut-de-forme
Artiste
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65 × 54 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
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Le Portrait de Giuseppe Verdi à l'écharpe blanche et haut-de-forme est un pastel tracé en cinq heures en 1886 dans son atelier parisien par Giovanni Boldini. Il représente le compositeur italien d'opéra romantique du XIXe siècle Giuseppe Verdi. Il est conservé à la Galerie nationale d'art moderne et contemporain située dans la Villa Borghèse à Rome.

Genèse[modifier | modifier le code]

En mars 1886, Giuseppe Verdi est à Paris pour entendre sur scène Victor Maurel, le baryton pressenti pour le rôle de Iago. Giovanni Boldini est l'un des meilleurs amis d'Emanuele Muzio qui rêve depuis longtemps de voir son maître poser pour le peintre[1]. C'est chose faite lors de cette visite du musicien accompagné de Muzio et de Giuseppina Strepponi à l'atelier de Pigalle durant laquelle Boldini réalise un premier portrait après une série de longues poses qui indisposent le musicien à Paris pour son travail. L'huile sur toile, accrochée au mur du salon du palais Doria, résidence hivernale du couple Verdi à Gênes, est aujourd'hui conservée à la Casa di riposo per musicisti[2].

Insatisfait du résultat, Boldini refait le portrait du musicien le , en utilisant la technique du pastel, en seulement cinq heures. Le peintre conserve d'abord ce portrait pour le présenter lors des expositions universelles de Paris en 1889, de Bruxelles en 1897 et à la première Biennale de Venise en 1895, pour finalement le donner à la Galerie nationale d'art moderne et contemporain de Rome en 1918[3],[4].

Analyse[modifier | modifier le code]

Témoignage de la personnalité complexe du compositeur, le tableau de Boldini souligne avec un réalisme saisissant l'humanité de Verdi dépouillée de l'aura mythique imposée par la célébrité. Il s'agit du portrait de Verdi le plus connu. Il est signé et daté en haut à droite.

Sous l'ombre des rebords du haut-de-forme, le regard du musicien âgé s'adresse au spectateur, franc et direct, marquant l'autorité et le charisme du maestro. Les yeux clairs laissent deviner une ombre de mélancolie, un sentiment légèrement désabusé : Verdi est au sommet de sa gloire mais l'unification italienne n'a pas répondu à ses espoirs. La fine bouche semble interroger le futur, dissimulée sous la moustache de chat et la barbe blanche pointillées de fines lignes noires.

La redingote et le chapeau noir comme l'écharpe blanche nouée autour du cou contrastent avec la couleur neutre du fond sur lequel le buste du personnage est comme incrusté en relief. Contrastent aussi avec les formes douces du sujet la rigidité du mouchoir, ses lignes droites bleues et jaunes et sa composition en diagonales opposée à la verticale du reflet du chapeau et de la ligne du nez qui divisent le tableau.

Boldini déploie ici ses qualités de macchiaiolo pour tracer le portrait du musicien à grands coups de pinceau rapides et incisifs conférant au sujet « épaisseur du matériau et densité chromatique »[5].

L'expressivité du portrait est telle que Verdi, surpris, a demandé à Giulio Ricordi de l'utiliser pour l'édition d'Otello[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mary Jane Phillips-Matz, Giuseppe Verdi, p. 799
  2. Casa di riposo per musicisti, Ritratto di Giuseppe Verdi (voir et lire en ligne)
  3. Timothée Picard, « Boldoni, Giovanni (1842-1931) » in Bertrand Dermoncourt (dir.), Tout Verdi, p. 311 (lire en ligne)
  4. (it) Jacopo Caponi, « Verdi a Parigi » in Marcello Conati (dir), Verdi: Interviste e incontri, p. 201-209 (lire en ligne)
  5. (it) Galerie nationale d'art moderne et contemporain, Il ritratto di Giuseppe Verdi (voir et lire en ligne)
  6. (it) Alessandra Borgogelli, Boldoni, p. 44 (lire en ligne)

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