Portrait d'Adeline Ravoux
| Artiste | |
|---|---|
| Date |
Juin 1890 |
| Lieu de création | |
| Type | |
| Technique | |
| Dimensions (H × L) |
67 × 55 cm |
| Série |
Adeline Ravoux (d) |
| Mouvement | |
| Propriétaire |
Collection privée, Suisse |
| Commentaire |
F768 / JH2035 |
| Artiste | |
|---|---|
| Date |
Juin 1890 |
| Lieu de création | |
| Type | |
| Technique | |
| Dimensions (H × L) |
71,5 × 53 cm |
| Série |
Adeline Ravoux (d) |
| Mouvement | |
| Propriétaire |
Collection privée |
| Commentaire |
F769 / JH2037 |
| Artiste | |
|---|---|
| Date |
Juin 1890 |
| Lieu de création | |
| Type | |
| Technique | |
| Dimensions (H × L) |
50,2 × 50,5 cm |
| Série |
Adeline Ravoux (d) |
| Mouvement | |
| Localisation | |
| Commentaire |
F786 / JH2036 |
Le portrait d'Adeline Ravoux est une série de trois peintures de l'artiste-peintre postimpressionniste néerlandais Vincent van Gogh réalisées en 1890 à Auvers-sur-Oise[1].
Adeline Ravoux
[modifier | modifier le code]Adeline Ravoux est la fille d'un boucher et marchand de vin, Arthur-Gustave Ravoux, et de son épouse, née Louise-Adèle Touillet. Arthur Ravoux exploite le "Café de la mairie" d'Auvers-sur-Oise à partir de 1889 et laissera son nom à l'auberge, qu'il quittera en 1893 avec sa famille pour tenir une grande brasserie à Meulan[2].
Vincent van Gogh, qui a passé un an à l'hospice de Saint-Rémy-de-Provence où il avait été interné à sa demande, arrive à Auvers-sur-Oise le 20 mai 1890. Les raisons de son séjour à l'auberge Ravoux sont principalement économiques. Le docteur Gachet l'avait en effet "piloté dans une auberge où l'on demandait 6 francs par jour" alors que le séjour à l'auberge Ravoux coûte 3,50 francs (chambre à 1 franc et repas à 2,50 francs[2]) : "jusqu’a nouvel ordre je crois devoir y rester" écrit-il ainsi le 20 mai[3].
Van Gogh devient rapidement familier de l'auberge, au point de convaincre Adeline de poser pour lui. Celle-ci est âgée de presque 13 ans en 1890, alors que le peintre pense qu'elle en a 16[4]. Dans des interviews données en 1953 et 1957, elle aura des propos contradictoires, affirmant d'abord avoir donné "une séance de pose", avant d'évoquer "cinq ou six séances"[5].
Histoire et description des oeuvres
[modifier | modifier le code]Dans une lettre adressée à son frère Théo le 24 juin 1890, Van Gogh mentionne la réalisation des deux premiers portraits de la fille aînée des Ravoux : "Cette semaine j’ai fait un portrait d’une jeune fille de 16 ans ou à peu près, en bleu contre fond bleu, la fille des gens où je loge. Je le lui ai donné ce portrait mais j’en ai fait pour toi une variante, une toile de 15"[6]. Le premier portrait, qualifié de "symphonie en bleu" par Adeline Ravoux elle-même, représente la jeune fille avec une robe bleue qui s'harmonise avec un fond bleu foncé. Le peintre signe de son prénom en rouge en bas à gauche du cadre, cas unique de toutes ses productions à Auvers.
Dans le deuxième portrait, quasi-identique au premier, Adeline est proportionnellement plus petite par rapport au cadre, et dépeinte de façon plus schématique, avec moins de détails. Sa robe et le ruban dans ses cheveux sont aussi plus clairs.
La troisième version est plus petite et de format carré. Adeline Ravoux est cette fois peinte en buste avec une robe claire et un arrière-plan très foncé pour amplifier le contraste. Un emblème de roses est également ajouté sur le côté droit. La composition et la dimension de ce tableau se rapprochent du Portrait de jeune femme, exécuté à la même période, qui montre également une femme en buste sur un fond rose pointillé. Ces deux portraits, qui ont pu être conçus comme des pendants, ne sont pas donnés par Van Gogh mais accrochés dans sa chambre à l'auberge[7].
Parcours des oeuvres
[modifier | modifier le code]Le premier portrait est offert par Van Gogh à la famille Ravoux, qui le conservera jusqu'en 1908. Arthur Ravoux, qui a également reçu de l'artiste La mairie d'Auvers-sur-Oise le 14 juillet, cède les deux tableaux pour 40 francs à un groupe de peintres qui disent connaître l'œuvre de Van Gogh[2]. Le portrait est ensuite acheté en 1935 par Julius Oppenheimer, le père de Robert Oppenheimer, physicien américain qui mit au point la première bombe atomique. Le tableau appartiendrait aujourd'hui à une collection privée chinoise, après avoir été vendu par la compagnie HomeArt, basée à Hong Kong[8]. Il a été présenté en 2023 au musée d'Orsay pour l'exposition Van Gogh à Auvers-sur-Oise: Les derniers mois.
La deuxième version, d'abord destinée à Théo, est elle aussi détenue dans une collection particulière aujourd'hui. La troisième a été achetée en 1912 par l'artiste américaine Katherine Dreier[9], puis a été acquise en 1958 par le musée d'art de Cleveland, où elle est encore exposée de nos jours[10].
Dans la culture populaire
[modifier | modifier le code]En 2010, le tableau inspire à Marie Sellier un roman intitulé: Journal d’Adeline : un été avec Van Gogh[11].
Le premier tableau prend vie dans le film La Passion van Gogh de Dorota Kobiela et Hugh Welchman (2017)[12].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Lettre de Vincent à Théo datée du 24/06/1890 mentionnant le portrait », sur vangoghletters.org (consulté le ).
- 1 2 3 « Histoire de l'Auberge Ravoux à Auvers sur Oise », sur www.maisondevangogh.fr (consulté le )
- ↑ « 873 (874, 635): To Theo van Gogh and Jo van Gogh-Bonger. Auvers-sur-Oise, Tuesday, 20 May 1890. - Vincent van Gogh Letters », sur vangoghletters.org (consulté le )
- ↑ Adeline Charlotte est née le à Rueil, et morte en 1965 à Martin-Église
- ↑ "Souvenirs sur le séjour de Vincent van Gogh à Auvers-sur-Oise", Les Cahiers de Van Gogh, n°1, , Entretien d'Adeline Ravoux avec Louis Anfray, p. 7-17
- ↑ « 891 (896, 644): To Theo van Gogh. Auvers-sur-Oise, Tuesday, 24 June 1890. - Vincent van Gogh Letters », sur vangoghletters.org (consulté le )
- ↑ Van Gogh à Auvers-sur-Oise : les derniers jours, , p. 126
- ↑ (en) Martin Bailey, « Brighter than a thousand suns: atomic scientist Robert Oppenheimer and his three Van Goghs », sur The Art Newspaper - International art news and events, (consulté le )
- ↑ (en) Martin Bailey, « Van Gogh in America: Detroit’s exhibition set to be a revelation », sur The Art Newspaper - International art news and events, (consulté le )
- ↑ (en-US) « Adeline Ravoux | Cleveland Museum of Art », sur www.clevelandart.org (consulté le )
- ↑ « Journal d’Adeline : un été avec Van Gogh, de Marie Sellier, Nathan poche, 2011 », sur babelio.com (consulté le ).
- ↑ « Cinéma : "Passion van Gogh", le premier film peint à la main », sur francetvinfo.fr, .