Porte de la Craffe

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Porte de la Craffe
Nancy Porte de la Craffe 1.jpg

Vue depuis la Grande-Rue.

Présentation
Type
Style
Gothique
Construction
Statut patrimonial
Géographie
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Département
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La porte de la Craffe est une porte de Nancy, imposant vestige des fortifications médiévales, érigée au XIVe siècle au nord de la ville-vieille. Elle est classée monument historique depuis juillet 1886.

Situation[modifier | modifier le code]

Sise au sein du quartier Ville Vieille - Léopold, la porte marque la limite septentrionale de la Grande-Rue qu'elle relie à la rue de la Citadelle.

Description[modifier | modifier le code]

Côté intérieur de la ville[modifier | modifier le code]

Mâchicoulis en accolades et à consoles formées d'un triple tore

L'imposant bâtiment, constitué d'une tour centrale carrée où s'insère la porte elle-même, flanquée de deux tours rondes plus élevées, borne la Grande-Rue au nord. Les murs en pierres de taille parées de briques rouges dans les parties basses sont épais de trois mètres[1].

La porte centrale, en forme d'arc brisé en tiers-point, est surmontée d'une niche où l'on a placé une statue en ronde-bosse d'une vierge à l'enfant du XIVe siècle. Deux fenêtres encadrent cette niche et, de part et d'autre, deux bas-reliefs des profils casqués des ducs de Lorraine Raoul (à l'ouest) et Jean (à l'est) se regardent. Un chardon lorrain orne le sommet de la niche, elle-même surmontée d'une croix de Lorraine et d'une ceinture de mâchicoulis en accolades et à consoles formées d'un triple tore, d'un style résolument gothique.

De part et d'autre de la croix de Lorraine, deux têtes casquées en bas-relief se font face. Selon les inscriptions, il s'agit des effigies de Charles II, vainqueur de Louis d'Orléans en juillet 1407 à la bataille de Champigneulles et de René II, vainqueur de Charles le Téméraire en janvier 1477 à la bataille de Nancy.

L'ensemble est encadré par deux gigantesques tours rondes aux toits coniques, percées de fenêtres permettant les tirs de tous côtés et dont les plus hautes sont surmontées de corbeaux destinés à soutenir des volets de bois disparus[2].

À côté de la tour ouest, un escalier extérieur donne accès à la terrasse au-dessus du passage voûté, ce qui permet de découvrir une échauguette carrée en briques rouges située à l'arrière de la tour est, invisible depuis la rue, ainsi que la façade interne du bâtiment Renaissance surmontant la porte au nord, du côté de la rue de la citadelle.

Passage couvert[modifier | modifier le code]

Côté extérieur de la ville[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Unique vestige des fortifications nancéiennes antérieures à Vauban, la porte de la Craffe était la seule entrée située au nord de la ville-vieille de Nancy. Outre sa fonction défensive, elle servit de porte d'honneur aux ducs de Lorraine jusqu'en 1610[1]. Au cours de son histoire, elle connut diverses modifications et restaurations.

Lors de son édification sous le duc Jean Ier de Lorraine (1346-1390) au milieu du XIVe siècle, elle comportait uniquement la tour carrée centrale[3] garnie de mâchicoulis et de bretèches[1] sur les deux faces. Les deux tours rondes, furent ajoutées en 1463[4] et disposaient d'une dizaine de salles fortes[1] qui ont servi de prison jusqu'au milieu du XIXe siècle[3]. Ces tours jumelles, crénelées à l'origine, ont reçu leurs toitures caractéristiques en poivrière surmontées de lanternons au XVIe siècle[4].

En 1505, sous René II, la défense extérieure a été renforcée par la création d'un terre-plein dans le prolongement de la porte, côté campagne au nord, en direction de l'ancien village de Saint-Dizier (actuel faubourg des trois maisons). Ce boulevard est percé d'une nouvelle porte, la porte Notre-Dame, reliée à la Craffe par un tunnel voûté[2].

Lors de la création des bastions à orillons le Duc et le Marquis, à la fin du XVIe siècle (1598), une troisième porte fut ajoutée à l'extérieur de la première enceinte. Elle prit initialement aussi le nom de porte Notre-Dame, prêtant à confusion, mais est connue ensuite sous l'appellation de porte de la Citadelle.

Au XVIIe siècle (1616), la porte de la Craffe fut surmontée d'un toit avec lanternon qui contenait une cloche provenant de l'église Saint-Epvre. En 1633, sous l'occupation française, la façade côté ville est profondément modifiée : Louis XIII y fait plaquer un ordre grec[3] (fronton triangulaire et piliers doriques) qui subsistera jusqu'en 1861, date à laquelle le commandant Trancart la fit restaurer dans le style gothique qu'on lui connaît depuis.

Deux portes piétonnes entourant la porte principale ont été percées en 1870 à la base de chaque tour ronde par Prosper Morey[2].

Au XXe siècle les salles ont été aménagées en musée[5] où étaient entre autres exposés des instruments de torture[1]. La porte a fait l'objet d'une importante restauration en 2012-2013[6] pour régler les problèmes d'étanchéité de la voûte qui causaient des dégradations importantes (dépôt blancs sur les parements en briques, développement de mousses) du fait d'infiltrations des eaux pluviales, pour remplacer le sol de béton et d'enrobé du passage voûté (où la circulation automobile était possible jusqu'en 1991) par un pavage en granit bleu, réparer le sol de la terrasse et conforter les fondations sous l'échauguette.


Anciens noms[modifier | modifier le code]

La Porte de la Craffe a eu d'autres noms dans le passé : porte des Bordes, porte Notre Dame, ou Porte Lescraffe[note 1].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « La porte de la Craffe tire peut-être son nom du dépotoir, l'escraffe qui se situait à l'extérieur des remparts, près des bordes des lépreux, d'où le nom de porte des bordes trouvé dans un document de 1382 », Sylvie Bazin-Tacchela, Peste et santé publique à Nancy à la Renaissance, in Regards croisés sur la Lorraine et le Monde à la Renaissance. Annales de l'Est, n°1 - 2014. (ISSN 0365-2017), pages 91 à 105.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e [PDF] Nancy tourisme, pages 18 à 20
  2. a, b et c Porte de la Craffe, nancy tourisme.fr, consulté le décembre 2015
  3. a, b et c La porte de la Craffe, toutnancy.com, consulté le 16 décembre 2015.
  4. a et b La porte de la Craffe sur pss-archi.eu, consulté le 16 décembre 2015.
  5. Visite de la porte de la Craffe, Vidéo INA (1967)
  6. L'aventure du chantier de restauration de la Porte de la Craffe, reportage de la ville de Nancy sur Youtube, mai 2013.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire des villes vieille et neuve de Nancy depuis leur fondation jusqu'en 1788 par J J Lionnois, 1805.
  • Histoire de Nancy par Christian Pfister, 1902-1909