Porte Dijeaux

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Porte Dijeaux
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Porte Dijeaux
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La porte Dijeaux est une porte de la ville de Bordeaux, dans le département français de la Gironde.

Elle est classée monument historique le [1].

Situation[modifier | modifier le code]

La porte Dijeaux est située à l’extrémité ouest du decumanus formé par l'alignement des rues porte-Dijeaux et Saint-Rémi. Elle débouche sur la place Gambetta.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La porte Dijeaux est également connue sous le nom de porte Dauphine (sous Louis XIV).

Son nom est historiquement attesté sous les formes instables : de Giu, Dijeu, Dijeus, Digaus[2], etc.

Il existe deux hypothèses au sujet de l'étymologie du mot "Dijeaux" :

  1. Selon l'abbé Baurein, son nom viendrait de porta deus Judias, "porte des juifs" en gascon, parce qu'au Moyen-Âge, elle mettait la ville en communication avec le quartier juif du mont Judaïque[3].
  2. D'après Camille Jullian, l'origine du nom serait en rapport avec le temple de Jupiter qui se dressait à cet emplacement à l'époque gallo-romaine. La porte se serait appelée Porta Jovis en latin et son nom actuel viendrait de la déformation de l'expression de Jòu signifiant "de Jupiter" en gascon, la langue traditionnelle de Bordeaux[4]. Le préfixe di- vient de l'attraction paronymique du mot gascon dijàus signifiant jeudi (le jour de Jupiter)[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'actuelle Porte Dijeaux est la troisième du nom.

La première, l'une des quatorze portes de l'enceinte romaine bordelaise du IVe siècle, était une simple ouverture percée dans l'épaisseur de la face occidentale de la muraille, à l'extrémité d'une longue rue droite. Elle aurait été, selon Camille Jullian, la porte de Jupiter, « porta Jovia »[6].

Elle n'a pas été touchée par l'agrandissement du XIIIe siècle vers le sud.

Les nouveaux remparts du XIVe siècle la déplacent de dix à douze mètres plus à l'ouest, dans le mur de la nouvelle enceinte, entre deux tours rondes en saillie sur le fossé. À l'extérieur, un merlon en forme de demi-lune, haut de 8 à 10 m servait de redoute. Cette porte qui faisait communiquer la ville avec le faubourg Saint-Seurin, servait aussi de défense en cas d'attaque venant du faubourg. Elle permit notamment de résister douze jours au siège du Maréchal de la Mailleray après qu'il eut, à la tête des troupes royales, occupé le faubourg Saint-Seurin durant la Fronde de 1650.

Pour continuer les embellissements de Bordeaux effectués par l'intendant Tourny, les jurats décidèrent, en 1746, la création de la place Dauphine (actuelle place Gambetta) entre les anciennes portes du XIVe siècle Dauphine et Dijeaux et, en conséquence, la démolition de la demi-lune au-devant de celle-ci. En fait, la porte elle-même fut aussi détruite et a été remplacée par le monument actuel, construit par Voisin entre 1748 et 1753 sur les plans de l’architecte André Portier. Le décor est de Claude-Clair Francin[4]. Elle marque l'aboutissement sur la place Dauphine d'une longue rue droite qui, partant de la place royale ouverte sur le fleuve, n'est autre que l'ancienne artère romaine « decumanus » qui menait à la porte de Jupiter.

Elle subsiste aujourd'hui isolée et privée de ses guichets piétons latéraux[2]. On observe que, depuis ce temps, la ville s'est beaucoup étendue vers l'ouest.

La porte est rénovée en 1971 puis de nouveaux travaux ont démarré en janvier 2022 pour une durée d'environ cinq mois[7].

Description[modifier | modifier le code]

Elle est en pierre de Frontenac, pierre dure et dense, habituellement utilisée pour les fondations d’un bâtiment (pour les parties supérieures on utilise habituellement la pierre de Bourg). On peut remarquer dans cette pierre poreuse, des sédiments de coquilles[4].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Porte Dijeaux », notice no PA00083475, base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 25 septembre 2009
  2. a et b Annick Descas, Dictionnaire des rues de Bordeaux.
  3. Robert Coustet, Le Nouveau Viographe de Bordeaux : Guide historique et monumental des rues de Bordeaux, Mollat, , 564 p. (ISBN 9782358770026), p. 420
  4. a b et c Bordeaux : un tour de ville en 101 monuments Édition Le Festin Juillet 2008
  5. Élie Vinet, Discours des antiquitez trouvées à Bourdeaux, cité par Pierre Bernardau, le Viographe bordelais, 1844.
  6. Pierre Bernadau, Le Viographe bordelais, p 164
  7. « Bordeaux : une rénovation pour la Porte Dijeaux », sur Bordeaux Gazette, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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