Port de Marterat

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Port de Marterat
Image illustrative de l’article Port de Marterat
Vue du village de Tavascan (Espagne) ; à l'arrière plan, le port de Marterat dominé par le pic éponyme (2 662 m) à droite.
Altitude 2 217 m
Massif Pyrénées
Coordonnées 42° 43′ 23″ nord, 1° 14′ 35″ est
PaysDrapeau de la France FranceDrapeau de l'Espagne Espagne
ValléeVallée de l'Ossèse
(nord)
Val de Cardos
(sud)
Ascension depuisUstou Tavascan
AccèsGRT58

Géolocalisation sur la carte : Catalogne

(Voir situation sur carte : Catalogne)
Port de Marterat

Géolocalisation sur la carte : Ariège

(Voir situation sur carte : Ariège)
Port de Marterat

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Port de Marterat

Le port de Marterat, ou port du Marterat (port de Tavascan pour les Espagnols), est un col de la chaîne pyrénéenne culminant à 2 217 m d'altitude à la frontière entre la France (département de l'Ariège, Occitanie) au nord et l'Espagne (commune de Lladorre, Catalogne) au sud.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le qualificatif de « port » (latin portus) désigne dans les Pyrénées un col.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé à l'altitude de 2 217 m, le col permet de joindre uniquement par voie pédestre la vallée de l'Ossèse (commune d'Ustou) au nord au vall de Cardos (commune de Lladore) au sud. Cette commune comprend la petite station de sport d'hiver de Tavascan et plusieurs lacs d'altitude.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'époque de la guerre de Succession d'Espagne, le 13 juin 1713, des miquelets catalans passés par le port de Marterat tuèrent les paysans chargés de garder la frontière « qui s'étaient endormis ». Ils pillèrent les quatre villages de la vallée d'Ustou sans oublier le château du vicomte de Pointis. Ce dernier, blessé, fut emmené prisonnier et ne fut libéré qu'après le paiement d'une forte rançon[1]. Malgré ces soubresauts de l'histoire, les montagnards pyrénéens s'opposaient à la fermeture de la frontière, car le commerce transfrontalier était florissant et institué depuis longue date par les lies et passeries.

Ce col était très fréquenté avant l'avènement de l'automobile, permettant aux éleveurs, aux colporteurs, aux contrebandiers et, lors de conflits de réfugiés, de passer d'un versant à l'autre des Pyrénées centrales[2]. Des moissonneurs saisonniers des vallées du Haut-Salat passaient la frontière par le port de Marterat et descendaient le Vall de Cardos afin de louer leurs bras vers la Séu de Urgell et l'Alt Urgell.

Activités[modifier | modifier le code]

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

De part et d'autre de la frontière jouxtent le parc naturel de l'Alt Pirineu et le parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises. Au port se déroule chaque année à la mi-août, si le temps le permet, une rencontre transfrontalière avec dégustation de produits locaux et animations, à l'instigation des deux parcs[3].

En juillet et août 2014, après plus de 100 ans d'absence, le bouquetin ibérique (Capra pyrenaica) a été réintroduit[4] dans les Pyrénées françaises en divers lieux et notamment à proximité du port de Marterat, au cirque de Cagateille par plusieurs lâchers d'animaux prélevés dans le parc national de la Sierra de Guadarrama.

Randonnée[modifier | modifier le code]

Le refuge gardé de la Pleta del Prat à Tavascan.

En France, le départ des randonneurs est au hameau d'Ossèse. Il faut remonter la vallée du même nom jusqu'au pla de Lauze et tourner à gauche pour prendre la direction du port de Marterat (panneau). Jusqu'au port, la montée est rude mais sans difficultés. Le sentier est bien marqué et balisé en jaune.

Il n'y a pas de refuge gardé en France à proximité du port (seule une cabane en bon état se trouve peu avant le col), mais deux refuges gardés proches sur le versant espagnol, le refuge de la Pleta del Prat au sud à 1 720 m d'altitude (42° 40′ 40″ N, 1° 13′ 08″ E) avec une capacité d'accueil de 24 couchages et le refuge de Certescans[5] (refugi de Certascan), à l'est, au bord du grand lac du même nom, à 2 240 m avec une capacité d'accueil de 40 couchages.

Culture[modifier | modifier le code]

Chaque année en août se déroule la Trobada du port de Marterat[6] organisée dans le cadre du parc pyrénéen des trois nations avec l'appui de l'Union européenne. Cette rencontre culturelle franco-catalane n'est possible qu'en situation météorologique favorable et l'accès par le versant français nécessite un bon niveau de randonnée avec un équipement approprié.

Sport[modifier | modifier le code]

En 2004 a été créée la transfrontalière Ustou - Tavascan durant laquelle une course passant par le port de Marterat permet de rejoindre en 17,4 km la vallée de l'Ossèse à Tavascan en Espagne. Les records s'établissent en dessous de 2 h.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Simone Henry, Comminges et Couserans, Toulouse, Privat, , 254 p. (ISBN 2-7089-7108-5), pages 85-86
  2. « Le port de Martérat, un site chargé d'histoire », La Dépêche du midi,‎ (lire en ligne)
  3. « les actions du parc », sur parc-pyrenees-ariegeoises
  4. « Le retour du bouquetin dans les Pyrénées », sur Bouquetin-pyrenees
  5. « Refuge de Certascan », sur Refuges info
  6. « La 4e Trobada au Port du Marterat », La Dépêche du midi,‎ (lire en ligne)