Port-Christmas

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Port-Christmas
image illustrative de l’article Port-Christmas
L'accostage de James Cook à Christmas Harbour en décembre 1776 (gravure de John Webber, 1784).

Coordonnées 48° 40′ 41″ sud, 69° 01′ 15″ est
Pays Archipel des Kerguelen, France
Altitude 0-20 m
Création premier quart du XIXe siècle
Activités Station géomagnétique à répétitions[1],[2]

Géolocalisation sur la carte : océan Indien

(Voir situation sur carte : océan Indien)
Port-Christmas

Géolocalisation sur la carte : Kerguelen

(Voir situation sur carte : Kerguelen)
Port-Christmas

Port-Christmas, également nommé Port-Noël, est un site de Grande-Terre, l'île principale de l'archipel des Kerguelen. Il se trouve au fond de la baie de l'Oiseau à l'extrémité de la côte nord-ouest de la péninsule Loranchet. Considéré comme l'une des premières localités désignées de l'archipel à la fin du XVIIIe siècle lors des premières explorations et tentatives d'établissement, Port-Christmas devient au cours du XIXe siècle un havre maritime pour le mouillage des navires de chasse aux mammifères marins dans l'océan Indien méridional avant de devenir une station scientifique géomagnétique ponctuellement occupée mais inhabitée de manière permanente.

Le lieu est par ailleurs ancré dans la littérature de voyage depuis qu'Edgar Allan Poe (en 1838) puis Jules Verne (en 1897) y situèrent des chapitres de leurs romans d'aventure s'attachant aux explorations de l'Antarctique. Après eux, d'autres écrivains-voyageurs ont associé Port-Christmas à une porte d'entrée vers le Grand Sud notamment en raison de la présence de la célèbre arche des Kerguelen.

Son nom dérive du nom Christmas Harbour donné par James Cook dont le navire mouilla dans la baie le jour de Noël 1776 lors de son troisième voyage dans le Pacifique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Carte géographique en sépia de la baie de l'oiseau avec les différents repères géographiques et sondages bathymétriques
Carte de la baie de l'Oiseau et de Port-Christmas établie par James Cook en 1777.
Note : le nord géographique se trouve à droite sur la carte.

Le site consiste en une grève de sable noir, de 300 mètres de long, résultant de l'érosion mécanique (eaux et vents) des roches basaltiques d'origine volcanique environnantes[3]. Il est situé à l'extrémité de la pointe septentrionale de la péninsule Loranchet au fond de la baie de l'Oiseau fermée au nord par le cap Français et au sud par la pointe de l'arche des Kerguelen. Port-Christmas est dominé par la Table de l'Oiseau (culminant à 403 m) au nord et le mont Havergal (culminant à 552 m) au sud, et surplombé par le petit lac Rochegude situé à l'ouest qui se déverse, par ses deux émissaires au sud-est, sur la grève de Port-Christmas puis dans l'océan Indien.

Port-Christmas est totalement isolé du reste de l'archipel et difficilement accessible[4] — de plus uniquement par la mer — depuis la base de Port-aux-Français, distante de 115 km linéaires et d'au moins 185 km de navigation au plus direct. Pour cette raison, il n'est habité que de manière temporaire sur des périodes relativement courtes de temps, principalement pour la réalisation de travaux scientifiques[1]. Il constitue, en revanche, un havre de mouillage situé au nord de l'archipel pour les marins dans les cinquantièmes Hurlants[5].

Particularités géologiques et géographiques[modifier | modifier le code]

Dès sa découverte en 1772 par le navigateur français Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec, le site est remarqué pour son imposante arche rocheuse située à la pointe sud de la baie de l'Oiseau et s'élevant à plus de 100 mètres[6]. Nommée Arched-Rock par James Cook puis l'« arche des Kerguelen », elle s'est effondrée entre 1908 et 1913 ne laissant en place que ses deux piliers basaltiques[7]. Dès l'expédition de James Clark Ross en 1840, la présence de plusieurs veines de charbon affleurantes a été notée en différents points de la baie[3].

Port-Christmas présente par ailleurs la particularité géographique d'être l'un des seuls points antipodaux terrestres « dénommés » des États-Unis correspondant au lieu-dit de Chester Liberty entre les villes de Rudyard et Shelby dans le Montana à la frontière avec le Canada[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

La toponymie du lieu a varié dans le temps. Chronologiquement, l'ensemble du site, comprenant tout à la fois la baie et la grève, est nommé « Baie de l'Oiseau » par Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec, lors de son second voyage de 1774, d'après le nom de l'une des frégates de sa mission australe, L'Oiseau[9]. Après le passage de James Cook dont les navires HMS Resolution et HMS Discovery y mouillèrent le , il est répertorié par ce dernier sur les cartes à venir comme Christmas Harbour (« havre de Noël »), malgré l'antériorité de l'appellation française pourtant publiée dès la fin du XVIIIe siècle et connue de Cook[10]. La confirmation de possession française de 1893 par l'équipage de L'Eure redonne officiellement au site son nom initial. Cependant, depuis plus d'un siècle le nom de Christmas Harbour est devenu reconnu et usité par tous ceux qui fréquentent les eaux des Kerguelen, dès lors la première toponymie officielle de l'archipel des Kerguelen, établie en deux temps par Raymond Rallier du Baty en 1908 et 1913 — carte au 1228000e publiée en 1922 et toujours utilisée[11] — décide d'une part de valider l'appellation de baie de l'Oiseau pour l'intégralité du site et d'autre part de franciser le terme anglais en Port-Christmas[note 1] tout en le réservant exclusivement à la désignation, au fond de la baie, du site terrestre constitué par la grève et ses alentours jusqu'au lac Rochegude. Cet état est concrétisé par l'établissement du premier campement permanent en décembre 1964, puis par la publication de la mise à jour des toponymes australs par la Commission territoriale de toponymie des Terres australes françaises entre décembre 1966 et mai 1971[12],[13].

Histoire[modifier | modifier le code]

Yves de Kerguelen vers 1780 (g.) et James Cook (d.) en 1776.

La première mention du site date du premier voyage de Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec lors duquel il aperçoit, en février 1772, l'entrée de la baie mais ne peut y débarquer en raison des conditions météorologiques difficiles, mouillant quarante lieues plus au sud-ouest dans la baie du Lion-Marin où il prend possession de l'archipel, le , au nom du roi de France[14]. Lors de son second voyage, Yves de Kerguelen aborde l'archipel en décembre 1773 et délègue à son second, Monsieur de Rosnovet, le soin d'entrer dans l'anse qu'il cartographie (ainsi que la côte sud-ouest de l'archipel) et dénomme baie de l'Oiseau[9]. Ce dernier envoie, le , son lieutenant Henri Pascal de Rochegude à terre au fond de l'anse pour laisser un message de passage et de prise de possession dans une bouteille[10],[9] :

« Ludovico XV. galliarum rege, et d.*[omino] de Boynes regi a Secretis ad res maritimas annis 1772 et 1773.[note 2] »

James Cook, qui fait halte dans l'archipel des Kerguelen lors de son troisième voyage dans les mers australes, jette les ancres de ses navires Discovery et Resolution précisément à cet endroit le jour de Noël 1776 appelant le lieu Christmas Harbour et s'aperçoit alors du double passage des Français en trouvant les messages laissés auxquels il ajoute la mention de son propre accostage par l'adjonction d'une pièce d'argent millésimée[10],[15]. L'explorateur britannique note les conditions optimales de mouillage, d'approvisionnement en eau, et le chirurgien de bord, William Anderson, tout à la fois la présence du chou de Kerguelen, qui peut servir comme une importante source de vitamine C pour lutter contre le scorbut frappant les équipages au long cours, et celle abondante des « ressources en huiles » sur le site[16]. L'expédition repart le 31 décembre pour explorer les côtes orientales environnantes jusqu'au futur golfe du Morbihan qu'il nomme « Royal Sound »[15],[17]. C'est aussi depuis Christmas Harbour qu'il nomme l'archipel en « îles de la Désolation » avant de rendre hommage à son premier découvreur français en leur attribuant son nom, non sans une certaine malice[note 3] :

« J'aurais donné le nom d'îles de la Désolation, si je ne voulais voler à Monsieur de Kerguelen l'honneur de lui appliquer son nom »

— James Cook, 1776[15].

La première campagne de chasse aux mammifères marins dans l'archipel des Kerguelen est menée par des navires américains en provenance de l'île de Nantucket en 1792[16]. Au début des années 1820, c'est l'explorateur et capitaine phoquier américain Benjamin Morrell (1795-1839) qui fait de Christmas Harbour ou plus précisément de Wasp Harbour (du nom de son navire la Wasp) situé près du cap Français, son lieu de mouillage dans l'archipel des Kerguelen pour ses campagnes de chasse aux otaries et éléphants de mer[18],[19]. En 1840, l'explorateur polaire britannique James Clark Ross établit à Port-Christmas — où il jette l'ancre durant 68 jours de mai à juillet — deux stations temporaires d'observations : l'une astronomique et l'autre constituant la toute première station géomagnétique[note 4] dans le cadre de l'expédition Erebus et Terror chargée, entre autres, de recherches scientifiques sur le sujet[20],[1],[4]. En 1874, l'astronome royal britannique George Airy y implante l'une des deux stations temporaires d'observation dans l'archipel des Kerguelen (parmi les huit situées sur toute la planète) destinées à étudier le passage de Vénus près de la Terre le [21].

Photographie couleur sépia de l'équipage de l'aviso Eure qui prend possession du lieu en hissant les couleurs du drapeau français sur la grève
Port-Christmas et la baie de l'Oiseau (avec l'arche des Kerguelen dans le fond) le 2 janvier 1893 lors du renouvellement de la prise de possession de l'archipel par l'équipage de l'Eure.

L'archipel des Kerguelen, et principalement Port-Christmas en raison de son mouillage considéré comme sûr[5], ont été tout au long du XIXe siècle une halte pour les navires baleiniers et phoquiers — en particulier américains nantucketois, après que les Britanniques leur ont interdit les campagnes de chasse dans l'hémisphère nord — lors de leurs campagnes dans les mers du Sud (menées jusqu'en 1909 avec un pic sur la période 1840-1870[16]). L'archipel n'est cependant pas habité de manière permanente par les Français laissant la possibilité d'une dépossession par d'autres pays : vers 1890, l'Angleterre et l'Australie ont des prétentions sur l'archipel des Kerguelen[22]. En conséquence, sur décision du président Sadi Carnot, l'aviso Eure sous le commandement du capitaine de frégate Louis Lieutard[note 5] part en 1892 renouveler une série de prises de possessions solennelles dans les terres australes françaises et en particulier celle faite 120 ans auparavant dans la baie de l'Oiseau. Il mouille en premier à Port-Christmas le , où il trouve la goélette phoquière américaine Francis Allyn du capitaine John Fuller, et réitère la prise de possession française par vingt-un coups de canon, une levée des couleurs au mat et l'apposition d'une plaque indicative en cuivre portant l'inscription « EURE - 1893 » sur le site avant de renouveler durant quinze jours ces opérations en différents lieux de l'archipel[23],[24] afin de préparer l'arrivée de colons permanents, les frères Boissière qui ont obtenu une concession d'exclusivité de 50 ans sur toutes les terres australes françaises[22],[25]. De retour d'une expédition dans les mers subantarctiques, le biologiste allemand Carl Chun fait, à bord de La Valvadia, escale à Port-Christmas en 1898 à propos duquel il déclare être « fasciné par le romanesque du lieu[26] ».

Le , Raymond Rallier du Baty et son frère, Henri, y jettent l'ancre de leur ketch, le J.B. Charcot, afin de commencer leur travail de reconnaissance et de dénomination des points remarquables de l'archipel — la possession d'un territoire requérant également de nommer de manière officielle les sites géographiques — dans le cadre d'un potentiel développement économique de l'archipel des Kerguelen[27],[28]. Après 1950, Port-Christmas devient une station scientifique française dédiée aux relevés géomagnétiques avec l'installation en 1981 de l'une des trois stations géomagnétiques à répétitions de l'archipel[note 6] dépendant de l'École et observatoire des sciences de la Terre[2],[1]. Le lieu est depuis régulièrement occupé par les scientifiques[1] amenés lors des rotations du Marion Dufresne 2 mais aussi de la frégate militaire Nivôse[29] ou du patrouilleur Albatros[30], qui vivent dans le cabanon établi de manière permanente[29] pour leurs relevés effectués durant l'été austral[2].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

La végétation et les animaux présents à Port-Christmas sont recensés dans toute la baie de l'Oiseau et plus généralement dans l'archipel des Kerguelen. Justifiant son nom alternatif d'« Îles de la Désolation », la flore de l'archipel se limite seulement à celle d'une toundra dépourvue de tout arbre ou arbuste en raison des vents violents qui soufflent sous cette latitude, tandis que la faune est celle classiquement présente dans les régions arctiques australes et composée de colonies d'oiseaux marins (pétrels, albatros, manchots royaux), d'otaries et d'éléphants de mer.

Mentions artistiques[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Photographie en sépia de l'arche des Kerguelen avant qu'elle ne s'effondre, avec deux navires à voile au mouillage à proximité
L'arche des Kerguelen le , lors du renouvellement de la prise de possession faite par l'aviso Eure (à gauche).

De nombreux auteurs, principalement des romanciers, ont fait mention du lieu. L'écrivain américain Edgar Allan Poe, le premier, dans Les Aventures d'Arthur Gordon Pym (The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket, 1838 ; traduction française en 1858 par Charles Baudelaire) présente l'escale durant près d'un mois en 1827 de l'équipage de la Jane Guy à Christmas Harbour, dont il décrit précisément le havre naturel et l'arche des Kerguelen, après le sauvetage des deux principaux protagonistes par le navire britannique[31]. Le romancier américain s'est très fortement inspiré des récits du capitaine phoquier Benjamin Morrell (en particulier de A Narrative of Four Voyages[18] paru en 1832)[32] — parfois presque mot à mot — qui relâche à Wasp Harbour (site connu seulement de Morrell) comme le démontre l'usage par Arthur Pym de ce dernier toponyme[33]. Jules Verne, reprenant à la ligne le roman de Poe pour la trame et l'intrigue du sien, situe les trois premiers chapitres du Sphinx des glaces (1897) à Christmas Harbour, où son héros, le minéralogiste américain Joerling, passe les mois de juin à août 1839 avant d'embarquer à bord de la goélette Halbrane en direction du sud. Sans s'y être jamais rendu, le romancier français en fait une description géographique précise, et y établit une fictive colonie permanente et cosmopolite d'une vingtaine d'âmes autour de Fenimore Atkins, le patron de l'auberge Cormoran vert, vivant de la relâche saisonnière des navires phoquiers et baleiniers anglais et américains[34]. Les deux romanciers du XIXe siècle ancrent dès lors Port-Christmas dans l'imaginaire des voyages dans le Grand Sud et l'océan Austral dont le lieu figure l'une des portes d'entrée vers le continent antarctique.

Le navigateur et écrivain-voyageur Raymond Rallier du Baty y accoste en 1908 pour cartographier l'archipel et en fait une description littéraire dans son récit On peut aller loin avec des cœurs volontaires[28]. Le romancier et poète Valery Larbaud quant à lui, dans son recueil de nouvelles Aux couleurs de Rome (1938), dédie un chapitre au « gouverneur de Kerguelen » dont il situe le siège à Port-Noël, chapitre qui est prétexte à un jeu des « dix livres essentiels que l'on emmènerait sur une île déserte » pour former la bibliothèque de Port-Noël[35]. Il propose, avec humour, les règles suivantes :

« Vous avez eu le malheur de déplaire en haut lieu ; mais par égard pour vos mérites on s'est contenté de vous éloigner en vous nommant pour un … trois… cinq ans (c'est un maximum) Gouverneur de [sic] Kerguelen, avec résidence à Port-Noël, chef-lieu de cette colonie. […] Vous ne pourrez emporter qu'un… cinq… dix… vingt livres, à condition qu'ils soient par vous choisis dans [toutes les suppositions sont permises] »

— Valery Larbaud, 1938

Ce petit jeu, initié par Larbaud, est également l'occasion d'une correspondance entre ce dernier et le littérateur hollandais Edgar du Perron qui propose et discute ses propres choix[36]. Edgar Aubert de la Rüe, qui réside plusieurs mois à quatre reprises sur l'archipel, de 1928 à 1953, pour mener diverses études géographiques et géologiques, fait mention de Port-Christmas dans son récit Deux ans aux Îles de la Désolation (1954)[37].

En 1993, le journaliste et écrivain Jean-Paul Kauffmann fait de Port-Christmas, dans son récit L'Arche des Kerguelen, l'objectif ultime d'une quête personnelle qu'il entreprend dans l'archipel des Kerguelen quelques années après sa libération à l'issue de trois ans de captivité en tant qu'otage au Liban[38]. Tout son livre — qui retrace l'histoire de l'archipel des Kerguelen, de ses explorateurs, et de ses résidents permanents ainsi que le détail de son propre séjour de plusieurs semaines — tend vers l'atteinte de ce lieu mythique et l'un des plus isolés de l'archipel, lui-même l'un des plus inaccessibles sur Terre, qu'il ne réussira cependant jamais à rejoindre malgré diverses tentatives faites en bateau, à pied, et en hélicoptère[39]. La navigatrice Isabelle Autissier, qui à la suite d'un démâtage en 1994 fut contrainte de séjourner dans l'archipel des Kerguelen, publie en 2006 une biographie littéraire d'Yves de Kerguelen dans laquelle elle décrit précisément, à partir des éléments historiques disponibles (journaux et récits) et de sa propre expérience du site, l'arrivée de l'équipage de L'Oiseau dans la baie homonyme en janvier 1774 et la prise de possession à terre conduite par Messieurs de Rochegude et du Cheyron[40]. Elle en donne la description suivante :

« Au-delà de la plage, ils pataugent dans un marécage herbeux et escaladent une butte. […] Aucun arbre, aucune fleur, au cœur de cet été n'égayait l'austérité. La pauvre verdure était, par plaque, recouverte de vieille neige. L'ensemble avait un air triste et froid. Grandiose certes, mais à la manière d'un monument funéraire quand l'éclat du marbre lisse évoque l'éternité »

— Isabelle Autissier, 2006

Philatélie[modifier | modifier le code]

Au moins cinq timbres des TAAF ont été émis avec une représentation du site de Port-Noël ou de ses environs immédiats[41],[42] :

  • 1976 : valeur faciale de 3,50 francs, commémoratif du bicentenaire de l'accostage de Cook et l'arche des Kerguelen ;
  • 1979 : valeur faciale de 2,70 francs, représentant l'Arched Rock ;
  • 1997 : valeur faciale de 24 francs pour le bicentenaire de la mort de l'amiral de Kerguelen, avec une gravure du « Hâvre de Noël (sic) » similaire à celle de l'accostage de Cook due à John Webber en 1784 ;
  • 2001 : valeur faciale de 3 euros, représentant l'arche des Kerguelen ;
  • 2011 : valeur faciale de 1,10 euros, représentant l'escorteur d'escadre Forbin (D635) à l'arche des Kerguelen lors de son passage dans l'archipel des Kerguelen du 17 au 23 janvier 1978.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Plusieurs écrivains utilisent également dans leurs livres la traduction intégrale en « Port-Noël ». Voir section dédiée.
  2. Signifiant en français : Au nom de Louis XV, roi de France, et de Monsieur de Boynes, secrétaire d'État aux affaires maritimes, en l'an 1772 et l'an 1773.
  3. Selon Kauffmann 1993, p. 105-106, cette formule apocryphe doit être attribuée au chanoine Douglas, l'éditeur de James Cook, qui fit paraître le récit du navigateur britannique après la mort de ce dernier.
  4. La station complémentaire étant placée, simultanément, de manière quasi antipodale à Toronto au Canada.
  5. Louis Édouard Paul Lieutard (1842-1902) mène une tournée de prise de possessions officielles de l'archipel des Kerguelen du 1er au 15 janvier 1893, puis de l'île Saint-Paul et de l'île Amsterdam pour la France à bord de l'aviso Eure. Son nom est donné en 1963 par le glaciologue Albert Bauer à un sommet situé au sud de l'archipel sur la péninsule Rallier du Baty. Voir Mont Lieutard.
  6. Avec celles de la baie de l'Observatoire et de Port-Jeanne-d'Arc dans la baie du Morbihan.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Observatoires magnétiques français antarctiques et sub-antarctiques »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) sur le site de l'université Aix-Marseille III.
  2. a, b et c Les stations magnétiques de répétition associées aux observatoires austraux français sur l'École et observatoire des sciences de la Terre.
  3. a et b Ross 1847, p. 74-76
  4. a et b Kauffmann 1993, p. 208-209
  5. a et b Christmas-Harbour dans le Dictionnaire géographique universel, vol. 3, éd. A. J. Kilian et Ch. Piquet, Paris, 1826, p. 22.
  6. Kauffmann 1993, p. 72-73. À noter que Jean-Paul Kauffmann indique que Raymond Rallier du Baty lui attribue, à tort, 45 mètres de hauteur.
  7. (en) Antarctica 4e édition du guide Lonely Planet, Jeff Rubin, 2008, (ISBN 9781741045499), p. 238.
  8. (en) United States antipodes sur le site www.weathergraphics.com
  9. a, b et c Vanney 1986, p. 181-182
  10. a, b et c (en) The Three Voyages of Captain James Cook Round the World, volume 5, James Cook, éd. Longman, Hurst, Rees, Orme, et Brown, Londres, 1821, p. 146-151.
  11. Vanney 1986, p. 554-555.
  12. Commission des toponymes sur le kerguelen-voyages.com, consulté le 12 novembre 2013.
  13. Toponymie des Terres australes, commission territoriale de toponymie, Gracie Delépine, 1973, p. 6 et p. 275. En partie consultable sur ce site.
  14. Vanney 1986, p. 174
  15. a, b et c Vanney 1986, p. 188-189
  16. a, b et c Delépine 2002, p. 128-129.
  17. Voyage à l'Océan Pacifique de James Cook dans le Journal encyclopédique, vol. VIII partie 1, Pierre Rousseau, Paris, 15 novembre 1784, p. 19-20.
  18. a et b (en) A Narrative of Four Voyages to the South Sea par Benjamin Morrell, éd. J. & J. Harper, New York, 1832, p. 62-63.
  19. Delépine 2002, p. 138-140 et p. 143-144.
  20. Ross 1847, chap. 4, p. 63-93.
  21. Le Passage de Vénus par Jean-Eudes Arlot, éditions EDP Sciences, (ISBN 9782759801282), p. 29.
  22. a et b Kauffmann 1993, p. 60
  23. Avant l'heure, c'est plus l'Eure par Yann Libessart, représentant de l'État dans l'archipel des Kerguelen, sur son blog Les manchots de la République pour Libération le 7 juillet 2008
  24. Archipel de Kerguelen sur le site de l'Institut polaire français - Paul Émile Victor.
  25. Delépine 2002, p. 213
  26. Kauffmann 1993, p. 176-177
  27. Vanney 1986, p. 467-468
  28. a et b On peut aller loin avec des cœurs volontaires de Raymond Rallier du Baty, Le Livre de poche, 2012, (ISBN 9782253163374).
  29. a et b Photos de Port-Christmas sur www.kerguelen-island.org.
  30. Albatros (P681) sur le site de la Marine nationale.
  31. Les Aventures d'Arthur Gordon Pym, Edgar Allan Poe, chapitre XIV Albatros et Pingouins (Wikisource), 1838.
  32. (en) The Continuing Puzzle of Arthur Gordon Pym – Some Notes and Queries par J. V. Ridgely (Université Columbia), Poe Newsletter, juin 1970, vol. III, no 1, 3:5-6.
  33. Delépine 2002, p. 143-144.
  34. Jules Verne, Le Sphinx des glaces, chapitres I à III, bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2012, (ISBN 978-2-07-012-893-8).
  35. Valery Larbaud, Œuvres, Aux couleurs de Rome, chap. « Le Gouverneur de Kerguelen », bibliothèque de la Pléiade, 1957, p. 1053-1062.
  36. Eddy du Perron à Valery Larbaud, Septentrion vol. 7, Rekkem, 1978.
  37. Edgar Aubert de la Rüe, Deux ans aux Îles de la Désolation, éditions Julliard, 1954.
  38. Kauffmann 1993
  39. Kauffmann 1993, p. 47, p. 97 et p. 246.
  40. Kerguelen : Le voyageur du pays de l'ombre, Isabelle Autissier, éditions Grasset et Fasquelle, 2006, (ISBN 978-2246672418), p. 244-247.
  41. Encyclopédie des tours du monde: Sur mer, sur terre et dans les airs, par Christian Nau, éditions L'Harmattan, 2012, (ISBN 9782296503601), p. 59.
  42. L'Arche Des Kerguelen sur le site www.timbresponts.fr

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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