Pont de l'île de Ré

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Pont de l’île de Ré
Image illustrative de l'article Pont de l'île de Ré
Géographie
Pays France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Charente-Maritime
Commune La Pallice - Rivedoux-Plage
Coordonnées géographiques 46° 10′ 18″ N, 1° 14′ 21″ O
Caractéristiques techniques
Type Pont en poutre-caisson
Longueur 2 926,5 m
Largeur 15,5 m
Hauteur 42 m
Matériau(x) Béton précontraint
Construction
Construction 1986 - 1988
Mise en service 19 mai 1988
Architecte(s) Michel Virlogeux
Charles Lavigne et Alain Montois
Pham X. Thao
Michel Placidi
Entreprise(s) Bouygues

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Pont de l’île de Ré

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Pont de l’île de Ré

Le pont de l'île de Ré, d'une longueur de 2 926,5 mètres[1],[2], est situé en Charente-Maritime et a été inauguré le . Le pont relie l'île de Ré au continent par une courbe de 2 926,5 mètres de longueur[3] culminant à 42 mètres au-dessus de la mer. Il va du lieu-dit La Repentie, proche du port de La Pallice au nord-ouest de La Rochelle, à la pointe de Sablanceaux à Rivedoux-Plage à l'est de l'île de Ré.

Il détient aujourd'hui le record du deuxième plus long pont de France derrière le pont de Saint-Nazaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Destiné à assurer la continuité territoriale entre le continent et l’île de Ré, le pont a été construit en régie par le département (sans recourir à un concessionnaire) et est classé dans la voirie départementale. Sa construction a été décidée à la suite de l'augmentation exponentielle du trafic des bacs entre La Pallice et Sablanceaux. De 40 000 passages en 1947, on était passé à 872 000 passages en 1957 puis 2 071 000 passages en 1967[4]. C'est l'entreprise Bouygues qui a été choisie pour la réalisation de l'ensemble.

Projet financé par le conseil général de la Charente-Maritime, le coût total s'élève à 385 millions de francs (58,7 millions d'euros), et plus de 600 millions de francs avec les voies d'accès[5]. Un tunnel a été pendant un temps envisagé, mais bien que moins long (2,4 km) serait revenu à 620 millions de francs (94,5 millions d'euros).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le pont de l'Île de Ré, inauguré en 1988, est le deuxième plus long pont de France avec ses 2 926,5 mètres de longueur[6], derrière le pont de Saint-Nazaire, inauguré en 1975 et faisant 3 356 mètres[7].

Le pont de l'Île de Ré est constitué de six viaducs distincts reliés entre eux par des joints de chaussée. L'ensemble de l'ouvrage présente un rayon de courbure horizontale de 5 000 mètres.

Vue en plan schématique
Élévation de l'ouvrage

Les viaducs sont des ponts en poutres mono-caisson (en un seul bloc) réalisés en béton précontraint. Ils sont constitués au total de 29 travées s'appuyant sur un ensemble de 28 piles. Il y a 23 travées de 110 mètres de long, encadrées de travées de longueurs variables de part et d'autre.

Le tirant d'air au point le plus haut, à savoir la distance entre la ligne d'intrados du pont et la ligne des plus hautes eaux, est de 30 mètres sur 4 passes navigables entre ses piles. Large de 15,5 mètres, le tablier offre 2 voies de circulation (9 m de voies routières), une piste cyclable à double sens d'un côté et une autre réservée aux piétons de l'autre (2,5 mètres).

Le pont a nécessité pour sa construction 50 000 m3 de béton, 6 000 tonnes d'acier et 796 voussoirs pesant de 80 à 130 tonnes.

Trafic[modifier | modifier le code]

Le trafic initialement prévu était évalué à 10 000 véhicules par jour en basse saison et 25 000 véhicules par jour les mois d'été. En 2007, la circulation routière a dépassé les trois millions de véhicules (3 042 637 véhicules), soit 1,91 % de plus qu'en 2006[8]. Le trafic 2007 est un peu plus du double de celui de 1989 (1 510 959 véhicules). La barre des 2 millions a été dépassée en 1996, et celle des 2,5 millions en 2000. En 2008, 45 millions d'entrées ont été enregistrées depuis l'ouverture[5]. Le 11 juillet 2009, le record des passages sur une journée, qui datait du 8 mai 2002, a été porté à 16 429 véhicules[9].

Péage[modifier | modifier le code]

Le pont depuis La Repentie/La Pallice, au premier plan le péage

Jusqu'au 1er janvier 2004, la traversée du pont était soumise à un péage. Les Réthais disposaient alors d'un tarif préférentiel, avant qu'ils n'accèdent à la gratuité totale à partir de cette date[5]. Les résidents secondaires, les travailleurs non insulaires ou saisonniers disposaient alors d'un accès à un tarif réduit. Seuls des usagers ne rentrant dans aucune de ces catégories payaient un tarif plein. En 2006, les tarifs ainsi pratiqués étaient 16,50 pour une berline de mi-juin à mi-septembre et 9 hors saison, dont une écotaxe de 3,05 [10]. Les piétons et les vélos bénéficient de la gratuité depuis le début.

Cependant, à l'approche de l'échéance menant à la suppression du péage prévue pour 2012, une majorité de Réthais et certains résidents issus du continent s'opposèrent à cette éventualité, craignant que la gratuité du passage n'aggrave l'afflux massif d'automobiles appartenant à des promeneurs et vacanciers venant du continent. En effet, avant 2012, l’île était déjà sur-envahie par la circulation automobile principalement durant les week-ends de chassé-croisé important. Le village de Rivedoux-Plage est traversé obligatoirement par tous véhicules rentrant ou sortant de l’île, ceux-ci figent intégralement la circulation des habitants, pénalisant également les services de secours (police, pompiers, ambulances…), de 16 à 21 heures. À ces périodes, le temps de sortie de l’île est généralement de plus de deux heures pour un véhicule venant d’un autre village. Cette situation est également vécue sur l'autre grand pont du département, à l'île d'Oléron.

Péage du pont de l'île de Ré

Répondant aux craintes des îliens, le 22 septembre 2009, l'Assemblée nationale a voté l'amendement no 123 et le sous-amendement 141, déplafonnant le montant de l'écotaxe et la maintenant pour le passage du pont de l'île de Ré au-delà du [11].

Depuis cette date, le péage a été supprimé, mais les non-insulaires ou non-propriétaires d'une résidence sur l'île (tarif particulier) doivent s'acquitter, à la barrière de péage du pont, d'une écotaxe[12], non plus à rembourser les frais de construction de l'ouvrage, mais pour soutenir à part égale :

  • une contribution à la protection des espaces naturels de l’île baptisée « CAP RE » répartie entre les dix communes insulaires[13] ;
  • l'entretien du pont et le développement des transports en commun sur l'île financé par conseil départemental.

Les véhicules sont répartis en cinq catégories disposant chacun d'une tarification différente. De plus, la tarification des véhicules de classe 1 et 2 diffère selon la saison (du 20 juin au 11 septembre pour la « saison haute » et le reste de l'année pour la « saison basse »). La gratuité reste appliquée pour les piétons, les vélos et motos inférieures à 50 cm3. Les utilisateurs de la navette électrique « RespiRé » du réseau Les Mouettes, circulant entre Belvédère (La Rochelle) et Sablanceaux (Rivedoux-Plage) du 4 avril au 27 septembre, ne payent que 1 le trajet (celui-ci est gratuit durant le week-end de Pâques)[12].

Depuis 2008 avait été testé, auprès de certains insulaires volontaires utilisant le pont quotidiennement, un procédé de télé-badge et de reconnaissance optique des plaques minéralogiques pour un accès automatique, libérant ainsi le trafic des cabines à péage traditionnelles, procédé abandonné au 1er janvier 2012, avec retour à une carte à lecture optique.
En novembre 2013, le Conseil général de la Charente-Maritime, en partenariat avec Vinci Autoroutes diffuse un nouveau télé-badge, le télé-badge Direc't RP auprès des insulaires.

Construction[modifier | modifier le code]

Un des 796 voussoirs du pont dont les formes varient suivant leur position

Fruit d'une décision du conseil général de la Charente-Maritime datant de 1980, et d'un arrêté d'utilité publique signé par le préfet de Charente-Maritime le 28 août 1984, la construction, confiée à l'entreprise Bouygues débute le et voit la pose du dernier voussoir le ; elle met en œuvre des techniques de pointe. L'utilisation d'une plateforme maritime a permis aux équipes de travailler par tous les temps, et de réaliser dans le calcaire des fonds marins plusieurs pieux forés de 2 mètres de diamètre sur 12 mètres de profondeur, d'une inclinaison de 20 degrés, et dans lesquels fut coulé du béton armé, permettant ensuite aux piles, des cylindres de 5,50 mètres de diamètre, de prendre appui sur ces fondations.

Les études de cet ouvrage ont été conduites par Pham Xuan Thao; le chantier était dirigé par Charles-Étienne Perrier, et Michel Placidi coordonnait l'ensemble de cet ouvrage complexe.

La technique mise en œuvre est la méthode de construction en encorbellement par voussoirs préfabriqués, permettant au pont de progresser de plus de 20 mètres par jour. Une centrale à béton fabriquait les voussoirs sur place à La Repentie/La Pallice. Un engin nommé « poutre de lancement » et mesurant 285 mètres de long, conçu par Pierre Richard le directeur scientifique de Bouygues, prenait appuis sur deux piles et déposait des voussoirs sur une troisième; il les assemblait ensuite en formant des demi-arches de façon symétrique par rapport à cette pile, la progression de l'ensemble se faisant dans le sens continent-île de Ré.

L'utilisation de poutre-caissons (l'intérieur des voussoirs est vide) permet le passage des approvisionnements en eau et en électricité de toute l’île, ainsi que l’inspection de l’ouvrage.

Achevé relativement rapidement en 23 mois à peine, il a été inauguré le .

Controverses[modifier | modifier le code]

Le jour de la pose du dernier voussoir le 15 février 1988, côté île.

Le pont de l'île de Ré a été l'objet d'une vive controverse, se déplaçant de tribunaux en émissions de télévision (qui valut notamment son éviction de TF1 à Michel Polac[14]). Lors de l'élaboration du projet, des voix se sont élevées contre l'idée de relier l'île au continent par un pont, et ont œuvré jusqu'au bout pour enterrer le projet.

Aussi, lorsque les travaux ont débuté, un recours a été déposé au tribunal administratif. Cependant, en raison de la vitesse à laquelle ont été menés les travaux et des lenteurs de la justice française, le pont était déjà achevé lorsque le juge administratif a statué sur les demandes tendant à l'arrêt des travaux (fin novembre 1988). Le pont n'a pas été démoli car il était dès lors protégé par son statut d'ouvrage public. En tout état de cause, la règle générale qui dispose que l'intérêt général doit prévaloir sur quelques intérêts particuliers a été appliquée. C'est ainsi qu'il y eut la bataille entre les « anti-pont » et les « pro-pont ».

Cependant que les premiers cherchaient à n'importe quel prix à préserver leur île, les seconds, de loin les plus nombreux, voyaient les avantages que pouvait leur apporter une liaison fixe, notamment pour une grande partie de Rétais allant travailler quotidiennement sur le continent, pour les enfants scolarisés dans les collèges et lycées de La Rochelle et pour les évacuations sanitaires urgentes. En effet, les bacs qui assuraient précédemment le passage entre Ré et le continent (en général de 6 heures du matin à minuit), outre l'attente d'embarquement (jusqu'à plus de six heures l'été) et la durée de la traversée (entre 45 min et 1 h 30 au total selon les heures pour une traversée de 5 km), étaient immobilisés lorsque la mer était trop mauvaise. Si une évacuation sanitaire d'urgence devait être effectuée, il était nécessaire de faire venir un hélicoptère du CHU de Poitiers, un tel mode de transport n'étant pas à l'époque disponible à La Rochelle. Sous ces aspects-là, il apparaît que le pont a apporté un confort indispensable aux insulaires[15].

Sécurité[modifier | modifier le code]

Le pont depuis la pointe de Chauveau - Rivedoux-Plage

L’ensemble des voussoirs est relié par des câbles de précontrainte, permettant ainsi au pont de résister à la dilatation causée par la chaleur, aux contraintes causées par le vent, ou aux phénomènes sismiques (le dernier en date ayant eu lieu le ). Le tablier du pont est libre et posé simplement sur des patins fixés sur chaque pile.

Les piles du pont sont prévues pour résister au choc des plus gros navires lancés à pleine vitesse pouvant passer sous l'ouvrage.

Tous les neuf ans, le pont subit une inspection intérieure et extérieure complète (obligatoire pour ce genre d'ouvrage d'art), y compris des parties aériennes et sous-marines. La dernière, qui a duré un mois entier, a été réalisée en juillet 2006 pour les 18 ans du pont par les services de la SNCF, pour un coût estimé de 200 000 euros. Les piles du pont étant creuses, des plongeurs sont descendus à l’intérieur inspecter la partie hors d’eau, puis sous-marine, de chacune.

Depuis septembre 2008, l'éclairage du pont a été modernisé, les têtes de réverbères ont été remplacées, avec la possibilité de moduler l'intensité lumineuse pour une meilleure visibilité en fonction des conditions lumineuses, météorologiques ou d'accident ; ainsi que dans un but d'économie d'énergie.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. voir Le pont sur Structurae
  2. Bases de données des ouvrages d'art du conseil général de Charente-Maritime
  3. Ponts et viaducs remarquables d'Europe - Marcel Prade - Collection Art et Patrimoine - 1990
  4. Gérard Blier, Histoire des transports en Charente-Maritime, Le Croît vif, , 252 p. (ISBN 2-907967-80-0), p. 157
  5. a, b et c Magazine du conseil général de la Charente-Maritime no 25, p. 8
  6. Site du Conseil National des Ingénieurs et des Scientifiques de France
  7. « Pont de Saint-Nazaire », sur Structurae (consulté le 4 juillet 2015).
  8. chiffres du conseil général de la Charente-Maritime
  9. Le Phare de Ré du 22 juillet 2009
  10. http://www.ilederelocation.com/services-ile-de-re/pont.htm
  11. Journal Sud Ouest du 23 septembre 2009
  12. a et b Le pont de l'Ile de Ré : péage, tarifs et abonnements
  13. CAP RE
  14. "Droit de réponse" : l'agora citoyenne / Martine Delahaye (consulté le 6 juin 2012)
  15. Gérard Blier, Histoire des transports en Charente-Maritime, Le Croît vif, , 252 p. (ISBN 2-907967-80-0), p. 159

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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