Pont de Sidi Rached

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Pont de Sidi Rached
Le pont de Sidi Rached, en 1972.
Le pont de Sidi Rached, en 1972.
Géographie
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Constantine
Commune Constantine
Coordonnées géographiques 36° 21′ 45″ N, 6° 36′ 49″ E
Fonction
Franchit Rhummel
Fonction Viaduc routier
Caractéristiques techniques
Type Pont en arc
Longueur 447 m
Portée principale 70 m
Largeur 12 m
Hauteur 107 m
Matériau(x) Pierre
Béton armé
Construction
Construction 1907-1912
Inauguration
Ingénieur(s) Paul Séjourné
Aubin Eyraud
Géolocalisation sur la carte : Algérie
(Voir situation sur carte : Algérie)
Pont de Sidi Rached

Le pont de Sidi Rached est un viaduc routier qui traverse les gorges du Rhummel et relie le quartier du Coudiat (centre-ville) à la gare de Constantine. Il a été construit à Constantine en Algérie française, entre 1907 et 1912, par l'ingénieur Aubin Eyraud, avec l'aide de Paul Séjourné qui en a conçu les cintres[1] et a terminé la construction. Il était le plus haut pont en maçonnerie du monde lors de sa construction.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Le projet du pont de Sidi Rached est initié par Émile Morinaud, maire de Constantine. Le projet s'inscrit dans un programme d'aménagement urbain conduit par l'édile, avec la réalisation du pont de Sidi M'Cid et de la passerelle Perrégaux ainsi que la réfection du pont d'El-Kantara[2].

Construction[modifier | modifier le code]

La construction du pont de Sidi Rached s'étale de 1907 à 1912, concomitamment à celle du pont de Sidi M'Cid[3]. L'inauguration de l'ouvrage a lieu le . Il constitue à l'époque le plus haut pont en maçonnerie de pierres au monde[4].

Travaux de réhabilitation[modifier | modifier le code]

En 1946, le pont fait l'objet d'une première opération de réfection. Par ailleurs, il a été fermé à la circulation le pendant soixante-dix jours, puis le pour une durée de cinquante-cinq jours pour permettre l'exécution d'une réhabilitation du pont. Le programme de travaux a consisté en l'élimination des joints du tablier métallique, afin d'isoler la culée du reste de l'ouvrage pour drainer les eaux souterraines qui déversent depuis le plateau d'El Mansourah, déstabilisent les versants qui entraînent l'extrémité du pont. L'entreprise algérienne SEPTA et le bureau d'études et d'expertise italien Integra assurent les travaux[5].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le pont de Sidi Rached est situé à l'extrémité méridionale de Constantine. Il enjambe les gorges de l'oued Rhummel, à proximité de la mosquée-mausolée de Sidi Rached[4]. Il permet de relier le centre-ville et la médina au quartier de la gare, ainsi qu'à la route des Aurès. En 2010, le trafic routier a été estimé à 40 000 véhicules par jour[5].

Dimensions[modifier | modifier le code]

Le pont est composé de 27 arches : 13 d'une ouverture de 8,80 m, 8 de 9,80 m, 4 de 16 m, une de 30 m et, au-dessus des gorges du Rhummel, une de 70 m d'ouverture. L'ouvrage a une longueur totale de 447 m[6].

Glissement de terrain[modifier | modifier le code]

Le pont est chroniquement exposé à des glissements de terrain du côté du plateau d'El Mansourah. En effet, si l'assise du pont est majoritairement constituée de calcaires du Turonien stables, sa culée est ainsi que les trois premières arches sont fondées sur des marnes du Maastrichtien dont les propriétés géotechniques sont médiocres[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jouret Auguste, « Paul Séjourné (1851-1939) », Technica n° 76, pp. 3-18,‎ (lire en ligne, consulté le 26 septembre 2011)
  2. Biau 2012, p. 263 et p. 266.
  3. Gaston Leinekugel Le Cocq, « Les nouveaux ponts de Constantine (Algérie) », Le Génie civil : revue générale des industries françaises et étrangères, no 1542,‎ , pp. 161-165 (lire en ligne, consulté le 14 avril 2020).
  4. a et b Biau 2012, p. 268.
  5. a et b Biau 2012, p. 269.
  6. Boisnier 1912, p. 476.
  7. Guemache et al. 2011, p. 351.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Biau, Le Pont et la Ville : une histoire d'amour planétaire, Paris, Presses des Ponts, , 389 p. (ISBN 978-2-85978-464-5), « Constantine et son pont Sidi Rached », pp. 260-273.
  • Georges Boisnier, « Les Ponts de Constantine : Le pont de Sidi Rached », Annales des ponts et chaussées, 9e série, no III,‎ , pp. 473-524 (lire en ligne, consulté le 14 avril 2020).
  • (en) Mehdi Guemache, Jean-Luc Chatelain, Djamel Machane, Sihem Benahmed et Leïla Djadia, « Failure of landslide stabilization measures: The Sidi Rached viaduct case (Constantine, Algeria) », Journal of African Earth Sciences, vol. 59, nos 4-5,‎ , pp. 349-358.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]