Pont de Mirepoix-sur-Tarn

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Pont de Mirepoix-sur-Tarn
Pont de Mirepoix depuis le bourg.
Pont de Mirepoix depuis le bourg.
Géographie
Pays France
Région Occitanie
Département Haute-Garonne
Commune Mirepoix-sur-Tarn
Coordonnées géographiques 43° 48′ 43″ N, 1° 34′ 19″ E
Fonction
Franchit Tarn
Fonction Pont routier D 71.
Caractéristiques techniques
Type Pont suspendu
Longueur 152 m
Largeur m
Matériau(x) structure métallique
Construction
Construction 1930-
Mise en service 1935
Fin du service 18 novembre 2019
(effondrement de l'ouvrage)
Maître d'ouvrage conseil départemental de la Haute-Garonne
Entreprise(s) Baudin Chateauneuf
Géolocalisation sur la carte : Haute-Garonne
(Voir situation sur carte : Haute-Garonne)
Pont de Mirepoix-sur-Tarn
Géolocalisation sur la carte : Occitanie
(Voir situation sur carte : Occitanie)
Pont de Mirepoix-sur-Tarn
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Pont de Mirepoix-sur-Tarn

Le pont de Mirepoix-sur-Tarn était un pont routier suspendu à structure métallique franchissant le Tarn, sur la route départementale 71 et reliant la commune de Mirepoix-sur-Tarn à celle de Bessières, dans le département de la Haute-Garonne (région Occitanie), en France.

Le pont, mis en service en 1935, s'est effondré le lors du passage d'un convoi en surcharge.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Le pont se situait sur le Tarn, affluent de la Garonne, entre le centre de la commune de Mirepoix-sur-Tarn (en rive droite) et la commune de Bessières, lieu-dit Barrézès (en rive gauche)[1].

L'ouvrage permet à la route départementale 71 de franchir la rivière et de relier le territoire de Mirepoix-sur-Tarn à l'ancienne route nationale devenue route départementale 630 qui relie Montauban à Lavaur.

Avant son écroulement, ce pont était emprunté par les lignes d'autocars 355 (reliant Villemur-sur-Tarn à Toulouse-Borderouge-Gare routière)[2] et 375 (reliant Buzet-sur-Tarn au Lycée Pierre Bourdieu de Fronton)[3] du réseau régional des transports publics, dénommé réseau Arc-en-Ciel ainsi que des autocars assurant le transport scolaire[4],[5].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Long de 152 mètres et large de 5 mètres[6], ce pont suspendu disposait de deux trottoirs de 80 centimètres. L'ossature du tablier ainsi que les deux piles (pylônes et treillis) sont en acier tandis que les culées sont faites de béton[7].

En 1995, le re-calcul de l'ouvrage a conclu à l'instabilité à vide des massifs d’ancrage, la limitation de tonnage est passée de 19 à 12 tonnes, les travaux de réparation concernent alors les deux massifs d’ancrage, la partie du tablier en béton, les anciennes attaches des suspentes au tablier, les culots de suspension (en fonte, fragiles à froid) sont remplacées par de nouvelles pièces soudées, les attaches des suspentes aux câbles, les appareils d’appuis. L'équilibre général (tension des câbles et des suspentes) est revu entièrement.

Les travaux de réparation ont été conçus pour que l'ouvrage reste conforme aux règlements de calcul pour un cas de charge limitation à 12 tonnes, soit : le passage de deux camions de 12 tonnes en file, le croisement exceptionnel de deux camions de 12 tonnes en montant sur les trottoirs, ou le passage exceptionnel d'un camion isolé de 19 tonnes[8].

Le pont était interdit aux véhicules de plus de 19 tonnes et ne pouvait être emprunté que par un seul poids lourd à la fois[9],[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

En remplacement d'un ancien pont suspendu maçonné, dont le tablier de bois est emporté par une crue centennale survenue en 1930 dans le bassin du Tarn[6],[11], un nouveau pont suspendu métallique est mis en service en 1935, construit par l'entreprise Baudin Chateauneuf[12].

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Rénovation[modifier | modifier le code]

Le pont en 2013.

Ce pont est rénové en 2003, le conseil général de la Haute-Garonne étant le donneur d'ordre[6], et inspecté intégralement pour la dernière fois en 2017 par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema)[13].

Effondrement en 2019[modifier | modifier le code]

Le , le tablier du pont s'effondre vers h du matin lors du passage d'un convoi de l'entreprise de bâtiment et travaux publics (BTP) Puits Julien Fondations de plus de 51 tonnes – composé d'un tracteur routier d'une masse à vide de 9,5 tonnes conduit par le gérant de la société, d'une semi-remorque de 10,9 tonnes et d'une foreuse de puits de 30,8 tonnes selon le procureur de la République responsable de l'enquête[10] – donc en forte surcharge pour un pont limité à 19 tonnes et à un seul camion sur le pont[13],[14],[15],[16]. Le camion et une voiture sont précipités dans le Tarn.

Le bilan fait état de deux morts : le chauffeur du convoi et une adolescente de quinze ans, passagère du second véhicule présent sur le pont lors de l'effondrement. Le bilan humain comporte également des blessés, dont la mère de l'adolescente et des personnes venues porter secours[9].

« À ce stade de l'enquête, le poids excessif du camion semble être la cause immédiate et apparente de cet accident. Ce n'est pas la cause exclusive, des investigations restent en cours pour reconstituer l'accident » précise le procureur de la République[10].

Le pont voisin, et similaire, de Villemur-sur-Tarn, a été fermé pour des travaux de sécurisation durant plus de six mois jusqu'à sa réouverture en [17]. D'après des habitants, cette fermeture a pu avoir pour conséquence un report de trafic routier sur le pont de Mirepoix-sur-Tarn, ce qui aurait pu contribuer à fragiliser l’édifice[18],[10]. Certains élus à l'instar du maire de Villemur-sur-Tarn et une association locale dénoncent les infrastructures et des ouvrages routiers locaux devenus obsolètes. La Fédération régionale des travaux publics d'Occitanie signale, quant à elle, avoir mis régulièrement l’accent sur la maintenance et l’entretien du réseau routier et des ouvrages[19]. Une marche blanche réunit 500 à 600 personnes en hommage aux victimes le [20].

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Projet de nouveau pont[modifier | modifier le code]

Un peu plus de dix jours après l’effondrement du pont, le préfet et le président du conseil départemental de la Haute-Garonne se sont joints à une réunion au côté d’Éric Oget, maire de Mirepoix-sur-Tarn, afin d'évoquer la construction d’un nouveau pont dans des délais les plus rapides possibles. La solution d'un pont en arc a été envisagée par le maire ; le président du conseil départemental, Georges Méric, indique qu'un budget a d'ores et déjà été fixé par la collectivité[21]. Un délai de trois ans « dans le meilleur des cas » a également été avancé par le maire de la commune[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site géoportail, page des cartes IGN
  2. Site transports.haute-garonne.fr, page sur les horaires de la ligne 355, consulté le 19 novembre 2019
  3. Site transports.haute-garonne.fr, page sur les horaires de la ligne 375, consulté le 19 novembre 2019
  4. Site panorama presse, page "Haute-Garonne accident meurtrier, effondrement d'un pont : le camion était-il trop lourd ?, consulté le 19 novembre 2019
  5. Site mirepoixsurtarn.fr, page "Collège et lycée", consulté le 19 novembre 2019.
  6. a b et c « Pont suspendu - Pont - Mirepoix-sur-Tarn », sur www.hautegaronnetourisme.com (consulté le 18 novembre 2019)
  7. Site structurae.net, page sur le pont de suspendu de Mirepoix-sur-Tarn, consulté le 21 novembre 2019.
  8. Travaux, 2000, réparation d'un pont suspendu sur le Tarn, le pont de Mirepoix-sur-Tarn en Haute-Garonne
  9. a et b « Un corps repêché et au moins trois blessés dans l'effondrement d'un pont suspendu à Mirepoix-sur-Tarn », sur Francebleu (consulté le 18 novembre 2019)
  10. a b c et d Armelle Parion et Julie Rimbert, « L’effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn a coûté la vie à deux enfants du pays », Le Parisien, 20 novembre 2019.
  11. « EN DIRECT - Pont effondré à Mirepoix-sur-Tarn : une enquête ouverte, les causes de l'accident toujours inconnues », sur www.lci.fr (consulté le 18 novembre 2019)
  12. Carole Tribout, « Le pont de Mirepoix-sur-Tarn avait été construit par l'entreprise loirétaine Baudin Chateauneuf », sur www.larep.fr, (consulté le 20 novembre 2019).
  13. a et b « Effrondrement d’un pont à Mirepoix-sur-Tarn : «Aucune faille de sécurité» sur la dernière inspection », Le Parisien, 18 novembre 2019.
  14. Stéphane Thépot, « Une adolescente tuée dans l'effondrement d'un pont près de Toulouse », Libération, 18 novembre 2019.
  15. « Au moins un mort après l'effondrement d'un pont au nord de Toulouse », Libération, 18 novembre 2019.
  16. Pont effondré à Mirepoix-sur-Tarn : le poids du camion estimé à "plus de 40 tonnes"
  17. « Le pont de Villemur-sur-Tarn «qui risquait de lâcher à tous moments» a fait l'objet d'importants travaux de sécurisation », sur ladepeche.fr en ligne le=18 novembre 2019 (consulté le 20 novembre 2019).
  18. H. Ménal et B. Colin, « Pont effondré à Mirepoix-sur-Tarn : Le camion de plus de 50 tonnes est la « cause apparente » de l'accident », sur 20minutes.fr (consulté le 20 novembre 2019).
  19. Hugues-Olivier Dumez, « Après l’effondrement du pont de Mirepoix, d’autres ouvrages sont pointés du doigt près de Toulouse », (consulté le 21 novembre 2019).
  20. « Pont de Mirepoix sur Tarn », sur Wiki Routes (consulté le 13 décembre 2019)
  21. Site actu.fr, article "Pont effondré à Mirepoix-sur-Tarn : un nouveau pont sera reconstruit d’ici quelques années", consulté le 28 novembre 2019
  22. Site francebleu.fr, article "Le pont de Mirepoix-sur-Tarn sera reconstruit "dans le meilleur des cas d'ici trois ans", consulté le 28 novembre 2019.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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