Pont Jacques-Cartier

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Pont Jacques-Cartier
Vue du Pont Jacques-Cartier
Vue du Pont Jacques-Cartier
Géographie
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Région Montérégie, Montréal
Commune Longueuil, Montréal
Coordonnées géographiques 45° 31′ 18″ N, 73° 32′ 31″ O
Fonction
Franchit Fleuve Saint-Laurent
Fonction Pont routier
B134 R-134
Caractéristiques techniques
Type Pont à poutres cantilever
Longueur 2 687 m
Largeur 22 m
Hauteur 104 m
Matériau(x) Acier
Construction
Construction 1925-1930
Mise en service 1930

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Pont Jacques-Cartier

Le pont Jacques-Cartier est un pont routier de type à poutres cantilever qui relie Longueuil (arrondissement Le Vieux-Longueuil) à Montréal (arrondissement Ville-Marie), en enjambant le fleuve Saint-Laurent. Il dessert ainsi les régions administratives de Montréal et de la Montérégie.

La société d'état fédérale du Pont Jacques Cartier Champlain incorporé, le PJCCI, se propose de prolonger la vie du pont Jacques Cartier jusqu’en 2080, soit 150 ans après son inauguration en 1930[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le pont est inauguré le sous le nom de « Pont du Havre » (Harbor Bridge)[2], mais il est rebaptisé en 1934, à la suite d'une pétition des citoyens pour honorer Jacques Cartier (1491-1557), navigateur et explorateur français qui fut le premier européen à explorer et décrire le fleuve Saint-Laurent; cette pétition était soutenue l'Ordre de Jacques-Cartier[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Le pont est conçu par l'ingénieur Philip Louis Pratley. La première pelletée de terre eut lieu le 26 mai 1925. Le est posée la pierre angulaire, intégrée dans la pile à l'angle des rues Notre-Dame et Saint-Antoine, face à l'endroit surnommé « Pied-du-Courant ». Cette pierre contient une capsule témoin avec 59 objets témoignant de l'année du début de la construction du pont. Le pont est construit en acier au coût de 23 millions de dollars, et les travaux durent deux ans et demi. Ils sont complétés près d’un an et demi plus rapidement que prévu, sans interrompre la circulation fluviale.

Le pont est ouvert à la circulation le , mais l'inauguration a lieu quelques jours plus tard, le 24 mai.

Améliorations subséquentes[modifier | modifier le code]

À l’origine, le pont comportait trois voies de circulation routières et deux trottoirs, un espace étant laissé libre pour l’installation éventuelle de deux voies de tramway. L’espace du côté est fut remplacé par une voie de circulation supplémentaire en 1956, et celui du côté ouest le fût en 1959.

En 1957 et 1958, la partie sud du pont fut surélevée afin de dégager la nouvelle voie maritime du Saint-Laurent, cela sans interrompre la circulation routière, hormis lors du ripage de la travée franchissant le canal entre les piles 9 et 10.

En 1961, une rampe d’accès fut aménagée côté-est sur l’Île-Sainte-Hélène afin d’éviter que les voitures circulant vers Montréal aient à croiser celles en direction Longueuil, source importante d’accidents.

Péage[modifier | modifier le code]

Pendant plus de trente ans, les usagers du pont durent se soumettre à un péage afin de traverser. Plus tard, il fut également possible de se procurer des jetons de péage, valides pour les ponts Jacques-Cartier et Champlain. Les postes de péage furent supprimés en 1962.

Les tarifs de péage étaient les suivants[4]:

  • Piéton : 15 ¢
  • Cycliste : 15 ¢
  • Motocycliste : 25 ¢
  • Automobile (pour le véhicule et son conducteur) : 25 ¢
    • Passager additionnel : 15 ¢
  • Autobus : 80 ¢ à 1,00 $ (selon la classe d'autobus)
  • Camion : de 25 ¢ à 1,50 $ (selon la classe du camion)
  • Citerne d'huile  : 60 ¢
  • Animaux : de 3 ¢ à 15 ¢ par animal (selon l'espèce)
  • Brouette : 15 ¢
  • Gratuit pour les enfants de moins de 5 ans.

Le pont croche[modifier | modifier le code]

Dès le début de son utilisation, le pont Jacques Cartier est surnommé le pont croche[5] à cause d’une courbe à l’entrée de Montréal, qui a été dessinée pour éviter le terrain d’un propriétaire d’une usine de savon qui a refusé le montant que la ville voulait lui remettre pour son expropriation. 

Une autre courbe au milieu du pont à la hauteur de l’ile Ste-Hélène est amenée par le positionnement des piliers, construits en fonction de la direction du courant sur le fleuve dans un axe différent de celle des rues d’entrée et de sortie sur l’ile de Montréal.[6]

L’existence de ces courbes a été un facteur prédominant de nombreux accidents qui ont amenés au cours des années  des  changements dans la signalisation sur le pont.

Circulation[modifier | modifier le code]

Le pont possède cinq voies de circulation, dont deux par direction et une à direction réversible pour les heures de pointe. Le pont est aussi doté de deux trottoirs de chaque côté pour les piétons et les cyclistes. Il est aussi connu pour sa fameuse courbe Craig, une courbe du côté de Montréal qui jadis créa beaucoup d'accidents en raison de son petit rayon et son dévers nul. Cette lacune a été corrigée au début des années 2000 en relevant le côté ouest du tablier créant un léger dévers facilitant la prise de la courbe.

Le pont supporte la route 134 et est relié au multiplex formé par l'autoroute 20 et l'autoroute René-Lévesque par un échangeur. Il se prolonge sur la rive-sud dans une courte section autoroutière de la route 134 longue de 3 km, laquelle se termine à un échangeur avec les routes 112 et 116, pour ensuite devenir le boulevard Taschereau.

Sur l'île de Montréal, le pont se connecte à l'avenue De Lorimier en direction est et à l'avenue Papineau en direction ouest.

On estime que jusqu'à 115 000 véhicules l'empruntent par jour, pour une moyenne annuelle de 34,7 millions de véhicules.

Autour du pont[modifier | modifier le code]

Le 3 juillet 1979, le pont Jacques-Cartier a été le théâtre du meurtre de deux adolescents qui a suscité une vague d'émotion dans la population[7]. Ces meurtres ont d'ailleurs été le thème d'un film documentaire en 1992: Le Pardon.

Depuis 1987, la Société canadienne de génie civil remet une médaille qui porte le nom de M. Pratley à celui ou celle qui a écrit la meilleure publication dans le domaine de la conception des ponts[8].

Fait à noter, son imposante structure d'acier de sa partie principale a fort probablement inspiré les concepteurs du Pont J.C. Van Horne qui enjambe la rivière Ristigouche entre Campbellton au Nouveau-Brunswick et Pointe-à-la-Croix au Québec. Ce pont n'a été construit qu'à partir de 1958.

Don de la France[modifier | modifier le code]

Les « tours Eiffel » du pont Jacques-Cartier

Le buste de Jacques Cartier situé à la sortie menant à l'Île Sainte-Hélène fut donné par la France. Cependant, les embouts en forme de Tour Eiffel étaient prévus au plan original et cette légende n'est donc pas fondée. Chaque embout mesure près de quatre mètres et pèse six tonnes. Mais Il y a peu de temps, l'entreprise de construction du pont (La PJCCI) a affirmé que non, ces tours ne sont pas un don des français, mais juste un élément esthétique.

Les suicides[modifier | modifier le code]

Le pont Jacques-Cartier a été le site de nombreux suicides depuis sa construction, dont celui du cinéaste Claude Jutra en 1986. De 1987 à 2002, 143 personnes[9] se sont tuées en se jetant de la structure du pont, soit près de 10 par année, ce qui lui vaut le record du deuxième pont le plus meurtrier[10] en Amérique du Nord après le Golden Gate de San Francisco. En 2005, des clôtures ont été installées afin de réduire ce phénomène.

Administration[modifier | modifier le code]

Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée (la Société) est une société d’État mère relevant d’Infrastructure Canada. La propriété fédérale du pont explique la signalisation bilingue sur le pont, contrairement à la situation qui prévaut sur les routes provinciales du Québec.

Éclairage, illumination du pont, ''Connexions vivantes''[modifier | modifier le code]

En 2017, un système d'éclairage fut ajouté au pont dans le cadre du 375è anniversaire de la fondation de Montréal et du 150è anniversaire de la Confédération canadienne. Le projet '' Connexions vivantes[11]'' conçu et installé pendant 3 ans par Moment Factory et d'autres partenaires locaux (Réalisations inc. Montréal, Ambiances Design Productions, ATOMIC3, Éclairage Public/Ombrages, Lucion Média, UDO Design), le système permet des variations de couleur et de l'animation lumineuse. Il interprète des mégadonnées (Big Data) en temps réel pour moduler l'éclairage du pont. Il fut inauguré le 17 mai 2017 (jour de la fondation de Montréal en 1642) lors du lancement officiel des festivités du 375è[12]). Pour savoir comment les mégadonnées agissent sur l'éclairage du pont, il faut consulter la page de Réalisations qui a pris en charge ce volet créatif du projet et documenté ce processus. Les systèmes suivent cinquante-trois types de données individuelles dans onze catégories, y compris, mais sans s'y limiter, l’état de la circulation, la météo et le son ambiant, ainsi que les activités des médias sociaux dans et à propos de la ville. Outre la conception et la programmation des systèmes de capture, l'interface de consultation et de sélection des données, Réalisations a supervisé les phases de production et d'intégration ainsi que la formation des opérateurs du site. Le pouls de ‘’Connexions vivantes’’ bat en direct, au rythme du flux de données de la ville. Le projet utilise une grande collecte de données traduites en motifs de lumière qui transforment le paysage urbain en fonction de la saison, du jour et de l’instant présent. Réalisations a élaboré l’idée que l’illumination devait utiliser des données afin qu’elles servent de modulateur dans la programmation des éclairages du pont, de façon à lier inextricablement l’esprit de Montréal à l’illumination. En outre, la collecte de données pour créer une plus-value esthétique, et créer [13]de la beauté, verra d'ici 2027, le projet accumuler 10 ans d'informations qui pourraient aboutir à de nouvelles façons de comprendre comment les Montréalais vivent et échangent entre eux et avec le monde. Ce mariage d'art et de technologie, ancré dans l'histoire et l'architecture, contribue à positionner Montréal comme figure de proue de l'ère numérique.

Galerie[modifier | modifier le code]

Pont Jacques-Cartier le 17 mai 2017, jour de l'inauguration du projet ''Connexions vivantes''

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bruno Brisson, « Infrastructures fédérales : investissements records pour Montréal », sur http://vigile.quebec, (consulté le 19 mai 2017)
  2. « Le pont Jacques-Cartier », Mémoires des Montréalais, sur https://ville.montreal.qc.ca, Ville de Montréal, (consulté le 18 mai 2017)
  3. Alain Otis et Jean Delisle, Les douaniers des langues — Grandeur et misère de la traduction à Ottawa, 1867-1967, Presses de l'Université Laval, 2016, p. 391.
  4. Le Pont Jacques-Cartier - Historique, Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée, consulté en ligne le 26 juillet 2008.
  5. « Pont Jacques-Cartier ( Histoire) », sur http://www.memorablemontreal.com (consulté le 22 mai 2017)
  6. Vincent Fortier, « Sous le pont », sur http://urbania.ca, (consulté le 22 mai 2017)
  7. Dossier du quotidien La Presse, 30 ans après les faits
  8. http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2009/08/10/004-Pratley-pont-Jacques-Cartier.shtml
  9. Jacques-Cartier (pont) - La Mémoire du Québec
  10. Suicide dans le métro: un phénomène tabou
  11. « Connexions vivantes illumination du pont Jacques-Cartier », sur https://realisations.net/fr, (consulté le 25 mai 2017)
  12. (en) « Jacques-Cartier Bridge illumination | Moment Factory », sur Moment Factory (consulté le 18 mai 2017)
  13. « Comment Réalisations utilise les mégadonnées pour l'éclairage du pont Jacques-Cartier », sur https://realisations.net/fr, (consulté le 25 mai 2017)