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Pont-de-Buis-lès-Quimerch

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Pont-de-Buis-lès-Quimerch
Pont-de-Buis-lès-Quimerch
La mairie actuelle en 2011.
Blason de Pont-de-Buis-lès-Quimerch
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Intercommunalité Communauté de communes Presqu'île de Crozon-Aulne maritime
Maire
Mandat
Pascal Prigent
2020-2026
Code postal 29590
Code commune 29302
Démographie
Gentilé Pont-de-Buisiens, Quimerc'hois et Logonnais
Population
municipale
3 663 hab. (2023 en évolution de −3,4 % par rapport à 2017)
Densité 88 hab./km2
Population
unité urbaine
7 203 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 15′ 19″ nord, 4° 05′ 18″ ouest
Altitude 96 m
Min. 0 m
Max. 278 m
Superficie 41,39 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Pont-de-Buis-lès-Quimerch
(ville isolée)
Aire d'attraction Pleyben - Châteaulin
(commune du pôle principal)
Élections
Départementales Canton de Pont-de-Buis-lès-Quimerch
(bureau centralisateur)
Législatives Sixième circonscription
Localisation
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Liens
Site web Le site officiel de la commune

Pont-de-Buis-lès-Quimerch (écrit localement Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h) [pɔ̃dbɥi lɛ kimɛʁ] ou [pɔ̃dbɥi lɛ kimɛx] est une commune française du département du Finistère, dans la région Bretagne, issue de la fusion en 1965 des trois communes de Pont-de-Buis, Quimerc'h et Logonna-Quimerc'h. La commune fait partie du parc naturel régional d'Armorique.

Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h est située à mi-chemin entre Quimper et Brest, à la confluence de l'Aulne et de la Douffine.

Géographie

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Un relief très accidenté

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Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h se trouve à km au nord de Châteaulin, à 25 km au sud de Landerneau, à mi-chemin entre Brest et Quimper, à proximité de la presqu'île de Crozon, de la rade de Brest et des monts d'Arrée.

Desservie par la voie express route nationale 165 Brest-Quimper-Nantes (l'ancienne route nationale 170 allant de Quimper à Brignogan-Plages, mais qui était en fait déjà l'axe Brest-Quimper-Nantes qui traversait le bourg de Pont-de-Buis, étiré tout en longueur le long de cet axe, sinueux et pentu, connu alors pour ses embouteillages) ; la commune est aussi desservie par le rail depuis 1867 (ligne Quimper- Brest construite initialement par la Compagnie des chemins de fer d'Orléans), le relief accidenté nécessitant la construction en 1865 d'un viaduc sur la Douffine[1] et possède toujours une gare SNCF. Elle est traversée par la Douffine, dénommée aussi « rivière de Pont-de-Buis » et bordée au sud par l'Aulne et au nord par la rivière du Faou.

Pont-de-Buis : vue panoramique depuis Roscoat.
Pont-de-Buis : vue panoramique du quartier du Squiriou et de la vallée de la Douffine.

Le relief de la commune est très accidenté : si le bourg (mairie) se situe aux environs de 54 mètres d'altitude, l'altitude moyenne de la commune étant de 139 mètres, les altitudes au sein du finage communal vont du niveau de la mer (confluence Douffine-Aulne) à 278 mètres au signal de Quimerc'h, et même les altitudes au sein du bourg sont très variables en raison de son site très pentu. La commune connaît de ce fait assez fréquemment des coulées de boue sur ses pentes et des inondations dans ses fonds de vallée (12 au , 25 au , 17 au , 26 au , 5 au , 12 au , , etc.).

Le bourg de Pont-de-Buis est très étiré en longueur le long de la Douffine, ainsi que le long de l'ancienne route nationale 170. Resté longtemps un simple petit hameau, peu de constructions y sont antérieures au XIXe siècle.

La Compagnie des chemins de fer d'Orléans s'intéressa aux gisements calcaires de la commune et commença à les exploiter dans la deuxième moitié du XIXe siècle[2].

Hydrographie

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La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aulne, le canal de Nantes à Brest, la Douffine, le Faou et divers autres petits cours d'eau[3],[Carte 1].

L'Aulne, d'une longueur de 144 km, prend sa source dans la commune de Lohuec et se jette dans la rade de Brest en limite de Landévennec et de Rosnoen, après avoir traversé 27 communes[4].

Le canal de Nantes à Brest est un canal, chenal et un estuaire et un cours d'eau naturel navigable sur une grande partie de son cours, d'une longueur de 364 km. Il prend sa source dans la commune de Nort-sur-Erdre et se jette dans la Loire à Nantes[5].

Pont-de-Buis-lès-Quimerch est située à cheval sur les deux rives de l'estuaire de la Douffine, estuaire modestement navigable par le passé à marée haute jusqu'à Ty-Beuz. Le « Pont-Neuf » fut longtemps le dernier pont sur ce fleuve côtier. D'une longueur de 25 km, la Douffine prend sa source dans la commune de Brasparts et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Dinéault, après avoir traversé six communes[6]. Les caractéristiques hydrologiques de la Douffine sont données par la station hydrologique située sur la commune de Lopérec. Le débit moyen mensuel est de 3,4 m3/s[Note 1]. Le débit moyen journalier maximum est de 83 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 108 m3/s, atteint le [7].

Le Faou, d'une longueur de 18 km, prend sa source dans la commune de Hanvec et se jette dans l'Aulne au niveau de Rosnoën, après avoir traversé quatre communes[8].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Pont-de-Buis-lès-Quimerch[Note 2].

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[9]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[10]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[11]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[12]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[13],[14].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,4 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 10,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 050 mm, avec 16,5 jours de précipitations en janvier et 7,9 jours en juillet[9]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Ségal à 3 km à vol d'oiseau[15], est de 11,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 126,1 mm[16],[17]. La température maximale relevée sur cette station est de 38,4 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −12,4 °C, atteinte le [Note 3].

Statistiques 1991-2020 et records station ST-SEGAL S A (29) - alt : 89 m, lat : 48°13'32"N, lon : 4°05'23"O (à 3,2 km)
Records établis sur la période du au
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Record de chaleur
date du record
16,3
24.01.16
20,5
27.02.19
23,6
19.03.05
27,9
15.04.15
30,6
25.05.1989
33,8
27.06.19
38,4
18.07.22
37,7
03.08.1990
31,3
04.09.23
28,6
02.10.11
20,2
01.11.15
18
19.12.15
38,4
2022
Maximale moyenne 9,8 10,4 12,6 15 18,1 20,8 22,5 22,6 20,5 16,7 12,8 10,4 16
Moyenne 6,9 7 8,5 10,2 13,1 15,8 17,6 17,6 15,5 12,8 9,5 7,4 11,8
Minimale moyenne 3,9 3,5 4,5 5,4 8,2 10,8 12,7 12,5 10,4 8,9 6,1 4,3 7,6
Record de froid
date du record
−10,4
02.01.1997
−12,4
09.02.1991
−6,6
02.03.04
−3,6
10.04.08
−2,1
07.05.1997
0,9
04.06.1991
4,5
07.07.1996
2,8
31.08.1986
−0,4
30.09.10
−4,5
29.10.1997
−6,1
29.11.10
−7,3
26.12.10
−12,4
1991
Précipitations
Hauteur (mm) 129,5 107,3 77,4 83,7 70 59,2 64,6 68 75,7 117,5 132,3 140,9 1 126,1
Record de pluie en 24 h (mm)
date du record
47,8
01.01.24
35
21.02.24
36,8
17.03.1988
37,2
10.04.1993
41,4
18.05.1996
40
20.06.1986
59,8
01.07.18
58,6
26.08.10
49,2
12.09.1993
66
04.10.1987
33,3
02.11.14
62,6
15.12.11
66
1987
Source : « Fiche 29263002 » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data, édité le : 06/10/2025 dans l'état de la base (consulté le )
9,8
3,9
129,5
40 mm
80 mm
120 mm
jan.
10,4
3,5
107,3
fév.
12,6
4,5
77,4
mars
15
5,4
83,7
avril
18,1
8,2
70
mai
20,8
10,8
59,2
juin
22,5
12,7
64,6
jui.
22,6
12,5
68
août
20,5
10,4
75,7
sep.
16,7
8,9
117,5
oct.
12,8
6,1
132,3
nov.
10,4
4,3
140,9
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Au , Pont-de-Buis-lès-Quimerch est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[18]. Elle appartient à l'unité urbaine de Pont-de-Buis-lès-Quimerch, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[19],[20]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Pleyben - Châteaulin, dont elle est une commune du pôle principal[Note 4],[20]. Cette aire, qui regroupe 18 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[21],[22].

La commune, bordée par l'estuaire de l'Aulne, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[23]. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit[24].

Occupation des sols

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L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (74,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (77 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (31,1 %), terres arables (26,5 %), prairies (16,5 %), forêts (13,6 %), zones urbanisées (11 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,7 %), zones humides intérieures (0,5 %), eaux maritimes (0,1 %)[25]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Le nom de la commune provient du nom du pont qui enjambe la Douffine en contrebas au nord du bourg, pont qui est près du lieu-dit Ar Veuzenn qui signifie « étendue de buis ». Le suffixe « Quimerch » est tiré de l'ancienne commune de Quimerch qui a fusionné avec Pont-de-Buis et Logonna-Quimerch en 1965 ; « lès » indiquant que Pont-de-Buis se trouve à proximité de Quimerch. « Quimerch » vient des mots bretons kein et marc'h (chevaux) et signifie « échine de chevaux »[26].

En breton et localement la graphie est « -merc'h ». Elle est utilisée sur le site web officiel de la commune, sur les panneaux routiers, et en général par tous les textes locaux. Quimerc'h se prononce [kimɛʁx] « kimerr' » en breton comme en français. Par contre, le code officiel géographique utilise la graphie « Quimerch ».

En breton, le nom de la commune est Pont-ar-Veuzenn-Kimerc'h.

Ses habitants sont appelés les Pontdebuisiens et les Pontdebuisiennes.

  • Nobel Sport contrôle depuis 1996 la poudrerie de Pont-de-Buis, fabriquant désormais essentiellement de la poudre de chasse[27]. Elle fabrique également des munitions utilisées dans le maintien de l'ordre (grenades lacrymogènes), a un chiffre d'affaires de 23 millions d'euros annuel et emploie 120 employés (chiffre 2009[28]). Le , il est annoncé la reprise de fabrication de munitions militaires de petits calibre en France sur ce site avec un objectif de 100 millions de cartouches en 2020[29]
  • Livbag (fabrication d'airbags ; 950 salariés en 2009, moins en 2011 en raison de 150 suppressions de postes en 2009 ; l'usine appartient au groupe suédois Autoliv).
  • Salaün Holidays est une agence de voyages d'origine familiale.
  • Novatech Technologies[30] filiale de Novatech Industries, entreprise de sous-traitance en électronique. Elle emploie 230 salariés et réalise un chiffre d'affaires de 70 millions d'euros annuel en 2012.

Histoire de Pont-de-Buis

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Pont-de-Buis n'était au XVIIe siècle qu'un simple hameau, dénommé aussi « Port-de-Buis », près d'une chapelle de la paroisse de Saint-Ségal, situé au niveau du pont sur la Douffine. La localité ne devient paroisse qu'en 1909 (ordonnance épiscopale du ) et commune qu'en 1949 (décret du )[31].

La voie romaine allant de Locmaria (Quimper) à Landerneau traversait la Douffine au gué de Pont ar Veuzenn (Pont de Buis).

Les restes d'un four à chaux gallo-romain et d'une villa gallo-romaine, ainsi qu'une sépulture de la même période, ont été trouvés à Goaz-an-Eyet, à 800 mètres en aval du bourg de Pont-de-Buis, en bordure de la rivière qui subit à cet endroit l'influence de la marée et est navigable à marée haute. D'autres constructions gallo-romaines ont été trouvées à Pont-de-Buis (à Coat-ty-Beuz, à Boutariec, à Kerguden, au château du Drénit), ou dans les parages (à Kerancaroc en Logonna-Daoulas). Le nom même de « Pont-de-Buis » ("Pont-ar-Veuzen") semble une présomption (d'autres toponymes se rapportant au buis existent dans la région comme le hameau de Buzit à un kilomètre au nord du bourg de Pont-de-Buis). Tous ces indices témoignent d'une présence gallo-romaine au Pont-de-Buis[32].

Blason chapelle du Chateau du Bot

La famille du Bot habitait le château du Bot. La chapelle du château conserve les armes du Bot : « D'argent à la fasce de gueules ». Dans la chapelle au dessus de l'autel privilégié se trouvent les armes de la famille Conen de Saint-Luc et de la maison de Plœuc.

Temps modernes

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Carte de Cassini du hameau de Pont-de-Buis et de ses environs (1784). Pont-de-Buis est alors un simple hameau à la limite des paroisses de Quimerch et Saint-Ségal.

La poudrerie de Pont-de-Buis

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La création et les débuts de la poudrerie
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Un arrêté de Colbert (le fils) autorise le Berthelot, fermier des poudres et salpêtres, à transformer un moulin à blé en un moulin à poudre à Pont-de-Buis, qui entre en production en 1688 sous les ordres de l'intendant de marine Desclouzeaux. Le site a été choisi en raison de sa proximité du port de guerre de Brest et de l'existence d'une chute d'eau aménageable sur un torrent pentu qui avait déjà permis l'installation de moulins à blé. La présence à proximité de bois contenant de la bourdaine, un des constituants de la poudre, a aussi joué. Dès 1692, quatre moulins à poudre fonctionnent et un petit débarcadère est installé sur la Douffine, en profitant du fait que l'estuaire de la Douffine est accessible à marée haute[33].

Au XVIIIe siècle, la poudrerie est un établissement très important avec un bâtiment long de 90 mètres et d'une superficie totale de 36 152 m2[34]. En 1775, Lavoisier en est temporairement le régisseur. La poudrerie de l'île d'Arun, en Rosnoën, servait au séchage, au stockage et à la protection de la poudre neuve fabriquée dans la poudrerie de Pont-de-Buis[35].

L'attaque de la poudrerie par Georges Cadoudal en 1795
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Le , le chef chouan Cadoudal, récemment échappé de la prison de Brest, et réfugié à Locoal-Mendon dans le Morbihan, parcourt en 4 jours en évitant les villes 25 lieues, pour faire un coup de main audacieux, à la tête de 500 hommes environ, à la poudrerie de Pont-de-Buis. À Edern, un de ses lieutenants, Éveno, exécute de 4 balles le curé assermenté devant les villageois terrorisés et rançonna six charrettes tirées chacune par deux chevaux, emmenant également en otages trois paysans. La poudrerie, trouvant un moteur parfait dans la force motrice du ruisseau sur lequel elle était installée, semblait à l'abri des attaques et l'exportation de sa production était facilitée par la rade de Brest toute proche. La garde de la manufacture avait été confiée à 15 vétérans commandés par un sergent quadragénaire ; Cadoudal réussit sans peine à investir avec ses hommes la poudrerie mal gardée emportant des barils de poudre et la caisse, détruisant le matériel et la poudre qu'ils ne pouvaient emporter. Sur le chemin du retour, à Saint-Ségal et Briec, Éveno fusillait encore deux curés jureurs. Cadoudal arrivait à la hauteur de Pleyben lorsqu'il comprit que trois bataillons républicains de Quimperlé couraient à sa poursuite, l'attendant du côté de Pont-Calleck. Mais Cadoudal parvint à les éviter, rentrant en Morbihan par Glomel et Trégarantec. Cadoudal réussit à rapporter le poudre qu'il avait promis aux chefs chouans assemblés à Locoal, cachant le stock dans une chapelle latérale de l'église avec la complicité du curé de Locoal[36].

L'essor de la poudrerie au XIXe siècle
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La Douffine en 1844 (eau-forte de Charles Jacque).

Transformée en « Agence nationale des poudres et salpêtres » lors de la Révolution française, puis en « Service national des poudres et salpêtres » en 1819, la superficie de la poudrerie est alors de trois hectares. Elle est agrandie en 1841, puis sous la Troisième République avec aussi l'aménagement d'un quai supplémentaire dans le port de Py-beuz, sur la Douffine[37].

En 1843, A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi la poudrerie :

« À peu de distance sur la route de Quimper à Brest, via Châteaulin, se trouve la poudrerie du Pont-de-Buis, dont parle Ogée. Cette poudrerie, située en un point que baigne la petite rivière la Doufine ou de Pont-de-Buis, a été établie dans le XVIIe siècle. (...) La poudrerie de Pont-de-Buis se compose de deux moulins, qui fonctionnent d'après les anciens procédés. Elle fabrique actuellement de 130 000 à 140 000 kilogrammes de poudre, dont 100 000 à 110 000 pour la marine, 10 000 pour le commerce des poudres de chasse et 20 000 de poudre de mine. On s'occupe actuellement d'agrandir cette usine et d'y introduire des procédés nouveaux, qui ont beaucoup perfectionné la fabrication des poudres du commerce ; les anciens procédés seront conservés pour la fabrication des poudres de la marine. On estime que la poudrerie pourra (...) porter sa fabrication à 250 000 kilogrammes. L'établissement jette dans le pays environ 50 000 francs chaque année, tant par les ouvriers qu'il emploie que par le charbon de bois qu'il fait. La bourdaine fournit, on le sait, le bois le plus favorable à la fabrication des poudres et les forêts des environs fournissaient ce bois en abondance ; mais aujourd'hui qu'il est en quelque sorte pris par les forestiers, il est devenu rare et l'administration est obligée de l'acheter au prix de 10 centimes le stère. Cent parties ne rendent que vingt-deux de charbon. (...) La poudrerie du Pont-de-Buis est située fort avantageusement pour le port de Brest. En effet, elle est trop avant dans les terres pour craindre la descente de l'ennemi, et cependant elle se trouve en communication très facile avec cette place importante ; les bateaux qui viennent chercher la poudre remontent lors de la marée jusqu'à environ 400 mètres de la poudrerie. (...)[38] »

En 1840, la durée du travail est limitée à 14 heures par jour et une assurance-maladie est créée.

Une gare de marchandises ouvre en 1888 pour desservir la poudrerie.

Les explosions et accidents
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L'histoire de la poudrerie est aussi marquée par plusieurs explosions survenues dans l'usine même : L’histoire de la poudrerie est ponctuée de plusieurs explosions, depuis la première survenue en 1713 ; une quinzaine d'accidents graves seraient survenus en trois siècles, le dernier en date étant celui de 1975). Celui de 1863 est l’accident ayant fait le plus de victimes (mort de six ouvriers). En , une nouvelle explosion cause la mort d’un ouvrier. Au cimetière de Quimerc’h, une tombe leur est dédiée,qui aurait été financée par la poudrerie (une délibération du acte une dépense « pour paiement d’un premier secours à la veuve Le Meste, victime de l’explosion du , ainsi que les frais des funérailles »[39].

Le une explosion dans un magasin contenant 1 500 kg de poudre fait trois morts et deux blessés[40]. Une autre explosion fait trois morts et deux brûlés graves le [41].

Le « scandale des poudres »
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Pont-de-Buis ː la poudrerie vers 1900 (rue principale et bâtiments).

En 1887, la fabrication de la poudre noire[42] est abandonnée au profit d'une nouvelle poudre, dite « poudre B » (du nom du général Boulanger, alors ministre de la Guerre), dont le constituant principal, le coton-poudre, provient d'une usine construite au Moulin Blanc au Relecq-Kerhuon près de Brest[43].

Des accidents liés à l'instabilité de cette nouvelle "poudre B"[44] (explosion de deux cuirassés, le Iéna en 1907 et le Liberté en 1911, qui font plus d'une centaine de morts à chaque fois et plusieurs autres cuirassés endommagés) tous les deux dans le port de Toulon) provoquent des polémiques entre les directeurs respectifs de la poudrerie de Pont-de-Buis, Albert Louppe, et de la poudrerie du Moulin blanc, Léopold Maissin, par ailleurs rivaux au conseil général du Finistère, qui se rejettent la mauvaise qualité de la fabrication de la poudre[45].

« Ce qui est terrible, c'est l'insuffisance du contrôle dans les poudreries. On peut ainsi fournir à l'État pour ses poudres des éléments de fabrication détestables sans que ceux qui ont mission d'exercer la surveillance s'aperçoivent de quoi que ce soit[46]. »

Albert Louppe.

Les deux directeurs sont dans un premier temps permutés, puis la polémique persistant entre les deux directeurs[47], licenciés en 1912.

Caricature parue dans Les Hommes du jour le .

La construction du réseau ferroviaire a aussi permis d'acheminer au début du XXe siècle de la tourbe extraite des marais du Yeun Elez pour les besoins énergétiques de la poudrerie, en dépit de l'incommodité de la rupture de charge en gare de Châteaulin nécessitant un transbordement de la tourbe en raison de l'existence de deux gabarits ferroviaires différents (chemin de fer à voie étroite entre Brasparts et Châteaulin, à voie normale entre Châteaulin et Pont-de-Buis).

« Quand on a commencé à embaucher à la poudrerie, on savait que ça allait recommencer, que la guerre n'était pas très loin. Mon mari y est allé, ma belle-mère, mes copines, mes cousines, tout le monde » témoigne une personne âgée[48].

La poudrerie pendant les deux guerres mondiales
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Ouvrières en tenue de travail à la poudrerie de Pont-de-Buis pendant la Première Guerre mondiale (carte postale Le Doaré).

Pendant la Première Guerre mondiale, l'activité est maximale : en 1914, la poudrerie emploie 736 ouvriers et 221 ouvrières et la production de poudre est multipliée par dix entre 1914 et 1916 ; en 1917 la production atteint jusqu'à 50 tonnes par jour avec 2 500 ouvriers (dont des travailleurs coloniaux et étrangers) et 3 000 ouvrières. La même année des grèves immobilisent l'établissement pendant cinq jours, à l'initiative des femmes qui revendiquent des augmentations de salaire.

Des mesures en faveur des ouvrières sont prises à partir de 1916 (le travail de nuit est interdit pour les femmes enceintes en  ; deux salles d'allaitement ouvrent dans la poudrerie en et une classe enfantine est même créée dans un baraquement). En les ouvrières se mettent en grève pour protester contre les cadences infernales et réclamer de meilleurs salaires[49].

La poudrerie de Pont-de-Buis recrute aussi pendant la Première Guerre mondiale plusieurs milliers de femmes en Bretagne pour les envoyer travailler dans la poudrerie de Bergerac (Dordogne)[50].

La fin de la guerre provoque une division par quinze de la production ; les ouvriers non français (dont de nombreux Kabyles) sont renvoyés et les ouvrières incitées à rester dans leurs foyers (400 d'entre elles sont licenciées en ).

La poudrerie de Pont-de-Buis et sa grande cheminée vers 1925 (carte postale).

En 1939, la poudrerie emploie 863 ouvriers et 241 ouvrières et peut produire 288 tonnes de poudres BFPA et 1 080 tonnes de poudres à canon par mois.

Les fabrications s’arrêtent à la poudrerie de Pont-de-Buis le . À cette date, l’établissement emploie 2 640 ouvriers et 2 000 ouvrières et la production maximale se situe autour de 40 tonnes par jour. Dans les conventions d’armistice, l’établissement, situé en zone occupée, est considéré comme butin de guerre et placé sous contrôle allemand. Marc Ploux, ingénieur à la poudrerie, après avoir vainement tenté de passer en Angleterre, fit cacher des pièces de machines essentielles à la fabrication des poudres, puis fit partie du réseau Johnny, fournissant des informations aux Anglais sur les diverses poudreries françaises [51]. La poudrerie de Pont-de-Buis cessa son activité pendant l'occupation allemande, les bâtiments étant mis sous séquestre et les ouvriers furent pour la plupart licenciés[33].

La poudrerie depuis la Seconde Guerre mondiale
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La poudrerie reprend son activité en 1945 après quelques combats lors de sa libération le entre les Allemands et les maquisards. Mais elle ne retrouva jamais son activité d'avant-guerre malgré les diversifications de fabrication (produits lacrymogènes et pyrotechniques, poudre de chasse, moulage d'objets en matière plastique, répartiteurs de têtes de câbles téléphoniques, etc.), des changements de statuts (l'entreprise est absorbée par la Société nationale des poudres et explosifs en 1971 et par Nobel Sport en 1996[28]), privatisation de certaines activités, cession de terrains à d'autres entreprises comme Livbag entreprise du groupe suédois Autoliv en 1992 qui y fabrique des « générateurs de gaz » (sorte de capsule explosive) pour les airbags des automobiles. Les effectifs ne cessent de diminuer[52].

L'explosion du 7 août 1975
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Le , des explosions en chaîne tout le long de la chaîne de fabrication, à la suite d'une explosion initiale survenue dans un séchoir à poudre, se produit vers 13 h 15, « provoquant 4 morts, 36 blessés, plusieurs disparus et trois kilomètres de ruines autour de la poudrerie »[53]. Tous les ateliers furent détruits et la catastrophe fit même craindre la fermeture de l'entreprise en raison des dégâts matériels provoqués[54]. La poudrerie n'occupe plus guère qu'une centaine d'ouvriers sur un site de taille désormais démesurée, une centaine d'hectares.

Aujourd'hui l'usine Nobel Sport génère toujours de nombreux débats sur la sécurité notamment à la suite d'une nouvelle explosion le faisant trois blessés graves dont un membre arraché pour l'un d'eux[55],[56]. Selon la base de données Aria, 90 maisons d'habitation furent détruites et entre 300 et 400 endommagées de 50 à 80 %; les détonations furent perçues à 40 km à la ronde[57].

Depuis la reprise de la poudrerie par Nobel Sport, un itinéraire pour les livraisons de l'entreprise est indiquée vers l'échangeur de Kergaeric au nord de Pont-de-Buis sur la RN 165 pour éviter la traversée de la ville.

Les autres faits du XIXe siècle

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Dans le cadre d'un programme de constructions de 49 écoles de hameaux qui est décidé par le département du Finistère entre 1878 et 1885, une école est ouverte au hameau de Pont-de-Buis (qui faisait alors partie de la commune de Saint-Ségal)[58].

La gare de Pont-de-Buis sur la ligne ferroviaire de Nantes à Landerneau) ouvre en 1888 seulement ; elle n'avait pas été prévue lors de la mise en service de cette ligne ferroviaire en .

Les autres faits du XXe siècle

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À la suite de la création de la paroisse en 1909 (une église provisoire en bois est d'abord construite), l'église Sainte-Barbe, en forme de croix latine, est construite entre 1910 et 1914 selon les plans de l'architecte Charles Chaussepied par un entrepreneur de Châteaulin, Cornec ; sa flèche reste inachevée[59].

Pont-de-Buis à la Belle Époque

Les premiers matchs de football furent organisés dès 1912 : « Dimanche dernier se sont rencontrées, à Pont-de-Buis, les équipes récemment formées de Pont-de-Buis et de Quéménéven. (...) Ce premier essai montre que le football commence à s'implanter dans nos campagnes » écrit le journal La Dépêche de Brest et de l'Ouest le [60].

Les trois anciennes communes de Pont-de-Buis, Quimerch et Logonna-Quimerch ont chacune leur monument aux morts (pour les morts pour la France de Quimerch et Logonna-Quimerch voir les pages wikipedia de ces anciennes communes).

Les trois monuments aux morts de Pont-de-Buis-lès-Quimerch

Le monument aux morts de Pont-de-Buis porte les noms de 73 soldats morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale ; parmi eux 10 sont morts en Belgique (dont trois dès le , deux [Jean Mallégol et Yves Mallégol] à Rossignol et un [Jean Riou] à Maissin) et six en 1918 dont Jean Marie Le Lann le , soit la veille de l'armistice et Jérôme Le Moigne, disparu au combat en Belgique, mais mort en captivité le , donc après l'armistice ; Yves Le Gall, marsouin, est mort de maladie en Grèce le  ; la plupart des autres sont morts sur le sol français[61].

En 1924 trois trains dans chaque sens desservaient chaque jour la gare de Pont-de-Buis[62].

Pont-de-Buis pendant l'entre-deux-guerres

Le monument aux morts de Pont-de-Buis porte les noms de 52 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles Henri Élias et Yves Le Saint, marins sur le cuirassé Bretagne, victimes de l'attaque anglaise de Mers el-Kébir le et Pierre Cuff, mort en mer le dans le naufrage du sous-marin Protée coulé par l'explosion d'une mine ; Étienne Morio, mort le en Syrie[61]. Parmi les victimes de cette guerre, 14 personnes[Note 5] fusillées par les Allemands le au bourg de Quimerch et trois[Note 6] le même jour au Pont-Neuf en Pont-de-Buis (des personnes dont on sait peu de choses, pour certaines juste leur nom, qui eurent la malchance d'être « au mauvais endroit au mauvais moment », certaines étant des personnes passant tout simplement par la route qui était alors celle allant de Brest à Quimper[63].

En 1928 un syndicaliste dénonce « la grande pitié » de l'école publique de Pont-de-Buis qui compte 19 classes, mais qui est installée dans des « baraquements en planches » construits pendant la guerre « pour loger les ouvriers coloniaux et certains ouvriers auxiliaires ». Il ajoute que « ces baraquements ne conviennent d'aucune manière pour l'éducation de nos enfants et nous nous élevons contre le manque d'hygiène dont souffrent les petits »[64].

Le , Pierre Daniélou, 25 ans, de Pont-de-Buis, garde des voies de communication, fut tué par un soldat allemand alors qu'il rentrait chez lui[65].

Quatre soldats (Léon Bégot, Jean Brochec, Hervé Morio et René Thomin) originaires de Pont-de-Buis sont morts pour la France pendant la guerre d'Indochine et un (Jean Callec) pendant la guerre d'Algérie[61].

De la création de la commune de Pont-de-Buis à celle de Pont-de-Buis-les-Quimerc'h

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Suzanne Ploux[66] (épouse de Marc Ploux, qui fut directeur de la poudrerie pendant la Seconde Guerre mondiale) qui était maire de Saint-Ségal, dont dépendait alors Pont-de-Buis, constatant l'anomalie que représentait la tutelle de Saint-Ségal (750 habitants) sur la cité ouvrière (l'école était par exemple dans un état indigne) qui en comptait près de 3 500, entama les démarches pour faire de Pont-de-Buis une commune indépendante en dépit des oppositions fortes d'habitants de Saint-Ségal et de Quimerc'h et du conseil général du Finistère[67].

Une première tentative commença le avec une réunion sous la présidence de Suzanne Ploux au Pont-de-Buis des conseils municipaux de Saint-Ségal et de Quimerch ; l'assemblée approuva le projet de création de la commune de Pont-de-Buis qui aurait eu trois sections, celles de Quimerch et Saint-Ségal ayant leurs élus distincts et auraient été dirigés chacune par un adjoint délégué, mais ce projet n'aboutit pas[68].

Suzanne Ploux est réélue maire de Saint-Ségal en 1947 et persiste dans son projet. La commune de Pont-de-Buis fut créée par le décret en date du [69] sous le nom de Pont-de-Buis sur des parcelles prises aux communes du Faou, de Saint-Ségal et de Quimerc'h[70], devenant la dernière commune créée dans le Finistère. Suzanne Ploux est élue maire de la nouvelle commune de Pont-de-Buis et le resta jusqu'en 1974, devenant aussi conseillère générale et députée . Elle défendit la poudrerie contre les menaces de fermeture et incita la diversification de ses activités, rappelant que les ouvriers avaient pendant la Guerre refusé de travailler pour les Allemands[66].

En 1965, Pont-de-Buis fusionna avec les deux communes de Quimerc'h et Logonna-Quimerc'h[70], et prit son nom actuel. C'est une commune atypique mêlant Pont-de-Buis, cité ouvrière, ainsi que Quimerc'h et Logonna-Quimerc'h, bourgs ruraux[71].

Les paroisses de Logonna-Quimerc'h (église du Sacré-Coeur) et de Quimerc'h (église Saint-Nonna) sont rattachées à celle de Pont-de-Buis (église Sainte-Barbe) en [31].

Le collège et le lycée professionnel

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Pont-de-Buis : le collège François-Collobert.

Le collège d'enseignement technique ouvre en 1960 et le lycée d'enseignement professionnel en 1976. Un collège d'enseignement général existe également : le collège François-Collobert.

Le XXIe siècle

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Les 19 et , de violents affrontements eurent lieu sur la voie rapide Quimper-Brest en raison de l'installation à Pont-de-Buis d'appareils destinés à la perception d'une taxe sur les transports routiers.

C'est dans une ferme de Pont-de-Buis, que sont retrouvés des restes provenant de la famille Troadec, disparue à Orvault, le [72].

Le bâtiment de la gare est démoli partiellement pour être remplacé par des halles situées au cœur de la ville, inaugurées le [73].

Démographie

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Évolution démographique récente

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L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1946. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[74]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[75].

En 2023, la commune comptait 3 663 habitants[Note 7], en évolution de −3,4 % par rapport à 2017 (Finistère : +2,69 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004
3 5093 3663 0603 9993 9163 7103 3733 3853 632
2006 2009 2014 2019 2023 - - - -
3 6653 8213 8503 6393 663----
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[70] puis Insee à partir de 2006[76].)
Histogramme de l'évolution démographique

Commentaire : Le gain subit de 939 habitants survenu entre 1962 et 1968 s'explique par la fusion communale survenue avec les anciennes communes de Quimerc'h et Logonna-Quimerc'h. Sinon, depuis sa création comme commune en 1949, Pont-de-Buis a perdu régulièrement des habitants jusqu'en 1990, en proie à une récession industrielle marquée (déclin de la poudrerie, dont l'« âge d'or » fut la fin du XIXe siècle et les deux guerres mondiales, et des autres activités industrielles). Une certaine reprise démographique se manifeste toutefois récemment dans la première décennie du XXIe siècle. L'évolution du solde naturel en témoigne : si jusqu'en 2005, il était souvent négatif (70 décès pour 53 naissances en 2003 par exemple), il est redevenu positif en 2006 (62 naissances pour 49 décès) et 2007 (72 naissances pour 45 décès). Le solde migratoire, négatif pour la période 1975-1990 (- 0,8 % pour la période 1982-1990 par exemple) est redevenu positif depuis 1990 (+ 1,3 % pour la période 1999-2007)[77]. Un redémarrage de l'urbanisation est sensible : 125 logements supplémentaires sont recensés en 2007 (1 944 logements) par rapport avec 1999 (1 819 logements)[78].

Évolution démographique ancienne

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Évolution démographique reconstituée des communes formant l'actuelle commune de Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h avant la fusion survenue en 1965
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 4381 646-1 7311 8401 9521 9542 0242 159
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 0552 0562 1112 0232 0182 2232 2412 3702 480
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 6462 8082 8602 8402 7112 6042 5802 838 (4386)4 654
1962 - - - - - - - -
4 297--------
Nombre retenu à partir de 1968 : population sans doubles comptes.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini[79],[80],[70].)

Commentaire : Ces résultats ont été obtenus en additionnant les chiffres des recensements de Quimerc'h et Logonna-Quimerc'h pour la période 1793-1946 et ceux des trois communes de Pont-de-Buis, Quimerc'h et Logonna-Quimerc'h pour la période 1946-1962. Deux années posent problèmes : les chiffres de 1806 ont été volontairement omis car les résultats du recensement à Logonna-Quimerc'h cette année-là sont aberrants ; un double résultat est indiqué pour 1946, l'addition des deux communes alors existantes donnant 2838 habitants, mais la population reconstituée de la seule commune de Pont-de-Buis dans ses limites lors de sa création en 1949, donc y compris avec la partie du territoire annexé faisant alors partie des communes de Saint-Ségal et du Faou, donnant alors un résultat (incertain) de 4386 personnes.

L'analyse de l'évolution démographique ainsi reconstituée de l'ensemble du territoire qui forme l'actuelle commune de Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h montre une augmentation régulière de la population tout au long de la première moitié du XIXe siècle (+ 721 habitants entre 1793 et 1851, soit + 50,1 % en 58 ans), puis, après un léger déclin pendant le troisième quart du XIXe siècle, une reprise de l'essor démographique jusqu'en 1911 (+ 842 habitants entre 1876 et 1911, soit + 41,7 % en 35 ans) ; l'entre-deux-guerres enregistre un déclin démographique modéré mais la Seconde Guerre mondiale, quel que soit le chiffre retenu pour l'année 1946, montre une reprise démographique liée à la poudrerie; le maximum démographique absolu est atteint en 1954 avec 4654 habitants suivi d'un déclin important ensuite : l'ensemble des communes constituant Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h perd 1281 habitants entre 1954 et 1990, soit - 29,4 % en 36 ans en raison d'un net déclin industriel. L'ensemble connaît toutefois un léger renouveau démographique ces dernières années.

Les résultats de ces recensements ne montrent que partiellement les changements de rapport de force intervenus entre les trois localités constituant l'actuelle commune de Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h : Logonna-Quimerc'h s'est marginalisée en raison de sa faible importance démographique et de son isolement (15,7 % de la population totale en 1793 mais seulement 2,6 % en 1962), Quimerc'h, pourtant l'ancien chef-lieu communal dont Pont-de-Buis ne fut longtemps qu'un simple hameau également (84,2 % de la population totale, en incluant alors le hameau de Pont-de-Buis, en 1793, 26,2 % du total en 1962), l'ancien hameau de Pont-de-Buis concentrant lors du dernier recensement avant la fusion communale de 1965, donc lors du recensement de 1962, déjà la majeure partie de la population (71,2 % de la population totale).

Politique et administration

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Tendances politiques et résultats

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Liste des maires

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Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1945 octobre 1974 Suzanne Ploux RPF puis
UNR puis UDR
Députée. Secrétaire d'État.
décembre 1974 mars 1977 Jean Le Page[Note 8]   Retraité, ancien adjoint
mars 1977 mars 1983 Jean Poudoulec PS Son nom a été donné à la Halle des Sports de Pont-de-Buis.
mars 1983 mars 1989 Albert Foubert[Note 9] RPR Cadre SNCF retraité
mars 1989 juin 1995 Paul Le Nest DVD Géomètre. Décédé début août 2014[81].
juin 1995 24 mai 2020 Roger Mellouët[82] PS Cadre supérieur
Conseiller général puis départemental. Président du Parc naturel régional d'Armorique en 2001. Décédé en juillet 2020[83].
24 mai 2020 en cours Pascal Prigent[84] PS Professeur d'histoire-géographie

Sites et monuments

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L'ossuaire du vieux bourg de Quimerc'h.
Le bourg actuel de Quimerch : l'église paroissiale du Sacré-Cœur.
    • L'enclos paroissial du vieux bourg de Quimerc'h comprenant :
      • l'église Saint-Pierre, en ruines, est classée monument historique depuis 1932. Cette église de style gothique flamboyant breton, XVIe siècle), est l'ancienne église paroissiale de Quimerc'h, abandonnée en 1877 après que le bourg a été déplacé à quatre kilomètres de là pour le reconstruire sur la route Landerneau - Quimper, près de la nouvelle voie ferrée Landerneau - Quimper. Elle abritait autrefois des pierres datées de 1511 et 1584 qui ont été dérobées[85].
      • l'ossuaire, construit en 1579, restauré, classé comme monument historique depuis 1966.
    • L'église du Sacré-Cœur, au « nouveau bourg » de Quimerc'h, date de la fin du XIXe siècle mais réemploie des éléments de l'ancienne église Saint-Pierre du "Vieux bourg" de Quimerc'h, d'où proviennent aussi le calvaire et la chapelle funéraire qui y ont été transplantés.
Logonna-Quimerch : l'église paroissiale Saint-Onna.
Pont-de-Buis : l'église paroissiale Sainte-Barbe, construite par l'architecte Charles Chaussepied.
    • L'église Saint-Onna, consacrée à saint Onna ou saint Nonna, date du XVIIe siècle.
    • Le manoir de Kermorvan
    • l'église Sainte-Barbe (1910-1914) de la paroisse de Pont-de-Buis, édifiée en 1910 sur les plans de l'architecte Charles Chaussepied. L'édifice comprend une nef de six travées avec bas-côtés, terminée par un chœur à chevet droit peu débordant. L'église abrite une statue ancienne de sainte Barbe et deux Vierges[26].
    • L'ancien manoir de Guernevez date pour partie du XVe siècle ; c'était le siège d'une petite seigneurie dans la mouvance de la vicomté du Faou qui appartenait en 1426 à Olivier de la Palue.
    • Le moulin de la Palue date de 1758 et dépendait de la seigneurie de la Vileneuve.
    • La maison dite manoir de la poudrerie, construite vers 1694, pour Gilbert de la Forêt, directeur des moulins à poudre de la poudrerie (réaménagée aux XVIIIe siècle et XIXe siècle)[86].
    • La ferme de Goazanou : datant de 1823, c'est une maison à avancée (apotheis)[87].
    • La maison de Nonnat Izella : datant du XIXe siècle elle possède notamment dans des remises un pressoir à cidre, un four à pain et un poêle à crêpes bien conservés[88].
    • Des croix monumentales et des calvaires[89], dont la croix de chemin de Kostalan qui date probablement de 1530 (date portée sur la croix, mais quasi illisible)[90].

Personnalités liées à la commune

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Bibliographie

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  • Hélène et Yves Rolland, Entre terre et mer ou la naissance de deux communes au fil de l'Aulne, Port-Launay : 1840 - Pont-de-Buis : 1949, Châteaulin, Port-Launay, Saint-Ségal, Pont-de-Buis, Quimerc'h, Imprimerie régionale de Bannalec, 2003.
  • Alain Darney, la Poudrerie de Pont-de-Buis (1688-1988), trois siècles d'histoire au bord de la Doufine.
  • Yves Ploux, Anne Ploux et Guillaume Pollack, Aspects de la Résistance dans les poudreries, L’Atelier du Centre de recherches historiques.

Film documentaire

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  • Anne Gouerou, Suzanne Ploux, une bâtisseuse, film documentaire en accès libre sur le site BED (diversité culturelle et cinéma documentaire) : bed.bzh/fr/films/suzanne-ploux-une-batisseuse.

Notes et références

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  1. Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 696 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/07/1966 au 01/06/2024.
  2. Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
  3. Les records sont établis sur la période du au .
  4. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  5. Jean Hélias, Joseph Quitin, Raymond Crenn, Jean Morio, Jean (Le) Dosseur, Alphonse Lamoulen, Jean-Marie Bourhis, Louis Morvan, Fernand Michel, Jean-Marie Léon, Auguste Messager, Hervé Guédon, Richard Robert, Joseph Milbéo ; un fusillé a survécu : Roger Jaffrès.
  6. Alain Couchouron, Jean-Louis Le Bihan et Marie-Jeanne Auffret.
  7. Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
  8. Jean Le Page, né le à Pleyben, décédé le .
  9. Albert Foubert, né le à Pont-de-Buis, décédé le à Pont-de-Buis-les-Quimerc'h.
  1. « Réseau hydrographique de Pont-de-Buis-lès-Quimerch » sur Géoportail (consulté le 10 mai 2025).
  2. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références

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  1. Photos de la construction du viaduc en 1865 consultables sur Gallica, photos 30 et 31
  2. Louis Chauris, "Quand la Compagnie du chemin de fer d'Orléans s'intéressait aux calcaires de Pont-de-Buis (Finistère)", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CXXVIII, 1999
  3. « Fiche communale de Pont-de-Buis-lès-Quimerch », sur le système d’information pour la gestion des eaux souterraines (consulté le )
  4. Sandre, « L'Aulne ».
  5. Sandre, « le canal de Nantes à Brest »
  6. Sandre, « la Douffine »
  7. « Station hydrométrique « La Douffine à Lopérec» », sur L'Hydroportail, Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, (consulté le ).
  8. Sandre, « le Faou »
  9. 1 2 Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI 10.4000/cybergeo.23155).
  10. Vincent Dubreuil, « Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen », La Météorologie, no 116, (DOI 10.37053/lameteorologie-2022-0012).
  11. « Le climat en France hexagonale et Corse. », sur meteofrance.com (consulté le ).
  12. « Les zones climatiques en Bretagne. », sur bretagne-environnement.fr, (consulté le ).
  13. « Réglementation environnementale RE2020 », sur ecologie.gouv.fr, (consulté le ).
  14. « Répartition des départements par zone climatique » [PDF], sur ecologie.gouv.fr (consulté le )
  15. « Orthodromie entre Pont-de-Buis-lès-Quimerch et Saint-Ségal », sur fr.distance.to (consulté le ).
  16. « Station Météo-France « Saint-Segal S A », sur la commune de Saint-Ségal - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/ (consulté le ).
  17. « Station Météo-France « Saint-Segal S A », sur la commune de Saint-Ségal - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  18. « La grille communale de densité », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  19. « Unité urbaine 2020 de Pont-de-Buis-lès-Quimerch », sur insee.fr (consulté le ).
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