Pont-Melvez

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Pont-Melvez
Pont-Melvez
Le calvaire de la Croix rouge.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Guingamp
Intercommunalité Guingamp-Paimpol Agglomération
Maire
Mandat
Marie-Thérèse Scolan
2020-2026
Code postal 22390
Code commune 22249
Démographie
Gentilé Pont-Melvézien, Pont-Melvézienne
Population
municipale
603 hab. (2017 en diminution de 11,45 % par rapport à 2012)
Densité 26 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 27′ 40″ nord, 3° 18′ 18″ ouest
Altitude 240 m
Min. 182 m
Max. 287 m
Superficie 22,98 km2
Élections
Départementales Canton de Callac
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Bretagne
Voir sur la carte administrative de Bretagne
City locator 14.svg
Pont-Melvez
Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
Voir sur la carte topographique des Côtes-d'Armor
City locator 14.svg
Pont-Melvez
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Pont-Melvez
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
City locator 14.svg
Pont-Melvez

Pont-Melvez [pɔ̃ mɛlve] est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Pont-Melvez est une commune située en Argoat, à l'est des Monts d'Arrée, entre Guingamp et Carhaix. La partie amont du fleuve côtier Léguer, qui a sa source à la limite des communes voisines de Bourbriac et Maël-Pestivien, longe la limite sud, puis ouest, de la commune : son altitude est de 190 mètres à sa sortie du territoire communal, alors que l'altitude la plus élevée rencontrée dans le finage communal est de 286 mètres entre Ty Person et Lein Pente. Le ruisseau de Rond ar Hord (nom que porte la partie amont du ruisseau du Bois de la Roche, affluent de rive gauche du Trieux) limite la partie orientale de la commune, et son propre affluent le ruisseau du Dourdu sa partie nord-est. La commune présente un paysage de bocage avec un habitat dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux (les principaux étant Le Gollot, Guerduel, Kerfubu, Keranfouler, Keranquitton, Goscaër,etc..) et fermes isolées. Son éloignement de toute ville importante explique qu'elle ne présente aucune trace de rurbanisation, ni de périurbanisation.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

La commune de Pont-Melvez est traversée dans sa partie nord-ouest par la route départementale 787 (ancienne route nationale 787), ainsi que par la ligne ferroviaire de Guingamp à Carhaix (Pont-Melvez dispose d'une halte).

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Deux sites d'éoliennes sont présents sur le territoire communal, l'un à l'est et au nord-est du bourg (8 éoliennes), l'autre au nord de la commune (7 éoliennes).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Penmaelvas en 1182, Pons Melveyus fin du XIVe siècle, Pomelveu en 1420, Pont Melveu en 1427, Pontmelveu et Pontmelve en 1433, Pontmelve en 1461 et en 1496, Pont Melveu en 1513, Pont Melve en 1581[1].

Pont-Melve en breton[1].

Son nom vient du mot Pont (sur le Léguer) et l'anthroponyme Maelvas[2].

« Le nom de Pont-Melvez, noté Penmaelvas dès 1182 dans une charte énumérant les possessions des Templiers en Bretagne. il présente sans doute, comme nombre d'autres noms de lieux de ce document apocryphe, une transcription fautive. Même si les éléments pen et maelvas ont des correspondants dans le breton penn (tête, bout) et l'anthroponyme Maelvas »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Pont-Melvez est issu d'un démembrement de l'ancienne paroisse de l'Armorique primitive de Bourbriac[3].

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Piétà du calvaire de la Croix rouge.

La paroisse de Pont-Melvez fut, à partir du XIIIe siècle le fief des Templiers (surnommés "moines rouges"), puis des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La commanderie de Pont-Melvez figure en 1182, sous le nom de Penmaelvas parmi les biens des Chevaliers du Temple. Aucun vestige de leur commanderie ne subsiste (mais un lieu-dit de la commune s'appelle "La Commanderie"), mais on peut encore voir une croix très particulière, dénommée croaz ru ("croix rouge") car on suppose qu'elle était par le passé peinte en rouge en hommage aux Templiers .

Les terres dépendant de la commanderie de Pont-Melvez étant très étendues, plusieurs sièges de juridiction existaient : La Feuillée, Quimper, Le Croisty, Maël et Loc'h, Pont-Melvez, Saint-Jean-du-Temple et Le Palacret. Cette juridiction s'exerça à Guingamp entre 1440 et 1626, puis au Palacret. À partir de 1690, un arrêt du Parlement de Bretagne la situe alternativement (une quinzaine sur deux) au Palacret et à Pont-Melvez[4].

La région de Pont-Melvez est réputée posséder un nombre élevé de roux et rousses. La légende dit qu'il s'agirait de descendants des Templiers qui étaient les seigneurs du village et disposaient à ce titre du droit de cuissage. Bien entendu, la véracité de cette hypothèse est douteuse[4].

L'église paroissiale, édifiée au XVIe siècle par les Hospitaliers, est consacrée à saint Jean-Baptiste. Mais on trouve aussi dans le cimetière une statue du XIVe siècle de saint Jean l'Évangéliste.

La cure de Pont-Melvez était soumise à la présentation du commandeur du Palacret habitant à La Feuillée, le choix du curé devant être approuvé par l'évêque de Tréguier; le recteur était généralement choisi parmi les prêtres originaires de Pont-Melvez.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Pont-Melvez en 1778 :

« Pommelvez ; à 8 lieues au sud de Tréguier, son évêché ; à 22 lieues de Rennes, et à 3 lieues ½ de Guingamp, sa subdélégation. Cette paroisse ressortit à Lannion et compte 900 communiants[5] La cure est présentée par le commandeur du Paraclet, ordre de Saint-Jean de Jérusalem, seigneur de l'endroit, où il possède la commanderie de La Feuillée, avec haute justice, qui s'exerce à Callac. Ce territoire offre à la vue des terres bien cultivées, des prairies et des landes. Le château de Coatcoureden[6], haute justice. »[7]

Révolution française[modifier | modifier le code]

Le cahier de doléances de la paroisse de Pont-Melvez a été conservé[8] ; il contient notamment des plaintes des paroissiens à propos des quevaises : « Nous sommes seuls sous l'usement fatal de quevaise, sous lequel nous gémissons depuis plusieurs années sans jamais avoir pus nous affranchir et nous rendre libres sous l'usement commun de cette province » écrivent-ils. Pont-Melvez comptait alors 108 tenues (quevaises) réparties dans ses 23 villages.

Charles-Julien Le Bivic était recteur de Pont-Melvez depuis 1783 lorsque survint la Révolution française ; il refusa d'abord de prêter serment à la Constitution civile du clergé avant de se raviser et de le faire le , de même que son vicaire, François Mahé. Il fut fusillé par des Chouans le 2 ventôse an IV () près de la croix dite Craos Bodic, située entre le Gollot et le bourg. Selon les auteurs du livre "Le diocèse de Saint-Brieuc pendant la période révolutionnaire : notes et documents", « la paroisse de Pont-Melvez se signala entre toutes les autres par son acharnement à poursuivre et à persécuter le clergé »[9].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Pont-Melvez en 1845 : « Pont-Melvez : commune formée par l'ancienne paroisse de ce nom; aujourd'hui succursale. Géologia : constitution granitique. On parle le breton »[10].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Belle Époque[modifier | modifier le code]

L'inventaire des biens d'église en 1906 donna lieu à quelques tensions à Pont-Melvez en .

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article du journal L'Ouest-Éclair du relatant l'attitude courageuse de l'abbé Le Merdy, vicaire à Pont-Melvez, soldat-infirmier pendant la Première Guerre mondiale, décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre.

Le monument aux morts de Pont-Melvez porte les noms de 99 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 10 sont morts en Belgique) dont quatre (Guillaume Morvan à Maissin ; Eugène Grimault à Ham-sur-Sambre ; François Govet, Adolphe Jegou et Joseph Magoarou à Langemark) dès 1914 et cinq en 1915 (Julien Auffret et Yves Bourges à Ypres ; Yves Le Meur et Joseph Thomas à Het-Sas (près d'Ypres) ; François Cadiou à Beveren) ; trois (Jean Connan, François Guillou et Yves Hamon) alors qu'ils étaient en captivité en Allemagne ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français[11].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

La Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Pont-Melvez porte les noms de 11 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi elles, Joseph Connan, soldat au 2e régiment de dragons portés, tué le à Tétange (Luxembourg) ; Pierre Ropars, soldat au 224e régiment d'infanterie, est mort des suites de ses blessures le au sanatorium (transformé en hôpital) de Zuydcoote (Nord) ; Jean Loussouarn, résistant FTPF, membre du maquis de Goas-Hamon (en Senven-Léhart), a été fusillé par les Allemands le à Servel ; Jean-Baptiste Connan, soldat au 2e régiment d'infanterie, est mort en captivité en Allemagne le [11].

L'après Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Deux soldats (Yves Henry, le et Yves Vincent, le ) originaires de Pont-Melvez sont morts pour la France pendant la Guerre d'Algérie[11].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
avant 1851 après 1851 Jean-François Salaün[Note 1]   Laboureur. Propriétaire.
         
    René Simon[Note 2]   Décédé en février 1911. Conseiller d'arrondissement[12].
         
1959 1977 Arthur Bourgès SFIO
puis PSU
Instituteur puis directeur d'école, syndicaliste
1977 ? Arthur Le Verge PCF Professeur
? mars 2001 Aimé Hervé[13] Apparenté PCF  
mars 2001 mars 2014 Gérard Le Vincent Apparenté PS Électricien
mars 2014 En cours Marie-Thérèse Scolan SE  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[15].

En 2017, la commune comptait 603 habitants[Note 3], en diminution de 11,45 % par rapport à 2012 (Côtes-d'Armor : +0,55 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9821 1211 0881 1321 2791 3241 4161 4391 523
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4881 5031 5091 5771 7011 7291 7881 7211 749
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 7661 8081 7981 6861 6431 5711 4681 2751 139
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
1 084948754666636631653673616
2017 - - - - - - - -
603--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Jean-Baptiste.
  • Église Saint-Jean-Baptiste : elle date du XVIe siècle mais a été restaurée entre 1649 et 1666, puis agrandie en 1851 ; la partie supérieure du clocher a été reconstruite en 1893[18].
  • Chapelle due Christ, édifiée à l'emplacement d'une chapelle antérieure fondée par les Templiers ; ruinée au XIVe siècle, restaurée au XVe siècle ; son pardon se déroule le jour de l'Ascension[19].
  • Calvaire de la Croix rouge[20].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Famille Desjars. Seigneuries de Keranrouë de La Villeneuve, de Goascaër et de Penanpont dans la paroisse de Pont-Melvez.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arthur Bourgès, "Chez les moines rouges de Pont-Melvez", Les Presses bretonnes, Saint-Brieuc, 1951[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-François Salaün, né le à Pont-Melvez, décédé le à Pont-Melvez.
  2. René Simon, né le à Pont-Melvez.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Bernard TANGUY : Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor. 1992.
  2. Hervé Abalain, Noms de lieux bretons, Jean-paul Gisserot (ISBN 2877474828, lire en ligne), p.99.
  3. http://www.infobretagne.com/pont-melvez.htm
  4. a et b Françoise Surcouf, 80 symboles pour raconter la Bretagne, éditions du Palais, .
  5. Personnes en âge de communier.
  6. http://www.infobretagne.com/famille-coatgoureden.htm
  7. Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 3, 1778, consultable https://archive.org/details/dictionnairehist03og/page/448/mode/2up
  8. http://www.infobretagne.com/pont-melvez-cahier-doleances.htm
  9. "Le diocèse de Saint-Brieuc pendant la période révolutionnaire : notes et documents. 1", 1894-1899, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k939839z/f35.image.r=Melvez?rk=107296;4
  10. A. Marteville et P. Varin, "Dictionaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, 1845, consultable https://books.google.fr/books?id=9o8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjU2Y3x5uHnAhVJXRoKHRKNDFEQ6wEIKzAA#v=onepage&q=Pont-Melvez&f=false
  11. a b et c « Pont-Melvez - Monument aux Morts », sur memorialgenweb.org.
  12. Journal L'Ouest-Éclair, n° du 26 février 1911, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6428176/f4.image.r=Melvez?rk=643780;0
  13. https://www.ouest-france.fr/bretagne/guingamp-22200/aime-herve-ancien-maire-de-pont-melvez-est-decede-383917
  14. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  18. http://www.infobretagne.com/pont-melvez-eglise.htm
  19. http://www.pont-melvez.fr/pages/patrimoine-chapelle
  20. https://monumentum.fr/calvaire-croix-rouge-pa00089538.html et https://paroisse-bourbriac.catholique.fr/Croix-et-calvaires-le-patrimoine.html
  21. https://www.genealogie22.org/fr/Chez-les-moines-rouges-de-Pont.htm

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :