Pollution intérieure

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pollution de l'air intérieur

La notion de pollution intérieure désigne classiquement les environnements intérieurs non industriels touchant les milieux clos tels que les habitations, les établissements recevant du public, les lieux de garde et d’enseignement, les immeubles de bureaux, les établissements de santé et médico-sociaux ou les moyens de transport. Les citadins passent plus de 80% de leur temps à l’intérieur de ces espaces clos[1], de sorte que l’exposition aux polluants atmosphériques est essentiellement associée à des environnements intérieurs, en particulier l’habitat (environ 50% du temps).

L’environnement intérieur est un univers dynamique caractérisé par une pollution en provenance de l’extérieur et une pollution d’origine interne, liée au bâtiment et aux occupants. La pollution intérieure est diverse, marquée par des polluants biologiques, physiques et chimiques. Chaque jour, nous mangeons 1 kilogramme de nourriture, nous buvons 2 kilogrammes (litres) d’eau, et nous respirons en moyenne 12 000 kilogrammes (litres) d’air.

La pollution intérieure constitue une préoccupation croissante pour plusieurs raisons. Tout d’abord, depuis un certain nombre d’années, pour diminuer les consommations en énergie, les bâtiments sont de mieux en mieux isolés, ce qui réduit fortement les infiltrations d’air. En outre, le renouvellement d’air se révèle parfois insuffisant pour évacuer les polluants intérieurs (manque d’aération, dysfonctionnement et/ou entretien insuffisant des systèmes de ventilation). Les bâtiments peuvent être occupés par des populations sensibles : c’est le cas des enfants, des personnes âgées, des sujets asthmatiques ou souffrant de pathologies respiratoires chroniques ou cardiovasculaires par exemple. Enfin, les aspects sanitaires associés aux différents polluants intérieurs sont mieux reconnus ; même s’il est difficile encore d’évaluer les effets sanitaires des associations ou des interactions de plusieurs polluants.

Enjeux[modifier | modifier le code]

Enjeux de santé[modifier | modifier le code]

Les impacts sanitaires de la pollution intérieure sont nombreux, de nature et de gravité variables : ils vont de simples nuisances (sensations de gêne, d’inconfort ou de confinement, nuisances olfactives, symptômes divers non spécifiques, ORL, oculaires, cutanés ou respiratoires, maux de tête, fatigue, malaise, difficulté de concentration…) mais qui peuvent avoir un impact sur l’absentéisme et la productivité, jusqu’à des maladies comme des intoxications (oxycarbonées, saturnisme…), des infections (légionellose, viroses, tuberculose…), des allergies respiratoires (rhinite, asthme, dermatite…) parfois favorisées par l’humidité des bâtiments[2]. Mais aussi la pollution intérieure a des risques à plus ou moins long terme : pathologies chroniques respiratoires, cardiovasculaires, tumorales, neurologiques…

La pollution de l’air est aujourd’hui reconnue comme le principal risque environnemental pour la santé dans le monde. Elle serait responsable en 2012, selon l’OMS, de 7 millions de décès annuels dans le monde (ce qui représente un décès sur huit), dont 4,3 millions pour la pollution intérieure[3]. Chaque citoyen européen est ainsi privé en moyenne de 8,6 mois de vie[4]. La pollution atmosphérique a été classée en cancérigène certain pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer[5], comme les particules de l’air extérieur et les effluents d’échappement des moteurs Diesel. Les études épidémiologiques montrent un lien de causalité fort entre les particules fines (PM2,5) et la mortalité cardiovasculaire et respiratoire.

La pollution chronique particulaire (PM2,5) est à l’origine d’athérosclérose, d’issues indésirables de la grossesse et de maladies respiratoires chez l’enfant[6]. L’exposition à long terme à l’ozone a des effets sur la mortalité respiratoire et les décès chez les personnes atteintes d’affections chroniques. Une augmentation de la mortalité, des hospitalisations et des atteintes respiratoires est retrouvée avec l’exposition au dioxyde d’azote. Le dépassement de la valeur guide de l’OMS pour les PM2,5 se traduit chaque année par 19 000 décès prématurés (dont 2900 pour les 9 villes françaises), dont 15 000 décès pour causes cardiovasculaires (dont 1500 pour les 9 villes françaises) – étude européenne APHEKOM (2012)[7]. Dans les villes les plus polluées d’Europe, c’est près de 2 ans d’espérance de vie qui pourraient être gagnés si la pollution pouvait être ramenée aux concentrations préconisées par l’OMS (gain moyen d’espérance de vie à 30 ans pour les 9 villes françaises de 3,6 à 7,5 mois).

Selon l’Observatoire de la Santé d’Ile-de-France, habiter à proximité de voies à forte densité de trafic automobile serait responsable de 16 % de survenue des nouveaux cas d’asthme chez l’enfant et de 16 à 29 % des exacerbations de symptômes respiratoires (crises d’asthme, hospitalisations)[8].

Les maladies allergiques liées à l’environnement aérien ou alimentaire concernent 25 à 30 % de la population française et ont un fort impact socio-économique (coût, absentéisme, qualité de vie). Leur prévalence a doublé en 20 ans dans les pays développés. Dans son rapport de 2014 sur l’impact sanitaire de l’exposition de la population générale aux pollens, l’Anses indique que dans les enquêtes épidémiologiques menées en France, de 1994 à 2006, la prévalence de la rhinite allergique est estimée au plus à 7 % chez les enfants de 6 à 7 ans, 20 % chez les enfants de 9 à 11 ans (avec une sensibilisation de près de 27 % des enfants à au moins un aéroallergène), 18 % chez les adolescents de 13 à 14 ans, 31 à 34 % chez les adultes. L’Anses précise que certains polluants chimiques peuvent moduler la réaction allergique en agissant directement chez les sujets sensibilisés, ou en agissant sur les grains de pollen, notamment sur leur paroi et sur leur contenu protéique[9].

Enjeux économiques[modifier | modifier le code]

Une étude du Commissariat Général du Développement Durable parue en avril 2015 a estimé les coûts des principales pathologies respiratoires dues à la pollution de l’air pour le système de soins français. Ils s’élèveraient entre 0,9 et 1,8 milliards d’euros par an, soit 15 à 30% du déficit 2012 de la branche maladie de la sécurité sociale. L’asthme représente la part la plus importante de ce coût (entre 40 et 60 %)[10].

L'étude Aphekom a montré que le dépassement de la valeur guide de l’OMS pour les particules fines PM2,5 se traduisait chaque année dans 25 grandes villes européennes (totalisant 39 millions d’habitants) par 31,5 milliards d’euros en dépenses et coûts de santé (dépenses de santé, absentéisme, perte de bien-être, de qualité et d’espérance de vie), dont 4,9 milliards d’euros pour les 9 villes françaises[7].

Une étude exploratoire du coût socio-économique de la pollution de l’air intérieur a été publiée en 2014 par l’Anses avec l'OQAI, le CSTB et Pierre Kopp (Professeur d’économie de l’université Sorbonne Panthéon). Elle a été menée, à partir des données des logements français, sur les impacts sanitaires de 6 polluants : le benzène, le radon, le trichloréthylène, le monoxyde de carbone, les particules et la fumée de tabac[11]. Elle chiffre ce coût à 19 milliards d’euros. Une étude exploratoire du coût socio-économique de la pollution de l’air intérieur a été publiée en 2014 par l’Anses, l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, le CSTB et l’Université Paris I7. Elle a été menée, à partir des données des logements français, sur les impacts sanitaires de 6 polluants : benzène, trichloréthylène, radon, monoxyde de carbone, particules fines et fumée de tabac environnementale. Elle chiffre ce coût à 19 milliards d’euros[12].

Dans les bureaux, selon l’enquête OFFICAIR menée en 2014 dans 167 immeubles de 8 pays européens, 33% des répondants ne sont pas satisfaits de la qualité de l’air intérieur[13]. Les répercussions de l’insatisfaction vis-à-vis du confort se traduisent par une moindre efficacité au travail et l’absentéisme. Les sommes dépensées annuellement pour le parc de bureaux américains afin d’améliorer un environnement intérieur non optimisé s’élèvent à 17 milliards de dollars[14]. La Qualité de l'Air intérieur a un impact financier certain dans le monde professionnel notamment en raison de l'absentéisme qu'il peut susciter. Celui-ci ayant un coût indéniable[15]. L'environnement intérieur de travail a également une conséquence forte sur la productivité et la motivation des salariés[16] mais également sur leur santé. Pour pallier ses conséquences, le bon réglage du système de ventilation, une température adéquate et une hygrométrie contrôlée font partie des éléments indispensables à mettre en œuvre[17]. Aux États-Unis cette pollution à le nom d'indoor pollution et est prise en compte par les autorités depuis plusieurs décennies.

Histoire[modifier | modifier le code]

Initialement, la médecine s'est intéressée à la circulation de l'air à l'intérieur des espaces clos mais ensuite ce domaine a été longtemps occulté par celui de la pollution de l'air ambiant, marqué par les procédés industriels, le chauffage urbain puis le trafic automobile. Au XIXe siècle, Raspail[Lequel ?] avait pourtant mis l'accent sur la pureté de l'air qui était menacée par une mauvaise circulation de l'air et divers produits, notamment les peintures au plomb. Il a affirmé : « L’air pur est le pain de la respiration[18] ».

Les polluants intérieurs[modifier | modifier le code]

Outre la pollution en provenance de l’extérieur, dont la pénétration dépend du lieu d’implantation du bâtiment (proximité du trafic automobile, de sources industrielles ou artisanales, de sols pollués) et de la nature du polluant (particules fines, oxydes d’azote, monoxyde de carbone, ozone et oxydants photochimiques, hydrocarbures, radon…), on distingue deux autres sources intérieures de pollution, qui émettent, de manière continue ou discontinue et irrégulière, un certain nombre de polluants : d’une part, les matériaux de construction, de décoration ou d’ameublement, et d’autre part, les occupants, leurs activités et comportements (combustion, ménage, entretien, bricolage, désodorisation, tabagisme, aération…). Les polluants intérieurs sont de nature biologique (bioeffluents humains, allergènes, micro-organismes, comme les bactéries, virus, parasites ou champignons, émissions ou composants de différents micro-organismes…), de nature physique (amiante, fibres minérales artificielles, particules, humidité…) ou de nature chimique (monoxyde de carbone, dioxyde de carbone, fumée de tabac environnementale, composés organiques volatils, dont les aldéhydes, dioxyde d’azote, ozone, métaux lourds, composés organiques semi-volatils, comme les pesticides, phtalates ou retardateurs de flamme.

Les composés organiques volatils (COV)[modifier | modifier le code]

On appelle composé organique volatil (COV) toutes les substances organiques dont le point d’ébullition est compris entre 100° et 240 °C. La volatilité de ces composés à température ambiante, sous forme de gaz ou de vapeurs, explique leur capacité à se propager à distance de leur lieu d’émission et à se répandre dans l’atmosphère des habitations[19]. Les COV entrent dans la composition de nombreux produits de construction et de décoration*, de mobiliers et équipements (panneaux de particules, bois agglomérés ou contreplaqués, textiles utilisés pour le mobilier ou la décoration, revêtements de murs et de sols synthétiques ou préfabriqués (dalles, moquettes, faux plafonds, planchers, linoléums), éléments d’isolation (mousses…), peintures, lasures, vernis, colles, mastics, produits de préservation du bois, en particulier dans les charpentes et les meubles), de produits de consommation courante(produits nettoyants ou produits d’entretien des surfaces (nettoyants ménagers, détachants, cires, désinfectants, dégraissants, essences, alcool à brûler, décapants, aérosols), désodorisants d’atmosphère, blocs WC, produits d’hygiène corporelle (lotions, déodorants, parfums…), produits de bricolage (solvants, peintures, vernis, colles…)), ou proviennent de processus de combustion (cuisson des aliments, selon le combustible utilisé ou les aliments cuisinés (par exemple, émission d’acroléine lors du chauffage des huiles ou graisses), poêles à pétrole et au kérosène, tabagisme. Le formaldéhyde est présent dans les bois agglomérés, les panneaux de particules, de fibres ou de copeaux, dans des mousses isolantes, moquettes, textiles et colles). Il existe plusieurs milliers de COV et plus de 300 ont été identifiés dans l’air intérieur, ce qui constitue le bruit de fond de la pollution chimique intérieure. Les COV peuvent être émis pendant des jours ou des mois, parfois même des années, avec une intensité qui diminue progressivement. Les émissions varient en fonction des conditions de température et d’humidité, et de la vitesse d’air sur la surface. Un phénomène d’adsorption – désorption peut exister entre les COV ambiants et les surfaces de matériaux. Lors des activités domestiques (nettoyage, entretien, bricolage, peinture…), on observe des productions instantanées de COV, sous forme de pics de pollution, qui disparaissent plus ou moins rapidement en fonction du mode de ventilation et de leur interaction entre eux et avec les matériaux.

Les principaux COV sont :

Les composés organiques semi-volatils (COSV)[modifier | modifier le code]

On appelle composés organiques semi-volatils les substances organiques dont le point d’ébullition se situe entre 240° et 400 °C. Leur volatilité moindre à température ambiante les conduit à être surtout présents dans les poussières qui peuvent ensuite aérosolisées et inhalées ou ingérées. Ils ont la particularité d’être des polluants organiques persistants et bioaccumulables dans l’environnement et la chaîne alimentaire[20]. Les COSV entrent dans la composition de matériaux et de produits de grande consommation pour leurs multiples propriétés :

D’autres COSV proviennent des processus de combustion : Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Certains COSV sont suspectés d’avoir des effets sur le système nerveux et le système immunitaire. D’autres sont suspectés d’interférer avec le fonctionnement du système hormonal (perturbateurs endocriniens) et entraîner une baisse de la fertilité, malformations, cancer, etc. ou l’augmentation de l’obésité[20].

Les gaz issus d’un processus de combustion[modifier | modifier le code]

Lors d’un processus de combustion utilisant divers combustibles (gaz naturel, pétrole, fioul, bois, charbon…), il se produit une émission de particules et de gaz. Ces derniers sont :

  • essentiellement du dioxyde de carbone et de la vapeur d’eau,
  • le monoxyde de carbone (CO), si la combustion est incomplète par manque d’oxygène,
  • des oxydes d’azote, NOx, (monoxyde d’azote, dioxyde d’azote, oxyde nitreux…) générés par l’azote amené par l’air,
  • des oxydes soufrés (dioxyde et trioxyde de soufre) liés aux traces de soufre présentes dans le combustible,
  • des hydrocarbures aromatiques monocycliques (benzène, toluène, xylènes) ou polycycliques.

La fumée de tabac[21] environnementale, correspondant à la combustion du tabac et au flux d’air exhalé par le fumeur, renferme plus de 4000 composés en phase gazeuse et particulaire, dont une quarantaine sont reconnues comme cancérigènes ou toxiques dont le CO, COV, HCHO, NO2)[22].

L'ozone[modifier | modifier le code]

C’est un gaz réactif composé de 3 atomes d’oxygène, qui peut être produit à l’intérieur de l’habitat, et présent plus particulièrement dans des locaux mal aérés, par :

  • des générateurs d’ozone, destructeurs de polluants intérieurs et d’odeurs,
  • des ionisateurs et purificateurs d’air utilisant un champ électrique,
  • des photocopieurs et imprimantes laser,
  • des lampes UV

Les particules fines et les fibres[modifier | modifier le code]

Les particules fines (PM10, PM2,5) et ultrafines (PM0,1) proviennent de plusieurs sources à l’intérieur des bâtiments : tabagisme, cuisson des aliments, chauffage (notamment au pétrole et au bois), activités de ménage et de rénovation, matériaux, pollution extérieure. L’amiante a beaucoup servi dans la construction et les équipements domestiques. Il est interdit depuis 1996. Les fibres d’amiante sont classées cancérogène certain pour l’homme[23]. Les laines minérales (laines de verre, de roche et de laitier) sont utilisées pour l’isolation thermique, l’isolation acoustique et la protection incendie des bâtiments. Elles sont irritantes pour la peau, les yeux et les voies respiratoires supérieures. Les peintures à la céruse, ou hydrocarbonate de plomb, ont été largement utilisées dans les bâtiments jusqu’au milieu du 20ème siècle. Leur dégradation est à l’origine de fines poussières de plomb qui peuvent être ingérées ou inhalées. Le plomb est responsable d’anémie, de troubles digestifs, d’atteinte su système nerveux avec chez le jeune enfant, des retards intellectuels, des difficultés d’apprentissage, des troubles psycho-moteurs et un ralentissement de la croissance[24].

Les biocontaminants intérieurs[modifier | modifier le code]

Ils comprennent :

  • les organismes biologiques : bactéries, virus, champignons et moisissures[25].

L’être humain et les animaux sont les principaux réservoirs de bactéries et contaminent toutes les surfaces. Les milieux hydriques renferment également une population bactérienne (Legionella, mycobactéries atypiques…) pouvant être responsables d’infections respiratoires ou cutanées. Les virus, essentiellement d’origine humaine ou animale, sont des parasites des cellules animales, végétales ou bactériennes (bactériophages). Les champignons microscopiques sont présents dans tous les environnements. La présence de matières organiques sur les surfaces et l’augmentation de la quantité d’eau disponible (« water activity »), liée à une isolation excessive, une aération insuffisante, une production de vapeur d’eau, des infiltrations ou des dégâts des eaux, favorise leur développement sous forme de moisissures. Les principales moisissures responsables d’effets sur la santé dans les ambiances intérieures sont[26] :

  • effet allergique : genre Aspergillus (fumigatus, versicolor, flavus), Alternaria alternata, Cladosporium sphaerosporium, Penicillium spp., Tricothecium, Aureobasidium, Chaetomonium, Fusarium, Trichoderma, Mucorales (Mucor, Absidia, Rhizopus), Acremonium, Epicoccum
  • effet infectieux : Aspergillus fumigatus, Aspergillus niger, Fusarium, Mucorales (Mucor, Absidia, Rhizopus),
  • effet toxique : Aspergillus (fumigatus, versicolor, flavus) Stachybotris chartarum, Trichoderma, Mucorales (Mucor, Absidia, Rhizopus),
  • alvéolite allergique extrinsèque : Aspergillus (fumigatus, versicolor), Penicillium spp., Fusarium, Mucorales (Mucor, Absidia, Rhizopus),
  • leurs constituants : endotoxine bactérienne, composant de la membrane externe des bactéries à Gram négatif, bêta-glucane contenu dans la paroi extérieure des champignons, ergostérol présent dans la membrane plasmique des champignons.
  • les composés émis par ces organismes biologiques : mycotoxines, toxines des champignons, composés organiques volatils d’origine microbienne, responsables des odeurs de moisi.
  • des molécules protéiques allergisantes : pollens disséminés par les arbres et les herbacées, allergènes d’acariens, provenant des matières fécales, des sécrétions salivaires, des œufs et des larves, des débris cellulaires d’acariens morts, et présents essentiellement dans la poussière de matelas et dans la literie (draps, oreiller, traversin, couverture et couette), moins souvent dans les autres substrats textiles (tentures, rideaux, canapés, revêtements de sol et de mur), allergènes d’animaux domestiques (chat, chien, rongeurs…) provenant de la glande sébacée de la peau et de la salive et présents dans les meubles et sièges capitonnés, allergènes de blattes, provenant des déjections et présents dans la poussière de maison.

Le cas particulier des pesticides[modifier | modifier le code]

Pour combler une lacune de connaissance et certains besoins en toxicologie, expologie et biomonitoring humain (BMH), l'étude « EXPOPE »[27] Initiée par l’INERIS, en France, avec une université[28] porté sur plus de 130 enfants franciliens de 6 et 7 ans vivant en pavillons ou appartements, avec ou sans jardin et animaux domestiques. Les chercheurs ont recherché 31 pesticides (insecticides, herbicides et fongicides choisis comme indicateurs pour leur utilisation, leur toxicité et/ou leur rémanence) dans l’air intérieur, les poussières, sur la peau des mains et dans l’urine des enfants. Parallèlement un questionnaire a permis d’évaluer le degré d’exposition directe des enfants...

Résultats : au moins un pesticide était présent dans 94 % des foyers (insecticide en général). L’alpha-HCH, le propoxur et le lindane (insecticide utilisé depuis 1938 pour traiter planches et charpentes, interdit depuis 1998 en France, mais très rémanent) étaient les plus fréquents.

L’origine de ces molécules (jusqu’à plusieurs centaines de nanogrammes par mètre cube, taux relativement faibles comparés à ceux de formaldéhyde (qui se compte plutôt en µg/m3), mais pour des produits pour lesquels il n’y avait pas encore de valeur-seuil ou de norme, et dont certains peuvent agir comme perturbateur endocrinien, c'est-à-dire à très faibles doses) a rarement pu être précisée : 87 % des familles avaient néanmoins utilisé au moins un pesticide dans l’année (insecticide le plus souvent) et plus de 25 % ont signalé l'intervention d'un professionnel de la désinsectisation dans l’immeuble ou la maison. Le lindane et l’alpha-HCH étaient plus fréquents dans l’habitat ancien. Des variations saisonnières sont observées, également liées au type d’habitat et à la présence de plantes d'intérieur. Les maisons contenaient plus de propoxur que les immeubles. Divers métabolites et produits de dégradation de pesticides ont été détectés dans les urines. On ne peut aujourd'hui faire la part des sources externes et intérieures et de certains transferts (sol (pédologie)|terre sous les chaussures, etc.).

Le cas particulier des moisissures[modifier | modifier le code]

400 espèces de moisissures[29] ont été décrites en environnement intérieur : elles se développent sur des substrats contenant de la cellulose et de la lignine mais aussi sur des substrats inertes, trouvant leur nourriture dans la poussière ou l'eau. Ces « biocontaminants » sont favorisées par l'humidité due notamment à une mauvaise isolation (pont thermique au niveau des cadres de fenêtre ou de l'isolant, bouches de VMC), à des infiltrations, remontées capillaires.

Les principales espèces avec un pouvoir allergène ou infectieux rencontrées dans l'air intérieur sont : Alternaria, Cladosporium, Penicillium, Aspergillus (à l'origine d'aspergillome). D'autres colonisateurs se rencontrent fréquemment, tels Fusarium (marqueur de forte humidité), Ulocladium (en), Botrytis, Acremonium (en), Phoma, Chaetomium (en), Stachybotrys, Trichoderma. Ils sont à l'origine de contaminants comme les COV, les bêta-glucanes (aux propriétés irritantes sur les muqueuses et aux propriétés immunosuppresseurs, effets sur le système nerveux central comme dans le syndrome du bâtiment malsain) ou les mycotoxines.

Les infections décrites sont : bronchite, alvéolite, pleurésie, aspergillose de types bronchopulmonaire, chronique nécrosante ou pulmonaire invasive touchant les personnes immunodéprimées, mycotoxicoses notamment aux trichothécènes.

Actions[modifier | modifier le code]

Du fait de la diversité des sources et des polluants présents dans les environnements intérieurs, il n’y a pas encore de consensus pour définir des indices de qualité de l’air intérieur, comme pour l’air extérieur[30]. L’OMS fournit des valeurs guides pour l’Europe[31],[32]. En France, l’Anses recommande des valeurs guides d’air intérieur à visée sanitaire pour les polluants intérieurs prioritaires, le Haut Conseil de la santé publique propose des valeurs repères d’aide à la gestion, des valeurs réglementaires pour la qualité de l’air dans les établissements recevant du public ont été définies pour le formaldéhyde, le benzène et le radon. Diverses institutions nationales, placées sous la tutelle de plusieurs ministères, interviennent sur le thème de la qualité de l’air intérieur.

Actions publiques[modifier | modifier le code]

L’Observatoire français de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a été créé en juillet 2001[33]. Ses missions consistent à connaître les environnements intérieurs : caractéristiques du parc des bâtiments et des systèmes de ventilation en place, connaissance des occupants, de leurs comportements et du temps passé à l’intérieur des lieux de vie, etc.) ; caractériser les polluants présents, qu’ils soient chimiques, physiques ou biologiques, les hiérarchiser sur la base de critères sanitaires et identifier les facteurs à l’origine des situations de pollution intérieure ; gérer et valoriser les données disponibles sur la qualité de l’air intérieur à l’échelon national ; émettre des recommandations et fournir une base scientifique, utiles pour la gestion et la prévention des risques sanitaires ; informer les acteurs du bâtiment, de la santé et le grand public et former les professionnels. L'Observatoire a mené des programmes d’actions dans les logements (campagne nationale 2003 – 2005), dans les lieux de vie fréquentés par les enfants (crèches et écoles), dans les piscines couvertes et les patinoires, dans les bureaux (projet européen OFFICAIR, dans les bâtiments performants en énergie. L’OQAI a développé des outils d’aide à la décision : le Lum’Air (boîtier intégré pour la mesure et la gestion du confinement de l’air dans les écoles et les crèches), l’indice ICONE (de 0 à 5) pour le confinement de l’air. L’OQAI assure une veille documentaire (inventaire des données françaises et étrangères, états sur des sujets spécifiques) ; organise des ateliers, formations et conférences[34].

L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a été créée le 1er juillet 2010 par la fusion de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset)[35]. Elle assure des missions de veille, d’expertise, de recherche et de référence sur un large champ couvrant la santé humaine, la santé et le bien être animal et la santé végétale. Elle offre une lecture transversale des questions sanitaires. L’Agence couvre ainsi de manière globale l'ensemble des expositions (particules, ondes, inhalation, ingestion...) auxquelles un individu peut être sujet, volontairement ou non, à tous les âges et moments de sa vie qu’il s’agisse d’expositions au travail, pendant ses transports, ses loisirs, ou via son alimentation. L’Anses évalue ainsi de manière transverse les risques et les bénéfices sanitaires en y intégrant l’apport des sciences humaines et sociales, transmet ses avis et recommandations aux pouvoirs publics et rend systématiquement publics ses travaux.

Le HCSP (Haut Conseil de la santé publique) a été créé par la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004[36]. C’est une instance d’expertise qui reprend en les élargissant les missions du Conseil supérieur d’hygiène publique de France et celles du Haut Comité de la santé publique, siégeant respectivement depuis 1848 et 1991. Il a pour missions de contribuer à la définition des objectifs pluriannuels de santé publique, évaluer la réalisation des objectifs nationaux de santé publique et contribuer au suivi annuel ; fournir aux pouvoirs publics, en liaison avec les agences sanitaires, l’expertise nécessaire à la gestion des risques sanitaires ainsi qu’à la conception et à l’évaluation des politiques et stratégies de prévention et de sécurité sanitaire ; fournir aux pouvoirs publics des réflexions prospectives et des conseils sur les questions de santé publique.

Instituts[modifier | modifier le code]

Le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) a pour mission de rassembler, développer et partager avec les acteurs de la construction les connaissances scientifiques et techniques déterminantes pour faire progresser la qualité et la sécurité des bâtiments et de leur environnement[37]. Son rôle d'accompagnement des professionnels constitue une priorité et ses activités sont organisées pour être accessibles à l'ensemble des acteurs et partenaires du monde de la construction.

L’INERIS (Institut National de l’EnviRonnement Industriel et des RisqueS), établissement public à caractère industriel et commercial, créé en 1990, est né d’une restructuration du Centre de Recherche des Charbonnages de France (CERCHAR) et de l’Institut de Recherche Chimique Appliquée (IRCHA)[38]. Il a pour mission de contribuer à la prévention des risques que les activités économiques font peser sur la santé, la sécurité des personnes et des biens, et sur l’environnement. Il mène des programmes de recherche visant à mieux comprendre les phénomènes susceptibles de conduire aux situations de risques ou d’atteintes à l’environnement et à la santé, et à développer sa capacité d’expertise en matière de prévention. Ses compétences scientifiques et techniques sont mises à la disposition des pouvoirs publics, des entreprises et des collectivités locales afin de les aider à prendre les décisions les plus appropriées à une amélioration de la sécurité environnementale.

L’InVS (Institut de Veille Sanitaire) est un établissement public qui réunit les missions de surveillance, de vigilance et d’alerte dans tous les domaines de la santé publique[39]. Créé par la loi du 1er juillet 1998 relative au renforcement de la veille sanitaire et au contrôle de la sécurité sanitaire des produits destinés à l’homme, l’InVS a vu ses missions complétées et renforcées par la loi du relative à la politique de santé publique, afin de répondre aux nouveaux défis révélés par les crises sanitaires récentes et les risques émergents.

Plans Nationaux Santé Environnement[modifier | modifier le code]

Les Plans Nationaux Santé Environnement (PNSE) visent une approche intégrée et globale de l’ensemble des polluants et des milieux de vie afin de franchir une étape supplémentaire dans la lutte contre les risques sanitaires liés à l’environnement. Le premier PNSE (2004 – 2008)[40] avait les 3 objectifs prioritaires suivants : garantir un air et une eau de bonne qualité ; prévenir les pathologies d’origine environnementale et notamment les cancers ; mieux informer le public et protéger les populations sensibles (enfants et femmes enceintes).

Le deuxième PNSE (2009 – 2013)[41] présentait les actions selon trois axes : les expositions responsables de pathologies à fort impact sur la santé ; les inégalités environnementales et les risques émergents L’action n°49 du 3ème Plan National Santé Environnement 2015 – 2019 demande la mise en œuvre du plan national de la qualité de l’air intérieur (PQAI) annoncé par la gouvernement le 25. Le PQAI comprend 26 actions regroupées en 5 thématiques : informer le grand public et les acteurs relais ; développer l’étiquetage des produits émetteurs de polluants ; développer dans la filière du bâtiment les actions incitatives et préparer les évolutions réglementaires en lien avec la réglementation thermique ; progresser sur le terrain vis-à-vis de pollutions spécifiques ; améliorer les connaissances L’intervention des Conseillers en Environnement Intérieur (CEI) auprès des personnes atteintes de pathologies liées ou susceptibles d’être aggravées par la qualité de l’air intérieur fait l’objet d’une évaluation dans le cadre d’un projet hospitalier de recherche clinique (PHRC).

Le troisième PNSE (2015 – 2019)[42] témoigne de la volonté du gouvernement de réduire autant que possible et de façon la plus efficace les impacts des facteurs environnementaux sur la santé afin de permettre à chacun de vivre dans un environnement favorable à la santé. Il s’articule autour de 4 grandes catégories d’enjeux : des enjeux de santé prioritaires ; des enjeux de connaissance des expositions et de leurs effets ; des enjeux pour la recherche en santé environnement ; des enjeux pour les actions territoriales, l’information, la communication, et la formation. L’action n°49 du 3ème Plan National Santé Environnement 2015 – 2019 demande la mise en œuvre du plan national de la qualité de l’air intérieur (PQAI) annoncé par la gouvernement le [42]. Le PQAI comprend 26 actions regroupées en 5 thématiques : informer le grand public et les acteurs relais ; développer l’étiquetage des produits émetteurs de polluants ; dans la filière du bâtiment, développer les actions incitatives et préparer les évolutions réglementaires en lien avec la réglementation thermique ; progresser sur le terrain vis-à-vis de pollutions spécifiques ; améliorer les connaissances. L’intervention des Conseillers en Environnement Intérieur (CEI) auprès des personnes atteintes de pathologies liées ou susceptibles d’être aggravées par la qualité de l’air intérieur fait l’objet d’une évaluation dans le cadre d’un projet hospitalier de recherche clinique (PHRC).

Organisations[modifier | modifier le code]

Le CMEI (Conseiller Médical en Environnement Intérieur) ou le Conseiller Habitat Santé est un professionnel diplômé (Universités de Strasbourg ou de Marseille), formé pour établir un audit de l'environnement intérieur[43]. Il enquête au domicile des personnes qui en font la demande – par le biais d'un médecin, et sur prescription de celui-ci réalise des prélèvements (poussière, moisissures…) et des mesures d'allergènes, et établit un diagnostic permettant ensuite de mettre en œuvre des mesures pour l'éviction des polluants domestiques, et d'adapter son habitat.

Fédérations[modifier | modifier le code]

La FIMEA (Fédération interprofessionnelle des métiers de l’environnement atmosphérique), créée le , fédère et structure les professions et la filière du marché de l’Air[44]. Elle réunit les métiers de l’environnement atmosphérique afin de valoriser les atouts de la filière, d’augmenter leur compétitivité, de favoriser son développement à l’international, de créer une synergie et de définir des orientations stratégiques communes. Ainsi, la FIMEA aspire à être un interlocuteur technique et scientifique majeur dans le domaine de la qualité de l’air intérieur et la réduction de la pollution atmosphérique à l’échelle nationale et internationale.

Associations[modifier | modifier le code]

Pour lutter contre la pollution de l'air intérieur et informer la population des risques, plusieurs organismes, associations mènent des actions de sensibilisation et de pédagogie auprès du grand public et des institutions.

L’Association française interprofessionnelle de l’air intérieur (AFIA) regroupe, forme et accompagne des intervenants qualifiés pour répondre aux problématiques de la qualité de l’air intérieur[45]. A destination des particuliers, des propriétaires ou gestionnaires de parcs immobiliers, des entreprises et des collectivités.

L’ARCAA (Association de Recherche Clinique en Allergologie et Asthmologie), créée en 2006 au sein du Syndicat Français des Allergologues (SYFAL) a les objectifs suivants[46] : promouvoir l'allergologie, effectuer des études cliniques, épidémiologiques ou autres en allergologie et en asthmologie ; contribuer à la bonne pratique de l'allergologie ; informer les médecins, personnels para médicaux, patients, associations de patients sur les allergies. Elle comprend notamment le Comité SEIQA – Habitat et Santé (Santé Environnement Intérieur et Qualité de l’air), placé sous le haut patronage de la Fédération Française du Bâtiment, dont l’objectif est de pouvoir échanger de façon transverse entre la communauté médicale, les industriels, organismes, bureaux d’études, cabinets d’architectes et le Comité d’approbation HQE-A (Qualité Environnementale pour allergiques) et de labellisation “allergènes contrôlés” et “air intérieur contrôlé”.

L’association HQE[47], créée en 1996 et reconnue d’utilité publique depuis 2004, est une plate-forme de la construction et de l’aménagement durables qui s’est fixée pour mission de rassembler les acteurs pour : anticiper et initier la réflexion ; contribuer au développement de l’excellence dans les territoires et les pratiques professionnelles ; porter et défendre, du niveau local à l’international, l’intérêt général des acteurs. Elle a publié en 2013 un document sur les ‘Règles d’application pour l’évaluation de la qualité de l’air intérieur d’un bâtiment neuf ou rénové à réception ». Ce protocole vise à l’évaluation de la qualité de l’air intérieur avant que les occupants ne prennent - ou reprennent - possession du bâtiment. Il se fonde sur la mesure de 7 polluants, d’origine extérieure et intérieure, et la comparaison des résultats obtenus aux valeurs sanitaires. Ce contrôle à réception devrait offrir aux occupants une qualité sanitaire de l’air intérieur satisfaisante et justifier la pertinence des dispositions constructives et des équipements choisis et mis en œuvre. Il restera aux occupants à maintenir cette qualité en utilisant correctement les équipements mis à leur disposition et en maîtrisant au mieux les sources de pollution liées à leurs activités.

L'Association santé environnement France (ASEF) donne des conseils pour lutter contre cette pollution et protéger sa santé avec son petit guide vert du bio-air intérieur[48].

Facteurs de risque[modifier | modifier le code]

  • un renouvellement d’air insuffisant des locaux, accentué depuis le renforcement de l’isolation des bâtiments, dû à un manque d’aération (ouverture des fenêtres) ou à un dysfonctionnement et/ou un entretien insuffisant des installations de ventilation (naturelle, mécanique simple ou double flux).
  • source(s) extérieure(s) de pollution à proximité du bâtiment (trafic automobile, industrie, sous-sol pollué,…)
  • activités polluantes intérieures : tabagisme, cheminée à foyer ouvert, nettoyage avec des produits chimiques, travaux de rénovation, bricolage, cuisson des aliments, désodorisation, production de vapeur d’eau,…
  • apports réguliers ou occasionnels de poussières renfermant des allergènes, bactéries, champignons microscopiques, composés chimiques,…) via les habits, les chaussures ou objets contaminés.

Législation[modifier | modifier le code]

  • En milieu industriel diverses normes et seuils réglementaires ou recommandés cadrent la santé au travail

La loi sur l'air[modifier | modifier le code]

La loi cadre n°96-1236 du sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie (LAURE)[49] vise à rationaliser l’utilisation de l’énergie et à définir une politique publique intégrant l’air en matière de développement urbain. Le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé est reconnu à chacun. Elle est codifiée dans le code de l’environnement. La loi rend obligatoire la surveillance de la qualité de l’air assurée par l’État ; la définition d’objectifs de qualité ; l’information du public.

L'étiquetage environnemental[modifier | modifier le code]

En application de la loi n°2010-788 du portant engagement national pour l’environnement, le décret n°2011-321 du impose, depuis le , l’étiquetage des émissions en substances volatiles polluantes des produits de construction et de décoration (isolants, moquettes, peintures, vernis, colles, etc.)[50]. Les émissions d’une dizaine de composés organiques volatils (COV) ainsi que des COV totaux sont mesurés au bout de 28 jours (émissions chroniques) pour la détermination de l’étiquetage : A+ (peu émissif) A, B ou C (fortement émissif). Il s’agit du formaldéhyde, de l’acétaldéhyde, du toluène, du tétrachloroéthylène, du xylène, du 1,2,4-triméthylbenzène, 1,4-dichlorobenzène, de l’éthylbenzène, du 2-butoxyéthanol et du styrène[51]. L’étiquetage n’impose pas d’évaluation environnementale, toxicologique ou écotoxicologique du produit. L’étiquetage, étant auto-déclaratif, le fabricant est responsable de l’exactitude des informations mentionnées sur l’étiquette, qu’il obtient par le moyen de son choix.

La surveillance des établissements recevant du public[modifier | modifier le code]

Dans les établissements recevant du public : en application de loi Grenelle 2 (art.180), le décret du 2 décembre 2011[52] définit les conditions de surveillance de la qualité de l'air intérieur dans les établissements recevant du public (ERP). Il impose une surveillance de la qualité de l'air intérieur pour les propriétaires ou exploitants de certains ERP accueillant « des populations sensibles ou exposées sur de longues périodes, comme les crèches, les écoles, les établissements d'accueil de personnes handicapées ou encore les établissements pénitentiaires pour mineurs » (listés par le décret). Ceci doit être fait avant 2015 pour l'accueil collectif d'enfants de moins de six ans et les écoles maternelles ; avant 2018 pour les écoles élémentaires ; avant 2020 pour les accueils de loisirs et les établissements d'enseignement du second degré ; avant janvier 2023 pour les autres établissements aux frais du propriétaire ou de l'exploitant, puis avec un pas de temps de sept ans ; avec valuation des systèmes d'aération, dosage des principaux polluants par des organismes accrédités. En cas de dépassement d'une des valeurs de référence (fixées par décret), le contrôle sera à renouveler avant deux ans et une expertise devra trouver les sources de pollution et y remédier. Ne pas respecter ce décret exposera à une amende de 1 500 euros. Le gouvernement a décidé de simplifier le dispositif. D'une part, en supprimant l’obligation de réaliser des mesures systématiques de qualité de l’air pour les établissements et collectivités qui auront mis en place des dispositions particulières de prévention de la qualité de l’air définies dans un guide de bonnes pratiques publié sur le site internet du ministère chargé de l’écologie (choix des produits d’entretien et du mobilier, conception et entretien des systèmes d’aération, sensibilisation des occupants à la qualité de l’air intérieur,…). D'autre part, en supprimant l’obligation d’accréditation pour les organismes chargés de procéder à l’évaluation des systèmes d’aération. Par ailleurs, la mesure du perchloréthylène sera demandée pour les établissements contigus à une installation de nettoyage à sec. La mise en application de ce nouveau dispositif est reportée au pour les premiers établissements concernés (accueils collectifs d’enfants de moins de 6 ans, écoles maternelles et écoles élémentaires). Les échéances resteraient inchangées pour les lieux de loisirs et les établissements d’enseignement du second degré avant le et pour les autres établissements recevant du public avant le .

Perspectives et enjeux[modifier | modifier le code]

L'épuration de l'air intérieur[modifier | modifier le code]

Outre la maîtrise des sources de pollution et l’aération – ventilation des locaux, l’épuration de l’air par des systèmes ou procédés piégeant et/ou détruisant les polluants est une troisième voie intéressante pour améliorer la qualité de l’air intérieur. On distingue les matériaux et produits fonctionnalisés et les appareils d’épuration autonomes ou non (intégrés aux systèmes de ventilation), dont il faut connaître l’efficacité et l’innocuité. Il existe déjà une norme française (X P B 44-200 : mai 2011)35 sur les méthodes d’essai pour tester les performances intrinsèques des épurateurs d’air autonomes pour applications tertiaires et résidentielles. Toutefois, des méthodes normalisées sont à développer afin de connaître les performances des autres systèmes d’épuration d’air, dans des conditions de laboratoire et dans des conditions réalistes, dans les locaux.

La mesure de la qualité de l'air intérieur[modifier | modifier le code]

Il est aujourd’hui possible de mesurer de nombreux polluants intérieurs : mesures directes in situ (température, hygrométrie, CO, CO2, COV, formaldéhyde, particules, allergènes d’acariens,…) et mesures indirectes, avec prélèvements et analyses différées en laboratoire. Toutefois, de nombreuses questions restent en suspens : quels paramètres pertinents mesurer ? Quelles interprétations donner aux résultats et comment les gérer ?

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pollution de l’air intérieur
  2. Air pur, Air intérieur et précarité énergétique, résumés et accès aux articles, sur le site appa.asso.fr
  3. 7 millions de décès prématurés sont liés à la pollution de l'air chaque année
  4. Health risks of air pollution in Europe – HRAPIE project. New emerging risks to health from air pollution – results from the survey of experts
  5. La pollution atmosphérique une des premières causes environnementales de décès par cancer, selon le CIRC
  6. Review of evidence on health aspects of air pollution – REVIHAAP project: final technical report
  7. a et b Pascal M., Medina S. Résumé des résultats du projet APHEKOM 2008-2011 (Improving Knowledge and Communication for Decision Making on Air Pollution and Health in Europe). Des clefs pour mieux comprendre les impacts de la pollution atmosphérique urbaine sur la santé en Europe. Saint-Maurice. Institut de Veille Sanitaire. 2012 : 6 p.
  8. De Pas A., Boissavy-Vineau M. L’impact du trafic routier sur la qualité de l’air en Île-de-France. Bull. Epidémiol. Hebd. 2013 ; (1-2) : 17
  9. Anses (janvier 2014) État des connaissances sur l’impact sanitaire lié à l’exposition de la population générale aux pollens présents dans l’air ambiant
  10. Commissariat Général au Développement Durable. Estimation des coûts pour le système de soins français de cinq maladies respiratoires et des hospitalisations attribuables à la pollution de l’air. no 122, avril 2015-06-21
  11. ANSES (2014) Étude exploratoire du coût socio-économique des polluants de l’air intérieur, Rapport d'étude, Ed scientifique, avril 2014
  12. Anses (2014) Étude exploratoire du coût socio-économique des polluants de l’air intérieur. Rapport d’étude.
  13. Qualité de l’air intérieur et confort dans les bureaux. Projet européen OFFICAIR, 2010-2014. Bulletin no 8 de l’OQAI, décembre 2014
  14. Fisk WJ, Black D, Brunner G (2011) Benefits and costs of improved IEQ in U.S. offices. Indoor Air, 21: 357-67.
  15. Le coût de l'absentéisme pour les entreprises a explosé en 2013
  16. L'immobilier met en scène la culture d'entreprise
  17. Les enjeux de l'air intérieur dans le tertiaire
  18. Faites vérifier la qualité de l'air... comme vous le dit F.-V. Raspail Sur le site romanderenart.canalblog.com
  19. SQUINAZI F., membre expert de l'ARCAA, Les polluants physico-chimiques de l’air intérieur : sources et impacts sanitaires. Environnement, risques et santé, Vol. 7, no 6, novembre – décembre 2008
  20. a et b Observatoire de la qualité de l’air intérieur. Premier état de la contamination des logements français en composés organiques semi-volatils : pesticides, phtalates, retardateurs de flamme, etc. Bulletin de l’OQAI, no 9 juin 2015
  21. tabagisme passif. Rapport au Directeur Général de la Santé (2001) Ed. Documentation française
  22. [PDF] Olivier Lemaître, La qualité de l'air intérieur Colloque efficacité énergétique, bâtiment et santé : le juste équilibre, sur le site salon-project.com
  23. Décret n°96-97 du 7 février 1996, abrogé par le décret n° 2003-462 du 21 mai 2003, relatif à la protection de la population contre les risques sanitaires liés à une exposition à l'amiante dans les immeubles bâtis
  24. InVS – Inserm (2008) Saturnisme. Quelles stratégies de dépistage chez l’enfant ? Expertise opérationnelle
  25. Pollution de l'air intérieur - Que faire ? Sur le site prevention-maison.fr
  26. Conseil supérieur d’hygiène publique de France (2006). Contaminations fongiques en milieux intérieurs : diagnostic, effets sur la santé respiratoire, conduites à tenir
  27. [PDF] Selon une étude de l’INERIS 94 % des foyers étudiés recèlent des pesticides, sur le site ineris.fr
  28. Faculté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques de l’Université Paris V
  29. Alexandre Rivier, Moisissures pathogènes de l’habitat lorrain : enquête à domicile, Semaine médicale de Lorraine, novembre 2011
  30. [PDF] Étude des enjeux liés à la mise en œuvre d'un indice de la qualité de l'air intérieur auprès d'acteurs du bâtiment Air Pur no 73 - Deuxième semestre 2007, pages 11 à 14
  31. Valeurs guides pour la qualité de l’air. Version actualisée en français, à l’échelle mondiale de 2005. Matières particulaires, ozone, dioxyde d’azote et dioxyde de soufre, OMS, 2006, ix + 484 pages, (ISBN 92 890 2192 6)
  32. [PDF]+(en) Development of WHO guidelines for indoor air quality : dampness and mould Rapport du groupe de travail de Bonn (Allemagne, 17-18 Oct 2007)
  33. Observatoire de la qualité de l’air intérieur
  34. Observatoire de la qualité de l’air intérieur. Qualité d’air intérieur, qualité de vie. 10 ans de recherche pour mieux respirer. Ed. OQAI
  35. Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
  36. Haut Conseil de la santé publique
  37. Centre scientifique et technique du bâtiment
  38. Institut de l’environnement et des risques industriels
  39. Institut de veille sanitaire
  40. Ministère de la Santé et de la Protection sociale, Ministère de l’Écologie et du Développement durable, Ministère de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, Ministère délégué à la Recherche. Premier Plan Santé Environnement 2004 - 2008
  41. Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, Ministère de la santé et des sports, Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, Ministère du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville. Deuxième Plan Santé Environnement 2009 - 2013
  42. a et b Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, Ministère du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social. Troisième Plan Santé Environnement 2015 - 2019
  43. Conseillers médicaux en environnement intérieur
  44. Fédération interprofessionnelle des métiers de l’environnement atmosphérique
  45. Association Française Interprofessionnelle de l’Air Intérieur
  46. Association de Recherche Clinique en Allergologie et Asthmologie
  47. Association Haute Qualité Environnementale
  48. Pollution intérieure : il est temps de changer d'air !, sur le site bioaddict.fr du 29 mars 2013
  49. Loi cadre n°96-1236 sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie du 30 décembre 1996
  50. Décret no 2011-321 du 23 mars 2011 relatif à l'étiquetage des produits de construction ou de revêtement de mur ou de sol et des peintures et vernis sur leurs émissions de polluants volatils, sur le site legifrance.gouv.fr
  51. Ministère de l'écologie, Etiquetage des émissions en polluants volatils des produits de construction et de décoration, 25 octobre 2012
  52. Décret no 2011-1728 du 2 décembre 2011 relatif à la surveillance de la qualité de l'air intérieur dans certains établissements recevant du public, sur le site legifrance.gouv.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]